Chers allocataires les vins du millésime 2017 sont à la réservation jusqu’au 31/03/2019

Publié le par Site internet officiel du Domaine Buisson-Charles

Chers allocataires les vins du millésime 2017 sont à la réservation jusqu’au 31/03/2019

Écrire au domaine à ce mail:

dombuissoncharles@wanadoo.fr

Heureuse année 2019 à tous

 

Patrick Essa

Partager cet article

commentaires

Le millésime 2017 de Buisson-Charles évalué par Bill Nanson de « Burgundy Report ».

Publié le par Site internet officiel du Domaine Buisson-Charles

    Merci à lui pour son travail de fond qui désormais en compagnie de ceux de Allen Meadows de « Burghound »et Sarah Marsh de « Burgundy Briefing » fait partie des références du monde anglo-saxon - et du monde en général! - concernant la description et l’analyse des vins de Bourgogne.

Le millésime 2017 de Buisson-Charles évalué par Bill Nanson de « Burgundy Report ».
Le millésime 2017 de Buisson-Charles évalué par Bill Nanson de « Burgundy Report ».
Le millésime 2017 de Buisson-Charles évalué par Bill Nanson de « Burgundy Report ».
Le millésime 2017 de Buisson-Charles évalué par Bill Nanson de « Burgundy Report ».

Publié dans Revue de Presse

Partager cet article

commentaires

Les vins du domaine Buisson-Charles sur les cartes de la Bouitte*** et du Flocons de Sel***

Publié le par Site internet officiel du Domaine Buisson-Charles

Gastronomie étoilée et caviste 

Deux nouveaux restaurant trois étoiles Michelin serviront cet hiver les vins du domaines Buisson-Charles 
La Bouitte des chefs René et Maxime Meilleur à Saint Martin de Belleville ***
Le Flocon de sel du chef Emmanuel Renaut  à Megève ***

Et puis également un nouveau caviste nous fait confiance: La Cave de Patrick Gerbaud à Saint Étienne

Les vins du domaine Buisson-Charles sur les cartes de la Bouitte*** et du Flocons de Sel***
Les vins du domaine Buisson-Charles sur les cartes de la Bouitte*** et du Flocons de Sel***
Les vins du domaine Buisson-Charles sur les cartes de la Bouitte*** et du Flocons de Sel***

Publié dans Restaurants étoilés

Partager cet article

commentaires

Les blancs du millésime 2016 de Buisson-Charles notés par Allen Meadows

Publié le par Site internet officiel du Domaine Buisson-Charles

Les blancs du millésime 2016 de Buisson-Charles notés  par Allen Meadows

« Comme les scores le confirment la qualité des 2016 du Domaine Buisson-Charles est excellente! » Allen Meadows

Les blancs du millésime 2016 de Buisson-Charles notés  par Allen Meadows

Publié dans Revue de Presse

Partager cet article

commentaires

Bouchon!

Publié le par Site internet officiel du Domaine Buisson-Charles

Bouchon!

   Obturer une bouteille est une action d’une infinie simplicité qui ne devrait même pas être évoquée tant elle se passe rapidement et concerne en principe peu le vin en ce qu’elle n’est en rien constitutive de sa vinification et de son élevage.
  Moment fugace où le liquide qui a coulé dans une bouteille se voit emprisonné par un petit objet dont les formes les plus diverses et bizarres peuvent exister. De la capsule au bouchon de verre en passant par le matériau composite, aggloméré, reconstitué, colmaté, il existe une variété incroyable de chevilles destinées à mettre votre vin sous scellés. On pourrait dès lors imaginer que ce moment là est négligeable...que nenni!

   En fait ce petit bout de liège - la plupart du temps - est un véritable casse tête chinois pour celui qui souhaite sa simple efficacité en imaginant qu’il puisse être neutre « gustativement »  parlant!  
  Combien de bouteilles gâtées par sa faute, de goûts déviants, d’oxydation, de rétention gazeuse, de réduction, d’évents, de vins « plats » dûs à des funestes bouchages liégeux. Le producteur a en lui son principal ennemi, celui qui lui coûte horriblement cher et qui sans crier gare vous flingue un vin que vous avez mis trois ans à engendrer. Il n’est pas excessif de parler de colère quand un de vos vins vous est retourné avec le motif tant redouté, évoqué par votre client, ami, restaurateur, caviste, journaliste: goût de bouchon!
   Un goût qui se substitue à celui que vous aviez pu emprisonner, qui vous fait passer pour un piètre faiseur en laissant la suspicion sur votre capacité à produire des vins capables de vieillir. En somme le bouchon fait de vous un être sans aucune capacité, sans talent, sans rigueur. 
  C’est un peu comme un uppercut reçu  en pleine face après avoir préparé un combat pendant plusieurs saisons! Et ton Knock-down est sans appel! 
   Alors me direz vous, pourquoi continuer de l’utiliser avec acharnement et conviction!?
   En fait l’idée concrète est d’imaginer que ce qui est naturel est meilleur pour un contenu qui lui même se veut le plus proche possible de son origine. Et puis faire confiance à la chimie du bouchon synthétique ou aggloméré n’est-ce pas d’une certaine manière accepter que la chimie est possiblement solution à votre problème. Alors même que vous tentez de vous convaincre que le mieux pour vous est de rester dans les arcanes d’une production saine où intervenir sur la matière et surtout dans sa composition est déjà la pervertir. 
   Fort de ce raisonnement simple, la recherche d’une solution pour votre problème passe par la sélection naturelle des meilleurs planches de liège provenant de suberaies de chênes entretenues pour fournir des bouchons sains et non infectés. Effroyable casse tête qui vous met face à une armada de producteurs, grossistes,détaillants, faiseurs, revendeurs, marques, sous marques et contre marques d’une sidérante complexité et tous « armés » de représentants aux discours parfaitement rodés...qui évoluent en même temps chez tous selon des codes d’une lisibilité apparente confondante. Bref, tous vous livrent le meilleur et vous garantissent un minimum de perte, mais pas un ne rembourse la « casse ». Jamais. Une règle d’or intangible qui est une sorte de pacte que les fournisseurs se mettent un devoir de respecter. 
  Ils ont la possibilité de bousiller votre vin mais Jamais ils ne le reconnaissent vraiment ou alors vous demandent de l’accepter car au fond cela concerne peu de « retours ». Sous entendu: vous pouvez supporter cette charge qui indique NOTRE travail déficient mais qui gâte VOTRE vin. 
   Paie cochon de vigneron!
Au fond leur comportement est aussi humain et naturel que les produits qu’ils nous fournissent. Nous sommes en terrain connu.
  Alors me re-direz vous, pourquoi continuer avec eux?
  A ce stade, soyons clair, nombre de vignerons ont commencé à se détourner du liège de haute qualité pour se pencher sur la question des plus mauvais lièges recalés, mis en poussière et rendus inodores par un traitement miraculeux tout en possédant l’élasticité conférée par un liant chimique - et même naturel dernièrement - qui se pique de ne plus infecter les bouteilles. Plus du tout. Bref le miracle à l’entrée de votre cuverie pour deux fois moins cher qu’un bon bouchon! 30 a 50.000 euros de bénéfice sur ce seul poste par la grâce de la chimie. Avouons le, cela est tentant!
   Résister est donc une posture purement intellectuelle qui positionne vos choix comme étant avant tout liés à une vision hygiéniste de votre métier, comme un possible qu’il est permis d’atteindre en faisant abstraction d’une modernité galopante et simplificatrice. Comme un besoin de jouvence, de fraîcheur, de simplicité et le refus de tomber sur une quille dont vous auriez un peu honte en retirant le petit bout minable de ce bouchon qui imite ce que vous avez en tête lorsque vous pensez aux bouteilles du grand père. Bref, vous savez que ce petit machin élastique naturellement est aussi à l’origine de bouchages mémorables dont les vins vous ont émus  aux larmes. 
   Vous ne me comprenez toujours pas, je le vois bien et je vous comprends car moi aussi j’ai été assailli de doutes après que dernièrement un restaurateur que j’aime m’ait rendu un Tessons 2014 bu par un vigneron que j’aime - et qui en produit! -  car le vin avait un « petit goût de bouchon »! 
  Rhaaaaa, si le bouchonnier avait été là je lui aurais fait boire la bouteille entièrement pour qu’il me comprenne! Jusqu’à la lie s’il y en avait eu!
    Je serai désormais impitoyable et chaque bouteille qui me sera rendue fera l’objet d’une analyse - à mes frais! - pour mon bouchonnier. Je veux qu’il comprenne, pas seulement qu’il accepte ou s’excuse, je veux qu’il ressente ma détresse, ma colère et qu’il comprenne mes attentes.
  Je m’engage également à lui écrire lorsque les flacons vieux de plus de dix ans seront au top niveau dans leur ensemble. 
   Big Boucheur is Watching you! 
   
Patrick Essa - 2018

Bouchon!
Bouchon!
Partager cet article

commentaires

Le domaine Buisson-Charles sur la carte du Gabriel** et de la Pagode de Cos*

Publié le par Site internet officiel du Domaine Buisson-Charles

  Le domaine Buisson-Charles fait son entrée sur la carte de La Réserve. Un ensemble hôtelier 5* unique au cœur de Paris, non loin de la Concorde, disposant également  de deux restaurants gastronomiques - le Gabriel ** et la Pagode de Cos * - qui désormais serviront nos Meursault. Deux restaurants du chef Jerome Banctel.
   Nous en sommes très heureux et remercions Romy et CDP pour leur précieux travail.

Le domaine Buisson-Charles sur la carte du Gabriel** et de la Pagode de Cos*
Partager cet article

commentaires

Éléments de réflexion: le labour des sols au domaine Buisson-Charles

Publié le par Site internet officiel du Domaine Buisson-Charles

Éléments de réflexion: le labour des sols au domaine Buisson-Charles
Éléments de réflexion: le labour des sols au domaine Buisson-Charles
Éléments de réflexion: le labour des sols au domaine Buisson-Charles
Éléments de réflexion: le labour des sols au domaine Buisson-Charles
Éléments de réflexion: le labour des sols au domaine Buisson-Charles
Éléments de réflexion: le labour des sols au domaine Buisson-Charles
Éléments de réflexion: le labour des sols au domaine Buisson-Charles
Éléments de réflexion: le labour des sols au domaine Buisson-Charles
Éléments de réflexion: le labour des sols au domaine Buisson-Charles
Éléments de réflexion: le labour des sols au domaine Buisson-Charles

Le parti qui nous rend « travailliste » de nos sols: Labour
Par Patrick Essa - 2018

     Commençons par une Lapalissade: Avoir des Vignes en bonne santé est probablement l'une des volontés qui m'a conduit à définir la manière dont je les cultive aujourd'hui...

...Chercher à produire un raisin parfaitement équilibré, idéalement constitué pour générer par la vinification  les  grands vins que j'ai en tête peut paraître simpliste mais si ce naïf raisonnement l'était réellement  nous serions fort nombreux à user des mêmes mises en œuvre culturales. 

   Tel n'est pas le cas.

   Produire des fruits adaptés à ce cahier des charges qui les place en amont de la qualité est une aventure qui croise de nombreux possibles et amplifie toujours plus les choix qu'il est permis d'effectuer. 

   En imaginant que le sol bien préparé porte des plants et portes greffes de Hautes qualités - un ratio idéal entre naturelle production de plants très fins  et densité de plantation -  et que ceux -ci sont adaptés à la nature géo-morphologique du sol, il reste à définir la manière de gérer ce patrimoine potentiel croisant terroir, plants et caractéristiques du/des sols. 

 

Comment au quotidien permettre à ces composants de fonctionner en parfaite harmonie sans dérégler les mécanismes qui les inter-agissent? Autrement dit que dois-je faire pour obtenir le meilleur de ces  "Maserati" des coteaux? 

   Jusqu'au phylloxéra à la fin du dix-neuvième siècle les Vignes étaient plantées et se reproduisaient à l'infini par provignage, ne laissant quasiment jamais au sol la possibilité de se reposer - mais en avait-il besoin?- renaissant sur ses racines entremêlées. Plantées à des densités  très élevées - souvent plus de 20.000 pieds à l'hectare - ces lianes pérennes ne connaissaient ni la mécanisation, ni les traitements contre les maladies. Amendées chichement et façonnées uniquement à la main grâce à la pioche et aux trois "façons" (passage de la pioche) , elles voyaient leurs sols très peu "ouverts" par ses outils rudimentaires qui ne les grattaient que fort superficiellement. Aucun tassement, des herbes se décomposant  pour tout amendement ou presque et une "science empirique", si j'ose dire, de la taille pied à pied en fonction de leur vigueur. Un homme pour un hectare avec 12 heures de travail journellement, Samedi compris...le rêve? Voir...

   Et puis après des siècles de lianes entremêlées serpentant et se désagrégeant dans les sols,  à la fin du dix neuvième siècle,  vint le puceron. Ce phylloxéra funeste cassa à lui seul une sorte de "chaîne végétative" souvent âgée de plusieurs siècles en redonnant aux ceps une condition de "mortels". Ainsi étonnamment, observons que la vie des sols est une notion véritablement mise en lumière à cette époque...qui a procuré à la vigne une date de péremption et une sorte de mort végétative qu'elle semblait jusqu'alors  pouvoir dépasser.

   Vie, mort, sols, plants...ce sont les hommes qui déterminent ces notions et qui les caractérisent selon les procédés employés. Ce sont eux encore qui en opposition  à toutes logiques naturalistes orientent la manière de gérer les efforts qui conduisent à organiser le fonctionnement de ce "système" produisant des fruits. Car au fond, n'est-ce pas,  tout est pensé pour qu'il y ait une production fruitière rationnelle aboutissant à des récoltes permettant de transformer l'eau en vin. Évidemment cela est une image.

   Ce soucis d'ordonner la production trouva un écho inattendu lorsqu'il s'est agit de restructurer de manière forcée les vignobles atteints de maladies. Le monde productiviste s'engouffra dans la brèche et détrôna sans ménagement des solutions plus douces et curatives désireuses de préserver les plants du greffage. Le remède miracle du plant greffé sur des bois résistants au puceron provenant du nouveau monde fut adopté rapidement car le pays, le monde, le peuple avait besoin de son quart de vin quotidien  et de son Cru dominical. 

   Les plants furent donc plantés au lieu d'être provignés, les agronomes imaginant des surfaces efficientes pour la mécanisation: 1 ha, 1 plant tous les mètres avec un rang tous les mètres, soit 10.000 ceps agencés en règes rectilignes, tendus par des paisseaux de bois et des tirants en fer. Les barbelés avaient circonscrits les prairies, les fils d'acier se mirent à dessiner des couloirs suffisamment large pour les attelages équins ou bovins. L'animal pouvaient enfin pénétrer dans ces prés-carrés en offrant sa force à son vigneron reconnaissant.

    À cette époque les bras sont encore très nombreux à s'offrir aux tâches dures consistant à tailler ces plants vigoureux tout en incisant la terre avec des pioches de tailles et de types variés en fonction de leurs usages. Les  anciennes "façons" mirent du temps à profiter de la force motrice de charrues tractées par l'animal car celles-ci n'étaient pas toujours adaptées aux jeunes plants et aux coteaux. Elles durent être mises au point dans la précipitation. Jean Baptiste Matrot qui construisit la maison où se trouve notre domaine fut un de ces isolés précurseurs désireux de défricher ses sols en trouvant des solutions imaginatives. Son soc de charrue ne fut pas breveté mais nombreux furent ceux l'utilisant.

    Ouvrir la terre pour nettoyer les sols devint donc progressivement possible. Un possible qui ne l'oublions pas n'avait rien d'une réflexion en Agro-foresterie, encore moins d'un excès que l'on imaginait funeste en raison de la dégradation de "l'horizon premier" humique. Non en fait le vigneron cherchait simplement à maîtriser la vigueur de son herbe en libérant les ceps de sa présence gourmande. Loin des réflexions liées aux tassements ou à la mortification des sols par mélange des horizons profonds et minéraux avec ceux superficiels structurés par les vers de la bio-masse, il cherchait à agir pour soulager son labeur quotidien. 

Réflexion: N'oublions jamais que l'homme de la terre puise les relations causales de ses efforts dans la rationalisation d'un travail laborieux et difficile, voir "inhumain".

  Le sol dès lors devint une zone suffisamment visible et porteuse d'une logique quantitative pour que l'on se préoccupe de le considérer comme un substrat à "brosser dans le sens du poil". Tant il est évident que sans lui rien ne peut pousser régulièrement selon une logique commerciale et plus simplement vitale ou gastronomique. Cette logique commerciale  devenant de plus en plus importante.

