Un de nos clients évoque les 2015 et 2016 du domaine...

Publié le par Site internet officiel du Domaine Buisson-Charles

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Visite au domaine Buisson-Charles à Meursault, juillet 2017

Mes origines cauchoises sont certainement la cause et la raison de mon tempérament hélas trop prudent et sectaire. Il en est pour les vins comme dans la vie : en rouge, je suis quasiment arrivé à ne plus aimer que les vins de Bourgogne, les autres me donnant trop souvent des déceptions ; quant aux blancs, je suis heureusement un peu plus éclectique et il arrive que je me fasse bien plaisir avec des cuvées extra-bourguignonnes (comprenez par "extra", l'inverse de "intra") ... Pourtant, là aussi j'ai besoin d'un repère, d'une référence, d'un symbole, d'une association ... Pour mon frère, cette association vin blanc/appellation est certainement "Chablis", pour d'autres "Sancerre", d'autres encore, plus ouverts, se disent "peu importe l'appellation du moment que c'est bon", mais en ce qui me concerne, mon leitmotiv est : "la quintessence du vin blanc, le meilleur représentant des cuvées légèrement dorées, le maillot jaune des ambroisies aux arômes de fleurs et de fruits de verger et de buisson, c'est MEURSAULT !". Vous imaginez alors combien mon étape murisaltienne est pour moi importante lors d'un séjour bourguignon ! 

S'il m'arrive assez souvent d'acquérir quelques cuvées situées entre Volnay et Puligny dans les salons viniques que je fréquente, vous vous doutez bien maintenant que vous me connaissez mieux, qu'il me faut un repère (non orthonormé) dans ce village ... mon choix, mais aussi, quelque part, ma curiosité ( eh oui ! ça m'arrive aussi, moins souvent que le commun des mortels, mais ça arrive ...) se sont portés, depuis une dizaine d'années, sur le domaine BUISSON-CHARLES !
Nous arrivons avec une demi-heure de retard et bien que nous ayons prévenu par téléphone, je ne pense pas que ce contretemps a été remarqué, car le domaine est en travaux et nous avons trouvé les propriétaires (nouvelle et ancienne génération) attentifs à la confection d'une dalle bétonnée dont l'inclinaison relevait de la complexité (je plains les pauvres maçons dont la démarche était examinée non seulement et ce qui est bien normal, par les personnes intéressées, mais aussi par des anonymes, surtout moi qui n'y connais rien !).

