Jeu de mains...

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Jeu de mains...

   Avril arrive, les bourgeons sortent et les branches s'étirent doucement en suivant l'astre lumineux dans sa course contre le froid. Ces vertes naissances, si fragiles, si graciles, ont besoin de mains agiles pour parfaire leurs pousses en lissant les cils qui pointent de leurs yeux duveteux.
    À mâtine humide, le tâcheron plié en deux hume les odeurs fines qui mêlent iode, accents feuillus et terres mouillées. Sa peau ressent le feulement des petites branches animées par le vent d'Ouest, elles lèchent son avant-bras et caressent ses poignets qui plongent avec délectation dans cette petite forêt de   Verdure qu'il va falloir éclaircir. Le regard aiguisé précède ce geste sec qui casse la bourre inutile et préserve celle chargée de fruits, puis, avec une précision d'orfèvre les doigts poursuivent leur œuvre en  équilibrant le cep sauvage pour lui conserver sa fougue en la transmettant aux raisins. 
  Labeur cent fois, mille fois répétés, ouvrage éprouvant et minutieux qui autorise par moment un regard arrière motivant qui mêle admiration pour un rège rectiligne et satisfaction    de la tâche accomplie sans que jamais cet égoïsme là ne soit diffusé. Plaisir simple et humain du travailleur solitaire soumis aux éléments climatiques.
   Puis, tard, repassant observer la qualité de son ouvrage et le reprenant pour l'affiner, il découvrira les naturelles réponses à ses actes premiers. Bourgeons devenus branches, raisins étalés ou serrés, végétation aérées ou entre-mêlées, ses actes trouveront alors une résonance qui à coup sûr sauront le faire réfléchir... Tout en lui donnant encore un peu plus cet amour du beau et du bon!

   Jeu de mains... Jeu pour demain!

Patrick Essa - 2017

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Corton Charlemagne et Corton Clos du Roi 2016

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Corton Charlemagne et Corton Clos du Roi 2016

 

La montagne de Corton a toujours eu pour nous une résonance spéciale. Ces vins profonds et intenses destinés à la longue garde sont si singuliers qu’en avoir à notre carte et pouvoir vous les proposer nous procure un réel plaisir.
Pour ceux qui veulent aller plus loins n dans leur « histoire » suivre le lien ci dessous qui vous conduit à mon encyclopédie:

http://www.degustateurs.pro/tag/corton/

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Vendanges 2017 J-1: De l'importance d'être patient pour que tous les éléments soient en place pour produire un grand millesime

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Vendanges 2017 J-1: De l'importance d'être patient pour que tous les éléments soient en place pour produire un grand millesime
Vendanges 2017 J-1: De l'importance d'être patient pour que tous les éléments soient en place pour produire un grand millesime
Vendanges 2017 J-1: De l'importance d'être patient pour que tous les éléments soient en place pour produire un grand millesime

Vendanges J-1
 
    Après une saison végétative plutôt sereine  au niveau de la pression des maladies et assez aisée à mener selon un cahier des charges biologiques comme le notre mais stressantes quant aux risques liés aux aléas climatiques, nous récolterons à partir de demain.

    La volonté de rentrer nos fruits après les pluies du 30/31 Août pour permettre à ceux-ci d'acquérir un équilibre optimal tout en vendangeant sous un temps plus frais des raisins idéalement mûrs nous permettra de ne pas chaptaliser nos moûts - ce que nous ne faisons plus depuis plus de 15 ans - et d'obtenir de bons rendements en jus sans enzymes d'extraction. En somme, sans rien faire tout en bénéficiant d'une parfaite cinétique des fermentations. 

  En 2017, notre viticulture biologique, selon trois labours et aucun abri-botrytis nous a permis d'obtenir des Vignes saines et des raisins à haut potentiel. Une belle réussite favorisée par un climat clément. Nous poursuivrons leur tri systématique dans les parcelles, leur rentrée en caisse de 15/20 kg et leur pressurage sans trituration, sans foulage et en grappes entières pour obtenir des moûts sains dont le débourbage sera simple formalité. 

   Nous avons hâte...

Patrick Essa - Domaine Buisson-Charles

Le 3 Septembre 2017

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Millesime 2017: Nous commencerons de vendanger le 4 Septembre

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Les aligotés 2017

Les aligotés 2017

Les vendanges se préparent...

Le temps est pour l'instant favorable à l'achèvement du mûrissement de nos raisins. Il est tombé environ 20 millimètres de pluie cette nuit et les orages annoncés nous ont épargné. 
   La cuverie est désormais prête à recevoir une récolte saine et idéalement mûre qui par chance  sera mesurée au niveau des charges. Il semble que nous soyons en face d'une récolte de très haut potentiel. Voire...
   Comme en 2015 et 2016, il nous est apparu que prendre le risque d'attendre un peu de pluie pour que nos raisins acquièrent un meilleur équilibre était la solution la plus judicieuse. Et tout juste après avoir soutiré les 2016 je me dis que ces Millesimes solaires ont décidément besoin de ce petit coup de pouce de Dame nature pour pleinement s'exprimer. 
 Top départ en Cras le 4/09.

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Le domaine obtient une seconde étoile dans le guide vert de la RVF

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La première étoile en 2009 et la seconde en 2017
La première étoile en 2009 et la seconde en 2017

La première étoile en 2009 et la seconde en 2017

   Parmi les accessits qui existent dans le milieu du vin - critiques, médailles,articles de presse, évaluation de journalistes indépendants - l'un de ceux qui nous fait le plus plaisir est le regard que porte sur notre domaine la très ancienne Revue du vin de France. 

  Nous sommes ainsi très heureux de pouvoir annoncer à nos clients cette bonne nouvelle qui confirme que nos choix exigeants - et parfois même risqués lors de la définition de dates de vendanges - ont été payés de retour. 

   Juste avant les vendanges 2017 - que nous commencerons le 5 Septembre- la motivation est Grande pour poursuivre notre quête de prigression en essayant de placer la barre de la qualité toujours plus haute.

Patrick Essa

 

Le domaine obtient une seconde étoile dans le guide vert de la RVF
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Un de nos clients évoque les 2015 et 2016 du domaine...

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Meursault_3_2.jpg
Meursault_3_2.jpg (27.5 Kio) Consulté 80 fois

Visite au domaine Buisson-Charles à Meursault, juillet 2017

Mes origines cauchoises sont certainement la cause et la raison de mon tempérament hélas trop prudent et sectaire. Il en est pour les vins comme dans la vie : en rouge, je suis quasiment arrivé à ne plus aimer que les vins de Bourgogne, les autres me donnant trop souvent des déceptions ; quant aux blancs, je suis heureusement un peu plus éclectique et il arrive que je me fasse bien plaisir avec des cuvées extra-bourguignonnes (comprenez par "extra", l'inverse de "intra") ... Pourtant, là aussi j'ai besoin d'un repère, d'une référence, d'un symbole, d'une association ... Pour mon frère, cette association vin blanc/appellation est certainement "Chablis", pour d'autres "Sancerre", d'autres encore, plus ouverts, se disent "peu importe l'appellation du moment que c'est bon", mais en ce qui me concerne, mon leitmotiv est : "la quintessence du vin blanc, le meilleur représentant des cuvées légèrement dorées, le maillot jaune des ambroisies aux arômes de fleurs et de fruits de verger et de buisson, c'est MEURSAULT !". Vous imaginez alors combien mon étape murisaltienne est pour moi importante lors d'un séjour bourguignon ! 

S'il m'arrive assez souvent d'acquérir quelques cuvées situées entre Volnay et Puligny dans les salons viniques que je fréquente, vous vous doutez bien maintenant que vous me connaissez mieux, qu'il me faut un repère (non orthonormé) dans ce village ... mon choix, mais aussi, quelque part, ma curiosité ( eh oui ! ça m'arrive aussi, moins souvent que le commun des mortels, mais ça arrive ...) se sont portés, depuis une dizaine d'années, sur le domaine BUISSON-CHARLES !
Nous arrivons avec une demi-heure de retard et bien que nous ayons prévenu par téléphone, je ne pense pas que ce contretemps a été remarqué, car le domaine est en travaux et nous avons trouvé les propriétaires (nouvelle et ancienne génération) attentifs à la confection d'une dalle bétonnée dont l'inclinaison relevait de la complexité (je plains les pauvres maçons dont la démarche était examinée non seulement et ce qui est bien normal, par les personnes intéressées, mais aussi par des anonymes, surtout moi qui n'y connais rien !).

Patrick, voyant que ça se passait comme il avait prévu, nous invite à descendre avec lui en cave. D'abord, il nous montre l'agrandissement et j'ai enfin le loisir de voir (de mes yeux ... plutôt de mes lunettes) les voûtes multiséculaires d'une dépendance de l'ancien château de Meursault : quand on pense qu'elles étaient déjà fondées lors du supplice de Jeanne d'Arc, cela fait réfléchir les passionnés d'Histoire dont je fais partie ... et je me dis que je ne suis pas venu pour rien, même si la dégustation s'arrête là !
Ensuite le maître des lieux s'en retourne vers les barriques et l'instant de vérité commence en ce qui concerne le millésime 2016 :
1) Cuvée qui embaume les fleurs et les fruits blancs ; les mêmes saveurs se retrouvent aussi franchement en bouche : ça commence fort ! c'est un Meursault "Vieilles Vignes".
2) Cuvée beaucoup plus cryptée mais plus profonde aussi ... en fait elle me ressemble (je ne sais pas si c'est à son avantage, mais moi ça me convient), le premier contact laisse une impression froide eu égard à la cuvée précédente, mais ensuite s'affirment une flamme affable, un besoin de découvrir la "substantifique moelle", une richesse qui brille de l'intérieur (pour toutes ces qualités, oubliez la comparaison avec votre serviteur) ... Meursault "Les Tessons". Coup de cœur !
3) Un échange plus liquoreux pour ce troisième échantillon, une matière plus vineuse ... un autre monde, je suis un peu désorienté, sommes-nous encore sur Meursault ? Beaucoup de possibilités me traversent la tête : Les Cras, les différents Chassagnes et même l'Aligoté ... bien que cela me semble bien riche pour un aligoté, mais ici, la parcelle "Sous le chemin" m'a déjà fait passer pour un idiot ... en fait je suis complètement perdu ... c'est à la fois avenant et grand, subtil et profond ... bien sûr je n'émets aucun commentaire et Patrick découvrira ces réflexions que s'il lit ce CR : Puligny-Montrachet "Le Cailleret".
4) Ici, je pense que j'aurais reconnu sans indication ; cette cuvée repose sur la finesse, l'équilibre, la pureté ... j'ai l'impression que le concepteur n'est pas intervenu ... il s'est laissé guider par Dame Nature ... selon moi, la consistance murisaltienne par excellence :Meursault "Les Bouchères (Les Bouches Chères)". Coup de cœur !
5) Pour cette cuvée qui va clôturer le millésime 2016, notre hôte nous dit tout de go qu'il s'agit d'un Chablis : les arômes sont plus iodés, plus salins, plus citronnés ... la matière est légèrement perlante (néologisme ?) ... c'est bon, c'est bien fait ... mais ça appartient à un autre monde : Chablis "Vaudésir".  
Nous passons alors au millésime 2015 en bouteilles :
1) Bourgogne Aligoté (Patrick nous l'a annoncé) qui ne passe pas inaperçu après les grandes cuvées précédentes ; la matière est finement ciselée et profonde ; dès mon retour, j'ouvre une bouteille dont la profondeur est moins présente, ce qui prouve qu'une longue aération est indispensable et surtout le respect d'une température autour de treize degrés, sinon vous allez le martyriser ! Bourgogne Aligoté "Sous le chemin".
2) Une cuvée plus fruitée et plus imposante que la précédente : Meursault "Vieilles vignes".
3) Cuvée qui s'appuie sur des arômes et des saveurs de fruits blancs bien marqués (surtout la poire) ; la matière est fine et savoureuse : Meursault "1945" (ce vin n'est pas passé sous bois neuf).
4) Les arômes s'appuient sur une fraîcheur mentholée ; la matière est bien présente, profonde et irradiante ... que c'est bon ... Meursault "Les Tessons". Coup de cœur.
5) Patrick nous dit ensuite qu'il nous propose la cuvée qu'il a, selon lui, la mieux réussie en 2015... je reprends un peu sa description : "saveurs de peaux de raisin rôties" et j'ajouterais "raisins de Corinthe". Je comprends ce qu'il a voulu dire ... si nous devions faire une comparaison avec l'architecture d'une église rouennaise, je dirais l'intérieur de l'église Saint Romain pour son côté baroque ; c'est vraiment séduisant, alléchant, surprenant mais un peu loin, me semble-t-il, de ce que l'on peut attendre d'un Meursault ... classique :  Meursault "Les Cras". 
Je suis d'ailleurs surpris que la parcelle située le plus au Nord du village produise un vin aussi "excentrique" au sens étymologique, mais je suis persuadé que dans plusieurs années, il sera le compagnon idéal de noix de Saint-Jacques légèrement ... "rôties" ... dans leur suc !
6) Cuvée beaucoup plus murisaltienne dans l'âme : finesse, pureté, profondeur ... l'association avec l'église Saint-Maclou, "le joyau de la ville aux cent clochers" me paraît idéale : Les Bouchères de Meursault sont au vignoble bourguignon, ce que le gothique flamboyant est à la sculpture sur pierre ! Coup de cœur. 
7) Cette cuvée rouge servira de conclusion : arômes envoûtants sur les petits fruits rouges, les épices, le sous-bois ... bouche aimable et profonde ... produisant une mâche noble, à la fois charnue et équilibrée : Volnay "Santenots". Coup de cœur.

Nous avons fait cette dégustation en compagnie d' un couple fort aimable, avec qui j'ai pu échanger quelques mots à propos de la qualité des vins du domaine : le monsieur me parlait de netteté, point pour lequel j'adhère sans aucune réserve ... les vins de ce domaine sont remarquablement purs, si bien que nous avons l'impression que le producteur n'intervient pas, mais se laisse guider par la Nature.

Chris Rog

Publié dans Revue de Presse

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Notre Millesime 2015 évalué par Allen Meadows de Burghound.com

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Notre Millesime 2015 évalué par Allen Meadows de Burghound.com

 

    Après avoir pris tous les risques pour vendanger tardivement en expliquant les raisons nous ayons conduit par convictions et raisonnements à ces choix pour équilibrer nos vins...Les résultats sont là! :

 

Santenots,Charmes et Goutte d'Or: 93/100

 

Corton-Charlemagne: 95/100

 

Bouches-Chères,Romanée et Caillerets 92/100

 

Vaudésir,Tessons, Puligny Caillerets et Meursault "Vignes de 45": 91/100

"Je voudrais catégoriser le domaine Buisson-Charles comme ayant clairement "sur-performé" dans le millesime 2015"
#AllenMeadows

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10 Juin: Optimiser les traitements biologiques

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10 Juin: Optimiser les traitements biologiques

Beau fixe

 

Le temps est avec nous, les Vignes sont superbes et ne connaissent pour l'heure aucune attaque de maladies. Tout cela autorise une culture biologique sereine qui sans doute aura une influence dans la qualité des fruits de l'année. 

  Toutefois le domaine pour progresser et optimiser toujours plus  ses efforts agronomiques a décidé d'investir dans un nouvel ensemble "enjambeur-pulverisation" flambant neuf. Des traitements optimisés par réglages satellitaires, une cabine disposant d'un système clima-pur, une pulvé TB et un correcteur de dévers...nous avons mis le paquet!

   La bête - en préparation atelier ci dessous - sera prête la semaine prochaine et nous devrions terminer notre campagne 2017 avec...afin d'être fins prêts pour 2018.

   Motivant...

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Labour: Éléments de réflexion

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Vignes labourées du Domaine et Vignes désherbées (une "technique" non utilisée par nous)
Vignes labourées du Domaine et Vignes désherbées (une "technique" non utilisée par nous)
Vignes labourées du Domaine et Vignes désherbées (une "technique" non utilisée par nous)

Vignes labourées du Domaine et Vignes désherbées (une "technique" non utilisée par nous)

Labour: le parti de travailler les sols?

 

     Commençons par une Lapalissade: Avoir des Vignes en bonne santé est probablement l'une des volontés qui m'a conduit à définir la manière dont je les cultive aujourd'hui...

...Chercher à produire un raisin parfaitement équilibré, idéalement constitué pour générer par la vinification  les  grands vins que j'ai en tête peut paraître simpliste mais si ce naïf raisonnement l'était réellement  nous serions fort nombreux à user des mêmes mises en œuvre culturales. 

   Tel n'est pas le cas.

   Produire des fruits adaptés à ce cahier des charges qui les place en amont de la qualité est une aventure qui croise de nombreux possibles et amplifie toujours plus les choix qu'il est permis d'effectuer. 

   En imaginant que le sol bien préparé porte des plants et portes greffes de Hautes qualités - un ratio idéal entre naturelle production de plants très fins  et densité de plantation -  et que ceux -ci sont adaptés à la nature géo-morphologique du sol, il reste à définir la manière de gérer ce patrimoine potentiel croisant terroir, plants et caractéristiques du/des sols. 

 

Comment au quotidien permettre à ces composants de fonctionner en parfaite harmonie sans dérégler les mécanismes qui les inter-agissent? Autrement dit que dois-je faire pour obtenir le meilleur de ces  "Maserati" des coteaux? 