   Dès lors, l'agronomie commença véritablement - je schématise car des recherches antérieures existaient depuis le Moyen Âge et même l'antiquité mais sans avoir une véritable résonance -  à expliquer le fonctionnement des sols en déterminant leurs natures et surtout la manière dont cette dernière était obtenue. 

  En expliquant les mécanismes sous-tendant la composition de nos sols on a cru pouvoir alors déterminer ce qu'était "La" vie dans la terre. En définissant que le monde minéral profond s'unissait au monde humique superficiel d'origine végéto-animal par le fonctionnement des vers "dégradant-digérant-mélangeant"  les matières organiques  et minérales sur lesquels pousse la vigne on a isolé un fonctionnement. C'est un peu l'observation "savante" qui consiste à découvrir que l'eau et le feu produisent de la vapeur humide. Cela est totalement exact mais ne nous indique pas que sans le feu, l'humidité n'est rien. 

   Fort de ces observations - extrêmement simplifiées nous sommes d'accord - il est dès lors possible de se demander si lors de notre travail du sol, il nous est permis de changer l'horizon premier dans sa composition même en mélangeant plus ou moins selon le procédé utilisé les parties profondes argileuses  avec les parties Hautes humiques? En somme est-ce que labourer en remontant les couches basses du sol déstructuré notre substrat au point de le tuer?

    À ce stade trois  options sont possibles: soit l'on considère que oui cela change tout et on arrête de labourer, soit on pense que non cela n'a aucune incidence et l'on poursuit , soit, on analyse le fonctionnement de la plante  sur le sol et la qualité des fruits et vins obtenus selon des méthodes différentes et l'on cherche à dégager de réelles relations causales?

    Évidemment toute personne réfléchie choisira la comparaison pour comprendre en profondeur sans fonder son raisonnement sur une pensée mystique ou sectaire. 

   Quoi qu'il en soit nous sommes certains d'une chose, un sol aux horizons modifiés n'est pas un sol "mort", assurément en revanche chaque manière de le travailler résonne sur la plante au point de modifier la manière dont elle va s'intégrer dans celui-ci puis à déterminer le caractère des fruits qu'elle portera.


Mais comment faisons nous?
 

   Tout est question de mode. 
   Comme les saisons qui s’enchaînent, la noria des idées de tous ordres fait évoluer les vérités culturales au gré du cours du temps. En ce moment il suffit de faire une recherche sur la toile concernant le labour dans les vignes pour tomber immanquablement sur un cheval, la perma-culture et le non sens du labour. 
    
   Après la pioche, le travail du sol avec des charrues, le désherbage systématique, le retour du travail du sol, voici venu le moment du bon labour...celui que l’on ne fait pas!
   
   Cela ne résout guère les problèmes de vigueur d’herbes de toutes variétés implantées dans « mes » sols non désherbés depuis que je m’occupe du domaine! 

   Le sol serait dorénavant  susceptible de ne plus fonctionner, voire de mourir sous les coups de butoirs des modernes engins de nos temps inconséquents.  Comme dans bien d’autres domaines on demande aux producteurs de ne pas, de ne plus, d’arrêter , de s’adapter à un rythme naturel qui serait/est celui au fond du fondement de notre monde. En somme il faut observer les réponses naturelles que la plante apporte à sa croissance pour faire évoluer les pratiques qui n’ont cessé de la contraindre depuis que l’homme cultive.
 
    Car en étant objectif, qui multiplie les plants, organise les greffages, prépare les sols avant plantation, définit les densités, arrose les plants jeunes, amende le sol, taille et palisse la vigne? Ne serions nous pas un tout petit peu interventionniste dans ces étapes là!?

   Par suite et par je ne sais quel coup de baguette magique, le sol seul deviendrait le garant unique des fruits que la plante va pouvoir générer. Il faudrait le sacraliser au point d’avoir peur de l’ouvrir, lui faire confiance après l’avoir programmé, analysé, configuré pour qu’il puisse donner des raisins équilibrés. Et là je sens que le lecteur est entrain de se dire:

« ben oui Patrick c’est cela, tu dois adapter ton travail, ne plus tasser cet espace qui appartient aux vers qui vont te le rendre aéré et perméable à l’oxygène, gorgé d’azote et enfin par un équilibre salutaire te permettre d’obtenir des fruits sains parfaitement équilibrés pour produire de grands vins ».
 
  Sauf les amis que si je me lance dans cette aventure là, avec le raisonnement logique imparable de celui qui a enfin compris comment il devait travailler, eh bien je me retrouve avec des herbes plus hautes que les rangs que je cultive! 
   Je suis en accord avec vous, cela peut être sublime, constellés de myriades  de variétés de plantes enchevêtrées les unes aux autres et posées sur un substratum parfaitement poreux contenant plus de 150 espèces de lombrics. Plus de ravinement, plus d’engrais, plus de pollution due au tracteur...plus de récolte aussi!

 Car il n’y a rien à faire pour produire il faut rentrer dans les vignes, les traiter - conventionnel ou bio - et pour cela on néglige qu’il est fort utile que la vigne puisse recevoir dans de bonnes conditions ce qui est destiné à prévenir les maladies. 
   Tondre? Oui pourquoi pas mais la concurrence faites par les herbes est très forte et à tendance à nettement durcir les matières. Cela ne me convient pas.
  Travailler sous le cep seulement? Cela revient à labourer mais favorise encore la concurrence, toutefois cela limite le ravinement. Possible oui mais pas forcément nécessaire dans les zones faiblement pentues qui sont les nôtres. 
  Labourer avec un cheval? Non polluant, beau, chargé d’un sens naturel reliant homme et bête. Et puis aussi - et c’est important - limitant le tassement et la création des semelles de compaction grâce au fait que la charrue est tractée et que l’engin qui incise le sol ne voit pas de roue le tasser ensuite. Simplissime mais encore faut il pouvoir faire suite à cela avec un engin de traitement allant dans le même sens...sinon cela n’en a absolument aucun car le tracteur qui traite tassera. Pas tous les rangs me direz vous? Vous avez raison mais l’argument « je ne pollue pas grâce au cheval » - qui passe deux /trois fois face au tracteur de traitement  qui passe 9 à 18 fois, ne tient guère. Et je ne parle pas en nos contrées de la rogneuse mettant les Vignes « au carré » qui passera deux à trois fois dans tous les rangs! 

  Je ne souhaite pas l’équidé pour offrir une jolie photo à mon site web en faisant croire que tout est fait par lui, je veux juste rationaliser ma pratique de travail sans herbicide et comprendre quelles sont les relations causales qui me permettront de générer les fruits les mieux équilibrés. En somme un fruit mûr entre 13 et 13,5 degrés ayant un PH initial inférieur à 3,15. Sur une acidité totale comprenant un niveau tartrique important.

   Donc pour l’instant cela se traduit par un buttage d’hiver tous les trois ans, un passage de la décavaillonneuse au printemps et deux à trois « griffages » avec des outils adaptés à la  structure de la vigne. Fin des « incisions » huit semaines avant vendanges. 

   Mais notre réflexion se poursuit et on est prêt à progresser toujours et encore...

Patrick Essa - Juin 2018

Éléments de réflexion: le labour des sols au domaine Buisson-Charles
Éléments de réflexion: le labour des sols au domaine Buisson-Charles
Éléments de réflexion: le labour des sols au domaine Buisson-Charles

Publié dans Reflexions, Textes

Partager cet article

commentaires

Nos vins rouges 2016 évalués par Allen Meadows de Burghound.com

Publié le par Site internet officiel du Domaine Buisson-Charles

Extrait de Burghound.com - Issue 70

Extrait de Burghound.com - Issue 70

« Comme les scores le confirment la qualité des 2016 du Domaine Buisson-Charles est excellente! » Allen Meadowso

Publié dans Revue de Presse

Partager cet article

commentaires

Millésime 2018: 28 Mai, Flower Power!

Publié le par Site internet officiel du Domaine Buisson-Charles

Millésime 2018: 28 Mai, Flower Power!
Millésime 2018: 28 Mai, Flower Power!

   Les temps sont électriques et les annonces faites par Marie sur la météo des intempéries finiraient par faire de nous d’idolâtres mécréants contrits. 
   Non, le ciel ne nous tombera pas sur la tête à chaque fois qu’un devin météorologue aura eu une illumination divine et qu’il optera  pour de précautionneux principes par peur de se faire lyncher au delà des cieux.
   Aux forces obscures des prémonitions druidiques de ces temps modernes je préfère opposer le pouvoir de la fleur, celui qui nous offre des promesses et semble remplir nos benatons cent jours avant récolte .
  Entre mes peurs et espoirs, je choisis  la voie paisible et positive:
  Vendanges ente le 5 et le 10 Septembre...en général « ça fait bon »!

Millésime 2018: 28 Mai, Flower Power!
Partager cet article

commentaires

Jeu de mains...

Publié le par Site internet officiel du Domaine Buisson-Charles

Jeu de mains...

   Avril arrive, les bourgeons sortent et les branches s'étirent doucement en suivant l'astre lumineux dans sa course contre le froid. Ces vertes naissances, si fragiles, si graciles, ont besoin de mains agiles pour parfaire leurs pousses en lissant les cils qui pointent de leurs yeux duveteux.
    À mâtine humide, le tâcheron plié en deux hume les odeurs fines qui mêlent iode, accents feuillus et terres mouillées. Sa peau ressent le feulement des petites branches animées par le vent d'Ouest, elles lèchent son avant-bras et caressent ses poignets qui plongent avec délectation dans cette petite forêt de   Verdure qu'il va falloir éclaircir. Le regard aiguisé précède ce geste sec qui casse la bourre inutile et préserve celle chargée de fruits, puis, avec une précision d'orfèvre les doigts poursuivent leur œuvre en  équilibrant le cep sauvage pour lui conserver sa fougue en la transmettant aux raisins. 
  Labeur cent fois, mille fois répétés, ouvrage éprouvant et minutieux qui autorise par moment un regard arrière motivant qui mêle admiration pour un rège rectiligne et satisfaction    de la tâche accomplie sans que jamais cet égoïsme là ne soit diffusé. Plaisir simple et humain du travailleur solitaire soumis aux éléments climatiques.
   Puis, tard, repassant observer la qualité de son ouvrage et le reprenant pour l'affiner, il découvrira les naturelles réponses à ses actes premiers. Bourgeons devenus branches, raisins étalés ou serrés, végétation aérées ou entre-mêlées, ses actes trouveront alors une résonance qui à coup sûr sauront le faire réfléchir... Tout en lui donnant encore un peu plus cet amour du beau et du bon!

   Jeu de mains... Jeu pour demain!

Patrick Essa - 2017

Partager cet article

commentaires

Corton Charlemagne et Corton Clos du Roi 2016

Publié le par Site internet officiel du Domaine Buisson-Charles

Corton Charlemagne et Corton Clos du Roi 2016

 

La montagne de Corton a toujours eu pour nous une résonance spéciale. Ces vins profonds et intenses destinés à la longue garde sont si singuliers qu’en avoir à notre carte et pouvoir vous les proposer nous procure un réel plaisir.
Pour ceux qui veulent aller plus loins n dans leur « histoire » suivre le lien ci dessous qui vous conduit à mon encyclopédie:

http://www.degustateurs.pro/tag/corton/

Partager cet article

commentaires

Vendanges 2017 J-1: De l'importance d'être patient pour que tous les éléments soient en place pour produire un grand millesime

Publié le par Site internet officiel du Domaine Buisson-Charles

Vendanges 2017 J-1: De l'importance d'être patient pour que tous les éléments soient en place pour produire un grand millesime
Vendanges 2017 J-1: De l'importance d'être patient pour que tous les éléments soient en place pour produire un grand millesime
Vendanges 2017 J-1: De l'importance d'être patient pour que tous les éléments soient en place pour produire un grand millesime

Vendanges J-1
 
    Après une saison végétative plutôt sereine  au niveau de la pression des maladies et assez aisée à mener selon un cahier des charges biologiques comme le notre mais stressantes quant aux risques liés aux aléas climatiques, nous récolterons à partir de demain.

    La volonté de rentrer nos fruits après les pluies du 30/31 Août pour permettre à ceux-ci d'acquérir un équilibre optimal tout en vendangeant sous un temps plus frais des raisins idéalement mûrs nous permettra de ne pas chaptaliser nos moûts - ce que nous ne faisons plus depuis plus de 15 ans - et d'obtenir de bons rendements en jus sans enzymes d'extraction. En somme, sans rien faire tout en bénéficiant d'une parfaite cinétique des fermentations. 

  En 2017, notre viticulture biologique, selon trois labours et aucun abri-botrytis nous a permis d'obtenir des Vignes saines et des raisins à haut potentiel. Une belle réussite favorisée par un climat clément. Nous poursuivrons leur tri systématique dans les parcelles, leur rentrée en caisse de 15/20 kg et leur pressurage sans trituration, sans foulage et en grappes entières pour obtenir des moûts sains dont le débourbage sera simple formalité. 

   Nous avons hâte...

Patrick Essa - Domaine Buisson-Charles

Le 3 Septembre 2017

Partager cet article

commentaires

Millesime 2017: Nous commencerons de vendanger le 4 Septembre

Publié le par Site internet officiel du Domaine Buisson-Charles

Les aligotés 2017

Les aligotés 2017

Les vendanges se préparent...

Le temps est pour l'instant favorable à l'achèvement du mûrissement de nos raisins. Il est tombé environ 20 millimètres de pluie cette nuit et les orages annoncés nous ont épargné. 
   La cuverie est désormais prête à recevoir une récolte saine et idéalement mûre qui par chance  sera mesurée au niveau des charges. Il semble que nous soyons en face d'une récolte de très haut potentiel. Voire...
   Comme en 2015 et 2016, il nous est apparu que prendre le risque d'attendre un peu de pluie pour que nos raisins acquièrent un meilleur équilibre était la solution la plus judicieuse. Et tout juste après avoir soutiré les 2016 je me dis que ces Millesimes solaires ont décidément besoin de ce petit coup de pouce de Dame nature pour pleinement s'exprimer. 
 Top départ en Cras le 4/09.

Partager cet article

commentaires

Le domaine obtient une seconde étoile dans le guide vert de la RVF

Publié le par Site internet officiel du Domaine Buisson-Charles

La première étoile en 2009 et la seconde en 2017
La première étoile en 2009 et la seconde en 2017

La première étoile en 2009 et la seconde en 2017

   Parmi les accessits qui existent dans le milieu du vin - critiques, médailles,articles de presse, évaluation de journalistes indépendants - l'un de ceux qui nous fait le plus plaisir est le regard que porte sur notre domaine la très ancienne Revue du vin de France. 

  Nous sommes ainsi très heureux de pouvoir annoncer à nos clients cette bonne nouvelle qui confirme que nos choix exigeants - et parfois même risqués lors de la définition de dates de vendanges - ont été payés de retour. 

   Juste avant les vendanges 2017 - que nous commencerons le 5 Septembre- la motivation est Grande pour poursuivre notre quête de prigression en essayant de placer la barre de la qualité toujours plus haute.

Patrick Essa

 

Le domaine obtient une seconde étoile dans le guide vert de la RVF
Partager cet article

commentaires

Un de nos clients évoque les 2015 et 2016 du domaine...

Publié le par Site internet officiel du Domaine Buisson-Charles

Meursault_3_2.jpg
Meursault_3_2.jpg (27.5 Kio) Consulté 80 fois

Visite au domaine Buisson-Charles à Meursault, juillet 2017

Mes origines cauchoises sont certainement la cause et la raison de mon tempérament hélas trop prudent et sectaire. Il en est pour les vins comme dans la vie : en rouge, je suis quasiment arrivé à ne plus aimer que les vins de Bourgogne, les autres me donnant trop souvent des déceptions ; quant aux blancs, je suis heureusement un peu plus éclectique et il arrive que je me fasse bien plaisir avec des cuvées extra-bourguignonnes (comprenez par "extra", l'inverse de "intra") ... Pourtant, là aussi j'ai besoin d'un repère, d'une référence, d'un symbole, d'une association ... Pour mon frère, cette association vin blanc/appellation est certainement "Chablis", pour d'autres "Sancerre", d'autres encore, plus ouverts, se disent "peu importe l'appellation du moment que c'est bon", mais en ce qui me concerne, mon leitmotiv est : "la quintessence du vin blanc, le meilleur représentant des cuvées légèrement dorées, le maillot jaune des ambroisies aux arômes de fleurs et de fruits de verger et de buisson, c'est MEURSAULT !". Vous imaginez alors combien mon étape murisaltienne est pour moi importante lors d'un séjour bourguignon ! 

