Évolution du millesime 2016 au domaine Buisson-Charles et en Côte d'Or

Publié le par Site internet officiel du Domaine Buisson-Charles

Évolution du millesime 2016 au domaine Buisson-Charles et en Côte d'Or
Évolution du millesime 2016 au domaine Buisson-Charles et en Côte d'Or
Évolution du millesime 2016 au domaine Buisson-Charles et en Côte d'Or

Millésime 2016 en Côte d'Or

   
    La Bourgogne produira peu de vins en 2016 en raison des gelées et d'un mildiou parfois dévastateur. Dans ces conditions il est évident que les crus conserveront dans leurs ADN les stigmates d'une saison végétative perturbée, inégale et surtout excessive. 

   2016 est ainsi une récolte tardive vendangée entre la fin de Septembre et le début d'Octobre qui a été précédée d'une longue période de sécheresse estivale ayant durablement positionné les vignes en situation de stress hydrique, alors même que la floraison tardive induisait  uine situation de croissance des plants durant l'ensemble des mois de Juillet et Août. 


   Gelés le 27 Avril, les secteurs de Marsannay, Gevrey, Chambolle et Vosne dans le Nuiton ainsi que Chassagne, Meursault, Auxey, Monthelie,Volnay, Pommard, Beaune et Savigny dans le beaunois; ont subi par la suite les assauts d'un climat chaotique qui a vu se succéder une  forte période de pluie et une chaleur solaire. 
   Juste derrière les gelées, les fortes pluies de début Mai empêchèrent de positionner les premiers traitements dans des conditions idéales alors que les plants ne présentaient que quelques feuilles étalées. La conséquence immédiate fut une implantation précoce du mildiou dans nombre de parcelles, d'autant que la pression naturelle de l'année était très forte. Ne cachons pas qu'au milieu de Mai nos espoirs de récolte étaient faibles.


   Toutefois à partir du 25 Mai, le soleil a commencé à luire. À partir du quatrième traitement il a été possible de rentrer aisément dans nos rangs de vignes pour placer de bons traitements destinés à juguler un mildiou galopant qui était tombé sur les grappes avant même d'impacter nos feuilles, ce qui est assez rare. Quelques grappes furent perdues avant floraison, mais en revanche cette dernière se déroula vite et bien pour les vignes non gelées au début de Juin et 10/15 jours plus tard pour les parcelles gelées.  
   À partir du 10 Juin les traitements resserrés et curatifs furent efficaces et rétablirent la plupart du temps une végétation saine en jugulant la sporulation du mildiou. Les feuilles en ont gardé une teinte brunie, puis elles se fondirent dans la masse des nouvelles pousses. Au 20 Juin le vignoble avait une allure décente à l'exception de quelques parcelles très marquées par ce mildiou dévastateur. Nombreux - pas tous bien entendu -  sont les vignerons certifiés bio - et les autres! - ayant usé alors de produits systémiques pour sauver ce qu'il restait de leur récolte. Compréhensible et humain.


   Le gel imposa ensuite à tous les producteurs - car bien peu furent ceux n'ayant aucune parcelle touchée - un travail estival harassant pour suivre la pousse lente et pourtant régulière des branches et feuillages. Une "saison de mains" qui pour être totalement aboutie et permettre de préserver le maigre reliquat de grappes  des ceps  gelés et la belle récolte sur les autres ceps fut harassante et demanda jusqu'à 7/8 passages dans chaque vigne pour accoler les branches inégales dans les fils, aérer et positionner les grappes dans les meilleurs conditions. 
   Nombreuses furent les propriétés à terminer leur travail face aux plants dans le courant du mois d'Aout et à continuer de croire que ce labeur ingrat portait en lui la clef qualitative du millésime. 
   Curieusement le temps sec d'Aout se poursuivit en Septembre jusqu'au milieu du mois et selon un schéma inattendu qui vit le temps se refroidir nettement durant les nuits et ainsi favoriser la venue d'un oïdium tardif qui se déclara  véritablement à partir du 5 Septembre. Quelques parcelles furent violemment touchées, en particulier celles dont les traitements furent arrêtés avant la première semaine d'Aout. 


