Le Domaine

Publié le par Site internet officiel du Domaine Buisson-Charles

Aujourd'hui dirigé par Catherine Buisson et son mari Patrick Essa, le domaine Buisson-Charles, de taille modeste - 6,3 hectares - exploite depuis plusieurs générations des parcelles situées sur le finage de Meursault qu'il complète avec des crus de Volnay, Pommard, Corton et Chambertin pour ses vins rouges ainsi que Chassagne-Montrachet, Puligny-Montrachet, Chablis Premier Cru et Grand Cru, Pouilly-Fuissé et Corton-Charlemagne en blancs.

Les Caves du 13ieme siècle

Résolument tourné vers l'avenir il a engagé depuis plusieurs années une politique de rénovation et d'extension de sa cuverie et de ses caves en vue d'affiner encore ses vinifications et élevages pour être au plus près des grands terroirs qu'il a la chance exceptionnelle de produire. Ceux-ci étant depuis toujours cultivés sur la base d'un travail de labour des sols réguliers qui exclu toute présence de désherbants. Cette approche résolument naturelle de la vigne se retrouve avec intensité dans les vins blancs (70 %) et rouges qui sont tous vinifiés, élevés et mis en bouteille par le domaine.

Le sol de la Goutte d'Or après un labour

Le domaine exploite aujourd'hui près de 4 hectares de Meursault et Meursault premiers crus dans des climats très divers qui permettent de réaliser une cuvée d'assemblage complexe, le Meursault "vieilles-vignes" et d'isoler des crus particuliers comme Tessons en village et Charmes, Cras, Bouches-Chères, Blagny La Pièce Sous Le Bois et Goutte d'Or en premiers crus. Les vignes très âgées - entre 30 et 90 ans - étant naturellement peu productives elles permettent d'obtenir après vinification et élevage des vins très concentrés destinés à la longue garde. Un choix assumé qui ancre la production du domaine sur le long terme.

La rentrée des raisins en petites caisses après le tri dans la parcelle

Ces quatre hectares sont complétés par des parcelles de Bourgogne rouge et blanc, de Volnay premier cru Santenots et de Pommard "En Chiveau" ainsi que d'une petite production de Chassagne-Montrachet en premiers crus En Remilly, Les Caillerets et la Romanée jusqu'en 2018 puis d'Embazées a partir du millésime 2020.

A partir de 2011 le domaine a élargi sa gamme en développant une petite activité négociante en Corton-Charlemagne, Chablis Grand Cru Vaudésir et Premier Cru Les Lys, Montmains et Beauroy ainsi que sur les très beaux premier cru Le Cailleret, Combettes et Champs Gains à Puligny-Montrachet. Puis avec le temps il investit la colline de Corton avec quelques pièces de Clos du Roi, Bressandes et Perrières. Cerise sur le gâteau il produit depuis 2017 du Chapelle-Chambertin et Chambertin.

Passer la cisaille pour être plus fin et précis dans l'écimage et le rognage

En 2015 et au début de 2016 le domaine a acquis de nouveaux locaux et agrandi ses caves pour travailler plus finement ses cuvées durant l'élevage tout en envisageant d'allonger les durées en fûts de quelques mois. Il a également augmenté de plus de un hectare la surface exploitée en propre par le domaine avec des parcelles sises sur Puligny-Montrachet et Meursault.

 

  Si Catherine et Patrick ont repris l'exploitation du domaine depuis le millésime 2001, ils ont aussi la chance de voir leur fils Louis revenir sur l'exploitation après l'obtention de son diplôme d'ingénieur-œnologue. Nul doute qu'il sera amené à prendre la suite de ses parents dans les années à venir. 2019 est le premier millésime qu'il a vinifié entièrement.

Louis Essa teste les portes-caisses un mois avant les vendages 2020

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Les vins en élevage du domaine Buisson-Charles dégustés pour le spécial millésime 2019 de la revue Bourgogne Aujourd’hui

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Les vins en élevage du domaine Buisson-Charles dégustés pour le spécial millésime 2019 de la revue Bourgogne Aujourd’hui
Les vins en élevage du domaine Buisson-Charles dégustés pour le spécial millésime 2019 de la revue Bourgogne Aujourd’hui
Les vins en élevage du domaine Buisson-Charles dégustés pour le spécial millésime 2019 de la revue Bourgogne Aujourd’hui
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Jeux de mains, jeux de raisins...

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Jeux de mains, jeux de raisins...

 La saison de travail dans les vignes est en phase de ralentissement. Le plus gros est fait car désormais toutes les vignes sont palissées-redressées-accolées et cisaillées. 
   Au stade de la fermeture de la grappe qui est intervenue dans nos vignes - selon les parcelles - entre le 23 et le 30 Juin nous pouvons constater véritablement quelles sont les charges que l’année autorisera et selon toute vraisemblance cette année nous serons gâtés. 
   Nous pensions même je crois à une possible récolte plus confortable encore mais la fleur est passée difficilement à certains endroits et il n’y aura pas besoin de si grands paniers que cela pour cueillir nos raisins. Pour la qualité c’est excellent car notre choix n’est véritablement pas de remplir la cuverie. Une belle récolte à 45/48 hl/ha de moyenne nous ravirait. Nous verrons bien. 
   Le stade mi-floraison  ayant eu lieu entre le 22 et le 30 mai, il est aisé de constater que les 32 à 35 jours ont été respecté jusqu’à la fermeture de la grappe et que la veraison selon toute vraisemblance démarrera dans nos parcelles environ 32 à 35 jours plus tard, soit au début du mois d’Aout en moyenne. Le temps annoncé pour Juillet est beau et chaud mais entrecoupé d’averses orageuses et marqué par des températures non caniculaires. Si le ciel ne nous tombe pas sur la tête (ma photo!)- ce qui est toujours possible localement - nous nous acheminons vers une année très classique en terme d’équilibre et pour tout dire, proche de 2018 mais avec un rendement sans doute plus faible. 
  Les bulletins divers qui fleurissent de ci de là confirment donc mes  impressions premières formulées en Avril et valident une récolte raisonnable au tout début de Septembre. 
  Intuitivement je perçois les pinots un peu en avance sur les chardonnays mais les deux cépages souffrent véritablement de viroses dans nombre de secteurs. Je vous en ai déjà parlé dans mon billet précédent. Seuls les aligotés semblent totalement exempts de ces viroses qui a n’en pas douter proviennent de ce cycle chaud et précoce qui a marqué ces  dix dernières années. 
Serait-il « Le »Cépage bourguignon de demain. Je me pose cette question simple lorsque je vois ce qu’il a pu donner en 2019 en préservant une acidité assez étonnante dans ce contexte et en prenant une complexité de cru d’élite. 
   Nous allons peut être voir un jour des zones de premier ordre plantées avec ce cépage en dehors des Monts Luisants de Morey et quelques secteurs de la montagne de Corton. Et si au fond le renouvellement de notre viticulture ne passait pas par une redécouverte de ce vieux et sous estimé cépage?...
 À suivre!

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Disque solaire

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   Depuis 2009 nous vivons un cycle climatique chaud où les millésimes viticoles précoces se succèdent. En 11 millésimes les années ou le début des vendanges s’est effectué en Août représentent  plus de la moitié de la production.       

    Ainsi 2009,2011,2015,2017,2018,2019 auquel on peut ajouter 2016 qui, moins précoce, a connu un mois de Septembre très ensoleillé et 2020 qui s’annonce, ont tous vu les vendangeurs à la fin d’Août ou au tout début de Septembre, arpenter les rangs de vignes, sécateurs à la main. 
   S’interroger sur cette permanence liée à la chaleur et peut être encore plus à l’avancée végétative est sans aucun doute nécessaire pour comprendre ce qu’il est possible de produire comme vins en terme d’équilibre. 
   Lorsque la vigne démarre sa saison avec une avance de trois semaines par rapport aux dates moyennes constatées à la fin du vingtième siècle et au début du suivant, il convient de définir si cette évolution peut ou doit marquer les crus issus de terroirs qui auparavant s’exprimaient parfaitement selon une progression différente ou plutôt différée.    

