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Millesime 2020 Pleine Fleur

Publié le par Site internet officiel du Domaine Buisson-Charles

Millesime 2020 Pleine Fleur
Millesime 2020 Pleine Fleur

Pleine Fleur

   Au domaine Buisson-Charles la pleine fleur - à savoir la mi-floraison dans une parcelle - a été atteinte du 23 au 28 Mai pour nos Meursault, Volnay et aligoté et se poursuit dans les parcelles de pinots et particulièrement à Pommard en Mareau où elle n’a pas encore commencé.
   Contrairement à certaines idées reçues l’été chaud qui s’annonce n’accélèrera pas la maturation des baies et la chute des capuchons floraux et nouaison annonce un début de  véraison de nos chardonnays autour du 25/28 Juillet, il faudra ensuite encore 35 à 42 jours pour que leur mûrissement s’opère intégralement. 
   La chaleur sèche et l’éventuel manque d’eau  ne changera rien à ce cycle inscrit dans l’ADN de la plante, au contraire sans eau et si la canicule se met en route - un élément auquel je ne crois guère si j’en juge les projections à longue vue de nos différentes météo et surtout le caractère de cette année régulièrement venteuse -  nous pourrions avoir des blocages de maturité dûs à des stress hydriques.
    Je ne le vois pas ainsi. Nous allons vers un été solaire et donc chaud mais pas vers la fournaise. En attendant le vent et le soleil nous ont amené à supprimer purement le traitement soufre et cuivre prévu ces derniers jours car nos vignes sont parfaitement saines. Si l’oïdium qui concerne essentiellement les blancs, rôde encore, le mildiou n’a pas les conditions favorables à son développement et il nous paraît inutile de disposer du cuivre dans les vignes en ce moment. 
   Nous préférons travailler sur la plante et fignoler son feuillage pour aerer les raisins abondants cette année. Mode prophylactique donc! On peut même dire que les raisins sont potentiellement très abondants, au point que nous repassons dans chaque vigne pour enlever des rameaux une seconde fois tant il est évident que si nous ne le faisons pas, nos rendements ne nous permettrons pas de produire les vins que nous avons en tête.
   Toutefois il faut garder de la mesure dans ce geste qui prive la plante d’une partie de ses fruits car comme l’an dernier ceux ci risquent d’avoir un poids moyen inférieur à une année plus humide. Les grappes pèseront sans doute 10 à 20% de moins qu’en 2018. Elles sont plus petites dans nos vignes bien que parfaitement formées et parfois disposées en grappes agrégées  les unes aux autres...ce sont celles-ci que nous faisons sauter. 
   Les dix jours qui s’annoncent seront à l’évidence harassant pour les organismes mais la fin du « coup de feu » approche et c’est très  bon pour le moral...

Millesime 2020 Pleine Fleur

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Journal du millésime 2020

Publié le par Site internet officiel du Domaine Buisson-Charles

Journal du millésime 2020

10 Mai 2020:

Perdre fleur et conserver son apex...en étirant son cycle!