 

   Jusqu'au phylloxéra à la fin du dix-neuvième siècle les Vignes étaient plantées et se reproduisaient à l'infini par provignage, ne laissant quasiment jamais au sol la possibilité de se reposer - mais en avait-il besoin?- renaissant sur ses racines entremêlées. Plantées à des densités  très élevées - souvent plus de 20.000 pieds à l'hectare - ces lianes pérennes ne connaissaient ni la mécanisation, ni les traitements contre les maladies. Amendées chichement et façonnées uniquement à la main grâce à la pioche et aux trois "façons" (passage de la pioche) , elles voyaient leurs sols très peu "ouverts" par ses outils rudimentaires qui ne les grattaient que fort superficiellement. Aucun tassement, des herbes se décomposant  pour tout amendement ou presque et une "science empirique", si j'ose dire, de la taille pied à pied en fonction de leur vigueur. Un homme pour un hectare avec 12 heures de travail journellement, Samedi compris...le rêve? Voir...

   Et puis après des siècles de lianes entremêlées serpentant et se désagrégeant dans les sols,  à la fin du dix neuvième siècle,  vint le puceron. Ce phylloxéra funeste cassa à lui seul une sorte de "chaîne végétative" souvent âgée de plusieurs siècles en redonnant aux ceps une condition de "mortels". Ainsi étonnamment, observons que la vie des sols est une notion véritablement mise en lumière à cette époque...qui a procuré à la vigne une date de péremption et une sorte de mort végétative qu'elle semblait jusqu'alors  pouvoir dépasser.

   Vie, mort, sols, plants...ce sont les hommes qui déterminent ces notions et qui les caractérisent selon les procédés employés. Ce sont eux encore qui en opposition  à toutes logiques naturalistes orientent la manière de gérer les efforts qui conduisent à organiser le fonctionnement de ce "système" produisant des fruits. Car au fond, n'est-ce pas,  tout est pensé pour qu'il y ait une production fruitière rationnelle aboutissant à des récoltes permettant de transformer l'eau en vin. Évidemment cela est une image.

   Ce soucis d'ordonner la production trouva un écho inattendu lorsqu'il s'est agit de restructurer de manière forcée les vignobles atteints de maladies. Le monde productiviste s'engouffra dans la brèche et détrôna sans ménagement des solutions plus douces et curatives désireuses de préserver les plants du greffage. Le remède miracle du plant greffé sur des bois résistants au puceron provenant du nouveau monde fut adopté rapidement car le pays, le monde, le peuple avait besoin de son quart de vin quotidien  et de son Cru dominical. 

   Les plants furent donc plantés au lieu d'être provignés, les agronomes imaginant des surfaces efficientes pour la mécanisation: 1 ha, 1 plant tous les mètres avec un rang tous les mètres, soit 10.000 ceps agencés en règes rectilignes, tendus par des paisseaux de bois et des tirants en fer. Les barbelés avaient circonscrits les prairies, les fils d'acier se mirent à dessiner des couloirs suffisamment large pour les attelages équins ou bovins. L'animal pouvaient enfin pénétrer dans ces prés-carrés en offrant sa force à son vigneron reconnaissant.

    À cette époque les bras sont encore très nombreux à s'offrir aux tâches dures consistant à tailler ces plants vigoureux tout en incisant la terre avec des pioches de tailles et de types variés en fonction de leurs usages. Les  anciennes "façons" mirent du temps à profiter de la force motrice de charrues tractées par l'animal car celles-ci n'étaient pas toujours adaptées aux jeunes plants et aux coteaux. Elles durent être mises au point dans la précipitation. Jean Baptiste Matrot qui construisit la maison où se trouve notre domaine fut un de ces isolés précurseurs désireux de défricher ses sols en trouvant des solutions imaginatives. Son soc de charrue ne fut pas breveté mais nombreux furent ceux l'utilisant.

    Ouvrir la terre pour nettoyer les sols devint donc progressivement possible. Un possible qui ne l'oublions pas n'avait rien d'une réflexion en Agro-foresterie, encore moins d'un excès que l'on imaginait funeste en raison de la dégradation de "l'horizon premier" humique. Non en fait le vigneron cherchait simplement à maîtriser la vigueur de son herbe en libérant les ceps de sa présence gourmande. Loin des réflexions liées aux tassements ou à la mortification des sols par mélange des horizons profonds et minéraux avec ceux superficiels structurés par les vers de la bio-masse, il cherchait à agir pour soulager son labeur quotidien. 

 

Réflexion: N'oublions jamais que l'homme de la terre puise les relations causales de ses efforts dans la rationalisation d'un travail laborieux et difficile, voir "inhumain".

 

  Le sol dès lors devint une zone suffisamment visible et porteuse d'une logique quantitative pour que l'on se préoccupe de le considérer comme un substrat à "brosser dans le sens du poil". Tant il est évident que sans lui rien ne peut pousser régulièrement selon une logique commerciale et plus simplement vitale ou gastronomique. Cette logique commerciale  devenant de plus en plus importante.

   Dès lors, l'agronomie commença véritablement - je schématise car des recherches antérieures existaient depuis le Moyen Âge et même l'antiquité mais sans avoir une véritable résonance -  à expliquer le fonctionnement des sols en déterminant leurs natures et surtout la manière dont cette dernière était obtenue. 

  En expliquant les mécanismes sous-tendant la composition de nos sols on a cru pouvoir alors déterminer ce qu'était "La" vie dans la terre. En définissant que le monde minéral profond s'unissait au monde humique superficiel d'origine végéto-animal par le fonctionnement des vers "dégradant-digérant-mélangeant"  les matières organiques  et minérales sur lesquels pousse la vigne on a isolé un fonctionnement. C'est un peu l'observation "savante" qui consiste à découvrir que l'eau et le feu produisent de la vapeur humide. Cela est totalement exact mais ne nous indique pas que sans le feu, l'humidité n'est rien. 

   Fort de ces observations - extrêmement simplifiées nous sommes d'accord - il est dès lors possible de se demander si lors de notre travail du sol, il nous est permis de changer l'horizon premier dans sa composition même en mélangeant plus ou moins selon le procédé utilisé les parties profondes argileuses  avec les parties Hautes humiques? En somme est-ce que labourer en remontant les couches basses du sol déstructuré notre substrat au point de le tuer?

    À ce stade trois  options sont possibles: soit l'on considère que oui cela change tout et on arrête de labourer, soit on pense que non cela n'a aucune incidence et l'on poursuit , soit, on analyse le fonctionnement de la plante  sur le sol et la qualité des fruits et vins obtenus selon des méthodes différentes et l'on cherche à dégager de réelles relations causales?

    Évidemment toute personne réfléchie choisira la comparaison pour comprendre en profondeur sans fonder son raisonnement sur une pensée mystique ou sectaire. 

   Quoi qu'il en soit nous sommes certains d'une chose, un sol aux horizons modifiés n'est pas un sol "mort", assurément en revanche chaque manière de le travailler résonne sur la plante au point de modifier la manière dont elle va s'intégrer dans celui-ci puis à déterminer le caractère des fruits qu'elle portera.

 

(À suivre)

Patrick Essa - 2017

 

Publié dans Reflexions

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Évolution du millesime 2016 au domaine Buisson-Charles et en Côte d'Or

Publié le par Site internet officiel du Domaine Buisson-Charles

Évolution du millesime 2016 au domaine Buisson-Charles et en Côte d'Or
Évolution du millesime 2016 au domaine Buisson-Charles et en Côte d'Or
Évolution du millesime 2016 au domaine Buisson-Charles et en Côte d'Or

Millésime 2016 en Côte d'Or

   
    La Bourgogne produira peu de vins en 2016 en raison des gelées et d'un mildiou parfois dévastateur. Dans ces conditions il est évident que les crus conserveront dans leurs ADN les stigmates d'une saison végétative perturbée, inégale et surtout excessive. 

   2016 est ainsi une récolte tardive vendangée entre la fin de Septembre et le début d'Octobre qui a été précédée d'une longue période de sécheresse estivale ayant durablement positionné les vignes en situation de stress hydrique, alors même que la floraison tardive induisait  uine situation de croissance des plants durant l'ensemble des mois de Juillet et Août. 


   Gelés le 27 Avril, les secteurs de Marsannay, Gevrey, Chambolle et Vosne dans le Nuiton ainsi que Chassagne, Meursault, Auxey, Monthelie,Volnay, Pommard, Beaune et Savigny dans le beaunois; ont subi par la suite les assauts d'un climat chaotique qui a vu se succéder une  forte période de pluie et une chaleur solaire. 
   Juste derrière les gelées, les fortes pluies de début Mai empêchèrent de positionner les premiers traitements dans des conditions idéales alors que les plants ne présentaient que quelques feuilles étalées. La conséquence immédiate fut une implantation précoce du mildiou dans nombre de parcelles, d'autant que la pression naturelle de l'année était très forte. Ne cachons pas qu'au milieu de Mai nos espoirs de récolte étaient faibles.


   Toutefois à partir du 25 Mai, le soleil a commencé à luire. À partir du quatrième traitement il a été possible de rentrer aisément dans nos rangs de vignes pour placer de bons traitements destinés à juguler un mildiou galopant qui était tombé sur les grappes avant même d'impacter nos feuilles, ce qui est assez rare. Quelques grappes furent perdues avant floraison, mais en revanche cette dernière se déroula vite et bien pour les vignes non gelées au début de Juin et 10/15 jours plus tard pour les parcelles gelées.  
   À partir du 10 Juin les traitements resserrés et curatifs furent efficaces et rétablirent la plupart du temps une végétation saine en jugulant la sporulation du mildiou. Les feuilles en ont gardé une teinte brunie, puis elles se fondirent dans la masse des nouvelles pousses. Au 20 Juin le vignoble avait une allure décente à l'exception de quelques parcelles très marquées par ce mildiou dévastateur. Nombreux - pas tous bien entendu -  sont les vignerons certifiés bio - et les autres! - ayant usé alors de produits systémiques pour sauver ce qu'il restait de leur récolte. Compréhensible et humain.


   Le gel imposa ensuite à tous les producteurs - car bien peu furent ceux n'ayant aucune parcelle touchée - un travail estival harassant pour suivre la pousse lente et pourtant régulière des branches et feuillages. Une "saison de mains" qui pour être totalement aboutie et permettre de préserver le maigre reliquat de grappes  des ceps  gelés et la belle récolte sur les autres ceps fut harassante et demanda jusqu'à 7/8 passages dans chaque vigne pour accoler les branches inégales dans les fils, aérer et positionner les grappes dans les meilleurs conditions. 
   Nombreuses furent les propriétés à terminer leur travail face aux plants dans le courant du mois d'Aout et à continuer de croire que ce labeur ingrat portait en lui la clef qualitative du millésime. 
   Curieusement le temps sec d'Aout se poursuivit en Septembre jusqu'au milieu du mois et selon un schéma inattendu qui vit le temps se refroidir nettement durant les nuits et ainsi favoriser la venue d'un oïdium tardif qui se déclara  véritablement à partir du 5 Septembre. Quelques parcelles furent violemment touchées, en particulier celles dont les traitements furent arrêtés avant la première semaine d'Aout. 


   L'arrêt de croissance des vignes n'intervint qu'à la fin du mois d'août et celui de la charge en sucre seulement autour du 20 Septembre. Comme la pluie est arrivée à point nommé le 18 Septembre Les pinots du nuiton en avance en moyenne sur ceux du beaunois de trois jours d'insolation environ - ce qui est très rare -furent prêts à récolter à partir du 20/23 Septembre sur de bons équilibres, ceux du Beaunois à partir du 22/26 Septembre et selon les cas encore plus tardivement. Ils ont bénéficié d'une arrière saison sèche et ensoleillée et ont ainsi été coupé dans des conditions idéales. 
  Le cas des blancs du beaunois   est assez similaire,leur juste maturité fut atteinte quelques jours après les pluies du 18 Septembre, quelles que soient les façons culturales employées. Les ceps gelés ayant été souvent coupés à la fin du mois pour chercher des équilibres satisfaisants, si ce n'est exceptionnels. 
   
   Dans les deux couleurs et les deux côtes, les raisins sains et marqués par des peaux épaisses, ont donné assez peu de jus au pressurage, de beaux degrés naturels et des concentrations  en extraits secs importantes.


   Les peaux des raisins rouges, épaisses, ont naturellement donné de fortes couleurs mais elles ne feront pas oublier les goûts verts des raisins chétifs générés par les gelées. Chargés en sucre, ils n'ont toutefois pas toujours atteint leur pleine maturité physiologique et ont généré des amertumes à surveiller lors des cuvaisons. Les raisins des ceps sains ont en revanche une qualité digne des meilleurs millésimes, potentiellement. L'ensemble promet des crus rouges hétérogènes où se côtoieront des Vins évoquant les rouges du beaunois en 1999, denses, dynamiques et parfumés; là où d'autres seront plus austères avec des risques d'arômes végétaux et de tanins trop fermes. Il semble évident cette année que les réussites majeures se trouveront à Morey Saint Denis et sur la colline des Corton, toutes deux quasiment pas touchées par les gelées. Évidemment il y aura aussi de très belles réussites selon les secteurs dans chaque commune avec je crois de grands premiers crus à Volnay, Pommard et Gevrey sur la Côte Saint Jacques. 


   Les blancs ont une tension interne affirmée et je crois que les petits rendements qui les marquent ne doivent pas faire oublier que leurs arômes se sont formés sous des chaleurs importantes avec des pieds en situation de stress. Les peaux épaisses induisent une nature initiale impactée par d'abondants flavones. Sans un travail important sur les lies pour équilibrer leur potentiel amer, ils risquent de développer des notes herbacées et des matières puissantes. On se souviendra des 1998 et 1981 pour les moins intéressants - surtout ceux coupés trop tôt - et des excellents 2014 pour les meilleurs, avec toutefois moins de viscosité et un rien plus de tension. Les villages de Puligny et Saint Aubin me semblent touchés par le doigt de Dieu cette année.

  En Décembre 2016 il apparaît évident que les vins sont conformes aux prévisions initiales et qu'il y a une jolie année qui est entrain de se dessiner. Toutefois apres un 2015 d'anthologie, un retour à un niveau qualitatif normal me paraît de mise avec des vins séduisants qui pourront se déguster dans les premières années de leur vie mais qui n'auront pas le souffle des très Grands Millesimes.

  En Février 2017 les crus semblent évoluer doucement vers des profils assez généreux. Rouges frais et tanniques avec des matières de bon aloi qui commencent à faire leurs fermentations Malo-lactiques ou qui les ont terminées avant l'entrée de l'hiver. Les derniers crus à fermenter semblent avoir plus de fond. Je les vois assez compact et rappelant des Millesimes comme les meilleurs  1998 ou 1991 et dans ces deux cas de jolis Côtes de Nuits sont nés et aujourd'hui sont encore fringants. La Côte de Beaune non gelée produira des Blancs de bon niveau qui seront les dignes successeurs des 2013/2014 je pense. Pas le millesime du siècle mais une qualité des plus honnête qui fera la part belle aux équilibres acides assez élevés et donc à des matières ciselées. Je crois beaucoup aux vertus de l'élevage et surtout à celles des assemblages et lorsque cela sera possible nous ferons par exemple au domaine Buisson-Charles des cuvées mêlant  les Vignes non gelées récoltées plus tôt et les Vignes gelées récoltées en fin de campagne. Cela  génèrera de sains équilibres et lissera les profils aromatiques. Il n'est pas exclu que le travail sur des lies assez fournies soit un plus non négligeable dans les Blancs et je pense que les rouges auront besoin de temps en fûts.

Au mois de Mai 2017 les vins semblent plus prometteurs que ce qu'ils laissaient penser de prime abord. Apres les Malo-lactiques les Blancs présentent une juste acidité sur des matières concentrées. Les prises de bois sont discrètes et les Crus y puisent beaucoup de naturel en même temps qu'un corps svelte et musclé. Les secteurs Blancs  non gelés évoquent les profils des 2014 avec un peu plus de maturité et une acidité un poil moins soutenue. Les amertumes parfois présentes sur les Crus gelés au départ se sont quelque peu estompées mais pas complètement. Il leur faudra un élevage long. Les rouges sont étonnants de classe et se montrent parfois au niveau des 2015 avec cette matière mûre et en même temps dynamique qui marque les belles années. Je suis assez surpris de cette belle évolution et je dois dire que Corton Clos du Roi et Volnay-Santenots impressionnent les degustateurs sur fûts au delà de mes espérances. Le premier est terminé et le second achève sa Malo-lactique en se montrant aussi riche que 2005 et 2015.

A suivre.

 
   

Patrick Essa - 2016/2017
    

   

Évolution du millesime 2016 au domaine Buisson-Charles et en Côte d'Or
Évolution du millesime 2016 au domaine Buisson-Charles et en Côte d'Or
Évolution du millesime 2016 au domaine Buisson-Charles et en Côte d'Or
Évolution du millesime 2016 au domaine Buisson-Charles et en Côte d'Or

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Dimanche 28 Mai: Jeunes Vignes en fleur...

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Dimanche 28 Mai: Jeunes Vignes en fleur...

En route pour le Passage en odeur de "floralité"...