S'il m'arrive assez souvent d'acquérir quelques cuvées situées entre Volnay et Puligny dans les salons viniques que je fréquente, vous vous doutez bien maintenant que vous me connaissez mieux, qu'il me faut un repère (non orthonormé) dans ce village ... mon choix, mais aussi, quelque part, ma curiosité ( eh oui ! ça m'arrive aussi, moins souvent que le commun des mortels, mais ça arrive ...) se sont portés, depuis une dizaine d'années, sur le domaine BUISSON-CHARLES !
Nous arrivons avec une demi-heure de retard et bien que nous ayons prévenu par téléphone, je ne pense pas que ce contretemps a été remarqué, car le domaine est en travaux et nous avons trouvé les propriétaires (nouvelle et ancienne génération) attentifs à la confection d'une dalle bétonnée dont l'inclinaison relevait de la complexité (je plains les pauvres maçons dont la démarche était examinée non seulement et ce qui est bien normal, par les personnes intéressées, mais aussi par des anonymes, surtout moi qui n'y connais rien !).

Patrick, voyant que ça se passait comme il avait prévu, nous invite à descendre avec lui en cave. D'abord, il nous montre l'agrandissement et j'ai enfin le loisir de voir (de mes yeux ... plutôt de mes lunettes) les voûtes multiséculaires d'une dépendance de l'ancien château de Meursault : quand on pense qu'elles étaient déjà fondées lors du supplice de Jeanne d'Arc, cela fait réfléchir les passionnés d'Histoire dont je fais partie ... et je me dis que je ne suis pas venu pour rien, même si la dégustation s'arrête là !
Ensuite le maître des lieux s'en retourne vers les barriques et l'instant de vérité commence en ce qui concerne le millésime 2016 :
1) Cuvée qui embaume les fleurs et les fruits blancs ; les mêmes saveurs se retrouvent aussi franchement en bouche : ça commence fort ! c'est un Meursault "Vieilles Vignes".
2) Cuvée beaucoup plus cryptée mais plus profonde aussi ... en fait elle me ressemble (je ne sais pas si c'est à son avantage, mais moi ça me convient), le premier contact laisse une impression froide eu égard à la cuvée précédente, mais ensuite s'affirment une flamme affable, un besoin de découvrir la "substantifique moelle", une richesse qui brille de l'intérieur (pour toutes ces qualités, oubliez la comparaison avec votre serviteur) ... Meursault "Les Tessons". Coup de cœur !
3) Un échange plus liquoreux pour ce troisième échantillon, une matière plus vineuse ... un autre monde, je suis un peu désorienté, sommes-nous encore sur Meursault ? Beaucoup de possibilités me traversent la tête : Les Cras, les différents Chassagnes et même l'Aligoté ... bien que cela me semble bien riche pour un aligoté, mais ici, la parcelle "Sous le chemin" m'a déjà fait passer pour un idiot ... en fait je suis complètement perdu ... c'est à la fois avenant et grand, subtil et profond ... bien sûr je n'émets aucun commentaire et Patrick découvrira ces réflexions que s'il lit ce CR : Puligny-Montrachet "Le Cailleret".
4) Ici, je pense que j'aurais reconnu sans indication ; cette cuvée repose sur la finesse, l'équilibre, la pureté ... j'ai l'impression que le concepteur n'est pas intervenu ... il s'est laissé guider par Dame Nature ... selon moi, la consistance murisaltienne par excellence :Meursault "Les Bouchères (Les Bouches Chères)". Coup de cœur !
5) Pour cette cuvée qui va clôturer le millésime 2016, notre hôte nous dit tout de go qu'il s'agit d'un Chablis : les arômes sont plus iodés, plus salins, plus citronnés ... la matière est légèrement perlante (néologisme ?) ... c'est bon, c'est bien fait ... mais ça appartient à un autre monde : Chablis "Vaudésir".  
Nous passons alors au millésime 2015 en bouteilles :
1) Bourgogne Aligoté (Patrick nous l'a annoncé) qui ne passe pas inaperçu après les grandes cuvées précédentes ; la matière est finement ciselée et profonde ; dès mon retour, j'ouvre une bouteille dont la profondeur est moins présente, ce qui prouve qu'une longue aération est indispensable et surtout le respect d'une température autour de treize degrés, sinon vous allez le martyriser ! Bourgogne Aligoté "Sous le chemin".
2) Une cuvée plus fruitée et plus imposante que la précédente : Meursault "Vieilles vignes".
3) Cuvée qui s'appuie sur des arômes et des saveurs de fruits blancs bien marqués (surtout la poire) ; la matière est fine et savoureuse : Meursault "1945" (ce vin n'est pas passé sous bois neuf).
4) Les arômes s'appuient sur une fraîcheur mentholée ; la matière est bien présente, profonde et irradiante ... que c'est bon ... Meursault "Les Tessons". Coup de cœur.
5) Patrick nous dit ensuite qu'il nous propose la cuvée qu'il a, selon lui, la mieux réussie en 2015... je reprends un peu sa description : "saveurs de peaux de raisin rôties" et j'ajouterais "raisins de Corinthe". Je comprends ce qu'il a voulu dire ... si nous devions faire une comparaison avec l'architecture d'une église rouennaise, je dirais l'intérieur de l'église Saint Romain pour son côté baroque ; c'est vraiment séduisant, alléchant, surprenant mais un peu loin, me semble-t-il, de ce que l'on peut attendre d'un Meursault ... classique :  Meursault "Les Cras". 
Je suis d'ailleurs surpris que la parcelle située le plus au Nord du village produise un vin aussi "excentrique" au sens étymologique, mais je suis persuadé que dans plusieurs années, il sera le compagnon idéal de noix de Saint-Jacques légèrement ... "rôties" ... dans leur suc !
6) Cuvée beaucoup plus murisaltienne dans l'âme : finesse, pureté, profondeur ... l'association avec l'église Saint-Maclou, "le joyau de la ville aux cent clochers" me paraît idéale : Les Bouchères de Meursault sont au vignoble bourguignon, ce que le gothique flamboyant est à la sculpture sur pierre ! Coup de cœur. 
7) Cette cuvée rouge servira de conclusion : arômes envoûtants sur les petits fruits rouges, les épices, le sous-bois ... bouche aimable et profonde ... produisant une mâche noble, à la fois charnue et équilibrée : Volnay "Santenots". Coup de cœur.

Nous avons fait cette dégustation en compagnie d' un couple fort aimable, avec qui j'ai pu échanger quelques mots à propos de la qualité des vins du domaine : le monsieur me parlait de netteté, point pour lequel j'adhère sans aucune réserve ... les vins de ce domaine sont remarquablement purs, si bien que nous avons l'impression que le producteur n'intervient pas, mais se laisse guider par la Nature.

Chris Rog

Publié dans Revue de Presse

Partager cet article

commentaires

Notre Millesime 2015 évalué par Allen Meadows de Burghound.com

Publié le par Site internet officiel du Domaine Buisson-Charles

Notre Millesime 2015 évalué par Allen Meadows de Burghound.com

 

    Après avoir pris tous les risques pour vendanger tardivement en expliquant les raisons nous ayons conduit par convictions et raisonnements à ces choix pour équilibrer nos vins...Les résultats sont là! :

 

Santenots,Charmes et Goutte d'Or: 93/100

 

Corton-Charlemagne: 95/100

 

Bouches-Chères,Romanée et Caillerets 92/100

 

Vaudésir,Tessons, Puligny Caillerets et Meursault "Vignes de 45": 91/100

"Je voudrais catégoriser le domaine Buisson-Charles comme ayant clairement "sur-performé" dans le millesime 2015"
#AllenMeadows

Publié dans Revue de Presse

Partager cet article

commentaires

10 Juin: Optimiser les traitements biologiques

Publié le par Site internet officiel du Domaine Buisson-Charles

10 Juin: Optimiser les traitements biologiques

Beau fixe

 

Le temps est avec nous, les Vignes sont superbes et ne connaissent pour l'heure aucune attaque de maladies. Tout cela autorise une culture biologique sereine qui sans doute aura une influence dans la qualité des fruits de l'année. 

  Toutefois le domaine pour progresser et optimiser toujours plus  ses efforts agronomiques a décidé d'investir dans un nouvel ensemble "enjambeur-pulverisation" flambant neuf. Des traitements optimisés par réglages satellitaires, une cabine disposant d'un système clima-pur, une pulvé TB et un correcteur de dévers...nous avons mis le paquet!

   La bête - en préparation atelier ci dessous - sera prête la semaine prochaine et nous devrions terminer notre campagne 2017 avec...afin d'être fins prêts pour 2018.

   Motivant...

Partager cet article

commentaires

Labour: Éléments de réflexion

Publié le par Site internet officiel du Domaine Buisson-Charles

Vignes labourées du Domaine et Vignes désherbées (une "technique" non utilisée par nous)
Vignes labourées du Domaine et Vignes désherbées (une "technique" non utilisée par nous)
Vignes labourées du Domaine et Vignes désherbées (une "technique" non utilisée par nous)

Vignes labourées du Domaine et Vignes désherbées (une "technique" non utilisée par nous)

Labour: le parti de travailler les sols?

 

     Commençons par une Lapalissade: Avoir des Vignes en bonne santé est probablement l'une des volontés qui m'a conduit à définir la manière dont je les cultive aujourd'hui...

...Chercher à produire un raisin parfaitement équilibré, idéalement constitué pour générer par la vinification  les  grands vins que j'ai en tête peut paraître simpliste mais si ce naïf raisonnement l'était réellement  nous serions fort nombreux à user des mêmes mises en œuvre culturales. 

   Tel n'est pas le cas.

   Produire des fruits adaptés à ce cahier des charges qui les place en amont de la qualité est une aventure qui croise de nombreux possibles et amplifie toujours plus les choix qu'il est permis d'effectuer. 

   En imaginant que le sol bien préparé porte des plants et portes greffes de Hautes qualités - un ratio idéal entre naturelle production de plants très fins  et densité de plantation -  et que ceux -ci sont adaptés à la nature géo-morphologique du sol, il reste à définir la manière de gérer ce patrimoine potentiel croisant terroir, plants et caractéristiques du/des sols. 

 

Comment au quotidien permettre à ces composants de fonctionner en parfaite harmonie sans dérégler les mécanismes qui les inter-agissent? Autrement dit que dois-je faire pour obtenir le meilleur de ces  "Maserati" des coteaux? 

 

   Jusqu'au phylloxéra à la fin du dix-neuvième siècle les Vignes étaient plantées et se reproduisaient à l'infini par provignage, ne laissant quasiment jamais au sol la possibilité de se reposer - mais en avait-il besoin?- renaissant sur ses racines entremêlées. Plantées à des densités  très élevées - souvent plus de 20.000 pieds à l'hectare - ces lianes pérennes ne connaissaient ni la mécanisation, ni les traitements contre les maladies. Amendées chichement et façonnées uniquement à la main grâce à la pioche et aux trois "façons" (passage de la pioche) , elles voyaient leurs sols très peu "ouverts" par ses outils rudimentaires qui ne les grattaient que fort superficiellement. Aucun tassement, des herbes se décomposant  pour tout amendement ou presque et une "science empirique", si j'ose dire, de la taille pied à pied en fonction de leur vigueur. Un homme pour un hectare avec 12 heures de travail journellement, Samedi compris...le rêve? Voir...

   Et puis après des siècles de lianes entremêlées serpentant et se désagrégeant dans les sols,  à la fin du dix neuvième siècle,  vint le puceron. Ce phylloxéra funeste cassa à lui seul une sorte de "chaîne végétative" souvent âgée de plusieurs siècles en redonnant aux ceps une condition de "mortels". Ainsi étonnamment, observons que la vie des sols est une notion véritablement mise en lumière à cette époque...qui a procuré à la vigne une date de péremption et une sorte de mort végétative qu'elle semblait jusqu'alors  pouvoir dépasser.

   Vie, mort, sols, plants...ce sont les hommes qui déterminent ces notions et qui les caractérisent selon les procédés employés. Ce sont eux encore qui en opposition  à toutes logiques naturalistes orientent la manière de gérer les efforts qui conduisent à organiser le fonctionnement de ce "système" produisant des fruits. Car au fond, n'est-ce pas,  tout est pensé pour qu'il y ait une production fruitière rationnelle aboutissant à des récoltes permettant de transformer l'eau en vin. Évidemment cela est une image.

   Ce soucis d'ordonner la production trouva un écho inattendu lorsqu'il s'est agit de restructurer de manière forcée les vignobles atteints de maladies. Le monde productiviste s'engouffra dans la brèche et détrôna sans ménagement des solutions plus douces et curatives désireuses de préserver les plants du greffage. Le remède miracle du plant greffé sur des bois résistants au puceron provenant du nouveau monde fut adopté rapidement car le pays, le monde, le peuple avait besoin de son quart de vin quotidien  et de son Cru dominical. 

   Les plants furent donc plantés au lieu d'être provignés, les agronomes imaginant des surfaces efficientes pour la mécanisation: 1 ha, 1 plant tous les mètres avec un rang tous les mètres, soit 10.000 ceps agencés en règes rectilignes, tendus par des paisseaux de bois et des tirants en fer. Les barbelés avaient circonscrits les prairies, les fils d'acier se mirent à dessiner des couloirs suffisamment large pour les attelages équins ou bovins. L'animal pouvaient enfin pénétrer dans ces prés-carrés en offrant sa force à son vigneron reconnaissant.

    À cette époque les bras sont encore très nombreux à s'offrir aux tâches dures consistant à tailler ces plants vigoureux tout en incisant la terre avec des pioches de tailles et de types variés en fonction de leurs usages. Les  anciennes "façons" mirent du temps à profiter de la force motrice de charrues tractées par l'animal car celles-ci n'étaient pas toujours adaptées aux jeunes plants et aux coteaux. Elles durent être mises au point dans la précipitation. Jean Baptiste Matrot qui construisit la maison où se trouve notre domaine fut un de ces isolés précurseurs désireux de défricher ses sols en trouvant des solutions imaginatives. Son soc de charrue ne fut pas breveté mais nombreux furent ceux l'utilisant.

    Ouvrir la terre pour nettoyer les sols devint donc progressivement possible. Un possible qui ne l'oublions pas n'avait rien d'une réflexion en Agro-foresterie, encore moins d'un excès que l'on imaginait funeste en raison de la dégradation de "l'horizon premier" humique. Non en fait le vigneron cherchait simplement à maîtriser la vigueur de son herbe en libérant les ceps de sa présence gourmande. Loin des réflexions liées aux tassements ou à la mortification des sols par mélange des horizons profonds et minéraux avec ceux superficiels structurés par les vers de la bio-masse, il cherchait à agir pour soulager son labeur quotidien. 

 

Réflexion: N'oublions jamais que l'homme de la terre puise les relations causales de ses efforts dans la rationalisation d'un travail laborieux et difficile, voir "inhumain".

 

  Le sol dès lors devint une zone suffisamment visible et porteuse d'une logique quantitative pour que l'on se préoccupe de le considérer comme un substrat à "brosser dans le sens du poil". Tant il est évident que sans lui rien ne peut pousser régulièrement selon une logique commerciale et plus simplement vitale ou gastronomique. Cette logique commerciale  devenant de plus en plus importante.

   Dès lors, l'agronomie commença véritablement - je schématise car des recherches antérieures existaient depuis le Moyen Âge et même l'antiquité mais sans avoir une véritable résonance -  à expliquer le fonctionnement des sols en déterminant leurs natures et surtout la manière dont cette dernière était obtenue. 

  En expliquant les mécanismes sous-tendant la composition de nos sols on a cru pouvoir alors déterminer ce qu'était "La" vie dans la terre. En définissant que le monde minéral profond s'unissait au monde humique superficiel d'origine végéto-animal par le fonctionnement des vers "dégradant-digérant-mélangeant"  les matières organiques  et minérales sur lesquels pousse la vigne on a isolé un fonctionnement. C'est un peu l'observation "savante" qui consiste à découvrir que l'eau et le feu produisent de la vapeur humide. Cela est totalement exact mais ne nous indique pas que sans le feu, l'humidité n'est rien. 