   En d’autre terme doit on accoutumer nos pratiques et productions  aux temps actuels ou poursuivre de  chimériques équilibres obtenus autrefois selon de conditions climatiques différentes?
    Nos expériences passées ont toutes, à des degrés divers, forgés notre goût en définissant des modèles gustatifs inconscients. Oh bien entendu cela incorpore année mûre et année de tension car leurs successions a toujours été naturel, mais il n’empêche nos préférences vont souvent plutôt vers l’un ou plutôt vers l’autre. Difficile en vérité de demander à notre cerveau d’apprécier des crus aux équilibres radicalement différents. 
   Pourtant je crois qu’il est nécessaire de le faire.
   J’aime beaucoup le dernier millésime de tension naturel qu’est 2013, sans doute également le classicisme - entaché de raisins grêlés sur certaines zones - qu’est  2014 et si mon goût ultime personnel va aux millésimes capables de préserver concentration, maturité et tension comme le furent les 79, 64 ou 55 je me dis qu’il est bon de toujours conserver le gradient de maturité que l’année autorise. 
    Solaire, frais, mûr, tendu, « sucreux »,salin?... en fait le climat décide bien souvent pour nous et ce qu’il est possible de capter au mieux sans aucune correction œnologique est avant tout à relier au temps de l’année.
   Reprochera t’on à 1947 et 1976 d’avoir généré des vins plus capiteux et d’acidité basse que 1962 ou 1990? Stigmatiserions nous un Condrieu - ou un Hermitage blanc -  visqueux et texturé face à un Sancerre ou un Saumur blanc? Je ne crois pas.
   Le domaine Buisson-Charles ne cherche donc pas dans ses vins un équilibre déterminé par ses goûts mais plutôt une production révélatrice de l’endroit et du caractère saisonnier que la vigne porte dans son adn cette année là. 
    Ainsi en 2018 les acidités furent plus élevées chez nous qu’en 2015 ou 2009 avec près d’un demi degré de moins et les équilibres seront assez proches au fond de ces 1979 que nous aimons  tant aujourd’hui mais 2019 qui suit aura le caractère des 47, solaire, riche et d’une concentration hors norme, au sens où cela n’arrive probablement chez nous au domaine Buisson-Charles que tous les 50 ans. Il nous est apparu nécessaire de preserver cet équilibre naturel sans essayer de l’édulcorer pour le rendre plus lisse, plus consensuel, plus habituel...
  ...en fait je crois que capter le soleil fût en 2019 une quête vers quelque chose d’absolu, quelque chose que nous - ma génération - n’avions encore jamais véritablement approché. 
   Alors oui, solaire, mûr, plein, extravagant et unique...le culte de l’astre solaire fût notre graal dans ce millésime qui aurait plu à Akhenaton! Cela ne fait pas de nous des pharaons adorant aveuglement  le disque lumineux mais en revanche oui, nous acceptons,  lorsque la nature le décide, de lui rendre grâce...

Disque solaire
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Horloge interne

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Horloge interne

Réflexion: Horloge interne 

  Nous vivons dans un monde où les calculs sont de plus en plus sophistiqués et où les moyennes de toutes sortes de paramètres peuvent être consignées et rendues signifiantes. Ainsi en matière de viticulture la période végétative  essentielle qui conduit la vigne de son débourrement à la récolte de ses fruits est elle scrutée et analysée pour produire des résultats chiffrés  qui modélisent possiblement son avancée. 
  Sans entrer fastidieusement dans des relevés nombreux et complexes, les études agrégatives récentes tentent de modéliser la relation qu’il y a entre les températures moyennes observées et les dates qui régissent le rythme de la plante. Schématiquement si au cours d’une saison la température moyenne augmente de 10% par rapport à une année dites moyenne ou la récolte se ferait au 20 Septembre, certains calculs projettent une cinétique qui induit une accélération de 10% des mécanismes qui régissent la pousse de la vigne. 
  Il n’en est rien.
  En effet la vigne possède sa propre « révolution » interne et tous ses mécanismes observés tendent à prouver qu’elle peut faire tampon à cette accélération due à la chaleur et au degré d’insolation pour freiner vigoureusement sa course à la maturation. En somme si 2003 a été 17% plus chaud que 2002 le temps qu’il a fallu à la plante pour mûrir n’a été « accéléré » que de quelques jours. Sinon nous aurions récolté le 8/08!!! Cela ne fût pas le cas. 

 Mon propos n’est pas ici de prendre parti et de décider de qui a raison ou qui a tort parmi les scientifiques (cf le lien ci dessous) mais il me paraît évident, depuis que j’observe les vignes du domaine que les réponses qu’elles nous donnent selon les saisons/millésimes qui les impactent sont toujours tempérées par un fonctionnement interne inhérent à la plante elle même, aux sélections de plants, de porte-greffes, au travail qu’on lui apporte et à la manière de la conduire. La main humaine est en ce sens le meilleur moyen de guider finement sa progression et de définir avec le caractère climatique de l’année, le moment le plus judicieux pour récolter des fruits équilibrés parfaitement. 
   A ce titre en combinant connaissances, ressentis liés au travail quotidien dans les vignes et choix liés aux potentialités des fruits que l’on souhaite produire, il convient d’affirmer que nous ne pouvons être seulement des observateurs d’un changement lié au climat en le subissant. Il est nécessaire de définir des procédures permettant de continuer à étirer la durée qui conduit la vigne de son débourrement à la floraison, puis de cette floraison à la veraison et enfin à la récolte. Car c’est ce temps le plus long possible qui est la marque des vins septentrionaux à la condition qu’il soit étiré sans que le fruit ne s’effondre au niveau de son équilibre acide-sucre.

   Mon horloge interne est alors en phase avec ces fruits ultimes qui par leurs caractères telluriques selon des contraintes climatiques maîtrisées peuvent permette de produire des vins dont ont peut signifier alors  qu’ils ne sont plus variétaux mais organiques.
  En somme il n’est plus envisageable de produire des vins acides aux senteurs de citron sur des effluves délicatement toastés/ grillés en se réclamant vigneron  du terroir. La complexité de nos sols est au delà des ses effets de style réducteur qui en simplifiant le goût ont permis de produire des vins sans âme qui se ressemblent tous et qui sont plus des vins d’équilibre aux accents bien lisses que des vins profonds et originaux capables de dépasser les codes communément admis et les typicités les plus simplificatrices.

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Canicule, pluie et capuchons

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Canicule, pluie et capuchons

    Il y a quinze jours certains esprits devins nous annonçaient une canicule estivale et des chaleurs de juin insoutenables. Evidemment tout cela selon un temps sec et une absence de pluie. Après le corona, la vague de chaleur devait une fois de plus faire des ravages. 
   Il n’en sera rien.
   20 millimètres de pluie reçue il y a quinze jours et encore 20mm hier et avant-hier feront de ce mois de Juin un mois paisible où nos organismes et la plante que nous cultivons ne souffriront pas. Un temps de saison, une avancée végétative qui suit un rythme régulier et qui ces derniers jours entame sa course vers la nouaison par la chute des capuchons floraux. En somme une idéale cinétique.
   Les vignes sont majoritairement en bonne santé même s’il faut observer de ci de là des taches de chlorose un peu plus marquées que l’année dernière et si la tylose ( dépérissement) des porte-greffes 161 plantés récemment n’est pas une vision de l’esprit. Certains secteurs plantés ces dix dernières années sont même durement touchés et la seule solution semble être l’arrachage. Heureusement au domaine nous sommes très peu touchés par ce phénomène même si. Lis restons vigilants. Merci les vieilles vignes!
   Avec un temps aussi clément qui exclut fortes chaleurs et froid de nuit, les maladies sont en quelque sorte « en sommeil » mais évidemment le risque rôde. Nous avons donc étirer la durée entre les traitements et limité  l’emploi du cuivre qui n’est pas vraiment nécessaire en ce moment. Poir l’instant aucune trace de mildiou ou d’oïdium.
   La véraison devrait avoir lieu à partir de la fin de Juillet et selon les observations au domaine elle se terminera vers le 5/10 août dans nos vignes pour peu que deux averses - au moins - de 20 mm marquent cette période d’environ 55/60 jours.
   Selon ces prévisions les Vendanges auront lieu vers le 5/7 Septembre à plus où moins cinq jours près. Je vous ai déjà écrit cela en Mars, en Avril et en Mai...cela se confirme! 

(Ci dessous, le petit Clos des Magnys relevé et ébourgeonné deux fois puis écimé à la cisaille. Nous le « repasserons » encore trois fois au minimum...)