   ...La chaleur serait harassante si elle ne s'accompagnait pas d'un petit vent constant. L'état d'avancement du feuillage et des raisins en profite, les branches dépassent désormais les fils du dessus et les raisins parfois en début de fleur ne vont pas tarder à entrer dans la  période critique du "passage" de celle-ci. Dans les 8/12 jours qui vont venir selon le temps - beau annoncé jusqu'à Mardi puis pluie et orage - les petites baies vont perdre leurs petits rayons blancs finement odorant.
   Nous serons dès lors en odeur de "floralité"...un état proche de la quête du Graal vineux pour le vigneron.-))
   Dans ces conditions aucun rognage-écimage n'est bien entendu prévu avant que cette fleur ne soit complètement terminée. On repassera donc accoler - remettre droites les branches et fignoler l'ébourgeonnage - durant La semaine qui vient, l'ensemble de nos parcelles.

Dimanche 28 Mai: Jeunes Vignes en fleur...
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Les évaluations de Bill Nanson - Burgundy report - pour notre millésime 2015

Publié le par Site internet officiel du Domaine Buisson-Charles

Bill Nanson:

 

 

Tasted in Meursault with Patrick Essa, 08 March, 2017.

Domaine Buisson-Charles

3 Rue de la Velle

21190 Meursault

Tel: +33 3 80 21 22 32

domaine.buisson.charles.over-blog

Patrick on 2015:

Really excellent. It was a super harvest and I hope with great wines to follow. For harvesting it’s not a question of acidity; the first people started 23rd August, others the 5th or 6th of September – such a gap is really rare. I think there should be great wines for the patient. Here we began harvesting our reds on the 5th, and our whites on 6th – we finished on the 13th. Despite even (in the end) 13.2° for our Bourgogne Rouge, I had very regular fermentations.

Patrick on his 2016 yields:

Because of frost, we had between 30% and zero in our villages plots – though our Meursault in Pellans wasn’t touched – I also decided that some Pommard should be declassified into the Bourgogne. A further 6 barrels of Meursault came from a second harvest in October from later ripening, tiny grapes – and it’s really quite tasty and also quite Meursault – it seems more mineral if less balanced today – I might declassify but will wait and see. On the other hand, some 1er Crus in Meursault or on the hillsides delivered perfectly normal yields – for instance Tessons, normally yields 7 barrels and we had 6. Gouttes d’Or was the most affected by the frost here. Our work and yields are exactly the same as the 1ers as in the Bourgogne – so it’s an expensive Bourgogne at 18 euros, but it sells easily. We are ‘Bio‘ not biodynamic. I made one contact treatment in 2016, and in fact made ‘only‘ 10 treatments, seeing just a little oïdium in Tessons. So-far, I prefer 2015, but 2016 is a super vintage.

The wines…

First a tour through some 2016s – but no notes as there was a mix of mid- and no-malo wines – then the 2015s. We did discuss Patrick’s Aligoté which is usually at the very highest end of the quality-scale for this cepage – “The density of planting is 16,000 per hectare, and I’m now pruning Guyot-Poussard and training a little higher. I’ve been pruning like this for the last two years and see good aeration and less maladies, but okay, it’s still a little early to judge…

A brilliant selection here – bravo! Proving that there is no one truth in when to harvest – even in a hot and dry vintage.

2015 Bourgogne Chardonnay

Half each from the communes of Meursault and Puligny – a mid-September harvest.

Ooh, a big nose, floral and fresh. A richness pf texture, but also fresh and layered flavour – a great Bourgogne! Long finishing.

2015 Meursault Vieilles-Vignes

Some vines in Pellans here are from 1945.

A tighter base of aroma. Finer, more mineral, more mouth-watering. Beautiful wine, saline and beautiful. Bravo!

2015 Meursault Cuvée 45

Only 3-4 year old barrels used here.

A modest nose, mineral. Oof – more richness of texture but fully energetic, layered and beautiful. Great Meursault…a finish to die for – so über-long!

2015 Chassagne-Montrachet 1er En Remilly

From the upper section of the vineyard.

A bigger, more open nose. Intense, long fresh fruit, fine line. Super complexity in the finish. Bravo again!

2015 Meursault 1er Les Charmes

Deep, vibrant nose. Wide, fresh, mineral the antithesis of rich, just in the finish the width and complexity of some oak, but only there. Great wine!

2015 Meursault 1er Bouches-Chères

A deeper register, faints spice. Ooh – again! What a mineral width, fine bubbling energy, wide, wide, wide – oh, and long! Layers in the finish even minutes later.

2015 Meursault 1er Cras

A nose of apricot and freshness. Ooh, this has layers of melting flavour, more over intensity, more line and wow flavour! It’s hard, but this could be my new favourite!

2015 Chablis 1er Les Lys

Beautiful direct, perfumed aroma. Direct, but the intensity melts over the tongue with complexity. A little extra finishing width, perhaps caramel too. But long, long. Super stuff!

2015 Corton-Charlemagne

Made from Aloxe fruit in Charlemagne. Direct south-facing, close to the cross.

Wide not super-overt aromas, but interesting. Ooh this is intense, this could be Chablis mineral, almost metallic. Long. Less wide in the finish than many, but really special, and no less long. Bravo!

2015 Chablis Vaudesir

Pyrazine and menthol on the nose. Wide, silken, energetic, intense – ooh – bravo! Wide and long in the finish.

The reds…

2015 Bourgogne Rouge

From two vines; one Meursault Coutures, and the other Puligny Champans – 50% whole cluster. ‘I like ‘supple’ but I won’t go down the route of making an easy-drinking wine that’s dead in 10 years – this includes the press wine too.’.

Ooh, wow, round supple fresh and complex. Big volume, layers of flavour. Fresh, and really tasty, big in the finish too – delicious and not a hint facile. Bravo Bourgogne!

2015 Volnay 1er Les Santenots

The fruit from 70 year-old vines. All whole cluster. All new oak

Narrower and more floral aromas when opened. Wide, plenty of fresh texture, a base, but not intrusive, of tannin. Oak in the finish – an open-ended finish…

Publié dans Revue de Presse

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Le point sur le millésime 2015 et scores des vins

Publié le par Site internet officiel du Domaine Buisson-Charles

Le point sur le millésime 2015 et scores des vins
Le point sur le millésime 2015 et scores des vins

Désormais c'est un fait nos raisins ont été transformés le 2 septembre par la pluie tombée car après la chaleur, ils purent entrer à un stade terminal de maturation sur le plan physiologique, celui où la terre nourricière révèle avec le plus de vibrations la nature du terroir et sa singularité. En fait tout ce qui permet au vigneron de revendiquer une origine exceptionnelle.

Pour quelles raisons me direz vous?

Après quatre mois d'élevage et un suivi régulier de plusieurs paramètres issus des vinifications quelques éléments expliquent le véritable mystère de la nativité du millésime 2015:

1/ en premier lieu, un raisin ne peut donner son équilibre et ses parfums/arômes que s'il est physiologiquement et phénoliquement mûr. Quelle que soit l'année. Hors en 2015 les fruits vites chargés en sucre ont eu besoin de temps et d'un peu d'eau pour achever réellement leur maturation. Pas tout à fait 100 jours après le passage de la fleur - comme il est souvent de règle - mais entre 94 et 98 jours selon les secteurs.

2/ le niveau faible d'acidité malique s'accompagnait d'une acidité tartrique élevée et de niveau de potassium modéré dans la pulpe. Les vins ont des équilibres d'année chaude et précoce et préserver leur tension sans chaptaliser - car cela peut faire chuter les acidités et modifier les équilibres généraux des moûts vers la dilution et l'impression alcoolique - était essentiel pour nous.

3/ les peaux épaisses etaient chargées en potassium tout comme les rafles, laisser la pluie augmenter la proportion de jus nous paraîssait nécessaire pour préserver notre belle acidité tartrique qui peut être précipitée - et donc diminuer - par des niveaux de potassium importants. De ce point de vue ce fut une réussite majeure pour le domaine . Voir le tableau des analyses après les FA.

4/ mettre en œuvre une réception de vendanges et des cycles de pressurages pour ne pas générer trop de potassium fut une étape cruciale et qui a permis de limiter l'effet du potassium sur les acidités tartriques.Nous nous étions préparé en amont et là encore nos options ont porté leur fruit.

5/ les années précoces et chaudes voient des rendements levures souvent plus modérés - cas chez nous des 2003,2007,2011 - que les années tardives et fraîches. L'année dernière il fallait moins de 16 grammes de sucre pour réaliser 1 degré, cette année je pense que tabler sur 16,2 etait plausible... Cela ne fut pas complètement le cas et les vins ont souvent des niveaux d'alcool compris entre 13 et 14 degrés. Un peu élevés parfois mais largement compensés par des PH - l'acidité vraie - très bas. Inférieurs chez nous à 2014 sur les Meursault. Voir le tableau d'analyse joint.

6/ rentrer des vendanges sous des températures proches de 20 degrés pour éviter de voir les moûts partir en fermentation alcoolique trop vite sans avoir à les refroidir et donc en laissant les choses se déclencher naturellement selon une cinétique douce et régulière fut un choix encore une fois gagnant si l'on observe la capture d'écran que j'ai faites pour la météo de nos vendanges. Encore une fois nous fûmes dans le meilleur des timing. Chance et surtout...réflexions opportunes!

Le 7 Février 2016, les blancs issus de mon petit négoce - 22 pièces seulement de Chassagne, Chablis et Puligny - ont tous terminé leurs fermentations malo-lactiques et se montrent fringants sur de justes PH - entre 3.23 et 3.30 vins finis - et des niveaux d'acidité satisfaisants qui procurent une belle fraîcheur aux matières denses. Je suis très optimiste car ces vins n'ont rien du caractère "vin de sècheresse" que développaient parfois certains 2003 et 1976. On observera ici qu'ils ont tous été coupés entre le 3 et le 10 Septembre.

Les Meursault du domaine titrent en moyenne 0,3 degrés de plus et possèdent entre 0.8 et 1,2 point d'acidité totale en plus sur des PH inférieurs de 0,20 en moins qui oscillent entre 2,97 ( aligoté et 3.20 en moûts. Ils termineront je pense autour de 3,10/3,22. Pour des crus proches de 13,6 degrés en moyenne, c'est assez incroyable et pour tout dire, cela va bien au delà de mes espérances les plus optimistes. La grandeur de ce millésime hors norme se profile sidérante et à bien des égares je n'avais jamais observé de tels équilibres sur des concentrations aussi grandes. Moins de 50 hl pour les villages et entre 39 et 46 hl/ha pour les crus.

Les rouges sont construits sur les mêmes équilibres et présentent des rendements plus bas sauf à Pommard ou la vigne de Chiveau fête ses trente ans avec des raisins idéalement équilibrés, mûrs et abondants! De beaux rendements c'est si rare au domaine Buissin-Charles que je le souligne. Pas un gramme de sucre n'a été employé et les crus ont une souplesse et une élégance naturelle que j'espère pouvoir/savoir préserver ainsi jusqu'aux mises en bouteilles.

"2015 s'annonce hors norme" disions nous avant les vendanges...désormais cela se précise nettement.

Après les mises en bouteilles, scores et impressions 

   En Février 2017, le millesime  2015 est désormais sous verre et déjà plusieurs évaluateurs internationaux et français ont passé en revue la gamme quasi complète. William Kelley du magazine Decanter a salué leur parfaite fraîcheur et à noté les vins au plus haut niveau communal en attribuant trois 95/100 aux crus et en évaluant toute la gamme villages et premiers crus au dessus de 91. Sarah Marsh pour Burgundy Briefing et Neal Martin pour Le Wine Journal de Robert Parker ont eux aussi attribués des scores compris entre 88 et 94 selon les vins. Nous  avons également reçu Allen Meadows de Burghound qui n'a pas encore sorti ses notes de dégustation mais qui a salué lors de celle-ci la précision et l'adéquation parfaite de nos options de vendange savec la fraicheur de nos vins. Les premiers scores des rouges seront publiés en Mars et ceux des Blancs en Juillet. 

   Notre ressenti après les mises en bouteilles est un sentiment de plénitude et d'accomplissement car la gamme est homogène et cohérente, aussi bien à nos yeux qu'à ceux qui ont ou deja les déguster et évidemment ces derniers confirment que nous avons eu du cran de savoir patienter pour opérer une récolte assez tardive dans une année qui a vu tant de Vignes coupées précocement. 

   J'invite tous les allocataires du domaine à venir à Meursault pour se rendre compte des résultats obtenus et tous les jeunes - et moins jeunes! - passionnés du vin à solliciter un rendez vous pour que nous leur expliquions notre travail au cours d'une degustation:

  dombuissoncharles@wanadoo.fr

Patrick Essa

Le point sur le millésime 2015 et scores des vins

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La sècheresse s'invite à la fête...

Publié le par Site internet officiel du Domaine Buisson-Charles

Les jeunes plants d'aligoté souffrent de la canicule

Les jeunes plants d'aligoté souffrent de la canicule

Le temps est au beau fixe, il fait chaud, presque trop pour nos vignes.

Nous sommes quasiment - et à plusieurs titres - en cale sèche!

En effet nous n'avons plus une bouteille de vins du millésime 2014 à vendre dans de nombreuses appellations et en dehors de rares Meursault VV et Chablis cette fois la faible production de 2014 se fait vraiment sentir.
Dans le vignoble il apparaît que plus une vigne ne souffre de la sèche arrière saison et elles commencent à voir le feuillage se tourner vers le sol et Les raisins flétrir surtout dans les zones où le sol est pauvre et où les plants sont jeunes.
Il nous faudrait de l'eau sans quoi le peu de récolte non gelé sur pied sera bien peu productif...une inquiétude de plus en cette année complexe.
La conséquence de ce climat quasi caniculaire étant que si les pluies ne viennent pas les dates de vendanges risquent d'être avancées et franchement cela ne sera pas forcément bon car ira à l'encontre d'une évolution douce des baies selon un cycle de maturation achevé et parfaitement abouti.

(À suivre)

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Comprendre le vignoble de Meursault

Publié le par domaine.buisson.charles.over-blog.com

Comprendre le vignoble de Meursault

Le Finage de Meursault - Variété des crus  

 

   Depuis toujours le nom de Meursault évoque pour les dégustateurs du Monde entier un vin blanc ample, gras, concentré sur des saveurs de noisettes, qui vieillit avec bonheur et procure du plaisir sur des poissons en sauce ou des volailles blanches.
   Sans renier cette " image d'Epinal ", il est sans doute possible de dépasser le Mythe et sa transmission orale, les fausses vérités et les interprétations imprécises pour défricher un terroir qui mérite plus qu'une somme de lieux communs, même si ce sont eux qui ont forgé d’une certaine manière sa légende.
  L'imaginaire dans le vin est souvent de type agrégatif : on complète des connaissances en les additionnant à celles que l'on possède déjà. De nombreux auteurs ont parlé de Meursault depuis le 17°siècle : Courtépée et Béquillet, le docteur Lavalle, Danguy et Aubertin, Rodier et plus près de nous Anny et Paul Sadrin ou encore Henri Cannard. Chacun a œuvré en relisant les précédents et en se fondant sur des affirmations qui n'ont guère été contestées au fil des siècles car le respect des canons anciens qui singularisent les crus a souvent valeur de « sacralisation ». Au final la permanence du discours est plus le fait d'un manque de recherche ou de questionnement que d'une stabilité qui rendrait ce vignoble intemporel. Meursault a évolué, a changé comme toute la Bourgogne (nous en reparlerons au fil du temps) et le village et ses vins sont ancrés dans le présent autant qu'ils puisent dans le passé des racines dans lesquelles la sève de la tradition circule.
Notre propos est donc de comprendre le vignoble depuis le présent pour relire l'histoire et mettre en lumière les faits du passés qui peuvent éclairer la situation actuelle.
Il est évident que ce travail engage l'auteur et ses connaissances, chacun pourra à loisir compléter ou contester tel ou tel fait ou analyse, il reste que l'éclairage apporté ici n'est que le fait d'un dégustateur devenu producteur et négociant sur la commune et qui tire ses conclusions de sa propre expérience, en toute indépendance d'esprit.
Un village remarquable :
La première chose qui frappe lorsque l'on arrive à Meursault est son clocher haut perché qui domine l'église Saint Nicolas, cela donne une allure majestueuse au village qui sied à ses pieds, cela procure également une grande fierté aux Murisaltiens qui aiment leur bourg aussi discrètement que passionnément.
De nombreuses maisons de maître apparaissent aux 4 coins du village. Les familles nobles et bourgeoises les ont construites souvent au cours des 18° et 19° siècles, elles étaient propriétaires et négociantes et ont contribué à l'essor du village.
Les grands murs qui bordent les maisons et enclavent les propriétés en des clos hermétiques aux regards sont le signe d'un passé glorieux et prospère et d'un goût affirmé pour l'austérité et le classicisme. Nous sommes en terre de tradition, la mémoire est préservée à l'intérieur de ces hautes clôtures en pierre, il est difficile d'y pénétrer sans être introduit et il est impossible de comprendre les gens qui y habitent sans comprendre pourquoi existent ces enceintes !
Un tissu social très dense, ouvert sur l'extérieur :
   L'intimité des familles de Meursault n'est percée que dans le cadre de la famille qui est ici le noyau central de l'esprit du village, on est uni par les liens du sang, par des principes de vie, mais aussi par la terre, les savoir faire, les méthodes de vinification. Il existe des codes sociaux qui tissent les liens entre les habitants du village, chacun est à sa place, il est très difficile de pénétrer une sphère qui n'est pas la sienne. Tout cela n'exclu pas le respect entre les Murisaltiens mais vous ne verrez que très rarement un propriétaire fréquenter son ouvrier en dehors du travail. (Il est des contre exemples bien sûr mais mon propos est général). 
  Une des valeurs majeures de ce microcosme social est le travail, toute personne laborieuse et dur au travail, est réputée pour cela et en tire un prestige insoupçonné ailleurs, c'est une forme de reconnaissance pour les " petites gens " (on comprendra aisément qu'il n'y a pas le moindre mépris de ma part pour cette expression), de l'admiration parfois même... . La terre, sa culture difficile tout au long des siècles, les efforts qui y sont liés, sont à l'origine de cette manière d'être car il a fallu des bras pour mettre en valeur le vignoble et donner du lustre aux habitations. Cependant après l'ouvrage chacun aime à donner une entité à son pré carré, celui-ci est alors clos et impénétrable.
  Il est cependant de tradition de recevoir les visiteurs et de leur assurer une explication simple et claire des vins de la commune. Les vignerons ont toujours ouvert leurs portes pour vendre, ils ont aussi su garder des contacts très suivis avec les clients les plus connaisseurs et sympathiques. Il n'est pas rare de croiser des invités de toute nationalité dans les caves et les dégustateurs avertis sont appréciés pour échanger les points de vue sur telle ou telle cuvée. Ainsi, les expériences de dégustation qui se poursuivent tard avec de vieux flacons sont probablement le moyen le plus sûr de comprendre le village et ses vins.
Des crus réputés :

