Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Disque solaire

Publié le par Site internet officiel du Domaine Buisson-Charles

   Depuis 2009 nous vivons un cycle climatique chaud où les millésimes viticoles précoces se succèdent. En 11 millésimes les années ou le début des vendanges s’est effectué en Août représentent  plus de la moitié de la production.       

    Ainsi 2009,2011,2015,2017,2018,2019 auquel on peut ajouter 2016 qui, moins précoce, a connu un mois de Septembre très ensoleillé et 2020 qui s’annonce, ont tous vu les vendangeurs à la fin d’Août ou au tout début de Septembre, arpenter les rangs de vignes, sécateurs à la main. 
   S’interroger sur cette permanence liée à la chaleur et peut être encore plus à l’avancée végétative est sans aucun doute nécessaire pour comprendre ce qu’il est possible de produire comme vins en terme d’équilibre. 
   Lorsque la vigne démarre sa saison avec une avance de trois semaines par rapport aux dates moyennes constatées à la fin du vingtième siècle et au début du suivant, il convient de définir si cette évolution peut ou doit marquer les crus issus de terroirs qui auparavant s’exprimaient parfaitement selon une progression différente ou plutôt différée.    

   En d’autre terme doit on accoutumer nos pratiques et productions  aux temps actuels ou poursuivre de  chimériques équilibres obtenus autrefois selon de conditions climatiques différentes?
    Nos expériences passées ont toutes, à des degrés divers, forgés notre goût en définissant des modèles gustatifs inconscients. Oh bien entendu cela incorpore année mûre et année de tension car leurs successions a toujours été naturel, mais il n’empêche nos préférences vont souvent plutôt vers l’un ou plutôt vers l’autre. Difficile en vérité de demander à notre cerveau d’apprécier des crus aux équilibres radicalement différents. 
   Pourtant je crois qu’il est nécessaire de le faire.
   J’aime beaucoup le dernier millésime de tension naturel qu’est 2013, sans doute également le classicisme - entaché de raisins grêlés sur certaines zones - qu’est  2014 et si mon goût ultime personnel va aux millésimes capables de préserver concentration, maturité et tension comme le furent les 79, 64 ou 55 je me dis qu’il est bon de toujours conserver le gradient de maturité que l’année autorise. 
    Solaire, frais, mûr, tendu, « sucreux »,salin?... en fait le climat décide bien souvent pour nous et ce qu’il est possible de capter au mieux sans aucune correction œnologique est avant tout à relier au temps de l’année.
   Reprochera t’on à 1947 et 1976 d’avoir généré des vins plus capiteux et d’acidité basse que 1962 ou 1990? Stigmatiserions nous un Condrieu - ou un Hermitage blanc -  visqueux et texturé face à un Sancerre ou un Saumur blanc? Je ne crois pas.
   Le domaine Buisson-Charles ne cherche donc pas dans ses vins un équilibre déterminé par ses goûts mais plutôt une production révélatrice de l’endroit et du caractère saisonnier que la vigne porte dans son adn cette année là. 
    Ainsi en 2018 les acidités furent plus élevées chez nous qu’en 2015 ou 2009 avec près d’un demi degré de moins et les équilibres seront assez proches au fond de ces 1979 que nous aimons  tant aujourd’hui mais 2019 qui suit aura le caractère des 47, solaire, riche et d’une concentration hors norme, au sens où cela n’arrive probablement chez nous au domaine Buisson-Charles que tous les 50 ans. Il nous est apparu nécessaire de preserver cet équilibre naturel sans essayer de l’édulcorer pour le rendre plus lisse, plus consensuel, plus habituel...
  ...en fait je crois que capter le soleil fût en 2019 une quête vers quelque chose d’absolu, quelque chose que nous - ma génération - n’avions encore jamais véritablement approché. 
   Alors oui, solaire, mûr, plein, extravagant et unique...le culte de l’astre solaire fût notre graal dans ce millésime qui aurait plu à Akhenaton! Cela ne fait pas de nous des pharaons adorant aveuglement  le disque lumineux mais en revanche oui, nous acceptons,  lorsque la nature le décide, de lui rendre grâce...