Canicule, pluie et capuchons
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Millesime 2020 Pleine Fleur

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Millesime 2020 Pleine Fleur
Millesime 2020 Pleine Fleur

Pleine Fleur

   Au domaine Buisson-Charles la pleine fleur - à savoir la mi-floraison dans une parcelle - a été atteinte du 23 au 28 Mai pour nos Meursault, Volnay et aligoté et se poursuit dans les parcelles de pinots et particulièrement à Pommard en Mareau où elle n’a pas encore commencé.
   Contrairement à certaines idées reçues l’été chaud qui s’annonce n’accélèrera pas la maturation des baies et la chute des capuchons floraux et nouaison annonce un début de  véraison de nos chardonnays autour du 25/28 Juillet, il faudra ensuite encore 35 à 42 jours pour que leur mûrissement s’opère intégralement. 
   La chaleur sèche et l’éventuel manque d’eau  ne changera rien à ce cycle inscrit dans l’ADN de la plante, au contraire sans eau et si la canicule se met en route - un élément auquel je ne crois guère si j’en juge les projections à longue vue de nos différentes météo et surtout le caractère de cette année régulièrement venteuse -  nous pourrions avoir des blocages de maturité dûs à des stress hydriques.
    Je ne le vois pas ainsi. Nous allons vers un été solaire et donc chaud mais pas vers la fournaise. En attendant le vent et le soleil nous ont amené à supprimer purement le traitement soufre et cuivre prévu ces derniers jours car nos vignes sont parfaitement saines. Si l’oïdium qui concerne essentiellement les blancs, rôde encore, le mildiou n’a pas les conditions favorables à son développement et il nous paraît inutile de disposer du cuivre dans les vignes en ce moment. 
   Nous préférons travailler sur la plante et fignoler son feuillage pour aerer les raisins abondants cette année. Mode prophylactique donc! On peut même dire que les raisins sont potentiellement très abondants, au point que nous repassons dans chaque vigne pour enlever des rameaux une seconde fois tant il est évident que si nous ne le faisons pas, nos rendements ne nous permettrons pas de produire les vins que nous avons en tête.
   Toutefois il faut garder de la mesure dans ce geste qui prive la plante d’une partie de ses fruits car comme l’an dernier ceux ci risquent d’avoir un poids moyen inférieur à une année plus humide. Les grappes pèseront sans doute 10 à 20% de moins qu’en 2018. Elles sont plus petites dans nos vignes bien que parfaitement formées et parfois disposées en grappes agrégées  les unes aux autres...ce sont celles-ci que nous faisons sauter. 
   Les dix jours qui s’annoncent seront à l’évidence harassant pour les organismes mais la fin du « coup de feu » approche et c’est très  bon pour le moral...

Millesime 2020 Pleine Fleur
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Journal du millésime 2020

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Journal du millésime 2020

10 Mai 2020:

Perdre fleur et conserver son apex...en étirant son cycle!

    La vigne pousse selon des rythmes liés au temps du millésime en cours mais également selon le rythme interne de son métabolisme. Cette Lapalissade végétative pourrait faire croire que face à elle l’homme est réduit à l’état d’observateur béat, contemplant les rameaux et les fruits tout au long de la saison. 
   Il n’en est rien.
   Avec les années, à la manière de Monsieur Jourdain il nous est apparu que la prose gestuelle que nous utilisions pour cultiver la plante avait une incidence avérée. Après avoir compris de manière empirique que la longueur de la période qui court après la fleur était essentielle à l’obtention de fruits équilibrés et qu’il s’agissait de l’étirer au maximum, est venu le temps de définir quels étaient les moyens de retarder la pousse de la liane pérenne. 
 Encore une fois rien de révolutionnaire mais plutôt un retour à des préceptes anciens consistant à positionner les bons plants et porte-greffes aux bons endroits, à tailler en deux fois en passant le plus tard possible la seconde fois, à ébourgeonner pour aérer la plante sans la déshabiller, à labourer tardivement, à plier les baguettes le plus tard possible en zone gélive...bref à repousser le début de la saison végétative dans ce cycle actuel qui est à l’évidence précoce. 
   En luttant ainsi contre la gelée, il nous a été possible de voir nos plants modifier sensiblement leur comportement et adopter un rythme imperceptiblement  plus lent que lors des millésimes antérieurs. Ainsi, en ce moment, nous sommes assez loin d’avoir des vignes vigoureuses qui seraient à écimer au niveau de leur apex sommital et nous pouvons tranquillement finir de les ébourgeonner et de les palisser en attendant que la fleur passe complètement, probablement  à la fin de ce mois de Mai. Pas avant.
   Observez les photos ci dessous qui prouvent avec acuité  que nos raisins n’ont pas encore commencés à développer les petits cils blancs de  la fleur qui « évolue » puis leur chute qui signale la fin de cette avancée végétative. Cela nous permettra de patienter et d’allonger la saison de mûrissement ce qui permet de complexifier les raisins de limite Nord et de leur conférer cet équilibre abouti qui lui seul permet de révéler le terroir dans toute sa dimension.
   En fait nous aimons prendre le temps, retarder le plus possible les différents moments d’intervention pour les exécuter au moment opportun, dans une « temporalité »idéale. Le rythme de la vigne n’est pas celui de l’homme, il ne peut être emprisonné dans le systématisme et si la vigne n’est pas un jardin qu’il faut suivre, elle n’est pas non plus une liane sauvage qu’il faut laisser faire. Non, c’est un organisme vivant qui définit lui même son avancée en prenant celui qui s’en occupe par les vrilles qu’elle lance et les rejets qu’elle émet. 
   Tu me coupes, je te donne des entre coeurs, tu m’enlèves des  feuilles, je limite la croissance de mes fruits, tu me dépouilles trop tôt de mes raisins, je te donne des fruits variétaux, trop tard...je te donne du sucre et des arômes passés.
   2020’nous verra sans doute au domaine récolter au début de Septembre - entre le 5 et le 10  à plus ou moins 5 jours près - et nous sommes très heureux de constater que ces dates précoces, récurrentes ces dernières années,  sont désormais parfaitement intégrées et maîtrisées par nos process culturaux et de vinif-élevages...
   Nous avons fait notre petite révolution copernicienne en ajustant des usages anciens à des réalités modernes. Nous verrons dans quelques temps si les vins qui en sont issus ont le niveau...

Journal du millésime 2020

17 Mai:

100 jours depuis l’île d’Elbe où Accélération temporelle? 

   Serions nous dans une nouvelle fenêtre temporelle qui ferait que les rythmes qui nous régissent changent notre manière de percevoir le monde?
   Faut-il dans nos vignes imaginer que précocité est fille de célérité et qu’en raison d’un départ rapide la course à la maturité peut être réduite par simple effet magique? 
   Que nenni! Mais pourquoi? 
   Est-on certain que chaleur et sécheresse sont de bons moteurs à la rapidité de nos plants.. ou alors sont-ce des mobiles pour nos plans? 
   Questionnement naïfs répondant  à des interrogations légitimes.
 Nous comptions 100 jours après la pleine fleur - en fait la mi-floraison - pour évaluer un possible début de récolte.Hors le réchauffement qu’induit le cycle de notre climat actuel semble avancer nos repères et si naguère nous terminions notre travail principal  sur la plante à la mi-Juillet, il est certain qu’en ce moment il s’achève quasiment systématiquement  au 25 Juin. Cela ne nous empêche pas de le poursuivre beaucoup plus tardivement pour fignoler notre action sur les plants mais il est évident que les étapes qui régissent nos actes culturaux se sont avancées.
  Toutefois elles n’ont certainement pas modifier le rythme interne de la plante qui continue de suivre sa propre évolution en se moquant un peu des règles nouvelles que nous pourrions nous donner. Comme le raisin qui pousse en Corse ou sur l’île d’Elbe, au Liban ou au sur les coteaux d’Annaba il lui faut une durée minimale pour s’épanouir  pleinement et cette durée est si fondamentale que ne pas la respecter c’est aller un peu contre la plante, la nature, le terroir ou le climat. 
   Ci dessous vous observerez l’état d’avancement des Goutte d’Or du domaine et le fait que la fleur pour l’heure n’a pas démarré sa course sauf sur un jeune plant. Nous en déduisons que celui-ci a cinq à six jours d’avance et que pour le reste de la parcelle la Mi-floraison aura lieu en fin de semaine prochaine car le temps annoncé sera chaud et sec. Il fera suite à plus de 50 mm de pluie reçue en dix jours et à quelques journées venteuses ralentissant un peu la pousse. Une mi-floraison que sans risque nous observerons entre le 25/05 et le 10/06 dans les vignes du domaine Buisson-Charles. 
   La première manche se jouera en Charmes, Cras, Tessons et Goutte d’Or, la dernière à Pommard en Mareau comme tous les ans. 
   En faisant fi des aléas climatiques toujours possibles - vade retro satanas! - il nous paraît assez clair que nous ne vendangerons pas en Août et qu’en tous cas aucun de nos villages et Bourgogne ne sera récoltés avant le 5/7 Septembre. Pour les premiers crus je vous en dirai un peu plus lors de mon prochain « billet » mais cela risque d’être identique même avec un été sec et caniculaire.

Journal du millésime 2020
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Retour sur le millésime 2018 après les mises en bouteilles.