La description des crus si dessous est uniquement fondée sur un passé de dégustateur, sans aucun lien avec les caractéristiques communément admises des crus que l'on retrouve dans la plupart des ouvrages de référence. Elle recoupe certaines conclusions antérieures mais donne aussi à réfléchir sur des définitions aromatiques et typiques précises qui tiennent compte de la position des parcelles dans les crus.
Le terroir de Meursault est très étendu, il compte environ 360 hectares de vignes sises entre Puligny-Montrachet, Auxey-Duresses et Volnay. Les surfaces exactes sont peu importantes mais il vous suffit de savoir qu'il faut environ 20 minutes en courant à une allure modérée pour traverser le vignoble, cela replace celui-ci dans des proportions très bourguignonnes.
Les premiers crus n'occupent guère plus de la surface du château Lafite à Pauillac. Cette étroite bande de terre et comprise entre 260 et 300 mètres d'altitude et l'on est dans une zone ou la déclivité va de modérée (presque plate) dans les Charmes du bas, à très " pentues " dans certaines parties des Perrières des Bouchères ainsi que dans le dessus des Genevrières ,Goutte d'Or et Poruzots. Avant de les décrire précisément nous nous attacherons à définir le caractère des lieux-dits de niveau village car ceux-ci plus étendus portent en eux une part de l’esprit des vins de la commune, certains même – très qualitatifs – sont isolés et donnent leurs noms à des bouteilles très recherchées, un fait quasiment unique dans la Côte des blancs.

 


Des lieux dits "seconds crus" :


Le classement des parcelles, en dehors des premiers crus n'existent pas, pourtant il est d'usage de considérer certaines d'entre elles comme de véritables seconds crus, elles apparaissent sur les étiquettes avec de plus en plus d'insistance car le fait de les mentionner rend le vin plus marchand, un peu plus cher bien souvent car plus rare et sans aucun doute supérieur.
Nous pouvons les envisager en différents quartiers géographiques :
Au sud en direction de Puligny :
   Les terrains sont très réputés et le milieu du coteau est intégralement classé en premier cru, cependant le Limozin constitue un excellent lieu-dit très proche de Genevrières du dessous et des Poruzots du milieu, il allie puissance et complexité et fait partie des climats qui méritent sans conteste d'être individualisé. Vous pouvez également miser sur les Narvaux du dessous qui sont placés au dessus des Genevrières du dessus, ils sont minéraux et fins . Les qualités des Pelles , des Crotots, des Gruyaches et des Buissons Certaut les destinent plutôt a être asssemblés pour en faire des villages complets. Nous parlerons encore des Terres Blanches et des Luraules qui pourraient constituer des troisièmes crus de bon niveau voire mieux dans la partie haute des Luraules : les vins sont aromatiques et vieillissent bien.
  On soulignera ici qu'une grande partie du climat des Gruyaches a été intégrée dans les Charmes lors du classement des premiers crus au début des années cinquante. Les parcelles restantes de ce cru sont moins bien exposées et susceptibles de voir des eaux stagner à certains endroits. Le domaine Fichet qui en possède une parcelle a, de ce fait, réalisé d'importants travaux de drainages à la fin des années 90 pour assainir la parcelle et l'améliorer qualitativement. Il produit depuis un vin de très haut vol qui tient tête à de nombreux Charmes.
   Le climat des Pellans situé juste sous les Charmes du bas termine l'AOC village en direction de Puligny-Montrachet, il est assez hétérogène car incliné en pente douce vers le nord à partir de la moitié du lieu-dit en direction de Meursault. Les parties "hautes" sont en revanche très qualitatives car les terres y sont moins profondes et plus filtrantes. Le domaine Henri Germain, le château de Chorey les Beaune, le domaine Bellicard à Santenay produisent ici des génériques de belle tenue, charnus, charpentés et amples. J'aime beaucoup ce cru dense qui est très typique de l'Aoc et capable de magnifier une cuvée d'assemblage en lui donnant du corps et de la sève.
  Le Limozin a la tenue et le caractère d'un Genevrières du bas en sa partie haute et ses terres très courtisées produisent sans doute avec le Tessons le meilleur des "seconds" de la commune quoique dans un registre fort différent. Là où Tessons est tendu et racé, Limozin se montre velouté, ample et enveloppant surtout s'il est issu de vieilles vignes, et elles ne manquent pas dans le secteur! Henri Germain, François Buisson, Rodolphe Demougeot, Michel Bouzereau en produisent de remarquables  dans des styles proches qui mêlent richesse et harmonie sur des belles notes de fruits blancs. Son sol argilo-calcaire est composé de terres blondes mêlées de petits cailloux en partie haute et de sols plus profonds en sa partie basse non loin du lavoir communal. L'endroit est très légèrement incliné vers le levant, solaire et mûrit précocement. IL faut en général le récolter assez tôt pour préserver une tension interne affirmée, sinon il peut se montrer quelque peu capiteux, puissant, voire un peu opulent. Il s'agit sans doute d'un des "seconds crus" les plus « séveux » de cette commune dont le finage génère des fruits naturellement riche en glycérol.
 Au nord en direction de Volnay :
  Depuis toujours les terres de ce côté de la commune ont été plantées - sauf à de rares exceptions- en pinot. Les appellations d'origines contrôlées instituées au début des années trente et la progression des ventes en bouteilles vers l'étranger, ont quelque peu changer les données de plantation : Meursault est devenu un village synonyme de vins blancs à l'exportation, sa réputation ancienne pour les blancs a été mise en avant, et le côté sud de la commune - sans même parler des Santenots - qui portait des rouges remarquables, a été replanté au fil du temps en vignes blanches.
  Les bourguignons ne sont pas des rêveurs et la possibilité de mieux vendre une appellation est déterminante dans le choix du cépage, mais aussi aujourd'hui explique le type particulier des blancs produits de ce côté-ci : Ce sont des blancs plantés sur des terrains dont la valeur agrologique est remarquable, mais souvent ils sont produits sur des terres destinées aux vins rouges issus du pinot.
  La parcelle la plus célèbre est sans conteste celle qui appartient aux Comtes Lafon elle est connue sous le nom de la Désirée depuis au moins deux siècles, elle est enclavée dans le climat des Petures qui peut aussi donner en rouge l'appellation Volnay Santenots. Tout est simple en Bourgogne si l'on connaît le parcellaire... Il s'agit donc d'un " village " revendiqué dans une terre de premier cru, il est remarquable et sa puissance lui assure un bon vieillissement , mais ne lui demandez pas d'avoir la finesse des premiers crus du côté nord.
  Viennent ensuite le Clos de la Barre , le Clos du Cromin et le Clos des Mouches, les deux premiers sont des blancs massifs et de bonne expression, ils sont très aromatiques et sont prêts à boire assez rapidement. Le clos des Mouches est planté en rouge , nous y reviendront dans le paragraphe consacré aux vins rouges de la commune. Les autres parcelles les plus remarquables sont les Perchots, les Peutes vignes, les Corbins, les Criots, les Marcausses, les Vignes Blanches et en la Barre. Le dernier est sans conteste le meilleur lieu dit et celui qui mérite le plus d'être cité sur une étiquette, sa profondeur et son bouquet en font un Meursault village de grand style. Les autres me paraissent devoir être assemblés, ils expriment de manières moins originales les qualités du Meursault, mais en complément d'autres lieux dits ils peuvent apporter de la puissance et des saveurs mûres, les vignerons qui les assemblent obtiennent souvent de très belles cuvées de village sans mention de lieu-dit.
   Le coteau blanchit et de moins en moins de Meursault rouges parsèment ces lieux-dits. Certains d'entre eux sont désormais isolés par les producteurs qui en ont assez pour fidéliser une clientèle. Ils contribuent largement à les faire connaître au delà des frontières et le prix des terres grimpe en flêche! Ainsi trouve t'on une fort belle cuvée de Criots chez Ballot-Millot, des Corbins ronds et puissants chez le cousin Vincent Dancer et une cuvée un peu plus austère - mais tout aussi racée- chez Vincent Bitouzet à Volnay.En revanche point de Perchots, de Marcausses et de Peutes vignes ( les vilaines vignes en patois!)...demain peut-être, qui sait!?
   Je suis plus réservé sur l'important Clos du Cromin qui année après année produit des vins friands et généreux mais parfois également un peu trop simples surtout en sa partie basse composée de terres argileuses assez lourdes. Les vignes de l'extrémité nord proches de la Désirée, plus pentues, plus hautes et plus caillouteuse me paraissent avoir un meilleur potentiel. En moyenne c'est une cuvée de troisème classe, pas plus sauf dans ce dernier secteur où les crus s'expriment avec plus de finesse et de distinction.
   Au dessus de ce clos, au dessus du camping de Meursault se trouve un très petit, peu connu et sous-estimé lieu-dit : le Pré de Manche. Terres caillouteuses, assez pentues selon l'endroit et légèrement "versées" au sud. Il faut avoir déguster la cuvée de Max Piguet à Auxey-Duresses pour comprendre toute sa qualité. Un registre nerveux, sec et racé qui n'est pas sans évoquer la tension et la forme des Perrières, sans en posséder toute la plénitude bien entendu.Il ferait un bon "troisième" dans le haut du classement.
   La Barre et le Clos de la Barre sont proches de la seconde classe. Dégustez la récente - moins de 15 années de commercialisation - cuvée de François Jobard pour vous convaincre de sa densité. Les Perchots (prononcez "perchottes") suivent de près. Une "troisième haute" qui culmine je pense avec les vignes de Lafon dans le Clos car "il y a du caillou" non loin de la surface.
   Au centre sur le coteau de Meursault :
   Le coteau qui surplombe le village à l'ouest est le plus apte à produire des " Meursault village " de qualité . Presque tous les lieux dits de cette zone méritent d'être mentionnés sur les étiquettes car tous possèdent un type particulier, reconnaissable dans une dégustation à l'aveugle : une identité propre s'en dégage.
   A ce propos signalons qu'il n'existe pas un type de Meursault mais bel et bien plusieurs définition d'une même expression aromatique : différents tableaux provenant d'un même peintre...Il est dès lors utile de mentionner chacun d'eux en essayant d'en donner une définition gustative :
   Le plus connu d'entre eux, car il est isolé par tous les vignerons est sans doute " le Tessons ", c'est un cru qui est chaque année très proche des premiers crus, il était placé en première cuvée au siècle précédent par le docteur Lavalle et les vignerons de la commune le situe toujours en tête des climats non premier cru avec le Limozin. Il est toujours très minéral avec un nez de silex (de pierre à fusils), il s'ouvre assez rapidement et peut se garder 25 ans sans problème lorsqu'il est bien vinifié. Sa structure est dense et serrée sur un volume puissant mais élégant. C'est réellement un très beau cru.
    Une partie du coteau orienté plein Est à Meursault n'a pas eu le classement premier cru décrété au début des années 50 du siècle précédent. Après que les différents syndicats communaux aient refusés de se mettre d'accord pour définir une aire en grand cru juste avant la seconde guerre mondiale, préférant miser sur le seul nom de Meursault, la commune s'est retrouvée avec le principal coteau blanc de Côte d'Or à délimiter selon une logique excluant les classements des autres communes et avec la volonté de créer un équilibre de production entre les zones "premier cru", "village" et "régionale".
   Les Chevalières , les Rougeots et les Casses têtes suivent de très près accompagnés du haut des grands Charrons et de la partie la nord ouest des Tillets. Les Chevalières sont d'une finesse et d'une élégance rare en année chaude, mais on récolte toujours un peu plus tard dans ce secteur qui est un rien plus froid à cause des vents qui proviennent de la Combe d'Auxey-Duresses.

Les zones hautes et plus froides:


A/ les zones hautes:
   Certains climats se trouvent placés sur le second mouvement du coteau de Meursault qui fait une sorte de replat au dessus des premiers crus avant de reprendre une forme plus pentue. Ce replat très pierreux était souvent creusé de carrière d'extraction de pierres de tailles. Aujourd'hui les carriers ont disparu du coteau - ils subsistent non loin à Chassagne - et certaines zones d'extraction ont été comblées pour "porter" à nouveau de la vigne. Dans la zone qui prolonge ces carrières on trouve en partant depuis Puligny une partie du domaine communal planté il y a dix ans. Ce sont les Chaumes "côté Blagny", assez hautes, très pierreuses, de maturité tardives, elles sont souvent assemblées en raison de leur jeune âge et de leur valeur "bonne sans plus». Des vins frais, tendus et assez linéaires.
   Ensuite se trouve un très important lieu-dit: Les Narvaux. Sol de tout premier ordre dans sa partie basse, il est capable d'égaler le Tessons à cet endroit, mais il perd de sa force au fur et à mesure de son positionnement haut sur le coteau. Très proche de l'esprit des Genevrières du haut, il n'en possède toutefois pas la puissance. C'est un vin d'une très grande longévité qui peut évoluer sur des décennies. Les murisaltiens qui en possèdent assez l'isolent systématiquement et le tienne pour un "second cru" naturel.
   Faisant suite aux Gorges de Narvaux et Narvaux du milieu on trouve les Tillets et les Cloux, lieux-dits qui se ressemblent car ils sont exposés plein est sur des terres hautes remises en valeur dans l'entre deux-guerres par ceux qui parmi les  vignerons possédaient un double attelage équin pour y accéder...c'est aussi cela la vraie valeur culturelle des terres! Les vins sont très fins, élégants et possèdent une distinction naturelle en année un peu chaude qui peut aller vers des sommets. Des vins souvent assez longs à se faire, tendus et possédant une énergie rare.
   De l'autre côté de la route de la Montagne Saint Christophe en direction d'Auxey-Duresses, se trouvent les lieux-dits Vireuils du bas et Vireuils du dessus. Le bas est assez proche des Cloux et le dessus préfigurent déjà les terres plus hautes des Hautes Côtes et de saint Romain avec des vins plus droits et acides qu'il faut cueillir un peu plus tardivement. Si le bas est parfois isolé, le dessus participe souvent aux cuvées d'assemblage avec les crus de plaine plus bouquetés.

  B/ les zones plus froides:
  Sous l'influence directe de la Combe d'Auxey - et donc des vents qu'elle génère- on trouve deux lieux-dits d'excellents niveaux: Les Luchets donnent des vins assez proches des Chevalières de la partie haute, mais un rien plus froid, plus tendu et avec une très belle énergie interne. Les Meix-Chavaux sont assez vastes et la meilleure partie est sans doute le bord sud du Clos des Meix-Chavaux car elle est disposée sur un sol pierreux de laverottes qui se délitent et elle peut être aussi qualitative que les Chevalières voisinent.
   Face à ces lieux-dits on trouve sur un coteau très original situé sous le pré de Manche: les Murgers de Monthelie. Les vignes regardent l'ouest, sont sous l'influence des vents de la Combe d'Auxey mais très dégagées et moins pentues que le coteau d'en face, bénéficient aussi d'une cuvette solaire assez chaude qui les fait parvenir à maturité assez vite au regard de leur situation. De nombreux Meursault "séveux" et racés naissent dans cette zone ou Patrick Javillier par ex; possède une fort belle parcelle non loin de la nationale qui va à Autun.


C /le cas des zones "communales":
  En plus de la partie "Chaumes côté Blagny" toute une série de nouvelles plantations est plantée sur l'ancienne "petite montagne " de Meursault qui était autrefois une zone de friches arbustives ou la vigne n'avait pas droit de cité. Les engins modernes et la volonté de mettre en valeur ce patrimoine ont depuis permis de positionner des ceps là où autrefois ils étaient proscrits. Une étroite bande de vignes court donc désormais depuis le dessus des Goutte d'Or jusque sur le dessus des Chevalières. Ces zones "Chaumes" sont de qualités variables et ne méritent en général pas plus que l'AOC village sans nom de lieu-dit spécifique, mais le temps les fera sans doute rejoindre dans quelques années des lieux-dits plus prestigieux, contigus...ce qui sera une funeste erreur, tant ils sont en général différents des parcelles qu'ils jouxtent. Les meilleurs sont toutefois placés au dessus des Chevalières et des Tessons. Mais il faut connaître les endroits au cas par cas et pour le consommateur ce n'est pas aisé. Il est cependant certain qu'aujourd'hui la plupart de ces vins sont assemblés à d'autres cuvées.