   Fort de ces observations - extrêmement simplifiées nous sommes d'accord - il est dès lors possible de se demander si lors de notre travail du sol, il nous est permis de changer l'horizon premier dans sa composition même en mélangeant plus ou moins selon le procédé utilisé les parties profondes argileuses  avec les parties Hautes humiques? En somme est-ce que labourer en remontant les couches basses du sol déstructuré notre substrat au point de le tuer?

    À ce stade trois  options sont possibles: soit l'on considère que oui cela change tout et on arrête de labourer, soit on pense que non cela n'a aucune incidence et l'on poursuit , soit, on analyse le fonctionnement de la plante  sur le sol et la qualité des fruits et vins obtenus selon des méthodes différentes et l'on cherche à dégager de réelles relations causales?

    Évidemment toute personne réfléchie choisira la comparaison pour comprendre en profondeur sans fonder son raisonnement sur une pensée mystique ou sectaire. 

   Quoi qu'il en soit nous sommes certains d'une chose, un sol aux horizons modifiés n'est pas un sol "mort", assurément en revanche chaque manière de le travailler résonne sur la plante au point de modifier la manière dont elle va s'intégrer dans celui-ci puis à déterminer le caractère des fruits qu'elle portera.

 

(À suivre)

Patrick Essa - 2017

 

Publié dans Reflexions

Partager cet article

commentaires

Évolution du millesime 2016 au domaine Buisson-Charles et en Côte d'Or

Publié le par Site internet officiel du Domaine Buisson-Charles

Évolution du millesime 2016 au domaine Buisson-Charles et en Côte d'Or
Évolution du millesime 2016 au domaine Buisson-Charles et en Côte d'Or
Évolution du millesime 2016 au domaine Buisson-Charles et en Côte d'Or

Millésime 2016 en Côte d'Or

   
    La Bourgogne produira peu de vins en 2016 en raison des gelées et d'un mildiou parfois dévastateur. Dans ces conditions il est évident que les crus conserveront dans leurs ADN les stigmates d'une saison végétative perturbée, inégale et surtout excessive. 

   2016 est ainsi une récolte tardive vendangée entre la fin de Septembre et le début d'Octobre qui a été précédée d'une longue période de sécheresse estivale ayant durablement positionné les vignes en situation de stress hydrique, alors même que la floraison tardive induisait  uine situation de croissance des plants durant l'ensemble des mois de Juillet et Août. 


   Gelés le 27 Avril, les secteurs de Marsannay, Gevrey, Chambolle et Vosne dans le Nuiton ainsi que Chassagne, Meursault, Auxey, Monthelie,Volnay, Pommard, Beaune et Savigny dans le beaunois; ont subi par la suite les assauts d'un climat chaotique qui a vu se succéder une  forte période de pluie et une chaleur solaire. 
   Juste derrière les gelées, les fortes pluies de début Mai empêchèrent de positionner les premiers traitements dans des conditions idéales alors que les plants ne présentaient que quelques feuilles étalées. La conséquence immédiate fut une implantation précoce du mildiou dans nombre de parcelles, d'autant que la pression naturelle de l'année était très forte. Ne cachons pas qu'au milieu de Mai nos espoirs de récolte étaient faibles.


   Toutefois à partir du 25 Mai, le soleil a commencé à luire. À partir du quatrième traitement il a été possible de rentrer aisément dans nos rangs de vignes pour placer de bons traitements destinés à juguler un mildiou galopant qui était tombé sur les grappes avant même d'impacter nos feuilles, ce qui est assez rare. Quelques grappes furent perdues avant floraison, mais en revanche cette dernière se déroula vite et bien pour les vignes non gelées au début de Juin et 10/15 jours plus tard pour les parcelles gelées.  
   À partir du 10 Juin les traitements resserrés et curatifs furent efficaces et rétablirent la plupart du temps une végétation saine en jugulant la sporulation du mildiou. Les feuilles en ont gardé une teinte brunie, puis elles se fondirent dans la masse des nouvelles pousses. Au 20 Juin le vignoble avait une allure décente à l'exception de quelques parcelles très marquées par ce mildiou dévastateur. Nombreux - pas tous bien entendu -  sont les vignerons certifiés bio - et les autres! - ayant usé alors de produits systémiques pour sauver ce qu'il restait de leur récolte. Compréhensible et humain.


   Le gel imposa ensuite à tous les producteurs - car bien peu furent ceux n'ayant aucune parcelle touchée - un travail estival harassant pour suivre la pousse lente et pourtant régulière des branches et feuillages. Une "saison de mains" qui pour être totalement aboutie et permettre de préserver le maigre reliquat de grappes  des ceps  gelés et la belle récolte sur les autres ceps fut harassante et demanda jusqu'à 7/8 passages dans chaque vigne pour accoler les branches inégales dans les fils, aérer et positionner les grappes dans les meilleurs conditions. 
   Nombreuses furent les propriétés à terminer leur travail face aux plants dans le courant du mois d'Aout et à continuer de croire que ce labeur ingrat portait en lui la clef qualitative du millésime. 
   Curieusement le temps sec d'Aout se poursuivit en Septembre jusqu'au milieu du mois et selon un schéma inattendu qui vit le temps se refroidir nettement durant les nuits et ainsi favoriser la venue d'un oïdium tardif qui se déclara  véritablement à partir du 5 Septembre. Quelques parcelles furent violemment touchées, en particulier celles dont les traitements furent arrêtés avant la première semaine d'Aout. 


   L'arrêt de croissance des vignes n'intervint qu'à la fin du mois d'août et celui de la charge en sucre seulement autour du 20 Septembre. Comme la pluie est arrivée à point nommé le 18 Septembre Les pinots du nuiton en avance en moyenne sur ceux du beaunois de trois jours d'insolation environ - ce qui est très rare -furent prêts à récolter à partir du 20/23 Septembre sur de bons équilibres, ceux du Beaunois à partir du 22/26 Septembre et selon les cas encore plus tardivement. Ils ont bénéficié d'une arrière saison sèche et ensoleillée et ont ainsi été coupé dans des conditions idéales. 
  Le cas des blancs du beaunois   est assez similaire,leur juste maturité fut atteinte quelques jours après les pluies du 18 Septembre, quelles que soient les façons culturales employées. Les ceps gelés ayant été souvent coupés à la fin du mois pour chercher des équilibres satisfaisants, si ce n'est exceptionnels. 
   
   Dans les deux couleurs et les deux côtes, les raisins sains et marqués par des peaux épaisses, ont donné assez peu de jus au pressurage, de beaux degrés naturels et des concentrations  en extraits secs importantes.


   Les peaux des raisins rouges, épaisses, ont naturellement donné de fortes couleurs mais elles ne feront pas oublier les goûts verts des raisins chétifs générés par les gelées. Chargés en sucre, ils n'ont toutefois pas toujours atteint leur pleine maturité physiologique et ont généré des amertumes à surveiller lors des cuvaisons. Les raisins des ceps sains ont en revanche une qualité digne des meilleurs millésimes, potentiellement. L'ensemble promet des crus rouges hétérogènes où se côtoieront des Vins évoquant les rouges du beaunois en 1999, denses, dynamiques et parfumés; là où d'autres seront plus austères avec des risques d'arômes végétaux et de tanins trop fermes. Il semble évident cette année que les réussites majeures se trouveront à Morey Saint Denis et sur la colline des Corton, toutes deux quasiment pas touchées par les gelées. Évidemment il y aura aussi de très belles réussites selon les secteurs dans chaque commune avec je crois de grands premiers crus à Volnay, Pommard et Gevrey sur la Côte Saint Jacques. 


   Les blancs ont une tension interne affirmée et je crois que les petits rendements qui les marquent ne doivent pas faire oublier que leurs arômes se sont formés sous des chaleurs importantes avec des pieds en situation de stress. Les peaux épaisses induisent une nature initiale impactée par d'abondants flavones. Sans un travail important sur les lies pour équilibrer leur potentiel amer, ils risquent de développer des notes herbacées et des matières puissantes. On se souviendra des 1998 et 1981 pour les moins intéressants - surtout ceux coupés trop tôt - et des excellents 2014 pour les meilleurs, avec toutefois moins de viscosité et un rien plus de tension. Les villages de Puligny et Saint Aubin me semblent touchés par le doigt de Dieu cette année.

  En Décembre 2016 il apparaît évident que les vins sont conformes aux prévisions initiales et qu'il y a une jolie année qui est entrain de se dessiner. Toutefois apres un 2015 d'anthologie, un retour à un niveau qualitatif normal me paraît de mise avec des vins séduisants qui pourront se déguster dans les premières années de leur vie mais qui n'auront pas le souffle des très Grands Millesimes.

  En Février 2017 les crus semblent évoluer doucement vers des profils assez généreux. Rouges frais et tanniques avec des matières de bon aloi qui commencent à faire leurs fermentations Malo-lactiques ou qui les ont terminées avant l'entrée de l'hiver. Les derniers crus à fermenter semblent avoir plus de fond. Je les vois assez compact et rappelant des Millesimes comme les meilleurs  1998 ou 1991 et dans ces deux cas de jolis Côtes de Nuits sont nés et aujourd'hui sont encore fringants. La Côte de Beaune non gelée produira des Blancs de bon niveau qui seront les dignes successeurs des 2013/2014 je pense. Pas le millesime du siècle mais une qualité des plus honnête qui fera la part belle aux équilibres acides assez élevés et donc à des matières ciselées. Je crois beaucoup aux vertus de l'élevage et surtout à celles des assemblages et lorsque cela sera possible nous ferons par exemple au domaine Buisson-Charles des cuvées mêlant  les Vignes non gelées récoltées plus tôt et les Vignes gelées récoltées en fin de campagne. Cela  génèrera de sains équilibres et lissera les profils aromatiques. Il n'est pas exclu que le travail sur des lies assez fournies soit un plus non négligeable dans les Blancs et je pense que les rouges auront besoin de temps en fûts.

Au mois de Mai 2017 les vins semblent plus prometteurs que ce qu'ils laissaient penser de prime abord. Apres les Malo-lactiques les Blancs présentent une juste acidité sur des matières concentrées. Les prises de bois sont discrètes et les Crus y puisent beaucoup de naturel en même temps qu'un corps svelte et musclé. Les secteurs Blancs  non gelés évoquent les profils des 2014 avec un peu plus de maturité et une acidité un poil moins soutenue. Les amertumes parfois présentes sur les Crus gelés au départ se sont quelque peu estompées mais pas complètement. Il leur faudra un élevage long. Les rouges sont étonnants de classe et se montrent parfois au niveau des 2015 avec cette matière mûre et en même temps dynamique qui marque les belles années. Je suis assez surpris de cette belle évolution et je dois dire que Corton Clos du Roi et Volnay-Santenots impressionnent les degustateurs sur fûts au delà de mes espérances. Le premier est terminé et le second achève sa Malo-lactique en se montrant aussi riche que 2005 et 2015.

A suivre.

 
   

Patrick Essa - 2016/2017
    

   

Évolution du millesime 2016 au domaine Buisson-Charles et en Côte d'Or
Évolution du millesime 2016 au domaine Buisson-Charles et en Côte d'Or
Évolution du millesime 2016 au domaine Buisson-Charles et en Côte d'Or
Évolution du millesime 2016 au domaine Buisson-Charles et en Côte d'Or

Publié dans Les millésimes

Partager cet article

commentaires

Dimanche 28 Mai: Jeunes Vignes en fleur...

Publié le par Site internet officiel du Domaine Buisson-Charles

Dimanche 28 Mai: Jeunes Vignes en fleur...

En route pour le Passage en odeur de "floralité"...

   ...La chaleur serait harassante si elle ne s'accompagnait pas d'un petit vent constant. L'état d'avancement du feuillage et des raisins en profite, les branches dépassent désormais les fils du dessus et les raisins parfois en début de fleur ne vont pas tarder à entrer dans la  période critique du "passage" de celle-ci. Dans les 8/12 jours qui vont venir selon le temps - beau annoncé jusqu'à Mardi puis pluie et orage - les petites baies vont perdre leurs petits rayons blancs finement odorant.
   Nous serons dès lors en odeur de "floralité"...un état proche de la quête du Graal vineux pour le vigneron.-))
   Dans ces conditions aucun rognage-écimage n'est bien entendu prévu avant que cette fleur ne soit complètement terminée. On repassera donc accoler - remettre droites les branches et fignoler l'ébourgeonnage - durant La semaine qui vient, l'ensemble de nos parcelles.

Dimanche 28 Mai: Jeunes Vignes en fleur...
Partager cet article

commentaires

Les évaluations de Bill Nanson - Burgundy report - pour notre millésime 2015

Publié le par Site internet officiel du Domaine Buisson-Charles

Bill Nanson:

 

 

Tasted in Meursault with Patrick Essa, 08 March, 2017.

Domaine Buisson-Charles

3 Rue de la Velle

21190 Meursault

Tel: +33 3 80 21 22 32

domaine.buisson.charles.over-blog

Patrick on 2015:

Really excellent. It was a super harvest and I hope with great wines to follow. For harvesting it’s not a question of acidity; the first people started 23rd August, others the 5th or 6th of September – such a gap is really rare. I think there should be great wines for the patient. Here we began harvesting our reds on the 5th, and our whites on 6th – we finished on the 13th. Despite even (in the end) 13.2° for our Bourgogne Rouge, I had very regular fermentations.

Patrick on his 2016 yields:

Because of frost, we had between 30% and zero in our villages plots – though our Meursault in Pellans wasn’t touched – I also decided that some Pommard should be declassified into the Bourgogne. A further 6 barrels of Meursault came from a second harvest in October from later ripening, tiny grapes – and it’s really quite tasty and also quite Meursault – it seems more mineral if less balanced today – I might declassify but will wait and see. On the other hand, some 1er Crus in Meursault or on the hillsides delivered perfectly normal yields – for instance Tessons, normally yields 7 barrels and we had 6. Gouttes d’Or was the most affected by the frost here. Our work and yields are exactly the same as the 1ers as in the Bourgogne – so it’s an expensive Bourgogne at 18 euros, but it sells easily. We are ‘Bio‘ not biodynamic. I made one contact treatment in 2016, and in fact made ‘only‘ 10 treatments, seeing just a little oïdium in Tessons. So-far, I prefer 2015, but 2016 is a super vintage.

The wines…

First a tour through some 2016s – but no notes as there was a mix of mid- and no-malo wines – then the 2015s. We did discuss Patrick’s Aligoté which is usually at the very highest end of the quality-scale for this cepage – “The density of planting is 16,000 per hectare, and I’m now pruning Guyot-Poussard and training a little higher. I’ve been pruning like this for the last two years and see good aeration and less maladies, but okay, it’s still a little early to judge…

A brilliant selection here – bravo! Proving that there is no one truth in when to harvest – even in a hot and dry vintage.

2015 Bourgogne Chardonnay

Half each from the communes of Meursault and Puligny – a mid-September harvest.

Ooh, a big nose, floral and fresh. A richness pf texture, but also fresh and layered flavour – a great Bourgogne! Long finishing.

2015 Meursault Vieilles-Vignes

Some vines in Pellans here are from 1945.

A tighter base of aroma. Finer, more mineral, more mouth-watering. Beautiful wine, saline and beautiful. Bravo!

2015 Meursault Cuvée 45

Only 3-4 year old barrels used here.

A modest nose, mineral. Oof – more richness of texture but fully energetic, layered and beautiful. Great Meursault…a finish to die for – so über-long!

2015 Chassagne-Montrachet 1er En Remilly

From the upper section of the vineyard.

A bigger, more open nose. Intense, long fresh fruit, fine line. Super complexity in the finish. Bravo again!

2015 Meursault 1er Les Charmes

Deep, vibrant nose. Wide, fresh, mineral the antithesis of rich, just in the finish the width and complexity of some oak, but only there. Great wine!

2015 Meursault 1er Bouches-Chères

A deeper register, faints spice. Ooh – again! What a mineral width, fine bubbling energy, wide, wide, wide – oh, and long! Layers in the finish even minutes later.

2015 Meursault 1er Cras

A nose of apricot and freshness. Ooh, this has layers of melting flavour, more over intensity, more line and wow flavour! It’s hard, but this could be my new favourite!

2015 Chablis 1er Les Lys

Beautiful direct, perfumed aroma. Direct, but the intensity melts over the tongue with complexity. A little extra finishing width, perhaps caramel too. But long, long. Super stuff!

2015 Corton-Charlemagne

Made from Aloxe fruit in Charlemagne. Direct south-facing, close to the cross.