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Le Millésime 2018 au domaine Buisson-Charles 

   La saison a démarré par une période assez douce et très pluvieuse au mois de Janvier, celle-ci  a permis aux nappes phréatiques locales de se remplir d’eau et nous verrons plus tard que cela a eu un réel impact sur les rendements et le caractère des vins de l’année.
  Février et Mars redevenus plus froid et dans la norme des valeurs normales saisonnières sont restés toutefois pluvieux par intermittence mais la vigne est restée en phase de dormance et n’a pas vu ses bourgeons éclore à Meursault avant le 10/04 dans les endroits les plus précoces. Toutefois du 13 au 24 Avril le temps s’est mis au beau et la pousse des feuilles s’est accélérée soudainement. A tel point que le changement de lune et le retour du froid à la fin Avril ont bien failli faire geler une partie de la récolte. Il n’en fût rien fort heureusement même si la nuit du 28 il a été relevé -2 degrés au sol dans les secteurs les plus froids.
   A partir de ce moment là, la Côte d’Or a connu jusqu’en juin une belle saison ensoleillée qui nous a permis de réaliser nos traitements organiques sans le moindre problème en repoussant la pression mildiou qui était pourtant forte. L’oïdium fut également aisément jugulé avec des traitements à base de soufre uniquement. (Voir la photo du calendrier de traitements.)
   Dès lors la fleur est parfaitement passée sans coulure autour du 23 Mai en même temps que les cerises mûrissaient, ce qui est toujours un très bons signe. A partir de ce moment nous savions que les inflorescences qui n’avaient pas du tout avorté nous apporteraient potentiellement des raisins en assez grande abondance. Seul le temps  sec pouvait contenir ces promesses de récolte. C’est à ce moment la que les nappes phréatiques gorgées d’eau ont eu leur incidence sur l’année en permettant à la plante de bien nourrir ses fruits sans favoriser ses feuilles - ce qu’il se passera en 2019 - et en autorisant un mûrissement régulier tout au long de la saison.
   Toutefois le temps sec et très chaud a marqué notablement les coteaux de mi-juillet à fin Août avec un pic de chaleur intense vers le 15/08. Heureusement il avait plu 30 mm au début de ce mois et cela a sans doute permis au secteur d’avoir des fruits aussi équilibrés qu’abondants. Ainsi nous avons pu récolter sur la base de rendements confortables pour le domaine:  53 hl/ha en blanc en moyenne et 48 hl/ha en rouge avec des secteurs moins productifs - les tres vieilles vignes de Meursault - et plus généreux - les Aligoté à 67 hl/ha avec 7 grappes par pieds! - pourtant nous avions ébourgeonné comme à l’accoutumée. 
  Les rendements assez élevés et la chaleur intense nous ont conduit à vendanger en étalant notre récolte sur deux semaines du 1er au 14 Septembre. Les degrés se sont montrés notablement idéaux car compris entre 12 degrés naturels et 13.6 degrés naturels. Aucun vin n’a été chaptalisé et/ou acidifiés. (Voir photos des  analyses). Nos pH vins finis sont tous inférieurs ou égaux à 3.26 et les acidités tartriques et totales sont elles aussi d’excellentes tenues. Seules les valeurs lactiques et maliques  étaient assez basses mais elles ne sont pas recherchées spécialement  par le domaine car elles participent moins à la tenue du vin dans le temps. 
   Les vins blancs n’ont pas été collés et ont subi une légère filtration au filtre lenticulaire à 7 microns  pour faire baisser la turbidité en dessous de 1.5 NTU. Les rouges - pour la première fois - n’ont été ni collés, ni filtrés mais ont tous une turbidité inférieure à 10NTU. Tous les vins ont été soutirés en Septembre et Janvier et ont donc été élevés sur une durée des 17 mois. 12 mois en fûts et 5 mois en cuve. 
Ils ont été mis en bouteilles du 27 Janvier au 30 Janvier 2020. 
  Les bouchons utilisés sont des lièges naturels de qualité « fleur extra » avec un bout miroir - parfaitement lisse - et le millésime sur la partie marquée par quelques lenticelles. Ils portent tous le nom de la cuvée produite et ont été orientés à la main pour être certain qu’il n’y ait pas de goût de bouchon...ou du moins minimiser au maximum ceux-ci.
   Une petite nouveauté encore, l’indication du nombre de bouteilles produites pour chaque cuvée. 

Patrick Essa - domaine Buisson-Charles.

Retour sur le millésime 2018 après les mises en bouteilles.
Retour sur le millésime 2018 après les mises en bouteilles. Retour sur le millésime 2018 après les mises en bouteilles.

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Le Millésime 2019 juste après les vendanges

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Le Millésime 2019 juste après les vendanges Le Millésime 2019 juste après les vendanges

Récolte 2019 au domaine Buisson-Charles à Meursault: bilan et perspectives 

  La saison 2019 ne fut ni plus longue ni plus compliquée que les autres. Elle s’est étalée de la fin de Septembre 2018 à la moitié de ce mois en 2019, soit sur environ 350 jours. 

  On s’interroge parfois sur les caractères culturaux dont usent les exploitations: sont elles en mode conventionnel, raisonné, biologique? On oublie très - trop! - souvent et sans doute à dessein que ce qui détermine ce caractère n’a trait qu’aux simples moyens de traiter la vigne et de l’amender. Tout le reste des interventions sur la plante est rigoureusement le même quoi que puisse en dire certains faiseurs de belles histoires, très éloignés d’une vérité objective.

   Ainsi l’histoire vraie  que je vais vous conter est celle d’un domaine qui par choix a décidé  de rendre compte de son travail en toute transparence  sans prendre ses clients pour des naïfs mais au contraire en les informant avec forces détails, photos et analyses pour qu’ils puissent juger « véritablement » par eux même.

   Depuis la fin du mois de Mars 2019 rien ne vous a été caché sur nos choix assumés - ne pas faire brûler de paille, ne pas installer de bougies par exemple - et sur les différentes étapes de la saison végétatives entre travail de mains et traitement biologique à base de soufre et de cuivre. Ce récit long, détaillé, minutieux vous pourrez le lire en remontant le fil de cette page FB. Nous n’avons pas cherché à vous montrer le beau et le clinquant non! On vous relate des faits qui nous conduisent de plus en plus à prendre nos distances avec les pratiques de notre région qui nous paraissent peu adaptées au changement climatique.

   Nous ne sommes pas des jardiniers essayant de produire de nombreuses feuilles en cherchant un aspect visuel idéal et gracieux, tout au contraire nous voulons replacer la plante au service du fruit qui est le seul élément avec lequel nous faisons du vin. Une plante que nous souhaitons fine, aérée, vivante, au service de ses fruits et surtout capable d’étirer la période d’après floraison au maximum pour que la complexité des climats soit entièrement captée par les raisins de la liane pérenne car parvenus à complète maturité. Bref, les contre-vérités  qui consistent à imaginer que le degré seul signale le moment de la récolte supprime bien plus sûrement qu’une obédience culturale donnée la possibilité de générer de grands vins. 
   
   La Côte des blancs ne produira pas beaucoup de vins car le chardonnay a eu du mal à « passer fleur » au début de Juin et car les chaleurs ont généré des raisins de petite taille. Pas vraiment millerandés comme on peut le lire parfois mais plutôt des grappes bien formées avec des baies très petites et aérées.

   Nous avons produit environ 27 à 30 hl/ha dans nos vignes de chardonnay  âgées de 10 à 90 ans, il devait être possible d’aller un peu au delà mais certainement pas aux limites permises. En rouge nous ferons environ 37 hl/ha ce qui n’est pas si mal. Dans les deux cas les vins seront potentiellement incroyables. Au total nous baissons de 50% par rapport à 2018. Mais la nature est ainsi, il faut l’accepter. 
   Nos achats ont été compliqué et nombre d’entre eux - pourtant conclus avant vendanges - ont avorté car bien peu avaient à vendre une fois la récolte faites et tout le monde se sert en premier. C’est de bonne guerre. Nous produirons toutefois des Corton blancs et rouges, trois premiers crus à Volnay, un peu de Puligny premier cru et une dizaine de pièce de Chablis premiers et Grands crus sans oublier quelques gouttes de Chapelle Chambertin. On s’en sort donc plutôt bien! Et il n’est pas dit qu’un immense premier cru de Pommard ne rejoigne la gamme rouge. Je vous en reparlerai. 
    
 2019 sera grand Millésime ou ne sera pas ai-je dit tout au long de ces miscellanées...il sera grand, désormais c’est certain!