   L'arrêt de croissance des vignes n'intervint qu'à la fin du mois d'août et celui de la charge en sucre seulement autour du 20 Septembre. Comme la pluie est arrivée à point nommé le 18 Septembre Les pinots du nuiton en avance en moyenne sur ceux du beaunois de trois jours d'insolation environ - ce qui est très rare -furent prêts à récolter à partir du 20/23 Septembre sur de bons équilibres, ceux du Beaunois à partir du 22/26 Septembre et selon les cas encore plus tardivement. Ils ont bénéficié d'une arrière saison sèche et ensoleillée et ont ainsi été coupé dans des conditions idéales. 
  Le cas des blancs du beaunois   est assez similaire,leur juste maturité fut atteinte quelques jours après les pluies du 18 Septembre, quelles que soient les façons culturales employées. Les ceps gelés ayant été souvent coupés à la fin du mois pour chercher des équilibres satisfaisants, si ce n'est exceptionnels. 
   
   Dans les deux couleurs et les deux côtes, les raisins sains et marqués par des peaux épaisses, ont donné assez peu de jus au pressurage, de beaux degrés naturels et des concentrations  en extraits secs importantes.


   Les peaux des raisins rouges, épaisses, ont naturellement donné de fortes couleurs mais elles ne feront pas oublier les goûts verts des raisins chétifs générés par les gelées. Chargés en sucre, ils n'ont toutefois pas toujours atteint leur pleine maturité physiologique et ont généré des amertumes à surveiller lors des cuvaisons. Les raisins des ceps sains ont en revanche une qualité digne des meilleurs millésimes, potentiellement. L'ensemble promet des crus rouges hétérogènes où se côtoieront des Vins évoquant les rouges du beaunois en 1999, denses, dynamiques et parfumés; là où d'autres seront plus austères avec des risques d'arômes végétaux et de tanins trop fermes. Il semble évident cette année que les réussites majeures se trouveront à Morey Saint Denis et sur la colline des Corton, toutes deux quasiment pas touchées par les gelées. Évidemment il y aura aussi de très belles réussites selon les secteurs dans chaque commune avec je crois de grands premiers crus à Volnay, Pommard et Gevrey sur la Côte Saint Jacques. 


   Les blancs ont une tension interne affirmée et je crois que les petits rendements qui les marquent ne doivent pas faire oublier que leurs arômes se sont formés sous des chaleurs importantes avec des pieds en situation de stress. Les peaux épaisses induisent une nature initiale impactée par d'abondants flavones. Sans un travail important sur les lies pour équilibrer leur potentiel amer, ils risquent de développer des notes herbacées et des matières puissantes. On se souviendra des 1998 et 1981 pour les moins intéressants - surtout ceux coupés trop tôt - et des excellents 2014 pour les meilleurs, avec toutefois moins de viscosité et un rien plus de tension. Les villages de Puligny et Saint Aubin me semblent touchés par le doigt de Dieu cette année.

  En Décembre 2016 il apparaît évident que les vins sont conformes aux prévisions initiales et qu'il y a une jolie année qui est entrain de se dessiner. Toutefois apres un 2015 d'anthologie, un retour à un niveau qualitatif normal me paraît de mise avec des vins séduisants qui pourront se déguster dans les premières années de leur vie mais qui n'auront pas le souffle des très Grands Millesimes.

  En Février 2017 les crus semblent évoluer doucement vers des profils assez généreux. Rouges frais et tanniques avec des matières de bon aloi qui commencent à faire leurs fermentations Malo-lactiques ou qui les ont terminées avant l'entrée de l'hiver. Les derniers crus à fermenter semblent avoir plus de fond. Je les vois assez compact et rappelant des Millesimes comme les meilleurs  1998 ou 1991 et dans ces deux cas de jolis Côtes de Nuits sont nés et aujourd'hui sont encore fringants. La Côte de Beaune non gelée produira des Blancs de bon niveau qui seront les dignes successeurs des 2013/2014 je pense. Pas le millesime du siècle mais une qualité des plus honnête qui fera la part belle aux équilibres acides assez élevés et donc à des matières ciselées. Je crois beaucoup aux vertus de l'élevage et surtout à celles des assemblages et lorsque cela sera possible nous ferons par exemple au domaine Buisson-Charles des cuvées mêlant  les Vignes non gelées récoltées plus tôt et les Vignes gelées récoltées en fin de campagne. Cela  génèrera de sains équilibres et lissera les profils aromatiques. Il n'est pas exclu que le travail sur des lies assez fournies soit un plus non négligeable dans les Blancs et je pense que les rouges auront besoin de temps en fûts.

