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La Presse québecquoise...et l'Aligoté 2009 Buisson-Charles

Publié le par Site internet officiel du Domaine Buisson-Charles

    "Je croyais déguster un Chablis premier cru...non boisé, fin et d'une rare élégance à la fois au nez et en bouche, ce vin blanc d'un cépage jugé secondaire est le meilleur Aligoté que j'aie jamais dégusté et le meilleur rapport qualité-prix des dix septs vins dégustés ce jour là."

    Ces mots de Jacques Benoit journaliste à "La Presse" de Montréal concerne le Bourgogne Aligoté du domaine BC dans le millésime 2009. Bien entendu ils font plaisir à lire car sans même parler des louanges adressées ils restituent de manière simple et juste les réalités de ce vin. Oui c'est un cépage considéré comme secondaire, oui il n'a jamais vu le bois et enfin oui il a la concentration et la richesse d'un cru sur le plan analytique...comme quoi on peut être journaliste, ne pas se perdre dans les arcanes d'une évaluation/jugement péremptoire et déceler avec acuité ce qu'il y a d'avéré dans un vin.

   Revenons maintenant sur l'ellaboration de cette bouteille dans le millésime 2009. Les plants de celui-ci sont situés sur le finage de Meursault dans un lieu-dit qualitatif pour l'aligoté qui se nomme "sous le chemin". Les ceps ont environ 60 ans de moyenne d'âge sur une parcelle qui mesure un quart d'hectare et sont pour plus d'un tiers taillés en Cordon de Royat - le reste est en Guyot simple - de manière à aérer les grappes qui sont naturellement plus volumineuses que sur les chardonnays fins. Ces plants issus d'une ancienne sélection massale produisent encore aisément 50 hl par hectare dans une année "normale" et dans ce millésime nous nous situiions sur cette valeur car l'année a été assez productive. Sur une vigne qui est plantée à 11.000 pieds par hectare, chaque cep porte environ 8 grappes, parfois 10, souvent 6.

   Le raisin récolté à la main a été trié sur une table dans la parcelle pour éliminer raisins secs, botrytis et raisins verts issus de grappes trop volumineuses mais aussi terre, feuilles, coccinelles et escargots de passage. Rentrés en caisse de 30 kg, pressé durant trois heures "pneumatiquement", le vin titrait naturellement 12°4 et n'a donc pas été chaptalisé(pas plus qu'enzymé et levuré). Un objectif qui me paraît essentiel et qui necessitait une coupe assez tardive dans la saison. Il y a puisé un fruit prononcé sans se départir d'une acidité constitutive excellente pour l'année: 5.7 d'acidité totale et 3.23 de ph en môuts. Du bonheur.

  Elevé 17 mois en cuve verrée - pas d'inox pour l'aligoté, pitié! - il a été élevé avec la quasi totalité de ses lies tant celles-ci se révèlèrent fines après décantations. Les fermentations alcooliques ont duré deux mois, et les fermentations malo-lactiques ne se sont enclenchées qu'au début du mois de Mars 2010. Terminées dans le courant de Mai le vin a été sulfité sans soutirage et mis en bouteille le 23 Décembre sans collage. Son aspect doré vient de ce non interventionnisme, car le "non collage" laisse les couleurs d'origine aux vins là où le collage blanchit et ...dépouille.

  Sulfité une semaine avant mise, contrôlé le jour même sur le plan analytique par notre oenologue disposant d'un "Foss" mobile: SO2 libre et total, CO2 valeurs acides. Puis contrôle du taux d'oxygène dissous par un labo indépendant et enfin mise par gravité sans filtration aucune cette année là...car celà était possible.

   Voilà le déroulement de  l'histoire jusquà ce "happy end" canadien. -))

Publié dans Revue de Presse

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Millésime 2011 au domaine Buisson-Charles: Un goût de Pearl Jam...

Publié le par Site internet officiel du Domaine Buisson-Charles

   Décidément j'écrits peu dans mon Journal en cette rentrée. Curieusement j'en ressens moins le besoin en dépit du plaisir toujours évident de vous conter l'histoire du millésime nouveau. Les autres années je rentrais de la cuverie pour - tout de suite, à chaud - vous donner mon sentiment sur ce que nous avions rentré: qualité des raisins, analyses, potentiels et premières observations sur ces moûts frais.