Wide not super-overt aromas, but interesting. Ooh this is intense, this could be Chablis mineral, almost metallic. Long. Less wide in the finish than many, but really special, and no less long. Bravo!

2015 Chablis Vaudesir

Pyrazine and menthol on the nose. Wide, silken, energetic, intense – ooh – bravo! Wide and long in the finish.

The reds…

2015 Bourgogne Rouge

From two vines; one Meursault Coutures, and the other Puligny Champans – 50% whole cluster. ‘I like ‘supple’ but I won’t go down the route of making an easy-drinking wine that’s dead in 10 years – this includes the press wine too.’.

Ooh, wow, round supple fresh and complex. Big volume, layers of flavour. Fresh, and really tasty, big in the finish too – delicious and not a hint facile. Bravo Bourgogne!

2015 Volnay 1er Les Santenots

The fruit from 70 year-old vines. All whole cluster. All new oak

Narrower and more floral aromas when opened. Wide, plenty of fresh texture, a base, but not intrusive, of tannin. Oak in the finish – an open-ended finish…

Publié dans Revue de Presse

Partager cet article

commentaires

Le point sur le millésime 2015 et scores des vins

Publié le par Site internet officiel du Domaine Buisson-Charles

Le point sur le millésime 2015 et scores des vins
Le point sur le millésime 2015 et scores des vins

Désormais c'est un fait nos raisins ont été transformés le 2 septembre par la pluie tombée car après la chaleur, ils purent entrer à un stade terminal de maturation sur le plan physiologique, celui où la terre nourricière révèle avec le plus de vibrations la nature du terroir et sa singularité. En fait tout ce qui permet au vigneron de revendiquer une origine exceptionnelle.

Pour quelles raisons me direz vous?

Après quatre mois d'élevage et un suivi régulier de plusieurs paramètres issus des vinifications quelques éléments expliquent le véritable mystère de la nativité du millésime 2015:

1/ en premier lieu, un raisin ne peut donner son équilibre et ses parfums/arômes que s'il est physiologiquement et phénoliquement mûr. Quelle que soit l'année. Hors en 2015 les fruits vites chargés en sucre ont eu besoin de temps et d'un peu d'eau pour achever réellement leur maturation. Pas tout à fait 100 jours après le passage de la fleur - comme il est souvent de règle - mais entre 94 et 98 jours selon les secteurs.

2/ le niveau faible d'acidité malique s'accompagnait d'une acidité tartrique élevée et de niveau de potassium modéré dans la pulpe. Les vins ont des équilibres d'année chaude et précoce et préserver leur tension sans chaptaliser - car cela peut faire chuter les acidités et modifier les équilibres généraux des moûts vers la dilution et l'impression alcoolique - était essentiel pour nous.

3/ les peaux épaisses etaient chargées en potassium tout comme les rafles, laisser la pluie augmenter la proportion de jus nous paraîssait nécessaire pour préserver notre belle acidité tartrique qui peut être précipitée - et donc diminuer - par des niveaux de potassium importants. De ce point de vue ce fut une réussite majeure pour le domaine . Voir le tableau des analyses après les FA.

4/ mettre en œuvre une réception de vendanges et des cycles de pressurages pour ne pas générer trop de potassium fut une étape cruciale et qui a permis de limiter l'effet du potassium sur les acidités tartriques.Nous nous étions préparé en amont et là encore nos options ont porté leur fruit.

5/ les années précoces et chaudes voient des rendements levures souvent plus modérés - cas chez nous des 2003,2007,2011 - que les années tardives et fraîches. L'année dernière il fallait moins de 16 grammes de sucre pour réaliser 1 degré, cette année je pense que tabler sur 16,2 etait plausible... Cela ne fut pas complètement le cas et les vins ont souvent des niveaux d'alcool compris entre 13 et 14 degrés. Un peu élevés parfois mais largement compensés par des PH - l'acidité vraie - très bas. Inférieurs chez nous à 2014 sur les Meursault. Voir le tableau d'analyse joint.

6/ rentrer des vendanges sous des températures proches de 20 degrés pour éviter de voir les moûts partir en fermentation alcoolique trop vite sans avoir à les refroidir et donc en laissant les choses se déclencher naturellement selon une cinétique douce et régulière fut un choix encore une fois gagnant si l'on observe la capture d'écran que j'ai faites pour la météo de nos vendanges. Encore une fois nous fûmes dans le meilleur des timing. Chance et surtout...réflexions opportunes!

Le 7 Février 2016, les blancs issus de mon petit négoce - 22 pièces seulement de Chassagne, Chablis et Puligny - ont tous terminé leurs fermentations malo-lactiques et se montrent fringants sur de justes PH - entre 3.23 et 3.30 vins finis - et des niveaux d'acidité satisfaisants qui procurent une belle fraîcheur aux matières denses. Je suis très optimiste car ces vins n'ont rien du caractère "vin de sècheresse" que développaient parfois certains 2003 et 1976. On observera ici qu'ils ont tous été coupés entre le 3 et le 10 Septembre.

Les Meursault du domaine titrent en moyenne 0,3 degrés de plus et possèdent entre 0.8 et 1,2 point d'acidité totale en plus sur des PH inférieurs de 0,20 en moins qui oscillent entre 2,97 ( aligoté et 3.20 en moûts. Ils termineront je pense autour de 3,10/3,22. Pour des crus proches de 13,6 degrés en moyenne, c'est assez incroyable et pour tout dire, cela va bien au delà de mes espérances les plus optimistes. La grandeur de ce millésime hors norme se profile sidérante et à bien des égares je n'avais jamais observé de tels équilibres sur des concentrations aussi grandes. Moins de 50 hl pour les villages et entre 39 et 46 hl/ha pour les crus.

Les rouges sont construits sur les mêmes équilibres et présentent des rendements plus bas sauf à Pommard ou la vigne de Chiveau fête ses trente ans avec des raisins idéalement équilibrés, mûrs et abondants! De beaux rendements c'est si rare au domaine Buissin-Charles que je le souligne. Pas un gramme de sucre n'a été employé et les crus ont une souplesse et une élégance naturelle que j'espère pouvoir/savoir préserver ainsi jusqu'aux mises en bouteilles.

"2015 s'annonce hors norme" disions nous avant les vendanges...désormais cela se précise nettement.

Après les mises en bouteilles, scores et impressions 

   En Février 2017, le millesime  2015 est désormais sous verre et déjà plusieurs évaluateurs internationaux et français ont passé en revue la gamme quasi complète. William Kelley du magazine Decanter a salué leur parfaite fraîcheur et à noté les vins au plus haut niveau communal en attribuant trois 95/100 aux crus et en évaluant toute la gamme villages et premiers crus au dessus de 91. Sarah Marsh pour Burgundy Briefing et Neal Martin pour Le Wine Journal de Robert Parker ont eux aussi attribués des scores compris entre 88 et 94 selon les vins. Nous  avons également reçu Allen Meadows de Burghound qui n'a pas encore sorti ses notes de dégustation mais qui a salué lors de celle-ci la précision et l'adéquation parfaite de nos options de vendange savec la fraicheur de nos vins. Les premiers scores des rouges seront publiés en Mars et ceux des Blancs en Juillet. 

   Notre ressenti après les mises en bouteilles est un sentiment de plénitude et d'accomplissement car la gamme est homogène et cohérente, aussi bien à nos yeux qu'à ceux qui ont ou deja les déguster et évidemment ces derniers confirment que nous avons eu du cran de savoir patienter pour opérer une récolte assez tardive dans une année qui a vu tant de Vignes coupées précocement. 

   J'invite tous les allocataires du domaine à venir à Meursault pour se rendre compte des résultats obtenus et tous les jeunes - et moins jeunes! - passionnés du vin à solliciter un rendez vous pour que nous leur expliquions notre travail au cours d'une degustation:

  dombuissoncharles@wanadoo.fr

Patrick Essa

Le point sur le millésime 2015 et scores des vins

Publié dans Millésime 2015

Partager cet article

commentaires

La sècheresse s'invite à la fête...

Publié le par Site internet officiel du Domaine Buisson-Charles

Les jeunes plants d'aligoté souffrent de la canicule

Les jeunes plants d'aligoté souffrent de la canicule

Le temps est au beau fixe, il fait chaud, presque trop pour nos vignes.

Nous sommes quasiment - et à plusieurs titres - en cale sèche!

En effet nous n'avons plus une bouteille de vins du millésime 2014 à vendre dans de nombreuses appellations et en dehors de rares Meursault VV et Chablis cette fois la faible production de 2014 se fait vraiment sentir.
Dans le vignoble il apparaît que plus une vigne ne souffre de la sèche arrière saison et elles commencent à voir le feuillage se tourner vers le sol et Les raisins flétrir surtout dans les zones où le sol est pauvre et où les plants sont jeunes.
Il nous faudrait de l'eau sans quoi le peu de récolte non gelé sur pied sera bien peu productif...une inquiétude de plus en cette année complexe.
La conséquence de ce climat quasi caniculaire étant que si les pluies ne viennent pas les dates de vendanges risquent d'être avancées et franchement cela ne sera pas forcément bon car ira à l'encontre d'une évolution douce des baies selon un cycle de maturation achevé et parfaitement abouti.

(À suivre)

Partager cet article

commentaires

Comprendre le vignoble de Meursault

Publié le par domaine.buisson.charles.over-blog.com

Comprendre le vignoble de Meursault

Le Finage de Meursault - Variété des crus  

 

   Depuis toujours le nom de Meursault évoque pour les dégustateurs du Monde entier un vin blanc ample, gras, concentré sur des saveurs de noisettes, qui vieillit avec bonheur et procure du plaisir sur des poissons en sauce ou des volailles blanches.
   Sans renier cette " image d'Epinal ", il est sans doute possible de dépasser le Mythe et sa transmission orale, les fausses vérités et les interprétations imprécises pour défricher un terroir qui mérite plus qu'une somme de lieux communs, même si ce sont eux qui ont forgé d’une certaine manière sa légende.
  L'imaginaire dans le vin est souvent de type agrégatif : on complète des connaissances en les additionnant à celles que l'on possède déjà. De nombreux auteurs ont parlé de Meursault depuis le 17°siècle : Courtépée et Béquillet, le docteur Lavalle, Danguy et Aubertin, Rodier et plus près de nous Anny et Paul Sadrin ou encore Henri Cannard. Chacun a œuvré en relisant les précédents et en se fondant sur des affirmations qui n'ont guère été contestées au fil des siècles car le respect des canons anciens qui singularisent les crus a souvent valeur de « sacralisation ». Au final la permanence du discours est plus le fait d'un manque de recherche ou de questionnement que d'une stabilité qui rendrait ce vignoble intemporel. Meursault a évolué, a changé comme toute la Bourgogne (nous en reparlerons au fil du temps) et le village et ses vins sont ancrés dans le présent autant qu'ils puisent dans le passé des racines dans lesquelles la sève de la tradition circule.
Notre propos est donc de comprendre le vignoble depuis le présent pour relire l'histoire et mettre en lumière les faits du passés qui peuvent éclairer la situation actuelle.
Il est évident que ce travail engage l'auteur et ses connaissances, chacun pourra à loisir compléter ou contester tel ou tel fait ou analyse, il reste que l'éclairage apporté ici n'est que le fait d'un dégustateur devenu producteur et négociant sur la commune et qui tire ses conclusions de sa propre expérience, en toute indépendance d'esprit.
Un village remarquable :
La première chose qui frappe lorsque l'on arrive à Meursault est son clocher haut perché qui domine l'église Saint Nicolas, cela donne une allure majestueuse au village qui sied à ses pieds, cela procure également une grande fierté aux Murisaltiens qui aiment leur bourg aussi discrètement que passionnément.
De nombreuses maisons de maître apparaissent aux 4 coins du village. Les familles nobles et bourgeoises les ont construites souvent au cours des 18° et 19° siècles, elles étaient propriétaires et négociantes et ont contribué à l'essor du village.
Les grands murs qui bordent les maisons et enclavent les propriétés en des clos hermétiques aux regards sont le signe d'un passé glorieux et prospère et d'un goût affirmé pour l'austérité et le classicisme. Nous sommes en terre de tradition, la mémoire est préservée à l'intérieur de ces hautes clôtures en pierre, il est difficile d'y pénétrer sans être introduit et il est impossible de comprendre les gens qui y habitent sans comprendre pourquoi existent ces enceintes !
Un tissu social très dense, ouvert sur l'extérieur :
   L'intimité des familles de Meursault n'est percée que dans le cadre de la famille qui est ici le noyau central de l'esprit du village, on est uni par les liens du sang, par des principes de vie, mais aussi par la terre, les savoir faire, les méthodes de vinification. Il existe des codes sociaux qui tissent les liens entre les habitants du village, chacun est à sa place, il est très difficile de pénétrer une sphère qui n'est pas la sienne. Tout cela n'exclu pas le respect entre les Murisaltiens mais vous ne verrez que très rarement un propriétaire fréquenter son ouvrier en dehors du travail. (Il est des contre exemples bien sûr mais mon propos est général). 
  Une des valeurs majeures de ce microcosme social est le travail, toute personne laborieuse et dur au travail, est réputée pour cela et en tire un prestige insoupçonné ailleurs, c'est une forme de reconnaissance pour les " petites gens " (on comprendra aisément qu'il n'y a pas le moindre mépris de ma part pour cette expression), de l'admiration parfois même... . La terre, sa culture difficile tout au long des siècles, les efforts qui y sont liés, sont à l'origine de cette manière d'être car il a fallu des bras pour mettre en valeur le vignoble et donner du lustre aux habitations. Cependant après l'ouvrage chacun aime à donner une entité à son pré carré, celui-ci est alors clos et impénétrable.
  Il est cependant de tradition de recevoir les visiteurs et de leur assurer une explication simple et claire des vins de la commune. Les vignerons ont toujours ouvert leurs portes pour vendre, ils ont aussi su garder des contacts très suivis avec les clients les plus connaisseurs et sympathiques. Il n'est pas rare de croiser des invités de toute nationalité dans les caves et les dégustateurs avertis sont appréciés pour échanger les points de vue sur telle ou telle cuvée. Ainsi, les expériences de dégustation qui se poursuivent tard avec de vieux flacons sont probablement le moyen le plus sûr de comprendre le village et ses vins.
Des crus réputés :

La description des crus si dessous est uniquement fondée sur un passé de dégustateur, sans aucun lien avec les caractéristiques communément admises des crus que l'on retrouve dans la plupart des ouvrages de référence. Elle recoupe certaines conclusions antérieures mais donne aussi à réfléchir sur des définitions aromatiques et typiques précises qui tiennent compte de la position des parcelles dans les crus.
Le terroir de Meursault est très étendu, il compte environ 360 hectares de vignes sises entre Puligny-Montrachet, Auxey-Duresses et Volnay. Les surfaces exactes sont peu importantes mais il vous suffit de savoir qu'il faut environ 20 minutes en courant à une allure modérée pour traverser le vignoble, cela replace celui-ci dans des proportions très bourguignonnes.
Les premiers crus n'occupent guère plus de la surface du château Lafite à Pauillac. Cette étroite bande de terre et comprise entre 260 et 300 mètres d'altitude et l'on est dans une zone ou la déclivité va de modérée (presque plate) dans les Charmes du bas, à très " pentues " dans certaines parties des Perrières des Bouchères ainsi que dans le dessus des Genevrières ,Goutte d'Or et Poruzots. Avant de les décrire précisément nous nous attacherons à définir le caractère des lieux-dits de niveau village car ceux-ci plus étendus portent en eux une part de l’esprit des vins de la commune, certains même – très qualitatifs – sont isolés et donnent leurs noms à des bouteilles très recherchées, un fait quasiment unique dans la Côte des blancs.