Le Millésime 2019 juste après les vendanges
Le Millésime 2019 juste après les vendanges
Le Millésime 2019 juste après les vendanges

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Les scores d’allen Meadows pour nos vins blancs 2017 sont très élogieux....

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Les scores d’allen Meadows pour nos vins blancs 2017 sont très élogieux....
Les scores d’allen Meadows pour nos vins blancs 2017 sont très élogieux....Les scores d’allen Meadows pour nos vins blancs 2017 sont très élogieux....

   Une revue de nos vins blancs du millésime 2017 faites par Allen Meadows de Burghound.com

 

 

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Des Meursault de référence selon Olivier Poussier

Publié le par Site internet officiel du Domaine Buisson-Charles

Des Meursault de référence selon Olivier Poussier

 

10 mois après la récolte 2018  et mon coup de gueule - tellement justifié - sur les récoltes corrigées, trop abondantes et insuffisamment mûres...on observe que la qualité des blancs varie en fonction de la concentration et du manque de maturité! 

  

   En 2017 comme en 2018 il fallait  impérativement  être patient pour récolter des fruits équilibrés susceptibles de ne pas être corrigés par des actes oenologiques inconsidérés.

   Olivier Poussier - meilleur sommelier du Monde et rédacteur à la Revue Des Vins de France - apporte une observation signifiante sur notre travail - et donc nos choix de récolte et de vinification - en postant sur les résultats des dégustations du futur Guide Vert 2020.

   Être à ses yeux la référence du millésime pour nos Meursault n’a pas de prix et valide l’ensemble du travail mené par toute l'équipe du domaine. 

   Merci a lui.

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Journal du millésime 2019: ébourgeonner?

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Journal du millésime 2019: ébourgeonner?
Journal du millésime 2019: ébourgeonner?
Journal du millésime 2019: ébourgeonner?

    La saison de l’ébourgeonnage démarrera peut-être par une gelée ce 5 Mai. La froide lune rousse qui commence éclaircira peut être « naturellement » les bourgeons et les inflorescences qui pointent désormais. 

  Mais elle n’empêchera pas nos employés de passer dans les vignes à partir du 6/05 pour enlever les bourgeons excédentaires - les doubles bourres, les départs vers le bas et les branches chétives - afin de permettre aux branches fructifères de mieux pousser et de donner une récolte mesurée.
   Ce travail de longue haleine est également nécessaire pour nettoyer le pied du cep de bourgeons parasites mal placés - où d’en conserver un pour mieux rajeunir le cep au moment de la taille - tout en modérant le rendement selon les choix que nous opérons. En général au domaine nous conservons deux bourgeons sur la taille et 4 sur la baguette ce qui donne entre 8 et 10 grappes potentielles par pieds. 
   Avant ce temps important de régulation de la végétation nous avons fini de labourer toutes les vignes, de retendre tous les fils,  de remplacer les piquets  cassés et de tondre les contours des vignes pour faire de la place à nos petits enjambeurs de traitement et de labour.

  Observez sur ces photos le moment de la pousse  - photo 1 - où nous commençons à intervenir, un cep non ébourgeonné - photo 2 - et le même cep qui a subi son nettoyage de printemps pour être prêt à faire mûrir parfaitement ses inflorescences - photo 3 - en livrant des raisins mûrs sans être gêné par trop de végétations auprès de lui.

  Évidemment le travail sur la plante  est loin alors d’être terminé mais je vous en conterai les différentes évolutions au fil de la saison.

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Effets du Gel du 5 Avril sur les vignes du domaine Buisson-Charles

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Effets du Gel du 5 Avril sur les vignes du domaine Buisson-Charles
Effets du Gel du 5 Avril sur les vignes du domaine Buisson-Charles
Effets du Gel du 5 Avril sur les vignes du domaine Buisson-Charles
Effets du Gel du 5 Avril sur les vignes du domaine Buisson-Charles

Le Gel du 5 Avril: 4 semaines après, que constatons nous dans les vignes du domaine Buisson-Charles?

   Nous n’avons pas protégé nos vignes des gelées, en disposant par exemple des bougies de paraffine.  
   Évidemment  avec une température négative pendant plus de 8 heures elles ont souffert.
  Le sol et le végétal étaient ce 5 Avril humides et la température a atteint -3,5 degrés au sol vers 6 heures du matin. Il en a résulté une forte crainte mais également le sentiment que dans les zones historiquement gélives c’est un des aléas climatiques qui arrive avec une certaine rémanence. Plus fort sans doute depuis 2016, mais finalement en dehors de ce millésime moins meurtrier que prévu.
  Pour bien expliquer ce qui s’est véritablement passé au domaine Buisson-Charles, voici les photos de la vigne que nous cultivons squi est la plus sensible à ces gelées. 
   On observera sur les deux premières photos la végétation « chétive » de la partie basse de la vigne de « Vigne Blanche ». La majeure partie des bourgeons (75% ) n’a pas gelé mais en revanche ceux-ci - naturellement plus tardifs que le haut - ont été freiné dans l’évolution de leur pousse et ont largement désormais 15 jours de retard sur la partie haute de la vigne (Photos 3 et 4) qui elle comme à son habitude n’a pas gelé. En trente ans cette partie haute n’a jamais gelé alors que la partie basse a vu sa récolte altérée 6 fois ( 81,91,98,2001,2008,2016) en raison du froid. Il est d’ailleurs notable d’observer qu’avant ébourgeonnage la perte « sèche » sur la parcelle n’excédera pas 10/15% selon les comptages que j’ai pu effectuer ce matin. En effet sur les 8/10 bourgeons fructifères laissés par la taille en Guyot simple, nous ferons comme chaque année un ébourgeonnage nous permettant d’en conserver 6. Certains ceps n’en porteront que 3 à 5 mais aucun ne sera intégralement gelé. 
  Nous observons aussi que les sorties de raisins - qui commencent à être apparents - sont mesurées. 
  2019 ne sera pas quoi qu’il arrive  au domaine Buisson-Charles, une année à rendements élevés. Évidemment je parle ici du potentiel des fruits qui sont sur pieds après ce gel. La saison est encore longue et de nombreuses péripéties peuvent l’émailler. 

   Ces explications me paraissent nécessaires et enfin objectivées et « justes » pour nos clients,importateurs, particuliers, cavistes et amis car la mesure et les informations avérées et fiables me paraissent plus pertinentes que les craintes mises en ligne avec fougue selon un discernement embué par la peur.

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Gelées et sueurs froides

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Gelées et sueurs froides 

   Le 5 Avril nous avons eu  -4 degrés au sol dans les zones les plus froides avec un vent de NNE soufflant à 8/10 km/h
  Nous avons perdu 20 à 40% des bourgeons dans les zones historiquement gélives 
   Avant ébourgeonnage c’est une perte dommageable mais lucidement acceptable. 
   Et puis si au final c’est plus  - car avec la gelée on ne sait vraiment ce qui a été perdu qu’un bon mois plus tard -...alors il faudra se demander si nos climats ont toute la dimension de leurs noms, tous les ans. Mais c’est un autre débat.

   Je raisonne sur un cycle de dix ans et je constate qu’en 2009,2011,2013,2015,2017 et 2018 nous avons produit avec grande qualité et quantité raisonnable. Soit entre 42 hl/ha et 54 hl/ha
  En 2010,2012,2014 et 2016 nous avons produit des vins blancs de grande qualité avec des récoltes allant de 50% à 85% de 52hl/ha - chiffre que nous ne souhaitons pas dépasser chez nous - selon les secteurs. 
  Pas une année de qualité médiocre, six très belles années et quatre où nous avons été victimes d'aléas climatiques. Une fois la gelée et 3 fois la grêle.

  La veritable catastrophe serait une année abondante et marquée par la pourriture et la sous maturité. Nous n’avons plus connu de 74,75,77,81,93,84,94 et 06 (dans une moindre mesure) depuis 13 ans. 

  Alors oui comme producteur je suis confiant, car je ne vois pas « ma vie » à la lumière du lendemain immédiat mais sur un « cycle paisible » qui inclut les aléas comme faisant partie d’un ensemble dont la regularité est forcément aleatoire. Nous travaillons avec la nature, pas contre elle. 
   Chacun a le devoir de conserver de la mesure et du sang froid sans tomber dans des atermoiements excessifs qui ne changent rien à nos difficultés.
   Au plan général la commune qui a le plus souffert est sans doute Volnay - et sans doute le Sud de Beaune et Pommard -  mais certaines - comme Puligny-Montrachet et l’ensemble du nuiton en dehors de Marsannay et le Sud de Nuits - n’ont pas connu de pertes véritables depuis près de dix ans. La dernière fois en 2008 et dans une moindre mesure en 2010,2016 et 2018
  Gardons notre self Contrôle.
  Je veux bien refaire dix années comme ces dernières passées et le principe de précaution qui prévaut maintenant en toute chose n’est pas du tout celui qui dicte la conduite du domaine 


  A force de vouloir tout sécuriser, nous perdons notre identité et en partie celle du millésime.