    La vigne pousse selon des rythmes liés au temps du millésime en cours mais également selon le rythme interne de son métabolisme. Cette Lapalissade végétative pourrait faire croire que face à elle l’homme est réduit à l’état d’observateur béat, contemplant les rameaux et les fruits tout au long de la saison. 
   Il n’en est rien.
   Avec les années, à la manière de Monsieur Jourdain il nous est apparu que la prose gestuelle que nous utilisions pour cultiver la plante avait une incidence avérée. Après avoir compris de manière empirique que la longueur de la période qui court après la fleur était essentielle à l’obtention de fruits équilibrés et qu’il s’agissait de l’étirer au maximum, est venu le temps de définir quels étaient les moyens de retarder la pousse de la liane pérenne. 
 Encore une fois rien de révolutionnaire mais plutôt un retour à des préceptes anciens consistant à positionner les bons plants et porte-greffes aux bons endroits, à tailler en deux fois en passant le plus tard possible la seconde fois, à ébourgeonner pour aérer la plante sans la déshabiller, à labourer tardivement, à plier les baguettes le plus tard possible en zone gélive...bref à repousser le début de la saison végétative dans ce cycle actuel qui est à l’évidence précoce. 
   En luttant ainsi contre la gelée, il nous a été possible de voir nos plants modifier sensiblement leur comportement et adopter un rythme imperceptiblement  plus lent que lors des millésimes antérieurs. Ainsi, en ce moment, nous sommes assez loin d’avoir des vignes vigoureuses qui seraient à écimer au niveau de leur apex sommital et nous pouvons tranquillement finir de les ébourgeonner et de les palisser en attendant que la fleur passe complètement, probablement  à la fin de ce mois de Mai. Pas avant.
   Observez les photos ci dessous qui prouvent avec acuité  que nos raisins n’ont pas encore commencés à développer les petits cils blancs de  la fleur qui « évolue » puis leur chute qui signale la fin de cette avancée végétative. Cela nous permettra de patienter et d’allonger la saison de mûrissement ce qui permet de complexifier les raisins de limite Nord et de leur conférer cet équilibre abouti qui lui seul permet de révéler le terroir dans toute sa dimension.
   En fait nous aimons prendre le temps, retarder le plus possible les différents moments d’intervention pour les exécuter au moment opportun, dans une « temporalité »idéale. Le rythme de la vigne n’est pas celui de l’homme, il ne peut être emprisonné dans le systématisme et si la vigne n’est pas un jardin qu’il faut suivre, elle n’est pas non plus une liane sauvage qu’il faut laisser faire. Non, c’est un organisme vivant qui définit lui même son avancée en prenant celui qui s’en occupe par les vrilles qu’elle lance et les rejets qu’elle émet. 
   Tu me coupes, je te donne des entre coeurs, tu m’enlèves des  feuilles, je limite la croissance de mes fruits, tu me dépouilles trop tôt de mes raisins, je te donne des fruits variétaux, trop tard...je te donne du sucre et des arômes passés.
   2020’nous verra sans doute au domaine récolter au début de Septembre - entre le 5 et le 10  à plus ou moins 5 jours près - et nous sommes très heureux de constater que ces dates précoces, récurrentes ces dernières années,  sont désormais parfaitement intégrées et maîtrisées par nos process culturaux et de vinif-élevages...
   Nous avons fait notre petite révolution copernicienne en ajustant des usages anciens à des réalités modernes. Nous verrons dans quelques temps si les vins qui en sont issus ont le niveau...

Journal du millésime 2020

17 Mai:

100 jours depuis l’île d’Elbe où Accélération temporelle? 

   Serions nous dans une nouvelle fenêtre temporelle qui ferait que les rythmes qui nous régissent changent notre manière de percevoir le monde?
   Faut-il dans nos vignes imaginer que précocité est fille de célérité et qu’en raison d’un départ rapide la course à la maturité peut être réduite par simple effet magique? 
   Que nenni! Mais pourquoi? 
   Est-on certain que chaleur et sécheresse sont de bons moteurs à la rapidité de nos plants.. ou alors sont-ce des mobiles pour nos plans? 
   Questionnement naïfs répondant  à des interrogations légitimes.
 Nous comptions 100 jours après la pleine fleur - en fait la mi-floraison - pour évaluer un possible début de récolte.Hors le réchauffement qu’induit le cycle de notre climat actuel semble avancer nos repères et si naguère nous terminions notre travail principal  sur la plante à la mi-Juillet, il est certain qu’en ce moment il s’achève quasiment systématiquement  au 25 Juin. Cela ne nous empêche pas de le poursuivre beaucoup plus tardivement pour fignoler notre action sur les plants mais il est évident que les étapes qui régissent nos actes culturaux se sont avancées.
  Toutefois elles n’ont certainement pas modifier le rythme interne de la plante qui continue de suivre sa propre évolution en se moquant un peu des règles nouvelles que nous pourrions nous donner. Comme le raisin qui pousse en Corse ou sur l’île d’Elbe, au Liban ou au sur les coteaux d’Annaba il lui faut une durée minimale pour s’épanouir  pleinement et cette durée est si fondamentale que ne pas la respecter c’est aller un peu contre la plante, la nature, le terroir ou le climat. 
   Ci dessous vous observerez l’état d’avancement des Goutte d’Or du domaine et le fait que la fleur pour l’heure n’a pas démarré sa course sauf sur un jeune plant. Nous en déduisons que celui-ci a cinq à six jours d’avance et que pour le reste de la parcelle la Mi-floraison aura lieu en fin de semaine prochaine car le temps annoncé sera chaud et sec. Il fera suite à plus de 50 mm de pluie reçue en dix jours et à quelques journées venteuses ralentissant un peu la pousse. Une mi-floraison que sans risque nous observerons entre le 25/05 et le 10/06 dans les vignes du domaine Buisson-Charles. 
   La première manche se jouera en Charmes, Cras, Tessons et Goutte d’Or, la dernière à Pommard en Mareau comme tous les ans. 
   En faisant fi des aléas climatiques toujours possibles - vade retro satanas! - il nous paraît assez clair que nous ne vendangerons pas en Août et qu’en tous cas aucun de nos villages et Bourgogne ne sera récoltés avant le 5/7 Septembre. Pour les premiers crus je vous en dirai un peu plus lors de mon prochain « billet » mais cela risque d’être identique même avec un été sec et caniculaire.

Journal du millésime 2020

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