Au mois de Mai 2017 les vins semblent plus prometteurs que ce qu'ils laissaient penser de prime abord. Apres les Malo-lactiques les Blancs présentent une juste acidité sur des matières concentrées. Les prises de bois sont discrètes et les Crus y puisent beaucoup de naturel en même temps qu'un corps svelte et musclé. Les secteurs Blancs  non gelés évoquent les profils des 2014 avec un peu plus de maturité et une acidité un poil moins soutenue. Les amertumes parfois présentes sur les Crus gelés au départ se sont quelque peu estompées mais pas complètement. Il leur faudra un élevage long. Les rouges sont étonnants de classe et se montrent parfois au niveau des 2015 avec cette matière mûre et en même temps dynamique qui marque les belles années. Je suis assez surpris de cette belle évolution et je dois dire que Corton Clos du Roi et Volnay-Santenots impressionnent les degustateurs sur fûts au delà de mes espérances. Le premier est terminé et le second achève sa Malo-lactique en se montrant aussi riche que 2005 et 2015.

A suivre.

 
   

Patrick Essa - 2016/2017
    

   

Évolution du millesime 2016 au domaine Buisson-Charles et en Côte d'Or
Évolution du millesime 2016 au domaine Buisson-Charles et en Côte d'Or
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Dimanche 28 Mai: Jeunes Vignes en fleur...

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Dimanche 28 Mai: Jeunes Vignes en fleur...

En route pour le Passage en odeur de "floralité"...

   ...La chaleur serait harassante si elle ne s'accompagnait pas d'un petit vent constant. L'état d'avancement du feuillage et des raisins en profite, les branches dépassent désormais les fils du dessus et les raisins parfois en début de fleur ne vont pas tarder à entrer dans la  période critique du "passage" de celle-ci. Dans les 8/12 jours qui vont venir selon le temps - beau annoncé jusqu'à Mardi puis pluie et orage - les petites baies vont perdre leurs petits rayons blancs finement odorant.
   Nous serons dès lors en odeur de "floralité"...un état proche de la quête du Graal vineux pour le vigneron.-))
   Dans ces conditions aucun rognage-écimage n'est bien entendu prévu avant que cette fleur ne soit complètement terminée. On repassera donc accoler - remettre droites les branches et fignoler l'ébourgeonnage - durant La semaine qui vient, l'ensemble de nos parcelles.

Dimanche 28 Mai: Jeunes Vignes en fleur...
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Les évaluations de Bill Nanson - Burgundy report - pour notre millésime 2015

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Bill Nanson:

 

 

Tasted in Meursault with Patrick Essa, 08 March, 2017.

Domaine Buisson-Charles

3 Rue de la Velle

21190 Meursault

Tel: +33 3 80 21 22 32

domaine.buisson.charles.over-blog

Patrick on 2015:

Really excellent. It was a super harvest and I hope with great wines to follow. For harvesting it’s not a question of acidity; the first people started 23rd August, others the 5th or 6th of September – such a gap is really rare. I think there should be great wines for the patient. Here we began harvesting our reds on the 5th, and our whites on 6th – we finished on the 13th. Despite even (in the end) 13.2° for our Bourgogne Rouge, I had very regular fermentations.