 

 

 Les premiers crus situés au Nord de la commune :

  Meursault est réputé pour la qualité de ses sols dévolus aux vins blancs, mais il subsiste quelques "ilots" de premiers crus plantés en chardonnay du côté des Santenots et de Volnay. Ces parcelles sont étonnantes, peu connues et pourtant forts qualitatives.


1/Les Caillerets:
   Moins d'un hectare de vignes situées sur une étroite bande qui surplombe le climat des "santenots blancs". Quelques producteurs produisent des premiers crus -blancs et rouges ce qui est une curiosité - qui s'expriment remarquablement.  Les premières vignes contre le Clos des soixante ouvrées (un clos AOC  Volnay Caillerets) disposent plutôt d'un sol à rouge et sont très proches de l'esprit "Volnay" fait de finesse et d'élégance. Quelques ilots ont été gagnés sur des carrières anciennes et montrent des sols plus pierreux mais parfois un peu  remaniés. Ces dernières vignes sont plantées en chardonnay et donnent des vins souvent un peu lactés, puissants et assez différents des premiers crus du sud de la commune car plus vineux et moins aériens.


 2/Les  Cras:
   Petit cru mesurant un peu moins de 4 ha les Cras sont un vignoble mixte "à la mode murisaltienne". N'ayant pas réussi à rejoindre le "train" des Santenots alors que ceux-ci ont englobés au moment des classements des parcelles de valeurs agrologiques contestables pour des premiers crus (les Santenots du dessous), ils subsistent sous leur nom mais comptent en leur sein un monopole qui occupe près d'1/4 de sa surface : Le Clos Richemont du domaine Darnat. Les Cras peuvent être blancs ou rouges comme le climat voisin de Meursault-Caillerets et ils s'expriment avec bonheur dans les deux couleurs.
   Le terroir est placé assez haut sur le coteau et surplombe en fait les Petures. Il est composé de terres de nature variables selon les situations. La bande du haut dispose de sols bruns/blonds, caillouteux, assez pentus de nature argilo-calcaire et de maturité précoce. Elles donnent des vins fins, bouquetés et discrètement fruité qui se livrent assez facilement en jeunesse. La partie du Clos Richemont dans la partie nord supérieure est plus argileuse et ses sols plus sombres étaient autrefois plantés avec des pinots. Les blancs sont aujourd'hui très vineux et souples et possèdent une nature originale qui les rapproche un peu du Montrachet de Puligny. Enfin les parties basses du climat occupées par deux propriétaires seulement montre des terres plus blanches en raison du pasage d' une veine d'oolithe. Cet endroit est plus spécifiquement dévolu aux blancs car très solaires et de caractères minéraux, ils ressemblent un peu aux Blanchots de Chablis où à la partie haute exposée sud du Charlemagne


3/  Les Petures
   Sans doute l'un des premiers crus les plus étranges de la Côte de Beaune car -très peu connu- il peut produire de grands vins blancs et rouges en AOC premier cru sans que l'on n' évoque jamais son nom sur l'étiquette...car il se vend régulièrement sous le nom de Volnay- Santenots (Meursault-Santenots en blanc) auquel il a légalement droit. Funeste pour la "gloire" de son patronyme, ce choix a pourtant été réfléchi par les diverses commissions syndicales qui l'ont proposé car il enterrine des usages loyaux et constants validés par plus de deux siècles de pratique. On pourrait imaginer qu'il s'agit d'une entité à part ou d'un sous lieu-dit minuscule ne pouvant s'affirmer pleinement seul...il n'en est rien. Magnifique zone de plein côteau, idéalement exposée à l'est et portée par un substrat argilo-calacaire dont l'origine remonte au Bajocien, elle est naturellement destinée à tenir parfaitement son rang de premier cru avec -sans doute- beaucoup plus de personnalité et de caractère que la partie du dessous des Santenots.
   Le cru est homogène et pentu et si la partie basse est légèrement inclinée vers le levant les parties hautes sont un peu plus fortement inclinées et par conséquent très filtrantes. En surface les terres brunes, mêlées de cailloux de petites tailles, argileuses, assez collantes et qui réssuient bien en superficie sont portées par un substrat profond rocheux qui permet à la vigne de plonger ses racines loin dans le sol. Cet ensemble donne des vins très originaux qui se rapprochent fortement du Chevret de Volnay et pour la partie haute des Volany-Caillerets de l'étage supérieur. Sans doute un des crus les plus sous-estimés de Meursault car son grain souple et son énergie lui confèrent une personnalité d'une originalité affirmée. 
   Le caractère des vins est similaire à celui des Santenots du milieu- réglissé et fumé sur des accents de fruits noirs - mais n'en possède pas toute l'intensité et surtout le cru se montre régulièrement plus souple en jeunesse. Quelques ilots de blancs donnent des vins vineux, puissants et très aromatiques qu'il ne faut pas cueillir en sur-maturité sous peine de confiner à la mollesse. La vigne de Désirée du domaine Lafon - replantée en 2008 - donne ici un vin blanc - cadastré dans les Petures- sensuel et profond qui termine le climat dans sa partie sud, contre le Clos du Cromin. On notera par ailleurs que le climat "porte" légalement deux vignes hautes qui ont droit à l'AOC Volnay-Santenots, elles sont exploitées par le domaine Roy d'Auxey-Duresses.


   4/  Les Santenots "Du Milieu" ou Volnay-Santenots
   Les Santenots sont intégralement situés sur la commune de Meursault dans un zone très qualitative qui prollonge le fameux coteau de Volnay. Très étendu - plus de 30 hectares - le climat intègre plusieurs lieux-dits ayant des profils différents mais possèdant tous de magnifiques qualités morpho-géologiques. Des terres argilo-calcaires brunes du Milieu aux cailloux des Santenots blancs et du dessus des Petures en passant par les zones plus riches des Petures du bas et des Santenots du dessous, il est assez difficile de définir une véritable unité pour ce célèbre cru. Le "milieu" est exposé Est, de terre rouge très argileuse, peu profonde sur un sous-sol de calcaire dur, le site est très solaire et précoce.
   La partie dîtes Santenots du Milieu donne incontestablement sur 8 hectares les vins les plus intenses,sauvages et profonds de l'appellation Volnay avec des notes réglissées/fumées qui évoquent souvent les pinots fins des parties médianes du Clos de Vougeot ou des Renardes à Corton. C'est un cru d'élite qui fait partie des cinq meilleurs finages de la Côte de Beaune. Il possède de plus une capacité de garde époustouflante, certains "spécimen" de 19° siècle conservés chez Bouchard Père et fils sont même dans une forme étincelante en ce moment.
   

 

Les premiers crus situés au Sud de la commune 


1/  Les Perrières :
 Le cru de Perrières est sans conteste le plus courtisé de la commune car il réunit les qualités essentielles de puissance et de tension qui signent les plus grands vin blancs issus du chardonnay. Peu d'écrits se penchent en revanche sur les facteurs qui génèrent cette supériorité affirmée.
   On se fonde le plus souvent sur une tradition ancestrale qui positionne le climat très proche du grand Montrachet pour sa longévité et son originalité. Combien savent qu'il en est en fait l'exact contraire stylistique? Autant le Montrachet s'exprime par une vinosité insurpassable, autant le Perrières est un vin tellurique, énergique, violent, à la sauvagerie quasi dérangeante, qui  déroute souvent lorsqu'il est jeune. Ce vin sans compromis est produit sur des secteurs assez divers qui marquent également la race formelle des crus qui en sont issus.
    Ainsi la "Grande Perrière" qui fait suite aux Genevrières du dessus jusqu'à la grotte - qui la connaît!? - de la "Porre et Piarde" donne t'elle les vins les plus civilisés du climat , assez proches au fond des "grands Genevrières" qui lui font face car plus opulents, plus sensuels et plus immédiatement accessibles, ils livrent une partition droite et pure qui s'assagit un rien plus vite que la partie haute du finage. celle-ci appellée "Perrières dessus" est également très morcelée car disposant de parcelles hautes et basses, avec des orientations variables, elle confère aux crus un côté rocailleux qui densifie la granularité de la texture et finit par imprimer une sensation quasi coupante sur la langue. vin de cailloux sur des terres maigres, vin sidérant de finesse évoquant les dessus du Chevalier ou la rigidité de la Goutte d'Or si méconnue.
    Le meilleur secteur est sans doute le "plat des Perrières" juste au dessus de la "grande Charmes" du dessus, il englobe le Clos et une langue de terre qui va butter contre les Champs Canets de Puligny-Montrachet. Les vins produits dans ce secteur sont sans conteste les plus grands Bourgogne blancs par leur intensité et leur bouquet unique mêlant les accents rocailleux d'une minéralIté vraie et cette incomparable touche grillée/mentholée que génère les beaux chardonnays d'équilibre subils.

2) Les Charmes:
   S'il est un cru qui identifie à coup sûr le style des vins de Meursault, c'est bien Charmes. Cette évidente observation est même particulièrement notable lorsqu'il s'agit de définir quels sont les amateurs qui apprécient "vraiment" la plus grande - en superficie - des communes de la Côte des blancs. Ceux qui n'ont pas de relation particulière avec ce cru aiment en général mieux les vins de Puligny ou de Chassagne car l'opulence du cru, son côté glycériné et sa texture très souvent visqueuse en font un modèle qui mêlerait presque la douceur tactile des vins liquoreux avec la sècheresse des crus les plus secs et même une étonnante "sauvagerie" dans les années de fraîcheur, un peu tardives. Il n'est je pense aucun vin plus puissant que lui en Bourgogne dans le monde des blancs et sa richesse est souvent assez proche de celle d'un Bâtard-Montrachet sur une partition aromatique plus florale et un rien moins brutale.
   Cru de mi-plat, très caillouteux et étendu, les Charmes regardent le levant et sont enclavés entre les Genevrières, les Perrières du dessous et les Combettes de Puligny-Montrachet. Ce vaste ensemble caillouteux et argilo-calcaire est assez uniforme en dépit des classifications qui sont très souvent opérées et qui minorent le haut par rapport au bas du climat. Bien entendu l'ensemble des vignes sises sous les Perrières est en général un rien plus précoce et marqué par un substrat caillouteux qui leur confère une énergie rare, mais la partie médiane est également bien dotée même si les sols se font un peu plus argileux à certains endroits. Les vins acquièrent alors un fruit et une profondeur qui complexifient encore la trame tendue et un peu plus brutale qui marque les vins des parties hautes. J'aime beaucoup la densité et le velouté de ces deux zones en signifiant toutefois que le fameux "plat des Charmes" situés juste sous le Clos des Perrières est naturellement - potentiellement - le plus régulier et le plus complet.
   La question des parties basses est à mon sens une "fausse bonne énigme" qui occupe trop d'observateurs se fondant sur une approche "cartographique". Les Charmes du bas seraient "moins" bien placés donc moins denses, moins complexes et surtout moins racés. Le véritable problème est que de nombreux producteurs s'occupent de cette partie et qu'il est souvent fort difficile de situer à l'aveugle le "carré" qui a servi à générer le vin! D'autant que de nombreuses vieilles vignes sont ici en production. Les sols y sont quand même plus lourds et ressuient moins vite mais la terre est fine, les cailloux encore bien présents et la classe naturelle du terroir indéniable. Après en avoir douté au début de ma vie de dégustateur je dois bien avouer qu'aujourd'hui je préfèrerais de beaux raisins provenant du bas que de médiocres grappes du haut! Mais là je vois bien que je ne vous éclaire guère!


3/Les Genevrières
   Parmi les grands crus blancs oubliés du classement des années trente, Genevrières est sans doute celui qui aurait le plus mérité d’obtenir ce titre, plus encore peut-être que Perrières si j’en juge l’homogénéité remarquable de l’ensemble du territoire qu’il occupe. Une chose est certaine pour les amateurs de blancs élégants, fins et racés à texture soyeuse, il trône en tête des blancs de Bourgogne en compagnie du Chevalier de Puligny-Montrachet.
   Vin de dentelle, pendant des Amoureuses cambuléennes, ce vin harmonieux et droit possède également  l’incomparable qualité de vieillir avec grâce. Le voir s’affiner au fil des années est sans doute l’un des rares plaisirs qu’il est permis à un amateur de vérifier sur la quasi totalité des millésimes qui sont mis en marché tant ce vin est régulier. Il doit ses extrêmes qualités à plusieurs facteurs :
   En premier lieu un sol argilo-calcaire homogène, assez peu profond – surtout en sa partie haute – datant de l’étage Bathonien. Ce substrat  est également marqué par des Marnes blanches et il permet aux plants d’équilibrer avec justesse leur vigueur pour générer des fruits gorgés de sucs qui donnent des jus finement glycérinés.
    Ensuite, une inclinaison de pente allant de forte – hauts des Genevrières Dessus – à modérée dans le bas des Genevrières Dessous. Cette situation morpho-géologique assure un parfait drainage des eaux de pluie, elle est encore accentuée par la construction assez récente d’un collecteur d’eau dans le milieu bas du climat.L’eau ne stagne jamais dans les vignes.
    Une orientation plein Est avec des vignes coupant les deux demies parties du climat dans le sens Est-Ouest. Cette situation d’exposition , idéale, permet de préserver une très belle fraîcheur dans les raisins qui arrivent à maturité sans être « rôtis » excessivement par les rayons du soleil et il se développe ainsi une vraie maturité de fruit avec des degrés potentiels modérés. Cela explique sans doute une bonne part de l’ultime finesse qui caractérise les vins.
   Un ensemble de parcelles très homogènes et un morcellement un peu moins accentué que dans d’autres climats communaux. Bien sût le bord sud des Genévrières du Dessous est très découpé mais si l’on excepte la zone médiane des parties hautes , ce sont à peu près les seules parcelles qui sont inférieures à 20 ares. Par ailleurs 4 propriétés exploitent ici plus de deux hectares ce qui est assez exceptionnel au niveau des premiers crus de la commune.
    A la lumière de ces constats nous pouvons dégager trois grandes zones à l’intérieur de ce climat premier cru qui mesure 16 ha et 4794 a :
   Les Genevrières du Dessus : Ils forment un rectangle quasi parfait enclavé entre les Chaumes de Narvaux au dessus, les Poruzots au Nord et les Perrières du Dessous au Sud. Son sol est assez fortement incliné vers le levant et un peu moins large au niveau de son bord Sud. Terroir pierreux, marqué par des terres blondes, un rien plus sombre en son centre, il a le potentiel avéré d’un grand cru et est sans doute celui qui en plus de la finesse livre les expressions les plus ciselées. Un peu plus vif que le bas en moyenne, moins corpulent mais aussi délicatement salin, il embaume le chèvrefeuille et la fleur de vigne et cousine fortement avec le Chevalier-Montrachet.
    Au dessus des Genevrières du dessus – séparé de lui par un long mur – et directement sous les Chaumes de Narvaux, un sous lieu-dit peu connu appelé « Cure Bourse » ou en patois « Colle Bosse » est exploité pour plus de un hectare par le domaine Pierre Latour-Giraud. De petits rangs parfaitement alignés, plantés sur une pente douce et sur la quasi largeur haute du climat bénéficient d’un sol comparable à celui qu’il surplombe. Le vin y est en général extrêmement plein et fin et mêle curieusement la tension des Perrières proches à la finesse de grain des Genevrières.
    Les Genevrières Dessous : située en contre-bas des Genevrières Dessus est lui plus impacté par des terres un rien plus lourdes – bien qu’encore très pierreuses – et donc un sol plus profond et moins marneux. Il en résulte des vins plus denses, très complets et puissants qui vieillissent avec une indicible harmonie. Subtil mélange entre l’immédiate expressivité  des Charmes du dessus qu’il jouxte au sud et la finesse des Genevrières du dessus, c’est un vin de taffetas qui ressemble – mais il vous faut faire un effort d’imagination - comme un jumeau blanc au Richebourg vosnier.
    Il serait sans doute possible de définir à l’intérieur du Dessus et du Dessous des sous zones caractérisées par une olfaction et des profils organoleptiques singuliers. Je pense notamment au « presque » Clos qui appartenait autrefois à la maison Ropiteau et qui, aujourd’hui, est contrôlé par Bouchard père et fils ou encore au bord nord de la partie Desous qui est situé plus bas dans le coteau et forme un quasi "à plat" car la pente y est très douce. Cette zone occupée pour une part par les hospices de Beaune est marquée des terres les plus lourdes du climat et génère des vins plus puissants, un peu moins délicat, sur une complexité plus brutale...les « Bâtard » de Meursault peut-être….

 


 Goutte d’Or et Bouchères (ou Bouches-Chères)
   Si le premier - Goutte d'Or - a gagné de récentes lettres de noblesse depuis que le domaine d'Auvenay en vinifie deux petites parcelles, le second reste médiatiquement bien discret et assez éloigné de la notoriété des prestigieux Perrières, Charmes ou Genevrières. La qualité de deux climats est pourtant  incontestable surtout si l'on considère leur capacité de garde  hors norme. Des exemples de bouteilles ayant été bues de 25 ans à  près du siècle me servent évidemment de référence. 
   Pourquoi dès lors semble t'on s'interroger sur la permanence et les potentialités de ces deux climats premiers crus? Essayons ici de lever une partie de ce mystère.