   2019 ne sera pas une année d’abondance. Et si je ne suis pas superstitieux, je veux bien croire à la légende de la qualité exceptionnelle des millesimes en 9!

 Kudos!!!

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Les premiers scores des rouges 2017 sont élogieux...

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Scores des vins rouges 2017 chez Allen Meadows du site Burghound

« As to the reviews confirm, the quality of the Buisson ‘17s is excellent. Essa noted that the 2017s were bottled in January 2019 » 
Allen Meadows 

Heureux  d’observer que nos options de vendanges et de vinifications ont abouti à d’excellentes évaluations. Cela sanctionne les efforts de toute une équipe et notre volonté d’aller vers l’excellence sans le moindre compromis.

 

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Chers allocataires les vins du millésime 2017 sont à la réservation jusqu’au 31/03/2019

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Chers allocataires les vins du millésime 2017 sont à la réservation jusqu’au 31/03/2019

Écrire au domaine à ce mail:

dombuissoncharles@wanadoo.fr

Heureuse année 2019 à tous

 

Patrick Essa

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Le millésime 2017 de Buisson-Charles évalué par Bill Nanson de « Burgundy Report ».

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    Merci à lui pour son travail de fond qui désormais en compagnie de ceux de Allen Meadows de « Burghound »et Sarah Marsh de « Burgundy Briefing » fait partie des références du monde anglo-saxon - et du monde en général! - concernant la description et l’analyse des vins de Bourgogne.

Le millésime 2017 de Buisson-Charles évalué par Bill Nanson de « Burgundy Report ».
Le millésime 2017 de Buisson-Charles évalué par Bill Nanson de « Burgundy Report ».
Le millésime 2017 de Buisson-Charles évalué par Bill Nanson de « Burgundy Report ».
Le millésime 2017 de Buisson-Charles évalué par Bill Nanson de « Burgundy Report ».

Publié dans Revue de Presse

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Les vins du domaine Buisson-Charles sur les cartes de la Bouitte*** et du Flocons de Sel***

Publié le par Site internet officiel du Domaine Buisson-Charles

Gastronomie étoilée et caviste 

Deux nouveaux restaurant trois étoiles Michelin serviront cet hiver les vins du domaines Buisson-Charles 
La Bouitte des chefs René et Maxime Meilleur à Saint Martin de Belleville ***
Le Flocon de sel du chef Emmanuel Renaut  à Megève ***

Et puis également un nouveau caviste nous fait confiance: La Cave de Patrick Gerbaud à Saint Étienne

Les vins du domaine Buisson-Charles sur les cartes de la Bouitte*** et du Flocons de Sel***
Les vins du domaine Buisson-Charles sur les cartes de la Bouitte*** et du Flocons de Sel***
Les vins du domaine Buisson-Charles sur les cartes de la Bouitte*** et du Flocons de Sel***

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Les blancs du millésime 2016 de Buisson-Charles notés par Allen Meadows

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Les blancs du millésime 2016 de Buisson-Charles notés  par Allen Meadows

« Comme les scores le confirment la qualité des 2016 du Domaine Buisson-Charles est excellente! » Allen Meadows

Les blancs du millésime 2016 de Buisson-Charles notés  par Allen Meadows

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Bouchon!

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Bouchon!

   Obturer une bouteille est une action d’une infinie simplicité qui ne devrait même pas être évoquée tant elle se passe rapidement et concerne en principe peu le vin en ce qu’elle n’est en rien constitutive de sa vinification et de son élevage.
  Moment fugace où le liquide qui a coulé dans une bouteille se voit emprisonné par un petit objet dont les formes les plus diverses et bizarres peuvent exister. De la capsule au bouchon de verre en passant par le matériau composite, aggloméré, reconstitué, colmaté, il existe une variété incroyable de chevilles destinées à mettre votre vin sous scellés. On pourrait dès lors imaginer que ce moment là est négligeable...que nenni!

   En fait ce petit bout de liège - la plupart du temps - est un véritable casse tête chinois pour celui qui souhaite sa simple efficacité en imaginant qu’il puisse être neutre « gustativement »  parlant!  
  Combien de bouteilles gâtées par sa faute, de goûts déviants, d’oxydation, de rétention gazeuse, de réduction, d’évents, de vins « plats » dûs à des funestes bouchages liégeux. Le producteur a en lui son principal ennemi, celui qui lui coûte horriblement cher et qui sans crier gare vous flingue un vin que vous avez mis trois ans à engendrer. Il n’est pas excessif de parler de colère quand un de vos vins vous est retourné avec le motif tant redouté, évoqué par votre client, ami, restaurateur, caviste, journaliste: goût de bouchon!
   Un goût qui se substitue à celui que vous aviez pu emprisonner, qui vous fait passer pour un piètre faiseur en laissant la suspicion sur votre capacité à produire des vins capables de vieillir. En somme le bouchon fait de vous un être sans aucune capacité, sans talent, sans rigueur. 
  C’est un peu comme un uppercut reçu  en pleine face après avoir préparé un combat pendant plusieurs saisons! Et ton Knock-down est sans appel! 
   Alors me direz vous, pourquoi continuer de l’utiliser avec acharnement et conviction!?
   En fait l’idée concrète est d’imaginer que ce qui est naturel est meilleur pour un contenu qui lui même se veut le plus proche possible de son origine. Et puis faire confiance à la chimie du bouchon synthétique ou aggloméré n’est-ce pas d’une certaine manière accepter que la chimie est possiblement solution à votre problème. Alors même que vous tentez de vous convaincre que le mieux pour vous est de rester dans les arcanes d’une production saine où intervenir sur la matière et surtout dans sa composition est déjà la pervertir. 
   Fort de ce raisonnement simple, la recherche d’une solution pour votre problème passe par la sélection naturelle des meilleurs planches de liège provenant de suberaies de chênes entretenues pour fournir des bouchons sains et non infectés. Effroyable casse tête qui vous met face à une armada de producteurs, grossistes,détaillants, faiseurs, revendeurs, marques, sous marques et contre marques d’une sidérante complexité et tous « armés » de représentants aux discours parfaitement rodés...qui évoluent en même temps chez tous selon des codes d’une lisibilité apparente confondante. Bref, tous vous livrent le meilleur et vous garantissent un minimum de perte, mais pas un ne rembourse la « casse ». Jamais. Une règle d’or intangible qui est une sorte de pacte que les fournisseurs se mettent un devoir de respecter. 
  Ils ont la possibilité de bousiller votre vin mais Jamais ils ne le reconnaissent vraiment ou alors vous demandent de l’accepter car au fond cela concerne peu de « retours ». Sous entendu: vous pouvez supporter cette charge qui indique NOTRE travail déficient mais qui gâte VOTRE vin. 
   Paie cochon de vigneron!
Au fond leur comportement est aussi humain et naturel que les produits qu’ils nous fournissent. Nous sommes en terrain connu.
  Alors me re-direz vous, pourquoi continuer avec eux?
  A ce stade, soyons clair, nombre de vignerons ont commencé à se détourner du liège de haute qualité pour se pencher sur la question des plus mauvais lièges recalés, mis en poussière et rendus inodores par un traitement miraculeux tout en possédant l’élasticité conférée par un liant chimique - et même naturel dernièrement - qui se pique de ne plus infecter les bouteilles. Plus du tout. Bref le miracle à l’entrée de votre cuverie pour deux fois moins cher qu’un bon bouchon! 30 a 50.000 euros de bénéfice sur ce seul poste par la grâce de la chimie. Avouons le, cela est tentant!
   Résister est donc une posture purement intellectuelle qui positionne vos choix comme étant avant tout liés à une vision hygiéniste de votre métier, comme un possible qu’il est permis d’atteindre en faisant abstraction d’une modernité galopante et simplificatrice. Comme un besoin de jouvence, de fraîcheur, de simplicité et le refus de tomber sur une quille dont vous auriez un peu honte en retirant le petit bout minable de ce bouchon qui imite ce que vous avez en tête lorsque vous pensez aux bouteilles du grand père. Bref, vous savez que ce petit machin élastique naturellement est aussi à l’origine de bouchages mémorables dont les vins vous ont émus  aux larmes. 
   Vous ne me comprenez toujours pas, je le vois bien et je vous comprends car moi aussi j’ai été assailli de doutes après que dernièrement un restaurateur que j’aime m’ait rendu un Tessons 2014 bu par un vigneron que j’aime - et qui en produit! -  car le vin avait un « petit goût de bouchon »! 
  Rhaaaaa, si le bouchonnier avait été là je lui aurais fait boire la bouteille entièrement pour qu’il me comprenne! Jusqu’à la lie s’il y en avait eu!
    Je serai désormais impitoyable et chaque bouteille qui me sera rendue fera l’objet d’une analyse - à mes frais! - pour mon bouchonnier. Je veux qu’il comprenne, pas seulement qu’il accepte ou s’excuse, je veux qu’il ressente ma détresse, ma colère et qu’il comprenne mes attentes.
  Je m’engage également à lui écrire lorsque les flacons vieux de plus de dix ans seront au top niveau dans leur ensemble. 
   Big Boucheur is Watching you! 
   