Patrick, voyant que ça se passait comme il avait prévu, nous invite à descendre avec lui en cave. D'abord, il nous montre l'agrandissement et j'ai enfin le loisir de voir (de mes yeux ... plutôt de mes lunettes) les voûtes multiséculaires d'une dépendance de l'ancien château de Meursault : quand on pense qu'elles étaient déjà fondées lors du supplice de Jeanne d'Arc, cela fait réfléchir les passionnés d'Histoire dont je fais partie ... et je me dis que je ne suis pas venu pour rien, même si la dégustation s'arrête là !
Ensuite le maître des lieux s'en retourne vers les barriques et l'instant de vérité commence en ce qui concerne le millésime 2016 :
1) Cuvée qui embaume les fleurs et les fruits blancs ; les mêmes saveurs se retrouvent aussi franchement en bouche : ça commence fort ! c'est un Meursault "Vieilles Vignes".
2) Cuvée beaucoup plus cryptée mais plus profonde aussi ... en fait elle me ressemble (je ne sais pas si c'est à son avantage, mais moi ça me convient), le premier contact laisse une impression froide eu égard à la cuvée précédente, mais ensuite s'affirment une flamme affable, un besoin de découvrir la "substantifique moelle", une richesse qui brille de l'intérieur (pour toutes ces qualités, oubliez la comparaison avec votre serviteur) ... Meursault "Les Tessons". Coup de cœur !
3) Un échange plus liquoreux pour ce troisième échantillon, une matière plus vineuse ... un autre monde, je suis un peu désorienté, sommes-nous encore sur Meursault ? Beaucoup de possibilités me traversent la tête : Les Cras, les différents Chassagnes et même l'Aligoté ... bien que cela me semble bien riche pour un aligoté, mais ici, la parcelle "Sous le chemin" m'a déjà fait passer pour un idiot ... en fait je suis complètement perdu ... c'est à la fois avenant et grand, subtil et profond ... bien sûr je n'émets aucun commentaire et Patrick découvrira ces réflexions que s'il lit ce CR : Puligny-Montrachet "Le Cailleret".
4) Ici, je pense que j'aurais reconnu sans indication ; cette cuvée repose sur la finesse, l'équilibre, la pureté ... j'ai l'impression que le concepteur n'est pas intervenu ... il s'est laissé guider par Dame Nature ... selon moi, la consistance murisaltienne par excellence :Meursault "Les Bouchères (Les Bouches Chères)". Coup de cœur !
5) Pour cette cuvée qui va clôturer le millésime 2016, notre hôte nous dit tout de go qu'il s'agit d'un Chablis : les arômes sont plus iodés, plus salins, plus citronnés ... la matière est légèrement perlante (néologisme ?) ... c'est bon, c'est bien fait ... mais ça appartient à un autre monde : Chablis "Vaudésir".  
Nous passons alors au millésime 2015 en bouteilles :
1) Bourgogne Aligoté (Patrick nous l'a annoncé) qui ne passe pas inaperçu après les grandes cuvées précédentes ; la matière est finement ciselée et profonde ; dès mon retour, j'ouvre une bouteille dont la profondeur est moins présente, ce qui prouve qu'une longue aération est indispensable et surtout le respect d'une température autour de treize degrés, sinon vous allez le martyriser ! Bourgogne Aligoté "Sous le chemin".
2) Une cuvée plus fruitée et plus imposante que la précédente : Meursault "Vieilles vignes".
3) Cuvée qui s'appuie sur des arômes et des saveurs de fruits blancs bien marqués (surtout la poire) ; la matière est fine et savoureuse : Meursault "1945" (ce vin n'est pas passé sous bois neuf).
4) Les arômes s'appuient sur une fraîcheur mentholée ; la matière est bien présente, profonde et irradiante ... que c'est bon ... Meursault "Les Tessons". Coup de cœur.
5) Patrick nous dit ensuite qu'il nous propose la cuvée qu'il a, selon lui, la mieux réussie en 2015... je reprends un peu sa description : "saveurs de peaux de raisin rôties" et j'ajouterais "raisins de Corinthe". Je comprends ce qu'il a voulu dire ... si nous devions faire une comparaison avec l'architecture d'une église rouennaise, je dirais l'intérieur de l'église Saint Romain pour son côté baroque ; c'est vraiment séduisant, alléchant, surprenant mais un peu loin, me semble-t-il, de ce que l'on peut attendre d'un Meursault ... classique :  Meursault "Les Cras". 
Je suis d'ailleurs surpris que la parcelle située le plus au Nord du village produise un vin aussi "excentrique" au sens étymologique, mais je suis persuadé que dans plusieurs années, il sera le compagnon idéal de noix de Saint-Jacques légèrement ... "rôties" ... dans leur suc !
6) Cuvée beaucoup plus murisaltienne dans l'âme : finesse, pureté, profondeur ... l'association avec l'église Saint-Maclou, "le joyau de la ville aux cent clochers" me paraît idéale : Les Bouchères de Meursault sont au vignoble bourguignon, ce que le gothique flamboyant est à la sculpture sur pierre ! Coup de cœur. 
7) Cette cuvée rouge servira de conclusion : arômes envoûtants sur les petits fruits rouges, les épices, le sous-bois ... bouche aimable et profonde ... produisant une mâche noble, à la fois charnue et équilibrée : Volnay "Santenots". Coup de cœur.

Nous avons fait cette dégustation en compagnie d' un couple fort aimable, avec qui j'ai pu échanger quelques mots à propos de la qualité des vins du domaine : le monsieur me parlait de netteté, point pour lequel j'adhère sans aucune réserve ... les vins de ce domaine sont remarquablement purs, si bien que nous avons l'impression que le producteur n'intervient pas, mais se laisse guider par la Nature.

Chris Rog

Publié dans Revue de Presse

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