4/La Goutte d'Or
   Le cas de la Goutte d'Or  - originellement singulière et donc sans S et funestement affligée de celui-ci dans le cadastre actuel! - est assez simple. Le lieu-dit historique mesure un peu plus de 5 hectares et certaines parties - la partie médiane-sud essentiellement - ont été quelque peu remaniées en raison d'une déclivité dans le sens nord-sud qui générait des difficultés à la mécaniser. D'autre part il est certain que la partie basse non loin du collecteur d'eau et des terres blanches a été également remise en forme. Par ailleurs le nom très porteur a été fort souvent employé pour des parcelles contigües - ou  non! - du cru historique et a au final déprécié quelque peu sa qualité moyenne. Ainsi Bouchères a été vendu avant les règles strictes des AOC - nous sommes dans les 50 pour les 1ers crus - en tant que Goutte d'Or pendant plusieurs décennies dans certaines propriétés...autres temps, autres usages!
 Il en résulte une image qui a longtemps pâti de la joliesse du nom, d'origines pas toujours bien claires et du peu de producteurs le portant véritablement à la hauteur médiatique que lui confère naturellement son terroir. J'entends encore de ci de là certains non producteurs du cru le minorer nettement par rapport aux cinq autres "majeurs". Ce sont en général ceux qui ne le vinifient pas et le dégustent peu... Et qui la plupart du temps ne le connaissent simplement pas assez. Ils me donnent ainsi une certaine légitimité à leur répondre avec des arguments solides et bien entendu vérifiables sur le terrain:
  En premier lieu c'est un cru homogène qui forme un rectangle quasi parfait entre les Luraules au Nord, les Terres Blanches à l'Est  et les Bouchères au sud. En pente régulière un rien plus inclinée dans la partie supérieure haute, la quasi totalité des parcelles le coupent d'Est en Ouest du bas vers le haut.
En compagnie des Bouchères il s'agit du cru qui a la plus précise des identités si l'on considère qu'il ne se décompose pas en plusieurs sous lieux-dits. Exception faîtes sans doute des "pointes de goutte d'or" dans le bord haut Nord du cru et de la partie qui verse vers le sud, dont les terres ont été retenues par un muret.
Il est marqué par une bande rocheuse en son centre et est de ce fait proche de la roche mère en certains endroits, AINSI les plants  ont parfois bien du mal à s'y enraciner et "donnent toujours naturellement peu" sur ce substrat maigre et argilo-calcaire.
Encore un peu sous l'influence des vents de la Combe d'Auxey, il est sans doute le plus froid - soyons prudent toutefois car ce n'est pas un climat d'altitude - et le plus "tendu" des crus de la commune, deux jours plus tardifs en moyenne en fin de cycle végétatif. Il ne faut surtout pas le couper à haute maturité de ce fait car il y perd sa vraie nature.
Sa couleur n'est jamais plus dorée qu'ailleurs en dépit de légendes qui aiment associer son nom à la robe du vin. Au contraire il est la plupart du temps clair comme de l'eau de roche.
La capacité de garde conférée par sa tension interne affirmée en font le cru qui vieillit le mieux de la commune, supérieur à tous les autres à mon sens. Il en subsiste des exemples éclatants capables de défier le siècle. Les 1947, 1929 et 1893 que j'ai bu récemment sont encore en pleine forme!
  Petit cru proche du village, découpé en bande il est possédé directement par seulement quelques propriétés locales. La plus grande parcelle mesurant 1.20 ha est exploitée par le domaine Buisson-Battault en fermage, une partie de ses fruits fournit le négoce beaunois. A côté de ce grand carré les entités n'excèdent jamais plus du demi hectare.

5/Les Bouchères ou Les Bouches-Chères
   Longtemps diffusé sous le nom de Goutte d'Or ou comme Poruzots dans les années précédents les classements  des climats en "premier cru" il ne doit sa notoriété récente qu'à quelques propriétés locales qui le mettent largement en valeur désormais. Hautement qualitatif, murisaltien jusqu'au bout des ongles, il possède ce je ne sais quoi "floral" qui le distingue nettement des autres premiers crus si l'on excepte la partie haute des Genevières à laquelle il ressemble nettement.
   Formant un rectangle au milieu du coteau il est marqué par une parfaite homogénéïté dans une situation le plaçant entre Goutte d 'Or au Nord et Poruzots au Sud. Un peu plus de 4 hectares dont 1.5 ha d'un seul tenant formant sans aucun doute le Clos le plus homogène et qualitatif de la commune avec le Clos des Perrières. Celui-ci sera exploité par le domaine Roulot à partir d 2012 et était avant la propriété de la maison Labour-Roi, et plus anciennement de la maison Manuel. On peut en quelques items en lister les principaux caractères:
Dans une situation un peu plus fraîche que Charmes ou Perrières il arrive à juste maturité un rien plus tard et ne supporte pas les raisins en sous maturité qui accentuent son pole floral jusqu'à le rendre un peu végétal sans lui conférer plus de tension.
Son sol argilo-calcaire est l'un des plus pentus des premiers crus de la commune. Il est orienté plein est et parsemé de petits cailloux qui se mêlent à une terre blonde.
Cru élégant, très racé et finement bouqueté, il développe quasiment chaque année ce nez de noisette fraîche que l'on retrouve aisément en Genevrières. Il s'agit alors d'une senteur mêlant la complexité du fruit et du végétal dans une expression vraiment très originale qui peut aussi évoquer la fleur de vigne.
Naturellement peu enclin à exprimer une minéralité vraie, elle peut toutefois surgir dans les millésimes tardifs qui préservent une forte acidité tartrique.
C'est un très grand vin de garde qui peut défier plusieurs décennies et qui évoluent en affinant sa matière vers une sorte d'essence de chardonnay en décuplant sa douceur tactile. Le boisé lui sied donc assez mal car il marque la structure par un apport dE tanins boisés aussi incongrus qu'inutiles car ils éliminent sa nature délicate et altière.
En dehors des Genevrières du Dessus, il peut aussi "cousiner" avec la partie basse des Chevalier sur Puligny ou avec la fabuleuse partie médiane des Folatières sur la même commune. Mais aussi curieux que cela puisse paraître Vaudésir et Blanchots à Chablis, lorsqu'ils ont élevés sous bois, peuvent aussi lui être comparé par leur naure florale et leur évidente délicatesse.
Le Clos s'est toujours étiqueté Bouches-Chères et une autre propriété - voir ci dessous - l'orthographie également ainsi. Pourquoi? Une question d'élégance il me semble...
 

6/ Les Poruzots ou Porusots
   Le premier cru Poruzots n'est ni le plus connu, ni le plus réputé de la commune de Meursault, sa qualité est pourtant bien réelle. Positionné entre les Bouchères et les Genevrières il occupe une zone de plein coteau argilo-calcaire, idéalement exposée vers l'Est. Composé de sols bruns assez clairs, caillouteux et parfaitement draînés qui marquent les vins du côté de la densité et de la tension, c'est un climat qui évoque nettement l'imaginaire et la nature très classique que l'on associe aux vins de Meursault.
   Il souffre toutefois d'un certain manque d'unité et si la partie haute est tout à fait digne des meilleurs Genevrières du dessus, les zones médianes et basses ne participent pas tout à fait de cette haute qualité. Sans démériter, la partie "dessous" qui est séparée du "dessus" par le chemin qui mène à Puligny est moins inclinée et marquée par un substrat un peu plus sombre, moins caillouteux et plus argileux. Les vins y sont un rien plus lourds et immédiats mais n'ont pas l'ultime raffinement des "Grands Poruzots" qui prolongent les Genevrières dessus jusqu'aux Bouchères. La zone intermédiaire placée sous les Bouchères sur une fin de coteau assez étroite peut se révéler très qualitative mais ressemble plus fortement à la Goutte d'Or voisine sans en avoir toute la puissance.

Les vins rouges de Meursault
   La commune est bien entendu plus réputée pour ses blancs et les vignerons ont en général beaucoup plus de vins blancs en production que de rouges, mais il subsiste au 4 coins de la commune des rouges de bonne qualité possédant des noms et des caractéristiques diverses:
   1/ Un premier secteur - et le plus connu - est celui des Volnay Santenots qui regroupe plusieurs lieux-dits (Santenots du milieu, Clos des santenots,Petures, Santenots du dessus,Marcausses,Santenots blancs). Placé au nord de la commune il donne des vins assez divers selon les lieux-dits, passant de la finesse à la puissance et de la rusticité à l'élégance. C'est un peu la sphynge de Meursault et il mériterait une très longue attention pour l'envisager dans toute sa complexité. Nous y viendrons probablement un jour.
  2/On peut associer à ce secteur les parcelles plantées en rouges dans les climats premiers crus Caillerets de Meursault et Cras. Je vous recommande en particulier le Meursault Caillerets de François Mikulski et le Meursault Les Cras du domaine Latour-Mabille.
  3/ Les Meursault rouges situés au nord de la commune sous les Santenots dans les lieux-dits Peutes vignes, Marcausses, Corbins et Clos des Mouches. Plus simples mais fruités ils sont assez proches des Volnay Village et s'expriment de manière élégante. Marcausses de Jacques Thevenot,Clos des Mouches ( en monopole) de Germain.
  4/ Les lieux-dits Dressoles et Malpoiriers ne donnent que des Meursault rouges car s'ils sont plantés en blanc ils prennent l'AOC Bourgogne. Ce sont des vins plus simples et fruités qui s'assimilent un peu à certains rouges de plaine situés à Chorey le Beaune.Le domaine Jean Monnier en tire une cuvée régulière et droite par ex.
   5/ Le Clos de Mazeray de Jacques Prieur est une survivance du passé car ce secteur au sud de la commune qui jouxte les "terres blanches" , les Crotots et les "Luraules" était souvent planté en rouge au 19° siècle ( en particulier Luraule ). Le clos de la Baronne ( dans le Meix Gagne ) de la maison Labouré roi (anciennement Manuel) est séparé par une route du Clos de Mazeray et possède aussi une partie en rouge dans sa zone basse plus argileuse. Mais la vigne de rouge diminue comme peau de chagrin ces dernières années.

  6/ Le secteur de Blagny qui est en partie sur Meursault possède des vignes plantées en rouge dans les climats premiers crus la Pièce sous le bois et Sous le dos d'âne. Il donne des vins très fins et fruités qui ne ressemblent pas du tout aux autres rouges de la commune mais qui cousinent un peu avec certains Côte de Nuits (ce qui est assez surprenant). Ils sont étiquetés Blagny la Pièce sous le bois ou Blagny sous le dos d'âne. Le domaine Matrot  possède une large part de la Pièce sous le bois et réalise souvent un vin d'excellente qualité. François Jobard réalise ici son unique premier cru rouge.
   Voilà qui donne une idée de la localisation des plants de pinot noir sur la commune, ils sont loin d'être marginaux comme c'est le cas pour le Chardonnay dans les communes de la Côte de Nuits par exemple. Historiquement le nord était planté en pinot noir et le sud ( hormis Blagny et Luraule/Mazeray ) en blanc. J'ajoute que de nombreuses vignes de pinot noir sont plantées sur le finage de Meursault dans l'aire d'AOC Bourgogne générique et que des lieux-dits comme Magny, Belles Côtes, Herbeux ou Coutures en possède une proportion.

Patrick Essa - Ecrit de Janvier 1997 à Janvier 2016

Reproduction strictement interdite

 

 

Comprendre le vignoble de Meursault
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Allen Meadows - Burghound.com - évalue notre millésime 2014

Publié le par Site internet officiel du Domaine Buisson-Charles

Allen Meadows - Burghound.com -  évalue notre millésime 2014

Allen Meadows a sorti son nouveau numéro il y a quelques minutes. Merci à lui pour ces évaluations élogieuses de nos blancs 2014 Elles nous mettent du baume au coeur...


2014 Bourgogne-Aligoté Sous Le Chemin: A spicy and overtly citrus-inflected nose introduces delicious and solidly well- concentrated middle weight flavors that possess a lovely sense of energy along with good minerality on the lingering finish. This attractive and forward effort should drink well almost immediately. 86/2017+


2014 Bourgogne Hautes Coutures: (from Meursault fruit). There is an interesting hint of petrol on the otherwise fresh and pretty aromas of green apple and floral scents. There is a really lovely texture to the seductive, round and utterly delicious flavors that possess particularly good mid-palate concentration in the context of what this is, all wrapped in a saline-inflected finale that delivers very fine depth and length. An excellent Bourgogne worthy of your interest. 87/2018+


2014 Meursault Vieilles Vignes: Very mild reduction doesn’t completely mask the citrus, floral and white-fleshed fruit aromas. There is fine intensity to the well-detailed and impressively concentrated middle weight flavors that evidence plenty of stone influence on the attractively lingering and balanced finish where a hint of bitter lemon arises. This is a powerful, indeed even old school Meursault villages that is going to need at least a few years of bottle age. Recommended provided that you have the patience to wait. 89/2021+


2014 Chablis Les Lys: Here the restrained nose is cool, airy and elegant with ultra-pure aromas of lemon, iodine, sea breeze, oyster shell and the plenty of floral influence. The intensely mineral-driven and well-delineated flavors possess a lacy, even delicate mouth feel before terminating in a notably saline, dry and clean but not austere finale. This is textbook Les Lys that should drink well almost immediately yet reward a few years of cellar time too. Lovely stuff. 91/2019+


2014 Chablis Vaudésir: As one would reasonably expect this is somewhat riper than the Les Lys with its subtly exotic aromas of white peach, seaweed and tidal pool nuances. There is a good deal more size, power and concentration to the intense broad-shouldered flavors that possess first-rate complexity and terrific persistence on the balanced and sappy finale. This will be less forthcoming young but not so much so that it won’t be approachable until it peaks. 93/2021+


2014 Chassagne-Montrachet La Romanée: As is often the case with a fine La Romanée there is a touch of the exotic in evidence on the exceptionally fresh mix of white orchard fruit aromas that include white peach, apple and pear, all of which are trimmed in just enough wood to notice. The detailed, precise and tension-filled medium-bodied and generously proportioned flavors really vibrate plus the discreet minerality adds a bit of lift as well to the firm and notably dry finish. This is really quite good and in particular I like the overall sense of harmony. 92/2021+


2014 Chassagne-Montrachet Les Caillerets: A judicious application of wood does not detract from the attractiveness of the equally exotic aromas of orange peel, white peach and mineral reduction that display floral and spicy top notes. There is excellent concentration and intensity to the racy and overtly mineral-driven yet seductively textured medium weight plus flavors that culminate in a clean and explosive finish that is both dry and hugely long. This is really quite impressive plus the sappy dry extract should allow it to be approached on the younger side if desired. 93/2022+


2014 Meursault Tessons: (from vines planted in 1964 and aged in 20% new wood). In contrast to the prior wines that exhibited mild levels of reduction this is very firmly reduced so if you’re going to try a bottle young be sure to decant it first. Like the Caillerets there is excellent concentration and power to the beautifully detailed, indeed chiseled, flavors that possess a positively gorgeous texture on the superbly well-balanced finale. It’s rare to find villages level wines of this caliber and the ’14 Tessons is highly recommended. 91/2021+


2014 Meursault Les Cras: (from yields of only 14 hl/ha in 2014). A cool and appealingly fresh nose is comprised by notes of citrus, apple and a hint of pear along with nuances of hazelnut and grilled almonds. There is a lovely texture to the impressively intense and delineated medium weight flavors that are more evidently mineral-driven on the linear, focused and sneaky long finish. In contrast to some of the wines in the range this is going to require a few years of cellar time to further flesh out as it’s borderline lean today. 91/2022+


2014 Meursault Charmes du Dessus: Very mild reduction does not materially detract from the restrained nose of acacia blossom, citrus and white orchard fruit aromas that include pear and apple. There is excellent size, weight and mid-palate concentration to the highly energetic middle weight flavors that also terminate in a clean, dry and linear finish that is presently slightly austere. This is also clearly going to need a few years of cellaring to allow it to further flesh out but it should be magnificent in time. 93/2024+


2014 Meursault Bouches Chères: (note that the domaine uses the old spelling for Bouchères). An airy and exceptionally pretty array of floral, pear, apple and citrus nuances are framed by a deft application of wood. There is a wonderfully delicate mouth feel to the refined and beautifully textured medium weight flavors that exhibit a fine bead of minerality on the balanced and lingering finale that is ever-so-mildly austere at present. Textbook juice. 92/2022+


2014 Meursault Goutte d’Or: Like the La Romanée and Vaudésir this too manifests a hint of the exotic with its ripe nose of mostly white and yellow orchard fruits that offer tangerine peel and pekoe tea nuances. There is plenty of mouth coating dry extract that really fills out the mid-palate of the full-bodied flavors that possess both outstanding volume and ample power, all wrapped in a textured, balanced and lingering if mildly austere finish. The concentration is impressive and this powerful effort should amply reward extended keeping if desired. 93/2022+


2014 Puligny-Montrachet Les Caillerets: Here there are no such exotic aromas but rather those that are much more floral in character with cool citrus, tea, spice and wet stone nuances. Once again there is outstanding concentration and mid-palate density to the medium weight flavors as the abundant level of dry extract completely coats the mouth and buffers the firm acid spine shaping the intensely mineral-driven finish that delivers absolutely first-rate depth and length. This is at once concentrated yet classy and almost delicate in its delivery. Lovely. 93/2022+


2014 Corton-Charlemagne: (from Le Charlemagne). Once again there is a discreet hint of the exotic present on the otherwise fresh, cool and admirably pure floral, green fruit and wet stone scents. The palate impression though is entirely classic with restrained and intensely mineral-driven broad-shouldered and overtly muscular flavors that possess excellent volume and plenty of energy before really fanning out on the firm, balanced and ever-so-slightly austere finale. This appears to possess terrific development potential and it’s clearly going to require at least 5 to 6 years just to get rolling while amply reward 10 to 12. Patience. 93/2024+

Allen Meadows - Burghound.com -  évalue notre millésime 2014

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Vendanges: Nous couperons en Octobre selon plusieurs tries

Publié le par Site internet officiel du Domaine Buisson-Charles

Vendanges: Nous couperons en Octobre selon plusieurs tries

Au domaine Buisson-Charles la véraison des raisins se poursuit doucement et sera sans doute achevée autour du 30/08 pour les parcelles non gelées mais les vignes commencent à stresser en raison des très fortes chaleurs de cette semaine. Les secteurs touchés par les gelées dévastatrices de fin Avril - qui nous ont fait perdre la moitié au moins de notre récolté - accusent toujours 15 jours de retard au bas mot.