Patrick on his 2016 yields:

Because of frost, we had between 30% and zero in our villages plots – though our Meursault in Pellans wasn’t touched – I also decided that some Pommard should be declassified into the Bourgogne. A further 6 barrels of Meursault came from a second harvest in October from later ripening, tiny grapes – and it’s really quite tasty and also quite Meursault – it seems more mineral if less balanced today – I might declassify but will wait and see. On the other hand, some 1er Crus in Meursault or on the hillsides delivered perfectly normal yields – for instance Tessons, normally yields 7 barrels and we had 6. Gouttes d’Or was the most affected by the frost here. Our work and yields are exactly the same as the 1ers as in the Bourgogne – so it’s an expensive Bourgogne at 18 euros, but it sells easily. We are ‘Bio‘ not biodynamic. I made one contact treatment in 2016, and in fact made ‘only‘ 10 treatments, seeing just a little oïdium in Tessons. So-far, I prefer 2015, but 2016 is a super vintage.

The wines…

First a tour through some 2016s – but no notes as there was a mix of mid- and no-malo wines – then the 2015s. We did discuss Patrick’s Aligoté which is usually at the very highest end of the quality-scale for this cepage – “The density of planting is 16,000 per hectare, and I’m now pruning Guyot-Poussard and training a little higher. I’ve been pruning like this for the last two years and see good aeration and less maladies, but okay, it’s still a little early to judge…

A brilliant selection here – bravo! Proving that there is no one truth in when to harvest – even in a hot and dry vintage.

2015 Bourgogne Chardonnay

Half each from the communes of Meursault and Puligny – a mid-September harvest.

Ooh, a big nose, floral and fresh. A richness pf texture, but also fresh and layered flavour – a great Bourgogne! Long finishing.

2015 Meursault Vieilles-Vignes

Some vines in Pellans here are from 1945.

A tighter base of aroma. Finer, more mineral, more mouth-watering. Beautiful wine, saline and beautiful. Bravo!

2015 Meursault Cuvée 45

Only 3-4 year old barrels used here.

A modest nose, mineral. Oof – more richness of texture but fully energetic, layered and beautiful. Great Meursault…a finish to die for – so über-long!

2015 Chassagne-Montrachet 1er En Remilly

From the upper section of the vineyard.

A bigger, more open nose. Intense, long fresh fruit, fine line. Super complexity in the finish. Bravo again!

2015 Meursault 1er Les Charmes

Deep, vibrant nose. Wide, fresh, mineral the antithesis of rich, just in the finish the width and complexity of some oak, but only there. Great wine!

2015 Meursault 1er Bouches-Chères

A deeper register, faints spice. Ooh – again! What a mineral width, fine bubbling energy, wide, wide, wide – oh, and long! Layers in the finish even minutes later.

2015 Meursault 1er Cras

A nose of apricot and freshness. Ooh, this has layers of melting flavour, more over intensity, more line and wow flavour! It’s hard, but this could be my new favourite!

2015 Chablis 1er Les Lys

Beautiful direct, perfumed aroma. Direct, but the intensity melts over the tongue with complexity. A little extra finishing width, perhaps caramel too. But long, long. Super stuff!

2015 Corton-Charlemagne

Made from Aloxe fruit in Charlemagne. Direct south-facing, close to the cross.

Wide not super-overt aromas, but interesting. Ooh this is intense, this could be Chablis mineral, almost metallic. Long. Less wide in the finish than many, but really special, and no less long. Bravo!

2015 Chablis Vaudesir

Pyrazine and menthol on the nose. Wide, silken, energetic, intense – ooh – bravo! Wide and long in the finish.

The reds…

2015 Bourgogne Rouge

From two vines; one Meursault Coutures, and the other Puligny Champans – 50% whole cluster. ‘I like ‘supple’ but I won’t go down the route of making an easy-drinking wine that’s dead in 10 years – this includes the press wine too.’.

Ooh, wow, round supple fresh and complex. Big volume, layers of flavour. Fresh, and really tasty, big in the finish too – delicious and not a hint facile. Bravo Bourgogne!

2015 Volnay 1er Les Santenots

The fruit from 70 year-old vines. All whole cluster. All new oak

Narrower and more floral aromas when opened. Wide, plenty of fresh texture, a base, but not intrusive, of tannin. Oak in the finish – an open-ended finish…

Publié dans Revue de Presse

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