Patrick Essa - 2018

Bouchon!
Bouchon!
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Le domaine Buisson-Charles sur la carte du Gabriel** et de la Pagode de Cos*

Publié le par Site internet officiel du Domaine Buisson-Charles

  Le domaine Buisson-Charles fait son entrée sur la carte de La Réserve. Un ensemble hôtelier 5* unique au cœur de Paris, non loin de la Concorde, disposant également  de deux restaurants gastronomiques - le Gabriel ** et la Pagode de Cos * - qui désormais serviront nos Meursault. Deux restaurants du chef Jerome Banctel.
   Nous en sommes très heureux et remercions Romy et CDP pour leur précieux travail.

Le domaine Buisson-Charles sur la carte du Gabriel** et de la Pagode de Cos*
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Éléments de réflexion: le labour des sols au domaine Buisson-Charles

Publié le par Site internet officiel du Domaine Buisson-Charles

Éléments de réflexion: le labour des sols au domaine Buisson-Charles
Éléments de réflexion: le labour des sols au domaine Buisson-Charles
Éléments de réflexion: le labour des sols au domaine Buisson-Charles
Éléments de réflexion: le labour des sols au domaine Buisson-Charles
Éléments de réflexion: le labour des sols au domaine Buisson-Charles
Éléments de réflexion: le labour des sols au domaine Buisson-Charles
Éléments de réflexion: le labour des sols au domaine Buisson-Charles
Éléments de réflexion: le labour des sols au domaine Buisson-Charles
Éléments de réflexion: le labour des sols au domaine Buisson-Charles
Éléments de réflexion: le labour des sols au domaine Buisson-Charles

Le parti qui nous rend « travailliste » de nos sols: Labour
Par Patrick Essa - 2018

     Commençons par une Lapalissade: Avoir des Vignes en bonne santé est probablement l'une des volontés qui m'a conduit à définir la manière dont je les cultive aujourd'hui...

...Chercher à produire un raisin parfaitement équilibré, idéalement constitué pour générer par la vinification  les  grands vins que j'ai en tête peut paraître simpliste mais si ce naïf raisonnement l'était réellement  nous serions fort nombreux à user des mêmes mises en œuvre culturales. 

   Tel n'est pas le cas.

   Produire des fruits adaptés à ce cahier des charges qui les place en amont de la qualité est une aventure qui croise de nombreux possibles et amplifie toujours plus les choix qu'il est permis d'effectuer. 

   En imaginant que le sol bien préparé porte des plants et portes greffes de Hautes qualités - un ratio idéal entre naturelle production de plants très fins  et densité de plantation -  et que ceux -ci sont adaptés à la nature géo-morphologique du sol, il reste à définir la manière de gérer ce patrimoine potentiel croisant terroir, plants et caractéristiques du/des sols. 

 

Comment au quotidien permettre à ces composants de fonctionner en parfaite harmonie sans dérégler les mécanismes qui les inter-agissent? Autrement dit que dois-je faire pour obtenir le meilleur de ces  "Maserati" des coteaux? 

   Jusqu'au phylloxéra à la fin du dix-neuvième siècle les Vignes étaient plantées et se reproduisaient à l'infini par provignage, ne laissant quasiment jamais au sol la possibilité de se reposer - mais en avait-il besoin?- renaissant sur ses racines entremêlées. Plantées à des densités  très élevées - souvent plus de 20.000 pieds à l'hectare - ces lianes pérennes ne connaissaient ni la mécanisation, ni les traitements contre les maladies. Amendées chichement et façonnées uniquement à la main grâce à la pioche et aux trois "façons" (passage de la pioche) , elles voyaient leurs sols très peu "ouverts" par ses outils rudimentaires qui ne les grattaient que fort superficiellement. Aucun tassement, des herbes se décomposant  pour tout amendement ou presque et une "science empirique", si j'ose dire, de la taille pied à pied en fonction de leur vigueur. Un homme pour un hectare avec 12 heures de travail journellement, Samedi compris...le rêve? Voir...

   Et puis après des siècles de lianes entremêlées serpentant et se désagrégeant dans les sols,  à la fin du dix neuvième siècle,  vint le puceron. Ce phylloxéra funeste cassa à lui seul une sorte de "chaîne végétative" souvent âgée de plusieurs siècles en redonnant aux ceps une condition de "mortels". Ainsi étonnamment, observons que la vie des sols est une notion véritablement mise en lumière à cette époque...qui a procuré à la vigne une date de péremption et une sorte de mort végétative qu'elle semblait jusqu'alors  pouvoir dépasser.

   Vie, mort, sols, plants...ce sont les hommes qui déterminent ces notions et qui les caractérisent selon les procédés employés. Ce sont eux encore qui en opposition  à toutes logiques naturalistes orientent la manière de gérer les efforts qui conduisent à organiser le fonctionnement de ce "système" produisant des fruits. Car au fond, n'est-ce pas,  tout est pensé pour qu'il y ait une production fruitière rationnelle aboutissant à des récoltes permettant de transformer l'eau en vin. Évidemment cela est une image.

   Ce soucis d'ordonner la production trouva un écho inattendu lorsqu'il s'est agit de restructurer de manière forcée les vignobles atteints de maladies. Le monde productiviste s'engouffra dans la brèche et détrôna sans ménagement des solutions plus douces et curatives désireuses de préserver les plants du greffage. Le remède miracle du plant greffé sur des bois résistants au puceron provenant du nouveau monde fut adopté rapidement car le pays, le monde, le peuple avait besoin de son quart de vin quotidien  et de son Cru dominical. 

   Les plants furent donc plantés au lieu d'être provignés, les agronomes imaginant des surfaces efficientes pour la mécanisation: 1 ha, 1 plant tous les mètres avec un rang tous les mètres, soit 10.000 ceps agencés en règes rectilignes, tendus par des paisseaux de bois et des tirants en fer. Les barbelés avaient circonscrits les prairies, les fils d'acier se mirent à dessiner des couloirs suffisamment large pour les attelages équins ou bovins. L'animal pouvaient enfin pénétrer dans ces prés-carrés en offrant sa force à son vigneron reconnaissant.

    À cette époque les bras sont encore très nombreux à s'offrir aux tâches dures consistant à tailler ces plants vigoureux tout en incisant la terre avec des pioches de tailles et de types variés en fonction de leurs usages. Les  anciennes "façons" mirent du temps à profiter de la force motrice de charrues tractées par l'animal car celles-ci n'étaient pas toujours adaptées aux jeunes plants et aux coteaux. Elles durent être mises au point dans la précipitation. Jean Baptiste Matrot qui construisit la maison où se trouve notre domaine fut un de ces isolés précurseurs désireux de défricher ses sols en trouvant des solutions imaginatives. Son soc de charrue ne fut pas breveté mais nombreux furent ceux l'utilisant.

    Ouvrir la terre pour nettoyer les sols devint donc progressivement possible. Un possible qui ne l'oublions pas n'avait rien d'une réflexion en Agro-foresterie, encore moins d'un excès que l'on imaginait funeste en raison de la dégradation de "l'horizon premier" humique. Non en fait le vigneron cherchait simplement à maîtriser la vigueur de son herbe en libérant les ceps de sa présence gourmande. Loin des réflexions liées aux tassements ou à la mortification des sols par mélange des horizons profonds et minéraux avec ceux superficiels structurés par les vers de la bio-masse, il cherchait à agir pour soulager son labeur quotidien. 

Réflexion: N'oublions jamais que l'homme de la terre puise les relations causales de ses efforts dans la rationalisation d'un travail laborieux et difficile, voir "inhumain".

  Le sol dès lors devint une zone suffisamment visible et porteuse d'une logique quantitative pour que l'on se préoccupe de le considérer comme un substrat à "brosser dans le sens du poil". Tant il est évident que sans lui rien ne peut pousser régulièrement selon une logique commerciale et plus simplement vitale ou gastronomique. Cette logique commerciale  devenant de plus en plus importante.