Si l'on considère qu'en moyenne il faut 40 jours après véraison pour récolter des raisins phénoliquement mûrs, on ne peut que constater que ces indices objectifs continuent de conduire notre vignoble au début d'Octobre pour les vendanges.

Plusieurs éléments nous permettent de percevoir des aujourd'hui une partie de ce que sera le caractère de ce millésime tardif.


1/les peaux sont très épaisses et les baies aérées, elles sont entrain de dégrader leurs acidités maliques encore très élevées.

2/Les charges sont en général modestes et permettront de récolter des fruits sains sauf si le temps devait se dégrader durant tout le mois de Septembre.A longue vue la météo semble assez clémente...

3/ les secteurs gelés n'ont pas comblé leur retard et ils arriveront à maturité bien après les autres raisins, il faudra les couper plus tard et donc étaler les dates de coupes.


Sans être devin, nous nous acheminons je pense vers une année où les vins auront des degrés initiaux modérés mais suffisants, de belles acidités constitutives et des ph de raisins frais, assez bas. Le jeu consistera à récolter en plusieurs passages les grappes parfaitement mûrs pour éviter de nous retrouver avec des moûts analytiquement déséquilibrés. Je crains en particulier beaucoup les notes végétales et l'amertume que peut procurer une vendange qui est composée de fruits en décalage de maturité. Des baies titrant 13 degrés d'alcool aux côtés d'autres à 9/10 ne font jamais de grands vins. On se souviendra des 1981, 1998 et plus près de nous de certains 2007.
J'imagine les blancs très dynamiques et potentiellement droits et purs et Les rouges sombres et denses, racés avec toutefois comme écueil l'amertume de fruits phénoliquement inaboutis.

Je cherche toujours trois vendangeurs pour le début d'Octobre, si vous êtes courageux et désireux de venir travailler avec nous une bonnesemaine, nous serons heureux de vous nourrir et de vous loger.

Patrick Essa - 27/08/2016

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Meursault Goutte d'Or 2007

Publié le par Site internet officiel du Domaine Buisson-Charles

Meursault Goutte d'Or 2007

Les vins du domaine - particulièrement les premiers crus - doivent vieillir pour pleinement s'exprimer. Je me souviens de ce vin en jeunesse, de son expression austère et des réserves que certains dégustateurs professionnels m'en avaient fait. Ils n'était ni exubérant, ni séducteur et son côté ours mal léché ressemblait sans aucun doute à son vinificateur.
A l'époque je m'en étais inquiété car face à ses pairs, il n'était clairement pas dominateur. Pourtant je savais au fond de moi que les raisins frais et tardifs du millésime que nous avions cueillis tard et triés très sévèrement ne pouvaient pas générer autre chose qu'un cru au niveau de son sol fabuleux.
Dégusté en Mai 2015 au Tessin, puis il y a trois jours, il nous a simplement scotché par sa race, sa densité et son indicible complexité. Seul Allen Meadows y a cru dès le départ en mentionnant tout cela dans son commentaire dès 2009...
...si vous en avez je vous les rachète!

Patrick Essa

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Le Meursault Bouches-Chères 2013 à l'honneur dans la RVF

Publié le par Site internet officiel du Domaine Buisson-Charles

Le Meursault Bouches-Chères 2013 à l'honneur dans la RVFLe Meursault Bouches-Chères 2013 à l'honneur dans la RVF
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Meursault Les Tessons 2011

Publié le par Site internet officiel du Domaine Buisson-Charles

Meursault Les Tessons 2011

Une cuvée de Tessons dans un millésime aussi précoce que 2011 est forcément une bouteille ouverte et avenante...c'est du moins l'idée que j'en avais. Eh bien je me trompais! Bu en bouteille et en magnum ces derniers temps, le vin s'est montré assez discret, plutôt fin et d'une élégance prononcée. Vin délicat et floral il ne joue pas du tout dans le registre exotique et requière des mets légers et surtout pas des sauces trop grasses. L'apéritif et les fruits de mer semblent en ce moment faits pour lui. Essayez!

PE

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Meursault-Bouches-Chères 2009

Publié le par Site internet officiel du Domaine Buisson-Charles

Meursault-Bouches-Chères 2009

Le hasard des lectures sur le web conduit parfois à ouvrir des bouteilles pour en vérifier le niveau du moment. Entre une critique moyenne venant de Belgique et une autre des plus élogieuse écrite depuis Singapour je ne savais pas ce qu'il fallait penser du vin. Un rapide passage dans l'oenotheque du domaine pour en ouvrir une et le verdict de mon palais fut tempéré... Le vin est décidément encore très jeune, trop. Des accents de fruit blanc assez insinuant sur une matière svelte, équilibrée par une juste acidité et des arômes encore très retenus. Un vin à boire à 14 degrés qui a devant lui un bel avenir mais qui curieusement est beaucoup moins en place que Tessons et Cras bus récemment. Gardez les 5 ans si vous en avez..

PE

Publié dans Dégustation Domaine

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Quelques nouvelles du millésime 2014 au domaine Buisson-Charles

Publié le par Site internet officiel du Domaine Buisson-Charles

Quelques nouvelles du millésime 2014 au domaine Buisson-Charles


Les vins blancs issus de rendements drastiquement faibles en raison de la grêle précoce du 28 Juin ont fermenté très doucement et de ce fait même ont dans leur "adn" une densité et une puissance assez étonnante. Entre la tension des 2013 et la richesse des 2012, ils se sont nettement recroquevillés sur eux même depuis leur toute récente mise en bouteille. Les villages et premiers crus de Meursault surtout qui ne satisferont que les amateurs patients capables de le attendre trois à cinq ans, voire - beaucoup - plus. Ce sont des vins typiques de ceux que produit le domaine depuis toujours, peu démonstratifs, construits sur une tension affirmée et des arômes retenus en jeunesse, mais capables de se bonifier sur 7 années et plus. Il en sera de même pour les Corton-Charlemagne 2014, massif, vineux et ultra serré au niveau de la matière.
Les empreintes boisées des 2014 sont négligeables même si toutes les cuvées ont été vinifiées et élevées avec une proportion de 25 % de fûts neufs. Du Bourgogne Aligoté au Meursault Goutte d'Or. Est-ce cet état de fait qui permet au Bourgogne Aligoté et aux crus de Chassagne et Puligny d'être plus ouverts et accessibles? Je ne le pense pas. La différence provient de rendements plus "normaux" dans ces vignes en raison de leur non exposition à la grêle. Moins stressées, plus productives, les vignes ont livré ici des vins détendus et harmonieux capables de séduire dès le plus jeune âge. De fait les vins sont déjà délicieux et, fait assez étonnant, peuvent déjà se boire. Ils seront toutefois plus complexes après trois ans sous verre.
Les Chablis 2014 sont bénis! Vaudesir et Lys montrent à l'évidence que la région a été avantagée par le climat en 2014. Nerveux, aériens et très subtils, ils sont les seuls a avoir été vinifiés et élevé sans bois neufs et ont une définition aussi précise que dynamique. Vins de cailloux, ils devraient satisfaire les amateurs de "jus de pierre"...même si je ne suis pas un fervent de l'expression!
Les rouges peu nombreux ont une douceur de constitution conférée par des matières naturellement mûrs et très peu impactées par la grêle de Juin. Rubis moyen, ils ont été vinifiés avec 30 à 50% de vendanges entières et ont ainsi des notes poivrées et réglissées caractéristiques. Le Bourgogne me fait penser au 2010, Pommard est le plus concentré et plein depuis 2009 et Santenots joue un registre délicat et soyeux sur des accents de fraise des bois et de mûre...
Je les redegusterai tous "à la suite" Mercredi prochain 3 Février en compagnie d'Allen Meadows et ne manquerai pas de vous tenir au courant de mes sensations.

Patrick Essa

Quelques nouvelles du millésime 2014 au domaine Buisson-Charles
Quelques nouvelles du millésime 2014 au domaine Buisson-Charles
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Comprendre le vignoble de Chassagne-Montrachet

Publié le par Site internet officiel du Domaine Buisson-Charles

Comprendre le vignoble de Chassagne-Montrachet

   Vins produits par le domaine:

Chassagne-Montrachet En Remilly 
Chassagne-Montrachet La Romanée
Chassagne-Montrachet Les Caillerets

Comprendre le vignoble de Chassagne-Montrachet

     Le village de Chassagne pourrait sans doute être désigné comme "le" modèle " archétypique» d’une commune viticole tant il respire la vigne et le vin. Ses maisons disséminées ont quasiment toutes une vue sur le vignoble, son plan torturé semble avoir été dicté par les impératifs culturaux, ses sentiers étroits et ses rues qui toutes finissent aux pieds des coteaux... À Chassagne l'homme semble s'effacer devant les terres qui portent les crus et n'hésite jamais à se recueillir avant de les travailler. Entrer dans le "monde" du Chassagne se fait à bien des égares comme on entre en religion, il faut accepter qu'ici la permanence de la culture et des savoirs-être sont toujours présents à l'intérieur des bouteilles.

Finage étendu, enclavé entre Santenay au Sud, Saint Aubin au Nord-Ouest et Puligny au Nord-est, il mesure un peu plus de 300 hectares. Un rapide coup d'œil sur sa morpho géologie met en évidence la présence d'une combe qui coupe le vignoble en deux à hauteur du secteur des grands crus et une pente régulière orientée plein Est qui s'élève plus fortement sur le haut du coteau Sud. Dernière commune de Côte d'Or au Sud de la Cote de Beaune, elle est directement sous l'influence de la Grande faille qui a effondré la base du Bathonien plus calcaire au niveau du sommet des marnes argoviennes et de celle du Synclinal de Volnay (voir l'analyse de ces phénomènes sur les textes évoquant la Côté Chalonnaise) qui fait resurgir ici les substrats du Lias et les calcaires durs du Jurassique. Pour ces raisons la culture de vignes de pinots noirs et l'extraction de la pierre sont naturellement présentes en ces contrées. Pendant longtemps la commune fut synonyme de quasi exclusifs vins rouges qui n'étaient complétés que par quelques zones de chardonnays identifiées depuis longtemps et circonscrites sur le versant nord près de Puligny et dans les hauts du secteur dit de "la Montagne" entre les finages de Saint Aubin au Nord et de Santenay au Sud.

Je défends ici l'idée évidente qui positionne ce fabuleux terroir comme l'un des meilleurs pour la culture du pinot noir en dehors de secteurs historiquement dévolus au chardonnay. Et je serai assez sévère avec les plantations "blanches" qui colonisent les zones de bas de coteau, plus argileuses ainsi que le secteur qui s'étend de la "Maltroie" aux différents crus du hameau de "Morgeot". On a profité du nom magique de Montrachet pour produire des vins blancs certes excellents et toujours impeccablement vinifiés en faisant diminuer les rouges pour les réduire à une portion congrue qi ne cadre guère avec la géologie de l'endroit. Une simple logique de marché. Mais je crois que certains producteurs du cru en sont conscients et ne serait que parce qu’ils révèrent encore leurs fameux "rouquins" de fin de repas, il est évident que les choses évolueront dans un sens plus juste à l'avenir.

La zone d'appellation "Village": étendue sous les premiers crus cette zone vaste mesure plus de 120 hectares et si l'on excepte le secteur de vignes contigus à celui de Puligny-Montrachet IL devrait être intégralement dévolu à la production de pinots noirs bouquetés et fins alliant gourmandise et accessibilité en jeunesse. Ces terres peu pentues sont assez argileuses et collantes et portent des vins qui peuvent confiner à la lourdeur si leur coupe s'effectue trop tardivement. Vins de fruits, assez amples et enveloppant ils peuvent se montrer intéressant dans les meilleurs lieux dits comme par exemple Les Masures, La Bergerie, Les Chênes, La Canière, le Clos Devant et les Chaumes.

Beaucoup plus intéressante est la partie Nord de ces villages car elle est inclinée vers le Sud ou sur un petit replat - En Encégnière - le sol y est plus caillouteux et clair et les vins ont ici une tension qui les classe nettement parmi les meilleurs villages du beaunois pour le chardonnay. Le meilleur lieu-dit est sans doute celui de Blanchot Dessous en compagnie du très estimé Houillères.

Il y a également une zone haute plus fraîche et calcaire qui regroupe Pimont, Parterre du Clos Saint Jean, Combards Dessus et Peux Bois. Peu étendue, elle donne des vins vifs à matière ténue qui sont excellents en année précoce et qui sont fréquemment assemblés avec les bas pour apporter leur acidité naturelle.

Plusieurs secteurs marquent le finage des premiers crus de Chassagne et tous ne sont pas au même niveau d'excellence si l'on considère leur nature associée au caractère "Chassagne".

Incontestablement les meilleurs se situent dans le prolongement du haut du village de Chassagne à partir des Caillerets jusqu'au Clos Pitois qui touche Santenay. Cette zone d'altitude orientée vers l'Est, en plein coteau, plus élevée, fort pentue, pierreuse et marquée par des bans marneux et calcaire donne des vins éblouissants qui tous peuvent être considéré comme étant parmi les meilleurs de la Côte des blanc. Caillerets, Virondot, Dessus des Fairendes, Romanée, Grandes Ruchottes, Baudines sont des crus de haut vol qui peuvent acquérir une finesse et une énergie de très grande race et qui se révèle souvent plus fin et un peu moins ample que les crus médians de Meursault ou Puligny.

Un second bloc touche la zone des grands crus du Nord et comprend le Blanchots Dessus, les Dents de Chiens, En Remilly et le tout petit et très renommé Vide Bourse qui est plus bas sous le Bâtard. Plus typé du caractère Puligny avec ces notes de fruits blancs caractéristiques, ce sont quatre vins de très haut niveau qui hélas sont extrêmement rares. Ils n'ont toutefois pas la dimension des Grands crus car ils sont près à boire un peu plus précocement et possèdent moins d longueur.

Le troisième bloc va du vignoble de Saint Aubin au Nord Ouest pour terminer contre le Clos Saint Jean originel. Misez sur les très fins Vergers et Chaumées et sur les Saint Jean issus des Rebichet - mais je le concède il faut chercher! - car ce sont les crus les plus élégants de la commune et ils ont souvent une heureuse accessibilité en jeunesse. Terres plus rouges, moins caillouteuses dans les bas, elles peuvent donner des rouges de premier ordre en Macherelles.

Le Clos Saint Jean et la Maltroie sont encore plantés de pinot noir pour une large part et donne les rouges parmi les plus sensuels de la Côte de Beaune. Je vous en parle en détail plus bas.

Enfin le secteur de Morgeot plus bas sur le coteau, formant un sorte de croupe qui est aujourd'hui planté majoritairement en blanc devrait toujours produire des rouges exquis comme c'est le cas dans le sous climat de Cardeuse, En Francemont, Boudriotte ou à la Roquemaure. Ce grand terroir à rouge va de paire avec les meilleurs Volnay et Pommard et est en sommeil tant les rouges ici se raréfient.

Les grands crus:

Le grand cru "Montrachet" produit certains des plus grands vins blancs secs de Bourgogne et est sans doute celui qui de nos jours se vend le plus cher, tant sa petite surface est courtisée par les vignerons pour sa réputation multi-séculaire. Les bourguignons l'ont toujours placé un cran au dessus de leurs autres crus blancs en le désignant un peu comme le grand cru A de Côte d'Or, sa valeur étalon en quelque sorte.

Cependant boire un Montrachet à maturité est devenu une gageure car les quelques 30.000 bouteilles annuelles produites sont toutes quasiment réservées à l'avance par des buveurs qui ne partagent pas toujours leur fortune avec une fine connaissance des blancs de la région et de leur potentiel d'évolution. Objet de luxe destiné à accompagner des repas prestigieux, il glisse fréquemment dans des gosiers peu attentifs ou alors en admiration "par avance".Dommage.

Les quelques exemplaires que j'ai en cave sont toujours ouverts après un prélude qui mêle deux finages et qui se poursuit par d'autres grands crus. Je crois qu'il est important de percevoir le carcatère vineux évident de ce cru si éloigné des archétypes blancs mis en lumière aujourd'hui. Souvent très riche, peu acide et de texture visqueuse il a - un peu à la manière d'un Rangen en Alsace- une puissance formelle sidérante qui le rapproche? au niveau de sa matière, d'une granularité de vin rouge.