 


Des lieux dits "seconds crus" :


Le classement des parcelles, en dehors des premiers crus n'existent pas, pourtant il est d'usage de considérer certaines d'entre elles comme de véritables seconds crus, elles apparaissent sur les étiquettes avec de plus en plus d'insistance car le fait de les mentionner rend le vin plus marchand, un peu plus cher bien souvent car plus rare et sans aucun doute supérieur.
Nous pouvons les envisager en différents quartiers géographiques :
Au sud en direction de Puligny :
   Les terrains sont très réputés et le milieu du coteau est intégralement classé en premier cru, cependant le Limozin constitue un excellent lieu-dit très proche de Genevrières du dessous et des Poruzots du milieu, il allie puissance et complexité et fait partie des climats qui méritent sans conteste d'être individualisé. Vous pouvez également miser sur les Narvaux du dessous qui sont placés au dessus des Genevrières du dessus, ils sont minéraux et fins . Les qualités des Pelles , des Crotots, des Gruyaches et des Buissons Certaut les destinent plutôt a être asssemblés pour en faire des villages complets. Nous parlerons encore des Terres Blanches et des Luraules qui pourraient constituer des troisièmes crus de bon niveau voire mieux dans la partie haute des Luraules : les vins sont aromatiques et vieillissent bien.
  On soulignera ici qu'une grande partie du climat des Gruyaches a été intégrée dans les Charmes lors du classement des premiers crus au début des années cinquante. Les parcelles restantes de ce cru sont moins bien exposées et susceptibles de voir des eaux stagner à certains endroits. Le domaine Fichet qui en possède une parcelle a, de ce fait, réalisé d'importants travaux de drainages à la fin des années 90 pour assainir la parcelle et l'améliorer qualitativement. Il produit depuis un vin de très haut vol qui tient tête à de nombreux Charmes.
   Le climat des Pellans situé juste sous les Charmes du bas termine l'AOC village en direction de Puligny-Montrachet, il est assez hétérogène car incliné en pente douce vers le nord à partir de la moitié du lieu-dit en direction de Meursault. Les parties "hautes" sont en revanche très qualitatives car les terres y sont moins profondes et plus filtrantes. Le domaine Henri Germain, le château de Chorey les Beaune, le domaine Bellicard à Santenay produisent ici des génériques de belle tenue, charnus, charpentés et amples. J'aime beaucoup ce cru dense qui est très typique de l'Aoc et capable de magnifier une cuvée d'assemblage en lui donnant du corps et de la sève.
  Le Limozin a la tenue et le caractère d'un Genevrières du bas en sa partie haute et ses terres très courtisées produisent sans doute avec le Tessons le meilleur des "seconds" de la commune quoique dans un registre fort différent. Là où Tessons est tendu et racé, Limozin se montre velouté, ample et enveloppant surtout s'il est issu de vieilles vignes, et elles ne manquent pas dans le secteur! Henri Germain, François Buisson, Rodolphe Demougeot, Michel Bouzereau en produisent de remarquables  dans des styles proches qui mêlent richesse et harmonie sur des belles notes de fruits blancs. Son sol argilo-calcaire est composé de terres blondes mêlées de petits cailloux en partie haute et de sols plus profonds en sa partie basse non loin du lavoir communal. L'endroit est très légèrement incliné vers le levant, solaire et mûrit précocement. IL faut en général le récolter assez tôt pour préserver une tension interne affirmée, sinon il peut se montrer quelque peu capiteux, puissant, voire un peu opulent. Il s'agit sans doute d'un des "seconds crus" les plus « séveux » de cette commune dont le finage génère des fruits naturellement riche en glycérol.
 Au nord en direction de Volnay :
  Depuis toujours les terres de ce côté de la commune ont été plantées - sauf à de rares exceptions- en pinot. Les appellations d'origines contrôlées instituées au début des années trente et la progression des ventes en bouteilles vers l'étranger, ont quelque peu changer les données de plantation : Meursault est devenu un village synonyme de vins blancs à l'exportation, sa réputation ancienne pour les blancs a été mise en avant, et le côté sud de la commune - sans même parler des Santenots - qui portait des rouges remarquables, a été replanté au fil du temps en vignes blanches.
  Les bourguignons ne sont pas des rêveurs et la possibilité de mieux vendre une appellation est déterminante dans le choix du cépage, mais aussi aujourd'hui explique le type particulier des blancs produits de ce côté-ci : Ce sont des blancs plantés sur des terrains dont la valeur agrologique est remarquable, mais souvent ils sont produits sur des terres destinées aux vins rouges issus du pinot.
  La parcelle la plus célèbre est sans conteste celle qui appartient aux Comtes Lafon elle est connue sous le nom de la Désirée depuis au moins deux siècles, elle est enclavée dans le climat des Petures qui peut aussi donner en rouge l'appellation Volnay Santenots. Tout est simple en Bourgogne si l'on connaît le parcellaire... Il s'agit donc d'un " village " revendiqué dans une terre de premier cru, il est remarquable et sa puissance lui assure un bon vieillissement , mais ne lui demandez pas d'avoir la finesse des premiers crus du côté nord.
  Viennent ensuite le Clos de la Barre , le Clos du Cromin et le Clos des Mouches, les deux premiers sont des blancs massifs et de bonne expression, ils sont très aromatiques et sont prêts à boire assez rapidement. Le clos des Mouches est planté en rouge , nous y reviendront dans le paragraphe consacré aux vins rouges de la commune. Les autres parcelles les plus remarquables sont les Perchots, les Peutes vignes, les Corbins, les Criots, les Marcausses, les Vignes Blanches et en la Barre. Le dernier est sans conteste le meilleur lieu dit et celui qui mérite le plus d'être cité sur une étiquette, sa profondeur et son bouquet en font un Meursault village de grand style. Les autres me paraissent devoir être assemblés, ils expriment de manières moins originales les qualités du Meursault, mais en complément d'autres lieux dits ils peuvent apporter de la puissance et des saveurs mûres, les vignerons qui les assemblent obtiennent souvent de très belles cuvées de village sans mention de lieu-dit.
   Le coteau blanchit et de moins en moins de Meursault rouges parsèment ces lieux-dits. Certains d'entre eux sont désormais isolés par les producteurs qui en ont assez pour fidéliser une clientèle. Ils contribuent largement à les faire connaître au delà des frontières et le prix des terres grimpe en flêche! Ainsi trouve t'on une fort belle cuvée de Criots chez Ballot-Millot, des Corbins ronds et puissants chez le cousin Vincent Dancer et une cuvée un peu plus austère - mais tout aussi racée- chez Vincent Bitouzet à Volnay.En revanche point de Perchots, de Marcausses et de Peutes vignes ( les vilaines vignes en patois!)...demain peut-être, qui sait!?
   Je suis plus réservé sur l'important Clos du Cromin qui année après année produit des vins friands et généreux mais parfois également un peu trop simples surtout en sa partie basse composée de terres argileuses assez lourdes. Les vignes de l'extrémité nord proches de la Désirée, plus pentues, plus hautes et plus caillouteuse me paraissent avoir un meilleur potentiel. En moyenne c'est une cuvée de troisème classe, pas plus sauf dans ce dernier secteur où les crus s'expriment avec plus de finesse et de distinction.
   Au dessus de ce clos, au dessus du camping de Meursault se trouve un très petit, peu connu et sous-estimé lieu-dit : le Pré de Manche. Terres caillouteuses, assez pentues selon l'endroit et légèrement "versées" au sud. Il faut avoir déguster la cuvée de Max Piguet à Auxey-Duresses pour comprendre toute sa qualité. Un registre nerveux, sec et racé qui n'est pas sans évoquer la tension et la forme des Perrières, sans en posséder toute la plénitude bien entendu.Il ferait un bon "troisième" dans le haut du classement.
   La Barre et le Clos de la Barre sont proches de la seconde classe. Dégustez la récente - moins de 15 années de commercialisation - cuvée de François Jobard pour vous convaincre de sa densité. Les Perchots (prononcez "perchottes") suivent de près. Une "troisième haute" qui culmine je pense avec les vignes de Lafon dans le Clos car "il y a du caillou" non loin de la surface.
   Au centre sur le coteau de Meursault :
   Le coteau qui surplombe le village à l'ouest est le plus apte à produire des " Meursault village " de qualité . Presque tous les lieux dits de cette zone méritent d'être mentionnés sur les étiquettes car tous possèdent un type particulier, reconnaissable dans une dégustation à l'aveugle : une identité propre s'en dégage.
   A ce propos signalons qu'il n'existe pas un type de Meursault mais bel et bien plusieurs définition d'une même expression aromatique : différents tableaux provenant d'un même peintre...Il est dès lors utile de mentionner chacun d'eux en essayant d'en donner une définition gustative :
   Le plus connu d'entre eux, car il est isolé par tous les vignerons est sans doute " le Tessons ", c'est un cru qui est chaque année très proche des premiers crus, il était placé en première cuvée au siècle précédent par le docteur Lavalle et les vignerons de la commune le situe toujours en tête des climats non premier cru avec le Limozin. Il est toujours très minéral avec un nez de silex (de pierre à fusils), il s'ouvre assez rapidement et peut se garder 25 ans sans problème lorsqu'il est bien vinifié. Sa structure est dense et serrée sur un volume puissant mais élégant. C'est réellement un très beau cru.
    Une partie du coteau orienté plein Est à Meursault n'a pas eu le classement premier cru décrété au début des années 50 du siècle précédent. Après que les différents syndicats communaux aient refusés de se mettre d'accord pour définir une aire en grand cru juste avant la seconde guerre mondiale, préférant miser sur le seul nom de Meursault, la commune s'est retrouvée avec le principal coteau blanc de Côte d'Or à délimiter selon une logique excluant les classements des autres communes et avec la volonté de créer un équilibre de production entre les zones "premier cru", "village" et "régionale".
   Les Chevalières , les Rougeots et les Casses têtes suivent de très près accompagnés du haut des grands Charrons et de la partie la nord ouest des Tillets. Les Chevalières sont d'une finesse et d'une élégance rare en année chaude, mais on récolte toujours un peu plus tard dans ce secteur qui est un rien plus froid à cause des vents qui proviennent de la Combe d'Auxey-Duresses.

Les zones hautes et plus froides:


A/ les zones hautes:
   Certains climats se trouvent placés sur le second mouvement du coteau de Meursault qui fait une sorte de replat au dessus des premiers crus avant de reprendre une forme plus pentue. Ce replat très pierreux était souvent creusé de carrière d'extraction de pierres de tailles. Aujourd'hui les carriers ont disparu du coteau - ils subsistent non loin à Chassagne - et certaines zones d'extraction ont été comblées pour "porter" à nouveau de la vigne. Dans la zone qui prolonge ces carrières on trouve en partant depuis Puligny une partie du domaine communal planté il y a dix ans. Ce sont les Chaumes "côté Blagny", assez hautes, très pierreuses, de maturité tardives, elles sont souvent assemblées en raison de leur jeune âge et de leur valeur "bonne sans plus». Des vins frais, tendus et assez linéaires.
   Ensuite se trouve un très important lieu-dit: Les Narvaux. Sol de tout premier ordre dans sa partie basse, il est capable d'égaler le Tessons à cet endroit, mais il perd de sa force au fur et à mesure de son positionnement haut sur le coteau. Très proche de l'esprit des Genevrières du haut, il n'en possède toutefois pas la puissance. C'est un vin d'une très grande longévité qui peut évoluer sur des décennies. Les murisaltiens qui en possèdent assez l'isolent systématiquement et le tienne pour un "second cru" naturel.
   Faisant suite aux Gorges de Narvaux et Narvaux du milieu on trouve les Tillets et les Cloux, lieux-dits qui se ressemblent car ils sont exposés plein est sur des terres hautes remises en valeur dans l'entre deux-guerres par ceux qui parmi les  vignerons possédaient un double attelage équin pour y accéder...c'est aussi cela la vraie valeur culturelle des terres! Les vins sont très fins, élégants et possèdent une distinction naturelle en année un peu chaude qui peut aller vers des sommets. Des vins souvent assez longs à se faire, tendus et possédant une énergie rare.
   De l'autre côté de la route de la Montagne Saint Christophe en direction d'Auxey-Duresses, se trouvent les lieux-dits Vireuils du bas et Vireuils du dessus. Le bas est assez proche des Cloux et le dessus préfigurent déjà les terres plus hautes des Hautes Côtes et de saint Romain avec des vins plus droits et acides qu'il faut cueillir un peu plus tardivement. Si le bas est parfois isolé, le dessus participe souvent aux cuvées d'assemblage avec les crus de plaine plus bouquetés.

  B/ les zones plus froides:
  Sous l'influence directe de la Combe d'Auxey - et donc des vents qu'elle génère- on trouve deux lieux-dits d'excellents niveaux: Les Luchets donnent des vins assez proches des Chevalières de la partie haute, mais un rien plus froid, plus tendu et avec une très belle énergie interne. Les Meix-Chavaux sont assez vastes et la meilleure partie est sans doute le bord sud du Clos des Meix-Chavaux car elle est disposée sur un sol pierreux de laverottes qui se délitent et elle peut être aussi qualitative que les Chevalières voisinent.
   Face à ces lieux-dits on trouve sur un coteau très original situé sous le pré de Manche: les Murgers de Monthelie. Les vignes regardent l'ouest, sont sous l'influence des vents de la Combe d'Auxey mais très dégagées et moins pentues que le coteau d'en face, bénéficient aussi d'une cuvette solaire assez chaude qui les fait parvenir à maturité assez vite au regard de leur situation. De nombreux Meursault "séveux" et racés naissent dans cette zone ou Patrick Javillier par ex; possède une fort belle parcelle non loin de la nationale qui va à Autun.


C /le cas des zones "communales":
  En plus de la partie "Chaumes côté Blagny" toute une série de nouvelles plantations est plantée sur l'ancienne "petite montagne " de Meursault qui était autrefois une zone de friches arbustives ou la vigne n'avait pas droit de cité. Les engins modernes et la volonté de mettre en valeur ce patrimoine ont depuis permis de positionner des ceps là où autrefois ils étaient proscrits. Une étroite bande de vignes court donc désormais depuis le dessus des Goutte d'Or jusque sur le dessus des Chevalières. Ces zones "Chaumes" sont de qualités variables et ne méritent en général pas plus que l'AOC village sans nom de lieu-dit spécifique, mais le temps les fera sans doute rejoindre dans quelques années des lieux-dits plus prestigieux, contigus...ce qui sera une funeste erreur, tant ils sont en général différents des parcelles qu'ils jouxtent. Les meilleurs sont toutefois placés au dessus des Chevalières et des Tessons. Mais il faut connaître les endroits au cas par cas et pour le consommateur ce n'est pas aisé. Il est cependant certain qu'aujourd'hui la plupart de ces vins sont assemblés à d'autres cuvées.

 

 

 Les premiers crus situés au Nord de la commune :

  Meursault est réputé pour la qualité de ses sols dévolus aux vins blancs, mais il subsiste quelques "ilots" de premiers crus plantés en chardonnay du côté des Santenots et de Volnay. Ces parcelles sont étonnantes, peu connues et pourtant forts qualitatives.


1/Les Caillerets:
   Moins d'un hectare de vignes situées sur une étroite bande qui surplombe le climat des "santenots blancs". Quelques producteurs produisent des premiers crus -blancs et rouges ce qui est une curiosité - qui s'expriment remarquablement.  Les premières vignes contre le Clos des soixante ouvrées (un clos AOC  Volnay Caillerets) disposent plutôt d'un sol à rouge et sont très proches de l'esprit "Volnay" fait de finesse et d'élégance. Quelques ilots ont été gagnés sur des carrières anciennes et montrent des sols plus pierreux mais parfois un peu  remaniés. Ces dernières vignes sont plantées en chardonnay et donnent des vins souvent un peu lactés, puissants et assez différents des premiers crus du sud de la commune car plus vineux et moins aériens.