Eddie Vedder...une bonne rasade avant chaque morceau!

  Toute cette semaine je suis resté près de mes cuves et des fûts pour - après le travail "technique" - encore et encore les sentir, les toucher, les mirer...ils m'hypnotisaient à un point tel que rien d'autre n'avait d'importance. Seul au fond de la cave à les délester ou à brosser les fûts au moindre débord pour que la cave sente bon, soit belle, pure et qu'il y reigne un sentiment d'harmonie, une douceur et puis...il y avait "cet" esprit Pearl Jam. Iphone posé sur un fût, Live at the Gorge en boucle, une chanson par cru, une ambiance différente pour chacun d'eux et comme des vibrations qui me traversaient le corps en élevant mon esprit. Musique rock au service du meilleur vin possible, voilà un trip qui assurément a le don de me  placer sous influence. -)

   La semaine a démarré bizarrement par une première coupe durant l'après-midi. Il avait plu la veille, aussi était il important de laisser sécher tout le matin le raisin des Bourgogne rouges de Magny et des Grandes Coutures. On s'est "ébroué" aux abords de 13.30 en cueillant autour de ma maison. Les vitres ouvertes "Corduroy" et "Even Flow" claquaient depuis la sono jusqu'à la table de tri, les raisins n'y ont pas pris de degré mais c'était chaud autour des petits grains! Jolis, petits, dotés de peaux épaisses, les baies confirmèrent durant la semaine qu'elles étaient très aromatiques, sombres et forts souples.  Par suite le Santenots en mode "Nothing as it seems" nous a fait de belle promesse, élégance ,volupté, suavité, son jus chaud coulant dans la cuve avec une sensualité émouvante. J'aime le piger en envoyant "Animal"  quand je suis dans ma combinaison de pêcheur à la mouche. Suer avec le palpitant à "170 puls'/ minute" devient alors agréablement bestial!

   Le Lundi les blancs étaient de retour au cuvier et le pressoir allait pouvoir tourner sur les mesures de "Not for you" et "Daughter" pour comprimer par pallier Cras et Charmes. Des crus dorés à souhait et d'une pureté initiale impressionnante. Après le tri à quatre, six ou huit mains dans les vignes, ils se présentent sans un seul grain de sec, sans botrytis et sans une demie feuille - je vous engage à vérifier cela sur le film que Pierre Séguin - 4 Emmy awards pour ces documentaires - a réalisé lors de ces vendanges, il sortira au Québec et sur France 24 TV monde, puis sera décliné en anglais. "Tout un monde" comme disent nos cousins de l'autre côté de la flac. "It's Ok" en bande son bien entendu!

   La semaine s'est ensuite déroulée à un rythme frénétique avec trois pressoirs à "sortir" chaque jour. "World Wide Suicide" pour nous porter à bout de bras, nous mettre les nerfs en vrille, placer la tension à fleur de peau, les coups de geule jamais loin, mais la tendresse si forte pour celui qui bosse dur à vos côtés et qui comme vous s'arrache les tripes en prenant "Black", "Jeremy", "Garden" et "MFC" comme stimulants. Une expérience de vie unique qui culmine le soir vers 22.30 quand vous êtes le dernier dans la cuverie à écouler la fin du pressoir en apposant vos mains sur ses flancs pour qu'il vous électrise et que vous lui transmettiez votre chaleur intérieure en retour, décuplée par l'air de "Nothingman" qui vous taraude les méninges. 

   Les coups de pompe n'eurent pas grande incidence sur l'énergie à déployer en cuverie, si ce n'est pour déplacer nos précieux moûts du pressoir aux cuves qui résonnaient sur "Insignifiance". 24 heures  plus tard écoulement serein par gravité dans des fûts chantant de plaisir. Enfin logés les liquides se sont vite mis à pétiller en déclarant spontanément leur fermentations. Une année qui s'annonce limpide, claire,facile. De beaux vins frais, aériens et d'une délicatesse annoncée évidente...

..."Rockin in the free world"? Yes!

  

Publié dans Les millésimes

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