   Dès lors, l'agronomie commença véritablement - je schématise car des recherches antérieures existaient depuis le Moyen Âge et même l'antiquité mais sans avoir une véritable résonance -  à expliquer le fonctionnement des sols en déterminant leurs natures et surtout la manière dont cette dernière était obtenue. 

  En expliquant les mécanismes sous-tendant la composition de nos sols on a cru pouvoir alors déterminer ce qu'était "La" vie dans la terre. En définissant que le monde minéral profond s'unissait au monde humique superficiel d'origine végéto-animal par le fonctionnement des vers "dégradant-digérant-mélangeant"  les matières organiques  et minérales sur lesquels pousse la vigne on a isolé un fonctionnement. C'est un peu l'observation "savante" qui consiste à découvrir que l'eau et le feu produisent de la vapeur humide. Cela est totalement exact mais ne nous indique pas que sans le feu, l'humidité n'est rien. 

   Fort de ces observations - extrêmement simplifiées nous sommes d'accord - il est dès lors possible de se demander si lors de notre travail du sol, il nous est permis de changer l'horizon premier dans sa composition même en mélangeant plus ou moins selon le procédé utilisé les parties profondes argileuses  avec les parties Hautes humiques? En somme est-ce que labourer en remontant les couches basses du sol déstructuré notre substrat au point de le tuer?

    À ce stade trois  options sont possibles: soit l'on considère que oui cela change tout et on arrête de labourer, soit on pense que non cela n'a aucune incidence et l'on poursuit , soit, on analyse le fonctionnement de la plante  sur le sol et la qualité des fruits et vins obtenus selon des méthodes différentes et l'on cherche à dégager de réelles relations causales?

    Évidemment toute personne réfléchie choisira la comparaison pour comprendre en profondeur sans fonder son raisonnement sur une pensée mystique ou sectaire. 

   Quoi qu'il en soit nous sommes certains d'une chose, un sol aux horizons modifiés n'est pas un sol "mort", assurément en revanche chaque manière de le travailler résonne sur la plante au point de modifier la manière dont elle va s'intégrer dans celui-ci puis à déterminer le caractère des fruits qu'elle portera.


Mais comment faisons nous?
 

   Tout est question de mode. 
   Comme les saisons qui s’enchaînent, la noria des idées de tous ordres fait évoluer les vérités culturales au gré du cours du temps. En ce moment il suffit de faire une recherche sur la toile concernant le labour dans les vignes pour tomber immanquablement sur un cheval, la perma-culture et le non sens du labour. 
    
   Après la pioche, le travail du sol avec des charrues, le désherbage systématique, le retour du travail du sol, voici venu le moment du bon labour...celui que l’on ne fait pas!
   
   Cela ne résout guère les problèmes de vigueur d’herbes de toutes variétés implantées dans « mes » sols non désherbés depuis que je m’occupe du domaine! 

   Le sol serait dorénavant  susceptible de ne plus fonctionner, voire de mourir sous les coups de butoirs des modernes engins de nos temps inconséquents.  Comme dans bien d’autres domaines on demande aux producteurs de ne pas, de ne plus, d’arrêter , de s’adapter à un rythme naturel qui serait/est celui au fond du fondement de notre monde. En somme il faut observer les réponses naturelles que la plante apporte à sa croissance pour faire évoluer les pratiques qui n’ont cessé de la contraindre depuis que l’homme cultive.
 
    Car en étant objectif, qui multiplie les plants, organise les greffages, prépare les sols avant plantation, définit les densités, arrose les plants jeunes, amende le sol, taille et palisse la vigne? Ne serions nous pas un tout petit peu interventionniste dans ces étapes là!?

   Par suite et par je ne sais quel coup de baguette magique, le sol seul deviendrait le garant unique des fruits que la plante va pouvoir générer. Il faudrait le sacraliser au point d’avoir peur de l’ouvrir, lui faire confiance après l’avoir programmé, analysé, configuré pour qu’il puisse donner des raisins équilibrés. Et là je sens que le lecteur est entrain de se dire:

« ben oui Patrick c’est cela, tu dois adapter ton travail, ne plus tasser cet espace qui appartient aux vers qui vont te le rendre aéré et perméable à l’oxygène, gorgé d’azote et enfin par un équilibre salutaire te permettre d’obtenir des fruits sains parfaitement équilibrés pour produire de grands vins ».
 
  Sauf les amis que si je me lance dans cette aventure là, avec le raisonnement logique imparable de celui qui a enfin compris comment il devait travailler, eh bien je me retrouve avec des herbes plus hautes que les rangs que je cultive! 
   Je suis en accord avec vous, cela peut être sublime, constellés de myriades  de variétés de plantes enchevêtrées les unes aux autres et posées sur un substratum parfaitement poreux contenant plus de 150 espèces de lombrics. Plus de ravinement, plus d’engrais, plus de pollution due au tracteur...plus de récolte aussi!

 Car il n’y a rien à faire pour produire il faut rentrer dans les vignes, les traiter - conventionnel ou bio - et pour cela on néglige qu’il est fort utile que la vigne puisse recevoir dans de bonnes conditions ce qui est destiné à prévenir les maladies. 
   Tondre? Oui pourquoi pas mais la concurrence faites par les herbes est très forte et à tendance à nettement durcir les matières. Cela ne me convient pas.
  Travailler sous le cep seulement? Cela revient à labourer mais favorise encore la concurrence, toutefois cela limite le ravinement. Possible oui mais pas forcément nécessaire dans les zones faiblement pentues qui sont les nôtres. 
  Labourer avec un cheval? Non polluant, beau, chargé d’un sens naturel reliant homme et bête. Et puis aussi - et c’est important - limitant le tassement et la création des semelles de compaction grâce au fait que la charrue est tractée et que l’engin qui incise le sol ne voit pas de roue le tasser ensuite. Simplissime mais encore faut il pouvoir faire suite à cela avec un engin de traitement allant dans le même sens...sinon cela n’en a absolument aucun car le tracteur qui traite tassera. Pas tous les rangs me direz vous? Vous avez raison mais l’argument « je ne pollue pas grâce au cheval » - qui passe deux /trois fois face au tracteur de traitement  qui passe 9 à 18 fois, ne tient guère. Et je ne parle pas en nos contrées de la rogneuse mettant les Vignes « au carré » qui passera deux à trois fois dans tous les rangs! 

  Je ne souhaite pas l’équidé pour offrir une jolie photo à mon site web en faisant croire que tout est fait par lui, je veux juste rationaliser ma pratique de travail sans herbicide et comprendre quelles sont les relations causales qui me permettront de générer les fruits les mieux équilibrés. En somme un fruit mûr entre 13 et 13,5 degrés ayant un PH initial inférieur à 3,15. Sur une acidité totale comprenant un niveau tartrique important.

   Donc pour l’instant cela se traduit par un buttage d’hiver tous les trois ans, un passage de la décavaillonneuse au printemps et deux à trois « griffages » avec des outils adaptés à la  structure de la vigne. Fin des « incisions » huit semaines avant vendanges. 

   Mais notre réflexion se poursuit et on est prêt à progresser toujours et encore...

Patrick Essa - Juin 2018

Éléments de réflexion: le labour des sols au domaine Buisson-Charles
Éléments de réflexion: le labour des sols au domaine Buisson-Charles
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Nos vins rouges 2016 évalués par Allen Meadows de Burghound.com

Publié le par Site internet officiel du Domaine Buisson-Charles

Extrait de Burghound.com - Issue 70

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« Comme les scores le confirment la qualité des 2016 du Domaine Buisson-Charles est excellente! » Allen Meadowso

Publié dans Revue de Presse

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Millésime 2018: 28 Mai, Flower Power!

Publié le par Site internet officiel du Domaine Buisson-Charles

Millésime 2018: 28 Mai, Flower Power!
Millésime 2018: 28 Mai, Flower Power!

   Les temps sont électriques et les annonces faites par Marie sur la météo des intempéries finiraient par faire de nous d’idolâtres mécréants contrits. 
   Non, le ciel ne nous tombera pas sur la tête à chaque fois qu’un devin météorologue aura eu une illumination divine et qu’il optera  pour de précautionneux principes par peur de se faire lyncher au delà des cieux.
   Aux forces obscures des prémonitions druidiques de ces temps modernes je préfère opposer le pouvoir de la fleur, celui qui nous offre des promesses et semble remplir nos benatons cent jours avant récolte .
  Entre mes peurs et espoirs, je choisis  la voie paisible et positive:
  Vendanges ente le 5 et le 10 Septembre...en général « ça fait bon »!

Millésime 2018: 28 Mai, Flower Power!
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