 2/Les  Cras:
   Petit cru mesurant un peu moins de 4 ha les Cras sont un vignoble mixte "à la mode murisaltienne". N'ayant pas réussi à rejoindre le "train" des Santenots alors que ceux-ci ont englobés au moment des classements des parcelles de valeurs agrologiques contestables pour des premiers crus (les Santenots du dessous), ils subsistent sous leur nom mais comptent en leur sein un monopole qui occupe près d'1/4 de sa surface : Le Clos Richemont du domaine Darnat. Les Cras peuvent être blancs ou rouges comme le climat voisin de Meursault-Caillerets et ils s'expriment avec bonheur dans les deux couleurs.
   Le terroir est placé assez haut sur le coteau et surplombe en fait les Petures. Il est composé de terres de nature variables selon les situations. La bande du haut dispose de sols bruns/blonds, caillouteux, assez pentus de nature argilo-calcaire et de maturité précoce. Elles donnent des vins fins, bouquetés et discrètement fruité qui se livrent assez facilement en jeunesse. La partie du Clos Richemont dans la partie nord supérieure est plus argileuse et ses sols plus sombres étaient autrefois plantés avec des pinots. Les blancs sont aujourd'hui très vineux et souples et possèdent une nature originale qui les rapproche un peu du Montrachet de Puligny. Enfin les parties basses du climat occupées par deux propriétaires seulement montre des terres plus blanches en raison du pasage d' une veine d'oolithe. Cet endroit est plus spécifiquement dévolu aux blancs car très solaires et de caractères minéraux, ils ressemblent un peu aux Blanchots de Chablis où à la partie haute exposée sud du Charlemagne


3/  Les Petures
   Sans doute l'un des premiers crus les plus étranges de la Côte de Beaune car -très peu connu- il peut produire de grands vins blancs et rouges en AOC premier cru sans que l'on n' évoque jamais son nom sur l'étiquette...car il se vend régulièrement sous le nom de Volnay- Santenots (Meursault-Santenots en blanc) auquel il a légalement droit. Funeste pour la "gloire" de son patronyme, ce choix a pourtant été réfléchi par les diverses commissions syndicales qui l'ont proposé car il enterrine des usages loyaux et constants validés par plus de deux siècles de pratique. On pourrait imaginer qu'il s'agit d'une entité à part ou d'un sous lieu-dit minuscule ne pouvant s'affirmer pleinement seul...il n'en est rien. Magnifique zone de plein côteau, idéalement exposée à l'est et portée par un substrat argilo-calacaire dont l'origine remonte au Bajocien, elle est naturellement destinée à tenir parfaitement son rang de premier cru avec -sans doute- beaucoup plus de personnalité et de caractère que la partie du dessous des Santenots.
   Le cru est homogène et pentu et si la partie basse est légèrement inclinée vers le levant les parties hautes sont un peu plus fortement inclinées et par conséquent très filtrantes. En surface les terres brunes, mêlées de cailloux de petites tailles, argileuses, assez collantes et qui réssuient bien en superficie sont portées par un substrat profond rocheux qui permet à la vigne de plonger ses racines loin dans le sol. Cet ensemble donne des vins très originaux qui se rapprochent fortement du Chevret de Volnay et pour la partie haute des Volany-Caillerets de l'étage supérieur. Sans doute un des crus les plus sous-estimés de Meursault car son grain souple et son énergie lui confèrent une personnalité d'une originalité affirmée. 
   Le caractère des vins est similaire à celui des Santenots du milieu- réglissé et fumé sur des accents de fruits noirs - mais n'en possède pas toute l'intensité et surtout le cru se montre régulièrement plus souple en jeunesse. Quelques ilots de blancs donnent des vins vineux, puissants et très aromatiques qu'il ne faut pas cueillir en sur-maturité sous peine de confiner à la mollesse. La vigne de Désirée du domaine Lafon - replantée en 2008 - donne ici un vin blanc - cadastré dans les Petures- sensuel et profond qui termine le climat dans sa partie sud, contre le Clos du Cromin. On notera par ailleurs que le climat "porte" légalement deux vignes hautes qui ont droit à l'AOC Volnay-Santenots, elles sont exploitées par le domaine Roy d'Auxey-Duresses.


   4/  Les Santenots "Du Milieu" ou Volnay-Santenots
   Les Santenots sont intégralement situés sur la commune de Meursault dans un zone très qualitative qui prollonge le fameux coteau de Volnay. Très étendu - plus de 30 hectares - le climat intègre plusieurs lieux-dits ayant des profils différents mais possèdant tous de magnifiques qualités morpho-géologiques. Des terres argilo-calcaires brunes du Milieu aux cailloux des Santenots blancs et du dessus des Petures en passant par les zones plus riches des Petures du bas et des Santenots du dessous, il est assez difficile de définir une véritable unité pour ce célèbre cru. Le "milieu" est exposé Est, de terre rouge très argileuse, peu profonde sur un sous-sol de calcaire dur, le site est très solaire et précoce.
   La partie dîtes Santenots du Milieu donne incontestablement sur 8 hectares les vins les plus intenses,sauvages et profonds de l'appellation Volnay avec des notes réglissées/fumées qui évoquent souvent les pinots fins des parties médianes du Clos de Vougeot ou des Renardes à Corton. C'est un cru d'élite qui fait partie des cinq meilleurs finages de la Côte de Beaune. Il possède de plus une capacité de garde époustouflante, certains "spécimen" de 19° siècle conservés chez Bouchard Père et fils sont même dans une forme étincelante en ce moment.
   

 

Les premiers crus situés au Sud de la commune 


1/  Les Perrières :
 Le cru de Perrières est sans conteste le plus courtisé de la commune car il réunit les qualités essentielles de puissance et de tension qui signent les plus grands vin blancs issus du chardonnay. Peu d'écrits se penchent en revanche sur les facteurs qui génèrent cette supériorité affirmée.
   On se fonde le plus souvent sur une tradition ancestrale qui positionne le climat très proche du grand Montrachet pour sa longévité et son originalité. Combien savent qu'il en est en fait l'exact contraire stylistique? Autant le Montrachet s'exprime par une vinosité insurpassable, autant le Perrières est un vin tellurique, énergique, violent, à la sauvagerie quasi dérangeante, qui  déroute souvent lorsqu'il est jeune. Ce vin sans compromis est produit sur des secteurs assez divers qui marquent également la race formelle des crus qui en sont issus.
    Ainsi la "Grande Perrière" qui fait suite aux Genevrières du dessus jusqu'à la grotte - qui la connaît!? - de la "Porre et Piarde" donne t'elle les vins les plus civilisés du climat , assez proches au fond des "grands Genevrières" qui lui font face car plus opulents, plus sensuels et plus immédiatement accessibles, ils livrent une partition droite et pure qui s'assagit un rien plus vite que la partie haute du finage. celle-ci appellée "Perrières dessus" est également très morcelée car disposant de parcelles hautes et basses, avec des orientations variables, elle confère aux crus un côté rocailleux qui densifie la granularité de la texture et finit par imprimer une sensation quasi coupante sur la langue. vin de cailloux sur des terres maigres, vin sidérant de finesse évoquant les dessus du Chevalier ou la rigidité de la Goutte d'Or si méconnue.
    Le meilleur secteur est sans doute le "plat des Perrières" juste au dessus de la "grande Charmes" du dessus, il englobe le Clos et une langue de terre qui va butter contre les Champs Canets de Puligny-Montrachet. Les vins produits dans ce secteur sont sans conteste les plus grands Bourgogne blancs par leur intensité et leur bouquet unique mêlant les accents rocailleux d'une minéralIté vraie et cette incomparable touche grillée/mentholée que génère les beaux chardonnays d'équilibre subils.

2) Les Charmes:
   S'il est un cru qui identifie à coup sûr le style des vins de Meursault, c'est bien Charmes. Cette évidente observation est même particulièrement notable lorsqu'il s'agit de définir quels sont les amateurs qui apprécient "vraiment" la plus grande - en superficie - des communes de la Côte des blancs. Ceux qui n'ont pas de relation particulière avec ce cru aiment en général mieux les vins de Puligny ou de Chassagne car l'opulence du cru, son côté glycériné et sa texture très souvent visqueuse en font un modèle qui mêlerait presque la douceur tactile des vins liquoreux avec la sècheresse des crus les plus secs et même une étonnante "sauvagerie" dans les années de fraîcheur, un peu tardives. Il n'est je pense aucun vin plus puissant que lui en Bourgogne dans le monde des blancs et sa richesse est souvent assez proche de celle d'un Bâtard-Montrachet sur une partition aromatique plus florale et un rien moins brutale.
   Cru de mi-plat, très caillouteux et étendu, les Charmes regardent le levant et sont enclavés entre les Genevrières, les Perrières du dessous et les Combettes de Puligny-Montrachet. Ce vaste ensemble caillouteux et argilo-calcaire est assez uniforme en dépit des classifications qui sont très souvent opérées et qui minorent le haut par rapport au bas du climat. Bien entendu l'ensemble des vignes sises sous les Perrières est en général un rien plus précoce et marqué par un substrat caillouteux qui leur confère une énergie rare, mais la partie médiane est également bien dotée même si les sols se font un peu plus argileux à certains endroits. Les vins acquièrent alors un fruit et une profondeur qui complexifient encore la trame tendue et un peu plus brutale qui marque les vins des parties hautes. J'aime beaucoup la densité et le velouté de ces deux zones en signifiant toutefois que le fameux "plat des Charmes" situés juste sous le Clos des Perrières est naturellement - potentiellement - le plus régulier et le plus complet.
   La question des parties basses est à mon sens une "fausse bonne énigme" qui occupe trop d'observateurs se fondant sur une approche "cartographique". Les Charmes du bas seraient "moins" bien placés donc moins denses, moins complexes et surtout moins racés. Le véritable problème est que de nombreux producteurs s'occupent de cette partie et qu'il est souvent fort difficile de situer à l'aveugle le "carré" qui a servi à générer le vin! D'autant que de nombreuses vieilles vignes sont ici en production. Les sols y sont quand même plus lourds et ressuient moins vite mais la terre est fine, les cailloux encore bien présents et la classe naturelle du terroir indéniable. Après en avoir douté au début de ma vie de dégustateur je dois bien avouer qu'aujourd'hui je préfèrerais de beaux raisins provenant du bas que de médiocres grappes du haut! Mais là je vois bien que je ne vous éclaire guère!


3/Les Genevrières
   Parmi les grands crus blancs oubliés du classement des années trente, Genevrières est sans doute celui qui aurait le plus mérité d’obtenir ce titre, plus encore peut-être que Perrières si j’en juge l’homogénéité remarquable de l’ensemble du territoire qu’il occupe. Une chose est certaine pour les amateurs de blancs élégants, fins et racés à texture soyeuse, il trône en tête des blancs de Bourgogne en compagnie du Chevalier de Puligny-Montrachet.
   Vin de dentelle, pendant des Amoureuses cambuléennes, ce vin harmonieux et droit possède également  l’incomparable qualité de vieillir avec grâce. Le voir s’affiner au fil des années est sans doute l’un des rares plaisirs qu’il est permis à un amateur de vérifier sur la quasi totalité des millésimes qui sont mis en marché tant ce vin est régulier. Il doit ses extrêmes qualités à plusieurs facteurs :
   En premier lieu un sol argilo-calcaire homogène, assez peu profond – surtout en sa partie haute – datant de l’étage Bathonien. Ce substrat  est également marqué par des Marnes blanches et il permet aux plants d’équilibrer avec justesse leur vigueur pour générer des fruits gorgés de sucs qui donnent des jus finement glycérinés.
    Ensuite, une inclinaison de pente allant de forte – hauts des Genevrières Dessus – à modérée dans le bas des Genevrières Dessous. Cette situation morpho-géologique assure un parfait drainage des eaux de pluie, elle est encore accentuée par la construction assez récente d’un collecteur d’eau dans le milieu bas du climat.L’eau ne stagne jamais dans les vignes.
    Une orientation plein Est avec des vignes coupant les deux demies parties du climat dans le sens Est-Ouest. Cette situation d’exposition , idéale, permet de préserver une très belle fraîcheur dans les raisins qui arrivent à maturité sans être « rôtis » excessivement par les rayons du soleil et il se développe ainsi une vraie maturité de fruit avec des degrés potentiels modérés. Cela explique sans doute une bonne part de l’ultime finesse qui caractérise les vins.
   Un ensemble de parcelles très homogènes et un morcellement un peu moins accentué que dans d’autres climats communaux. Bien sût le bord sud des Genévrières du Dessous est très découpé mais si l’on excepte la zone médiane des parties hautes , ce sont à peu près les seules parcelles qui sont inférieures à 20 ares. Par ailleurs 4 propriétés exploitent ici plus de deux hectares ce qui est assez exceptionnel au niveau des premiers crus de la commune.
    A la lumière de ces constats nous pouvons dégager trois grandes zones à l’intérieur de ce climat premier cru qui mesure 16 ha et 4794 a :
   Les Genevrières du Dessus : Ils forment un rectangle quasi parfait enclavé entre les Chaumes de Narvaux au dessus, les Poruzots au Nord et les Perrières du Dessous au Sud. Son sol est assez fortement incliné vers le levant et un peu moins large au niveau de son bord Sud. Terroir pierreux, marqué par des terres blondes, un rien plus sombre en son centre, il a le potentiel avéré d’un grand cru et est sans doute celui qui en plus de la finesse livre les expressions les plus ciselées. Un peu plus vif que le bas en moyenne, moins corpulent mais aussi délicatement salin, il embaume le chèvrefeuille et la fleur de vigne et cousine fortement avec le Chevalier-Montrachet.
    Au dessus des Genevrières du dessus – séparé de lui par un long mur – et directement sous les Chaumes de Narvaux, un sous lieu-dit peu connu appelé « Cure Bourse » ou en patois « Colle Bosse » est exploité pour plus de un hectare par le domaine Pierre Latour-Giraud. De petits rangs parfaitement alignés, plantés sur une pente douce et sur la quasi largeur haute du climat bénéficient d’un sol comparable à celui qu’il surplombe. Le vin y est en général extrêmement plein et fin et mêle curieusement la tension des Perrières proches à la finesse de grain des Genevrières.
    Les Genevrières Dessous : située en contre-bas des Genevrières Dessus est lui plus impacté par des terres un rien plus lourdes – bien qu’encore très pierreuses – et donc un sol plus profond et moins marneux. Il en résulte des vins plus denses, très complets et puissants qui vieillissent avec une indicible harmonie. Subtil mélange entre l’immédiate expressivité  des Charmes du dessus qu’il jouxte au sud et la finesse des Genevrières du dessus, c’est un vin de taffetas qui ressemble – mais il vous faut faire un effort d’imagination - comme un jumeau blanc au Richebourg vosnier.
    Il serait sans doute possible de définir à l’intérieur du Dessus et du Dessous des sous zones caractérisées par une olfaction et des profils organoleptiques singuliers. Je pense notamment au « presque » Clos qui appartenait autrefois à la maison Ropiteau et qui, aujourd’hui, est contrôlé par Bouchard père et fils ou encore au bord nord de la partie Desous qui est situé plus bas dans le coteau et forme un quasi "à plat" car la pente y est très douce. Cette zone occupée pour une part par les hospices de Beaune est marquée des terres les plus lourdes du climat et génère des vins plus puissants, un peu moins délicat, sur une complexité plus brutale...les « Bâtard » de Meursault peut-être….

 


 Goutte d’Or et Bouchères (ou Bouches-Chères)
   Si le premier - Goutte d'Or - a gagné de récentes lettres de noblesse depuis que le domaine d'Auvenay en vinifie deux petites parcelles, le second reste médiatiquement bien discret et assez éloigné de la notoriété des prestigieux Perrières, Charmes ou Genevrières. La qualité de deux climats est pourtant  incontestable surtout si l'on considère leur capacité de garde  hors norme. Des exemples de bouteilles ayant été bues de 25 ans à  près du siècle me servent évidemment de référence. 
   Pourquoi dès lors semble t'on s'interroger sur la permanence et les potentialités de ces deux climats premiers crus? Essayons ici de lever une partie de ce mystère.