Disque solaire

Partager cet article

Repost0

commentaires

Horloge interne

Publié le par Site internet officiel du Domaine Buisson-Charles

Horloge interne

Réflexion: Horloge interne 

  Nous vivons dans un monde où les calculs sont de plus en plus sophistiqués et où les moyennes de toutes sortes de paramètres peuvent être consignées et rendues signifiantes. Ainsi en matière de viticulture la période végétative  essentielle qui conduit la vigne de son débourrement à la récolte de ses fruits est elle scrutée et analysée pour produire des résultats chiffrés  qui modélisent possiblement son avancée. 
  Sans entrer fastidieusement dans des relevés nombreux et complexes, les études agrégatives récentes tentent de modéliser la relation qu’il y a entre les températures moyennes observées et les dates qui régissent le rythme de la plante. Schématiquement si au cours d’une saison la température moyenne augmente de 10% par rapport à une année dites moyenne ou la récolte se ferait au 20 Septembre, certains calculs projettent une cinétique qui induit une accélération de 10% des mécanismes qui régissent la pousse de la vigne. 
  Il n’en est rien.
  En effet la vigne possède sa propre « révolution » interne et tous ses mécanismes observés tendent à prouver qu’elle peut faire tampon à cette accélération due à la chaleur et au degré d’insolation pour freiner vigoureusement sa course à la maturation. En somme si 2003 a été 17% plus chaud que 2002 le temps qu’il a fallu à la plante pour mûrir n’a été « accéléré » que de quelques jours. Sinon nous aurions récolté le 8/08!!! Cela ne fût pas le cas. 

 Mon propos n’est pas ici de prendre parti et de décider de qui a raison ou qui a tort parmi les scientifiques (cf le lien ci dessous) mais il me paraît évident, depuis que j’observe les vignes du domaine que les réponses qu’elles nous donnent selon les saisons/millésimes qui les impactent sont toujours tempérées par un fonctionnement interne inhérent à la plante elle même, aux sélections de plants, de porte-greffes, au travail qu’on lui apporte et à la manière de la conduire. La main humaine est en ce sens le meilleur moyen de guider finement sa progression et de définir avec le caractère climatique de l’année, le moment le plus judicieux pour récolter des fruits équilibrés parfaitement. 
   A ce titre en combinant connaissances, ressentis liés au travail quotidien dans les vignes et choix liés aux potentialités des fruits que l’on souhaite produire, il convient d’affirmer que nous ne pouvons être seulement des observateurs d’un changement lié au climat en le subissant. Il est nécessaire de définir des procédures permettant de continuer à étirer la durée qui conduit la vigne de son débourrement à la floraison, puis de cette floraison à la veraison et enfin à la récolte. Car c’est ce temps le plus long possible qui est la marque des vins septentrionaux à la condition qu’il soit étiré sans que le fruit ne s’effondre au niveau de son équilibre acide-sucre.

   Mon horloge interne est alors en phase avec ces fruits ultimes qui par leurs caractères telluriques selon des contraintes climatiques maîtrisées peuvent permette de produire des vins dont ont peut signifier alors  qu’ils ne sont plus variétaux mais organiques.
  En somme il n’est plus envisageable de produire des vins acides aux senteurs de citron sur des effluves délicatement toastés/ grillés en se réclamant vigneron  du terroir. La complexité de nos sols est au delà des ses effets de style réducteur qui en simplifiant le goût ont permis de produire des vins sans âme qui se ressemblent tous et qui sont plus des vins d’équilibre aux accents bien lisses que des vins profonds et originaux capables de dépasser les codes communément admis et les typicités les plus simplificatrices.

Partager cet article

Repost0

commentaires

<< < 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 30 40 50 60 70 80 > >>