Millésime 2015

Publié le par Site internet officiel du Domaine Buisson-Charles

Pourquoi les Meursault de Buisson-Charles n'ont pas été coupés avant le 6 Septembre


Cette année 2015 est une année quasiment bénie. Un printemps alternant petite pluie et soleil régulier dès le mois d'Avril puis une vie végétative homogène parfaitement saine et enfin un débourrement mesuré. Ensuite, en l'absence de toute maladie, la floraison s'est déroulée rapidement et uniformément dans les deux couleurs sous une intense chaleur. Ce temps ensoleillé commença le 23 Mai pour se poursuivre quasiment jusqu'aux premiers jours des vendanges.
La floraison annonçait des récoltes possibles aux abords du 8/10 Septembre selon un temps médian et d'après le fort pertinent repère des 100 jours la suivant pour récolter. Dès ce moment là, la seule crainte nous habitant était que "le ciel nous tombe sur la tête".Hors si les hautes chaleurs nous firent craindre orages et grêles, nous fûmes obligés de constater que les précipitations furent rares, voire - et ce fut la seule inquiétude du vigneron - un peu trop espacées sur un temps chaud et sec. Cependant si Juillet fut caniculaire, dès le début d'Aout, 70 millimètres de pluie nous renvoyèrent directement à un potentiel de très grande année. Ce superlatif qualifiant n'étant pas ici écrit avec légèreté. Soyons clair.
Dès le 15 Août notre potentiel lié aux caractères des raisins était parfaitement identifié: ils seraient concentrés, marqués par des pellicules épaisses, de très belles acidités tartriques, un potassium médian ET en raison de la chaleur et des fortes insolations, une acidité malique modérée. Il n'y avait dès ce moment aucune possibilité de jouer sur la variation du paramètre acide qui s'accompagnerait automatiquement d'un PH plus elevé qu'en 2013 et 2014, d'une acidité totale - on verra plus loin que ce n'est pas un réel problème - plus faible mais en revanche d'extraits secs extraordinaires dans nos vignes peu chargées.


Dès lors deux paramètres nous ont conduit à positionner nos dates de récoltes:


1/ couper une fois la vraie maturité phénolique obtenue en évitant absolument de chaptaliser les moûts et viser 13-13,2 degrés naturels en l'absence de tout botrytis.

2/ considérer que la dégustation des baies - doublées de valeurs prisent au réfractomètre - devait être réfléchie autour de l'amertume, de la maturité des peaux et des pépins en admettant qu'elles seraient de toute manière peu vives au goût car la valeur malique est moyenne. Cette sensation première ne devant aucunement obérer les superbes acidités tartriques.


   En fonction de ces observations forts simples j'ai opéré des relevés réguliers sur mes crus qui tous en cette fin Août me signifient que mes raisins etaient encore en phase de charge de sucre, commençant à peine à dorer et amplifiant chaque jour leurs potentiels aromatiques.
Les pinots qui étaient en avance furent quasiment rejoints par les chardonnays et les deux cépages purent encore augmenter leur proportion de jus grâce aux pluies tombées au tout début de Septembre. Grâce à celles-ci nous avons atteind je crois la perfection faites chardonnay et pinot à partir du 5 Septembre. Le temps que les baies reconcentrent un poil leurs jus et complexifient leurs arômes .
   Bien entendu ces pluies du 1/2 Septembre auraient pu être accompagnées d'orages, bien entendu un coup de grêle aurait toujours été possible et nous aurions été alors perdants d'avoir osé prendre tous les risques pour tenter de rentrer les plus grands raisins du 21 ieme siècle...
...Mais il n'etait pas envisageable de ne pas tout faire pour tutoyer les sommets car cette possibilité là se présente peut être trois fois dans une vie.

   Nous avons coupé les rouges le 5 et le 6 Septembre et les blancs du 6 au 11 Septembre. Les fûts d'élite sont là, une nouvelle cuverie a été achetée cet Été et la cave voûtée s'est agrandie. Les vinifications débutent bien.. 2015:
De bonnes vibrations...

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