4/La Goutte d'Or
   Le cas de la Goutte d'Or  - originellement singulière et donc sans S et funestement affligée de celui-ci dans le cadastre actuel! - est assez simple. Le lieu-dit historique mesure un peu plus de 5 hectares et certaines parties - la partie médiane-sud essentiellement - ont été quelque peu remaniées en raison d'une déclivité dans le sens nord-sud qui générait des difficultés à la mécaniser. D'autre part il est certain que la partie basse non loin du collecteur d'eau et des terres blanches a été également remise en forme. Par ailleurs le nom très porteur a été fort souvent employé pour des parcelles contigües - ou  non! - du cru historique et a au final déprécié quelque peu sa qualité moyenne. Ainsi Bouchères a été vendu avant les règles strictes des AOC - nous sommes dans les 50 pour les 1ers crus - en tant que Goutte d'Or pendant plusieurs décennies dans certaines propriétés...autres temps, autres usages!
 Il en résulte une image qui a longtemps pâti de la joliesse du nom, d'origines pas toujours bien claires et du peu de producteurs le portant véritablement à la hauteur médiatique que lui confère naturellement son terroir. J'entends encore de ci de là certains non producteurs du cru le minorer nettement par rapport aux cinq autres "majeurs". Ce sont en général ceux qui ne le vinifient pas et le dégustent peu... Et qui la plupart du temps ne le connaissent simplement pas assez. Ils me donnent ainsi une certaine légitimité à leur répondre avec des arguments solides et bien entendu vérifiables sur le terrain:
  En premier lieu c'est un cru homogène qui forme un rectangle quasi parfait entre les Luraules au Nord, les Terres Blanches à l'Est  et les Bouchères au sud. En pente régulière un rien plus inclinée dans la partie supérieure haute, la quasi totalité des parcelles le coupent d'Est en Ouest du bas vers le haut.
En compagnie des Bouchères il s'agit du cru qui a la plus précise des identités si l'on considère qu'il ne se décompose pas en plusieurs sous lieux-dits. Exception faîtes sans doute des "pointes de goutte d'or" dans le bord haut Nord du cru et de la partie qui verse vers le sud, dont les terres ont été retenues par un muret.
Il est marqué par une bande rocheuse en son centre et est de ce fait proche de la roche mère en certains endroits, AINSI les plants  ont parfois bien du mal à s'y enraciner et "donnent toujours naturellement peu" sur ce substrat maigre et argilo-calcaire.
Encore un peu sous l'influence des vents de la Combe d'Auxey, il est sans doute le plus froid - soyons prudent toutefois car ce n'est pas un climat d'altitude - et le plus "tendu" des crus de la commune, deux jours plus tardifs en moyenne en fin de cycle végétatif. Il ne faut surtout pas le couper à haute maturité de ce fait car il y perd sa vraie nature.
Sa couleur n'est jamais plus dorée qu'ailleurs en dépit de légendes qui aiment associer son nom à la robe du vin. Au contraire il est la plupart du temps clair comme de l'eau de roche.
La capacité de garde conférée par sa tension interne affirmée en font le cru qui vieillit le mieux de la commune, supérieur à tous les autres à mon sens. Il en subsiste des exemples éclatants capables de défier le siècle. Les 1947, 1929 et 1893 que j'ai bu récemment sont encore en pleine forme!
  Petit cru proche du village, découpé en bande il est possédé directement par seulement quelques propriétés locales. La plus grande parcelle mesurant 1.20 ha est exploitée par le domaine Buisson-Battault en fermage, une partie de ses fruits fournit le négoce beaunois. A côté de ce grand carré les entités n'excèdent jamais plus du demi hectare.

5/Les Bouchères ou Les Bouches-Chères
   Longtemps diffusé sous le nom de Goutte d'Or ou comme Poruzots dans les années précédents les classements  des climats en "premier cru" il ne doit sa notoriété récente qu'à quelques propriétés locales qui le mettent largement en valeur désormais. Hautement qualitatif, murisaltien jusqu'au bout des ongles, il possède ce je ne sais quoi "floral" qui le distingue nettement des autres premiers crus si l'on excepte la partie haute des Genevières à laquelle il ressemble nettement.
   Formant un rectangle au milieu du coteau il est marqué par une parfaite homogénéïté dans une situation le plaçant entre Goutte d 'Or au Nord et Poruzots au Sud. Un peu plus de 4 hectares dont 1.5 ha d'un seul tenant formant sans aucun doute le Clos le plus homogène et qualitatif de la commune avec le Clos des Perrières. Celui-ci sera exploité par le domaine Roulot à partir d 2012 et était avant la propriété de la maison Labour-Roi, et plus anciennement de la maison Manuel. On peut en quelques items en lister les principaux caractères:
Dans une situation un peu plus fraîche que Charmes ou Perrières il arrive à juste maturité un rien plus tard et ne supporte pas les raisins en sous maturité qui accentuent son pole floral jusqu'à le rendre un peu végétal sans lui conférer plus de tension.
Son sol argilo-calcaire est l'un des plus pentus des premiers crus de la commune. Il est orienté plein est et parsemé de petits cailloux qui se mêlent à une terre blonde.
Cru élégant, très racé et finement bouqueté, il développe quasiment chaque année ce nez de noisette fraîche que l'on retrouve aisément en Genevrières. Il s'agit alors d'une senteur mêlant la complexité du fruit et du végétal dans une expression vraiment très originale qui peut aussi évoquer la fleur de vigne.
Naturellement peu enclin à exprimer une minéralité vraie, elle peut toutefois surgir dans les millésimes tardifs qui préservent une forte acidité tartrique.
C'est un très grand vin de garde qui peut défier plusieurs décennies et qui évoluent en affinant sa matière vers une sorte d'essence de chardonnay en décuplant sa douceur tactile. Le boisé lui sied donc assez mal car il marque la structure par un apport dE tanins boisés aussi incongrus qu'inutiles car ils éliminent sa nature délicate et altière.
En dehors des Genevrières du Dessus, il peut aussi "cousiner" avec la partie basse des Chevalier sur Puligny ou avec la fabuleuse partie médiane des Folatières sur la même commune. Mais aussi curieux que cela puisse paraître Vaudésir et Blanchots à Chablis, lorsqu'ils ont élevés sous bois, peuvent aussi lui être comparé par leur naure florale et leur évidente délicatesse.
Le Clos s'est toujours étiqueté Bouches-Chères et une autre propriété - voir ci dessous - l'orthographie également ainsi. Pourquoi? Une question d'élégance il me semble...
 

6/ Les Poruzots ou Porusots
   Le premier cru Poruzots n'est ni le plus connu, ni le plus réputé de la commune de Meursault, sa qualité est pourtant bien réelle. Positionné entre les Bouchères et les Genevrières il occupe une zone de plein coteau argilo-calcaire, idéalement exposée vers l'Est. Composé de sols bruns assez clairs, caillouteux et parfaitement draînés qui marquent les vins du côté de la densité et de la tension, c'est un climat qui évoque nettement l'imaginaire et la nature très classique que l'on associe aux vins de Meursault.
   Il souffre toutefois d'un certain manque d'unité et si la partie haute est tout à fait digne des meilleurs Genevrières du dessus, les zones médianes et basses ne participent pas tout à fait de cette haute qualité. Sans démériter, la partie "dessous" qui est séparée du "dessus" par le chemin qui mène à Puligny est moins inclinée et marquée par un substrat un peu plus sombre, moins caillouteux et plus argileux. Les vins y sont un rien plus lourds et immédiats mais n'ont pas l'ultime raffinement des "Grands Poruzots" qui prolongent les Genevrières dessus jusqu'aux Bouchères. La zone intermédiaire placée sous les Bouchères sur une fin de coteau assez étroite peut se révéler très qualitative mais ressemble plus fortement à la Goutte d'Or voisine sans en avoir toute la puissance.

Les vins rouges de Meursault
   La commune est bien entendu plus réputée pour ses blancs et les vignerons ont en général beaucoup plus de vins blancs en production que de rouges, mais il subsiste au 4 coins de la commune des rouges de bonne qualité possédant des noms et des caractéristiques diverses:
   1/ Un premier secteur - et le plus connu - est celui des Volnay Santenots qui regroupe plusieurs lieux-dits (Santenots du milieu, Clos des santenots,Petures, Santenots du dessus,Marcausses,Santenots blancs). Placé au nord de la commune il donne des vins assez divers selon les lieux-dits, passant de la finesse à la puissance et de la rusticité à l'élégance. C'est un peu la sphynge de Meursault et il mériterait une très longue attention pour l'envisager dans toute sa complexité. Nous y viendrons probablement un jour.
  2/On peut associer à ce secteur les parcelles plantées en rouges dans les climats premiers crus Caillerets de Meursault et Cras. Je vous recommande en particulier le Meursault Caillerets de François Mikulski et le Meursault Les Cras du domaine Latour-Mabille.
  3/ Les Meursault rouges situés au nord de la commune sous les Santenots dans les lieux-dits Peutes vignes, Marcausses, Corbins et Clos des Mouches. Plus simples mais fruités ils sont assez proches des Volnay Village et s'expriment de manière élégante. Marcausses de Jacques Thevenot,Clos des Mouches ( en monopole) de Germain.
  4/ Les lieux-dits Dressoles et Malpoiriers ne donnent que des Meursault rouges car s'ils sont plantés en blanc ils prennent l'AOC Bourgogne. Ce sont des vins plus simples et fruités qui s'assimilent un peu à certains rouges de plaine situés à Chorey le Beaune.Le domaine Jean Monnier en tire une cuvée régulière et droite par ex.
   5/ Le Clos de Mazeray de Jacques Prieur est une survivance du passé car ce secteur au sud de la commune qui jouxte les "terres blanches" , les Crotots et les "Luraules" était souvent planté en rouge au 19° siècle ( en particulier Luraule ). Le clos de la Baronne ( dans le Meix Gagne ) de la maison Labouré roi (anciennement Manuel) est séparé par une route du Clos de Mazeray et possède aussi une partie en rouge dans sa zone basse plus argileuse. Mais la vigne de rouge diminue comme peau de chagrin ces dernières années.

  6/ Le secteur de Blagny qui est en partie sur Meursault possède des vignes plantées en rouge dans les climats premiers crus la Pièce sous le bois et Sous le dos d'âne. Il donne des vins très fins et fruités qui ne ressemblent pas du tout aux autres rouges de la commune mais qui cousinent un peu avec certains Côte de Nuits (ce qui est assez surprenant). Ils sont étiquetés Blagny la Pièce sous le bois ou Blagny sous le dos d'âne. Le domaine Matrot  possède une large part de la Pièce sous le bois et réalise souvent un vin d'excellente qualité. François Jobard réalise ici son unique premier cru rouge.
   Voilà qui donne une idée de la localisation des plants de pinot noir sur la commune, ils sont loin d'être marginaux comme c'est le cas pour le Chardonnay dans les communes de la Côte de Nuits par exemple. Historiquement le nord était planté en pinot noir et le sud ( hormis Blagny et Luraule/Mazeray ) en blanc. J'ajoute que de nombreuses vignes de pinot noir sont plantées sur le finage de Meursault dans l'aire d'AOC Bourgogne générique et que des lieux-dits comme Magny, Belles Côtes, Herbeux ou Coutures en possède une proportion.

Patrick Essa - Ecrit de Janvier 1997 à Janvier 2016

Reproduction strictement interdite

 

 

Comprendre le vignoble de Meursault
Partager cet article

commentaires

Allen Meadows - Burghound.com - évalue notre millésime 2014

Publié le par Site internet officiel du Domaine Buisson-Charles

Allen Meadows - Burghound.com -  évalue notre millésime 2014

Allen Meadows a sorti son nouveau numéro il y a quelques minutes. Merci à lui pour ces évaluations élogieuses de nos blancs 2014 Elles nous mettent du baume au coeur...


2014 Bourgogne-Aligoté Sous Le Chemin: A spicy and overtly citrus-inflected nose introduces delicious and solidly well- concentrated middle weight flavors that possess a lovely sense of energy along with good minerality on the lingering finish. This attractive and forward effort should drink well almost immediately. 86/2017+


2014 Bourgogne Hautes Coutures: (from Meursault fruit). There is an interesting hint of petrol on the otherwise fresh and pretty aromas of green apple and floral scents. There is a really lovely texture to the seductive, round and utterly delicious flavors that possess particularly good mid-palate concentration in the context of what this is, all wrapped in a saline-inflected finale that delivers very fine depth and length. An excellent Bourgogne worthy of your interest. 87/2018+


2014 Meursault Vieilles Vignes: Very mild reduction doesn’t completely mask the citrus, floral and white-fleshed fruit aromas. There is fine intensity to the well-detailed and impressively concentrated middle weight flavors that evidence plenty of stone influence on the attractively lingering and balanced finish where a hint of bitter lemon arises. This is a powerful, indeed even old school Meursault villages that is going to need at least a few years of bottle age. Recommended provided that you have the patience to wait. 89/2021+


2014 Chablis Les Lys: Here the restrained nose is cool, airy and elegant with ultra-pure aromas of lemon, iodine, sea breeze, oyster shell and the plenty of floral influence. The intensely mineral-driven and well-delineated flavors possess a lacy, even delicate mouth feel before terminating in a notably saline, dry and clean but not austere finale. This is textbook Les Lys that should drink well almost immediately yet reward a few years of cellar time too. Lovely stuff. 91/2019+


2014 Chablis Vaudésir: As one would reasonably expect this is somewhat riper than the Les Lys with its subtly exotic aromas of white peach, seaweed and tidal pool nuances. There is a good deal more size, power and concentration to the intense broad-shouldered flavors that possess first-rate complexity and terrific persistence on the balanced and sappy finale. This will be less forthcoming young but not so much so that it won’t be approachable until it peaks. 93/2021+


2014 Chassagne-Montrachet La Romanée: As is often the case with a fine La Romanée there is a touch of the exotic in evidence on the exceptionally fresh mix of white orchard fruit aromas that include white peach, apple and pear, all of which are trimmed in just enough wood to notice. The detailed, precise and tension-filled medium-bodied and generously proportioned flavors really vibrate plus the discreet minerality adds a bit of lift as well to the firm and notably dry finish. This is really quite good and in particular I like the overall sense of harmony. 92/2021+


2014 Chassagne-Montrachet Les Caillerets: A judicious application of wood does not detract from the attractiveness of the equally exotic aromas of orange peel, white peach and mineral reduction that display floral and spicy top notes. There is excellent concentration and intensity to the racy and overtly mineral-driven yet seductively textured medium weight plus flavors that culminate in a clean and explosive finish that is both dry and hugely long. This is really quite impressive plus the sappy dry extract should allow it to be approached on the younger side if desired. 93/2022+


2014 Meursault Tessons: (from vines planted in 1964 and aged in 20% new wood). In contrast to the prior wines that exhibited mild levels of reduction this is very firmly reduced so if you’re going to try a bottle young be sure to decant it first. Like the Caillerets there is excellent concentration and power to the beautifully detailed, indeed chiseled, flavors that possess a positively gorgeous texture on the superbly well-balanced finale. It’s rare to find villages level wines of this caliber and the ’14 Tessons is highly recommended. 91/2021+


2014 Meursault Les Cras: (from yields of only 14 hl/ha in 2014). A cool and appealingly fresh nose is comprised by notes of citrus, apple and a hint of pear along with nuances of hazelnut and grilled almonds. There is a lovely texture to the impressively intense and delineated medium weight flavors that are more evidently mineral-driven on the linear, focused and sneaky long finish. In contrast to some of the wines in the range this is going to require a few years of cellar time to further flesh out as it’s borderline lean today. 91/2022+


2014 Meursault Charmes du Dessus: Very mild reduction does not materially detract from the restrained nose of acacia blossom, citrus and white orchard fruit aromas that include pear and apple. There is excellent size, weight and mid-palate concentration to the highly energetic middle weight flavors that also terminate in a clean, dry and linear finish that is presently slightly austere. This is also clearly going to need a few years of cellaring to allow it to further flesh out but it should be magnificent in time. 93/2024+


2014 Meursault Bouches Chères: (note that the domaine uses the old spelling for Bouchères). An airy and exceptionally pretty array of floral, pear, apple and citrus nuances are framed by a deft application of wood. There is a wonderfully delicate mouth feel to the refined and beautifully textured medium weight flavors that exhibit a fine bead of minerality on the balanced and lingering finale that is ever-so-mildly austere at present. Textbook juice. 92/2022+


2014 Meursault Goutte d’Or: Like the La Romanée and Vaudésir this too manifests a hint of the exotic with its ripe nose of mostly white and yellow orchard fruits that offer tangerine peel and pekoe tea nuances. There is plenty of mouth coating dry extract that really fills out the mid-palate of the full-bodied flavors that possess both outstanding volume and ample power, all wrapped in a textured, balanced and lingering if mildly austere finish. The concentration is impressive and this powerful effort should amply reward extended keeping if desired. 93/2022+


2014 Puligny-Montrachet Les Caillerets: Here there are no such exotic aromas but rather those that are much more floral in character with cool citrus, tea, spice and wet stone nuances. Once again there is outstanding concentration and mid-palate density to the medium weight flavors as the abundant level of dry extract completely coats the mouth and buffers the firm acid spine shaping the intensely mineral-driven finish that delivers absolutely first-rate depth and length. This is at once concentrated yet classy and almost delicate in its delivery. Lovely. 93/2022+


2014 Corton-Charlemagne: (from Le Charlemagne). Once again there is a discreet hint of the exotic present on the otherwise fresh, cool and admirably pure floral, green fruit and wet stone scents. The palate impression though is entirely classic with restrained and intensely mineral-driven broad-shouldered and overtly muscular flavors that possess excellent volume and plenty of energy before really fanning out on the firm, balanced and ever-so-slightly austere finale. This appears to possess terrific development potential and it’s clearly going to require at least 5 to 6 years just to get rolling while amply reward 10 to 12. Patience. 93/2024+

Allen Meadows - Burghound.com -  évalue notre millésime 2014

Publié dans Revue de Presse

Partager cet article

commentaires

<< < 1 2 3 4 5 6 7 8 > >>