Produit sur 8 hectares et partagé par les villages de Chassagne et Puligny-Montrachet, il est marqué par trois zones distinctes. La première, côté Puligny, regarde le levant, est assez peu inclinée et est composée d'un substrat argilo-calcaire brun/rouge. Elle donne les vins les plus équilibrés, fins et sensuels du cru. La seconde qui dispose de même substrat du côté de Chassagne verse vers le sud et est ainsi un peu plus solaire et précoce, elle donne des vins légèrement plus opulents et intenses. Enfin une petite zone incluse tardivement dans le cru et située sur Chassagne, se place au dessus du cru au sud en formant de petits enclos en terrasses, ce sont "les dents de chiens", le sol y est un peu plus pierreux et le caractère du vin s'approche quelque peu de l'élégance du Chevalier tout proche. Soyons prudent toutefois car les différences stylistiques sont ténues. Une propriété assemble ce dernier lieu-dit avec la partie Chassagne (Prieur)et seul les domaines Colin et Amiot produisent du "pur" Dents de Chiens.

Criots-Bâtard-Montrachet est le plus petit des grands crus blancs bourguignons si l'on exclu la confidentielle production de Musigny blanc du Comte de Vogüe. Petit bout de terre regardant le sud sur une fin de pente étroite, située sous le Bâtard de Chassagne - ce rectangle magique a été conquis " grand cru" de haute lutte au moment du classement des AOC dans le premier tiers du 20 ième siècle.

Il aurait pu voir son voisin ouest de "Blanchots Dessus" le supplanter car lui est sous le Montrachet et son exposition tout aussi qualitative. Un brin de pente et de surface en plus ont dû l'avantager et sa finesse extrême a fini par le faire adouber.

Le cru mesure 1.57 ha, il est rectangulaire et ses terres sont assez homogènes même si la pente est légèrement plus marquée à l'ouest. Fait d'un substrat calcaire un peu plus marqué par les argiles que les deux autres Bâtard, le cru livre des vins à étonnante sensualité car c'est une zone solaire précoce qui type les vins sur une certaine douceur de texture en même temps que sur une viscosité plus murisaltienne que " Montrachet ".

Mais ne nous y trompons pas, il possède la dimension d'un grand cru lorsque son rendement est mesuré et qu'il peut ainsi puiser dans son sol une énergie tellurique aussi originale que terriblement séductrice jeune. C'est avec "Bienvenues" le cru le plus accessible jeune de la sphère Montrachet et je dois avouer apprécier particulièrement ses subtiles notes florales qui parfois le rapproche de l'équilibre des Genevrières du Dessous ou des Charmes dessus.

Un peu moins puissant et un peu plus épicé que ses voisins il envoûte par sa classe naturelle. Cette petite entité livre des crus que je trouve assez régulier et qui ne semblent pas se singulariser selon leur emplacement. Intuitivement je perçois un rien plus de tension selon que l'on se déplace vers l'Est et plus de puissance et de robustesse si l'on va vers l'ouest... Mais les vinifications comme partout influent sur ces tendances générales.

 

Bâtard-Montrachet: Vin recherché se négociant à prix d'or le trs puissant Bâtard semble sur son nom concentrer toute la classe des vins de Montrachet. Cher, peu aisé à trouver, toujours dominateur, il est sans conteste l'un des vins les plus puissants et charpentés de la planète chardonnay. A juste titre.

Les 4 hectares situés sur Chassagne regardent le Sud ou forme un presque plat du côté des Bâtard de Puligny. Plus précoces, posés sur des terres un peu plus claires et caillouteuses cette zone livre les vins les plus sensuels et raffinés du climat avec une note mûre d'une suprême élégance qui n'est pas sans rappeler le grand Montrachet voisin avec encore plus de densité. Il s'agit je crois de la portion grand cru la plus qualitative de Chassagne avec son Montrachetet sans doute aussi la plus personnelle tant un cru issu de ce "Bâtard du Sud" est toujours un émeveillement gustatif.

Quelques premiers crus en revue:

1/Les Caillerets : Entre les premiers crus Morgeot-Fairendes et le Clos Saint Jean, le climat de Caillerets produit quelques uns des meilleurs vins blancs de la commune de Chassagne. Son sol argilo-calcaire orienté idéalement vers le levant sur une pente modérée à assez forte en son sommet est sans aucun doute l'un des substrats les plus qualitatifs de la commune.Mesurant 10 ha 60 ares le cru originel contigü des Fairendes et au dessus des Champs Gains est complété par trois sous lieux dits lui ressemblant nettement: "Vigne Derrière", "Combards"et "Chassagne".Le premier est le prolongement naturel des Caillerets alors que les deux autres sont un peu plus haut sur le coteau, à l'aplomb des maisons du village. Combard un rien plus froid donne des vins plus incisifs et tendus qui doivent en général être coupé plus tardivement. Il est partagé entre les domaines Coffinet et Gagnard.

J'aime ce cru pour sa personnalité proche du grand Montrachet qui le désigne un peu comme son fils spirituel. C'est un vin séveux, plein et dense qui doit absolument vieillir pour se révéler. Il est aujourd'hui dans le peloton de tête des crus de la côte des blancs et comme ses propriétaires en ont souvent de belles parcelles, il n'est pas celui qui se vend aux prix les plus élevés...une affaire en somme! Plus précoce que le Virondot situé au dessus de lui, il a de plus la chance de compter dans ses rangs de nombreux excellents vignerons.

A noter l'existence d'un Clos du Cailleret qui appartient à Vincent Girardin. Situé contre les premières maisons, il est inclu dans le lieu dit "Vigne Derrière" et ceint d'un mur arborant un joli portail en pierre le signalant.

2/Le Clos Saint Jean: est situé dans la partie supérieure centre du finage de Chassagne-Montrachet. Historiquement réputé pour l'excellence de ses vins rouges fins et racés, il se décline aujourd'hui dans les deux couleurs avec un égal bonheur. Le Clos Saint Jean originel qui est de taille modeste (environ 1 ha,propriétés des familles Pillot et Morey-Coffinet) englobe - comme il est d'usage en cette commune - quelques autres climats qui lui sont très proches et qui ne gâtent en rien sa haute qualité. Ainsi une partie des lieux-dits "Chassagne" et l'intégralité des Rebichets peuvent-ils revendiquer ce prestigieux patronyme.

On l'a vu les "rouquins" de Chassagne sont des vins d'une rare et mésestimée qualité. Ces crus de pinots peuvent être aussi délicats que certains crus de la Côte de Nuits car le substratum sur lesquels ils reposent leur ressemble fortement. N'oublions pas que nous voyons resurgir en certains endroits de Meursault et surtout ici à Chassagne le calcaire de comblanchien qui marque fortement les strates superficielles nuitonnes et leur confère ce grain de texture et cette énergie inimitable. Longtemps Boudriotte et Clos Saint Jean furent vendus plus chers en rouge que la majeure partie des Côtes de Beaune avec une apogée au milieu du 19° siècle qui les verra être comparé en qualité aux Vougeot et Chambertin eux-même dans l'esprit des négoces en place. Relire les ouvrages de Lavalle et Courtépée à ce sujet.

Aujourd'hui encore je ne suis guère surpris de ce prestigieux "cousinage" car lorsqu'ils sont élevés avec l'ambition des meilleures cuvées, ces vins là peuvent être parmi les meilleurs qu'engendre la Côte de Beaune. J'avoue même qu'ils me me paraissent disposer d'un potentiel "encore plus grand" lorsqu'ils sont issus du pinot noir. Las le marché les préfère de blanc vêtu car ils sont bons, le nom est beau, sonne bien dans toutes les langues et il n'y a rien à faire avec Montrachet sur la "jaquette" l'amateur pense à un vin clair. Cela me chagrine un peu mais je m'incline devant le choix des producteurs qui de toute manière savent bien tout cela!

Les bons producteurs ne manquent pas sur ce climat d'élite. Je citerais en rouge les domaines Lamy-Pillot, Jean-Marc Pillot, Paul Pillot et Morey-Coffinet et en blanc Picard et Guy Amiot. Mais il existe de nombreuses variations de ce cru qui pourraient requérir votre attention. Un des crus les plus homogènes de la commune sans aucun doute.

 

3/ Chenevottes:est un cru qui mesure près de 11 hectareset qui en dépit de sa surface assez conséquente reste peu connu des amateurs. Il possède cependant un bel atout car ll fait face au Montrachet lui même et se trouve juste à l'entrée du village lorsque l'on vient de Puligny-Montrachet et que l'on coupe la nationale pour s'y diriger. Il a bénéficié sans doute de l'habitude locale de regrouper les climats distincts pour créer une entité unifiiée cohérente et plus représentative.Trois zones exposées plein Est sur des sols faiblement inclinés et marno-calcaires le composent, les Bondues qui forment la partie basse du cru en forme de triangle, les Commes qui bordent la route nationale en une étroite bande de terre argileuse et les Chenevottes proprement dites qui partent des Bondues pour aller mourir contre les Pasquelles et le bord nord des Vergers. Dans ces trois secteurs les vins s'expriment de manière assez aromatique et fine avec une délicatesse affirmée qui confine le vin dans un registre élégant que j'apprécie beaucoup. Minoré souvent par les amateurs et les producteurs, il n'en constitue pas moins une excellente et régulière bouteille.

4/ La Romanée: Petit cru d'altitude situé au nord du finage de Chassagne, la Romanée constitue sans doute l'un des climats les plus qualitatifs de la commune à l'égale des Grands Ruchottes, Farendes, Caillerets ou encore Champs Gains et Blanchots du dessus. Il doit également à son nom célèbre son "aura"particulière et sa relative plus value au regard de ses pairs. Cependant c'est avant tout un terroir qui possède une indéniable personnalité. Il est inclus dans ungrand ensemble nommé Grande Montagne mais celui-ci n'est que peu usité sur les bouteilles.

Niché sur une pente assez forte au sommet du coteau, il surplombe les petits clos et la Tête du clos en regardant nettement le levant. Son sol brun calcaire, assez peu profond et mêlés de cailloutis, ressuie très vite et se montre assez précoce en dépit de sa postions haute. Cela confère aux vins une nature énergique et nerveuse et surtout une indicible finesse de texture qui n'est pas sans rappeler les Bouchères de Meursault et même le Chevalier Montrachet. Il est indéniablement destiné aux amateurs de vins blancs ciselés et raffinés qui savent patienter quelques années pour déguster des bouteilles parfaitement polies par une heureuse maturation sous verre. Je le déguste souvent avec un intense plaisir lorsqu'il a plus de cinq années de bouteille et qu'il commence à fondre sa nature fougueuse en affirmant de superbes arômes floraux tendus par une ligne sous jacente quasi saline, mais sans le moindre excès.

Mesurant un peu plus de 4 hectares il est assez peu morcelé et cinq propriétaires se partagent sa production recherchée. Tous vinifient des vins de haut niveau et s'ils se démarquent l'un de l'autre par le caractère des vinifications, les moments de récolte ou encore le matériel végétal et les emplacements considérés, ils possèdent une unité de forme extrêmement rare à ce niveau. Dégustez une Romanée est donc toujours un moment de raffinement qui positionne sans aucun doute cette parcelle parmi les 10 meilleurs premiers crus de la Côte des blancs.

Caractères généraux des producteurs:

  • Château de la Maltroye:J'ai dégusté essentiellement de vieux millésimes de cette maison qui produisait des vins très classiques jusqu'à il y a une dizaine d'année. Je me souviens d'un 85 et d'un 89 d'une race impressionnante, très proche du terroir avec un profil droit et une très belle matière.

  • Morey Coffinet: Le plus grand propriétaire (80 ares) produit un vin étincelant de plénitude sur un corps puissant et des arômes de fruits blancs affirmés. Vin parfaitement mûr et assez accessible par sa tension en jeunesse. il est vraiment de très haut niveau.

  • Vincent Dancer:Les vins sont ici d'une rare élégance, de très juste maturité et ciselés. Les derniers millésimes sont simplement extraordinaires de concentration et de race.

  • Le domaine Paul Pillot est le tenant de vins très subtils, assez peu exubérant en jeunesse mais d'une forte capacité de garde. Toujours très clair, boisé sans excès et d'une pureté d'école, ils sont sans aucun doute destiné aux stylistes qui aiment la finesse.

     

 

Patick Essa - Maj 2016

citations et reproductions interdites sans autorisation de l'auteur

 

Comprendre le vignoble de Chassagne-Montrachet
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Comprendre le vignoble de Pommard

Publié le par Site internet officiel du Domaine Buisson-Charles

Comprendre le vignoble de Pommard
Vins produits par le domaine: Pommard En Chiveau (1500 bouteilles par an)
Le Vignoble de Pommard
Par Patrick Essa - vigneron au domaine Buisson-Charles à Meursault

Il n'y a pas de nom de vin rouge plus connu dans le monde. Pommard est un nom court et sec qui se prononce bien dans de nombreuses langues et qui est pour beaucoup d'amateurs synonyme de vins rouges puissants et structurés capable d'affronter la longue garde. Toutefois en creusant un peu cette réputation - méritée! - on peut s'apercevoir aussi que son nom peut être associé à la rusticité tannique de vins durs qui mettent beaucoup de temps à se faire. Qu'en est-il exactement? À l'évidence si l'on se fie au potentiel de ses terroirs, la relative austérité qu'ils impliquent en raison d'un substrat marneux affirmé n'est pas le seul élément qui permet de les définir.

 

Le vignoble se divise en deux coteaux distincts séparés par une Combe importante qui positionne certains climats sous une évidente influence éolienne. Ces courants frais ont la particularité de retarder un peu la maturité des fruits tout en permettant de lutter favorablement contre les maladies. Il en résulte fréquemment des récoltes de coteau naturellement saines selon des fruits ayant une maturité légèrement froide et, de ce fait des peaux un peu plus épaisses avec toujours un potentiel tannique affirmé.

Toutefois une zone basse sise en aval sur le cône de déjection de la combe repose sur une couche de limons assez épaisse qui procure aux vins plus de douceurs et une féminité "possible" que les vignerons ne recherchent pas toujours...

...Ainsi Pommard n'est pas l'alter-ego masculin de son voisin féminin Volnay. C'est une métaphore qui a le vie un peu trop dure et qu'il convient de dépasser selon les coteaux et secteurs considérés car la finesse et l'élégance ne lui ont jamais manqué si j'en juge les très régulières dégustations que j'ai eu et ai encore l'occasion de faire.

 

Un premier coteau s'élève au Nord de l'appellation. Il naît tout contre Beaune sur une large bande marna-calcaire marquée par des terres brunes idéales pour la production de grands vins de pinot noir. Ce coteau tourmenté verse vers le Sud à partir du premier cru " Les Charmots"pour se poursuivre sur des terres de plus en plus claires en direction de la Combe jusqu'au climat village de la "Plante aux Chèvres" qui est quasiment orienté au couchant et qui touche le vignoble des Hautes Cotes de Beaune. Ce long coteau est sous la double influence de la Grande Combe de Pommard et de la Combe de Lulunne située au dessus et contre lui sur le finage de Beaune. Les vents circulent ici selon des courants qui hélas peuvent attirer les nuages de grêle au milieu de l'Eté et les risques semblent s'y être multipliés ces dernières années, surtout dans la partie orientée plein Est dans laquelle se trouvent les meilleurs premiers crus.

 

Cette zone du coteau Nord qui regarde le levant est argilo-calcaire et parsemée de ban marneux, elle regarde le levant selon une pente qui va de douce à forte lorsque l'on s'élève sur le coteau. Elle produit des vins très parfumés et généreux qui n'ont rien de crus aux tanins anguleux et revêches et qui au contraire lorgnent toujours du côté du raffinement et d'équilibres fruités mûrs sans excès.

Le plus connu d'entre eux est Les Epenots ( je vous renvoie à leur analyse détaillée en bas de page ) qui sont suivi de près par le très épicé et racé Pézerolles au corps impeccable et à la proverbiale longévité. On citera également les excellents Largillières (ou l'Argillière parfois) et Saussilles (prononcez Saucile) qui sont peut être un peu moins profonds et le gourmand et original Boucherottes en bas au Nord qui commence à ressembler aux pinot Beaunois voisins, un peu plus variétaux.

Les Charmots amorcent un changement d'orientation vers le Sud et une zone plus chaude et précoce qui également sous l'influence de la Grande Combe donne des vins subtils et délicats. Charmots est le cru le plus élégant de la commune, il égale la finesse des meilleurs crus de Volnay et de Beaune et fait sans doute partie des plus beaux crus du Beaunois. En dessous de lui le Clos Blanc, La Refène, le Clos de la Commaraine et le Clos de Verger sont marqués par un substrat marno-calcaire mêlés à des colluvions. Ce sont de bons climats mais en dépit de leurs races fruitées et de leurs sombres couleurs, ils n'ont pas tout à fait la même complexité d'expression.

Les Arvelets plus pentus et tourmentés ont une présence plus affirmée et me paraissent un cran au dessus car leur nature séveuse et leur fruité noir et un peu mat en font des crus qui vieillissent avec grâce. Les petits crus de Chanière et Platière sont moins constitués et fermes mais ont une douceur fruitée et un grain délicat vraiment séducteurs.

Les meilleurs villages de la commune se positionnent sur ce coteau Nord et regardent le Sud-Est et le Sud. Le meilleur d'entre eux est le formidable Vignots qui a souvent la classe et la profondeur d'un premier cru. Ses terres plus claires, caillouteuses et fort calcaires pourraient en certains secteurs donner des blancs d'élite. Mentionnons aussi le très bon Noizons et le large et toujours très typé "vin de coteau" En Bœuf .

 

Le coteau Sud est un peu moins vaste mais il monte jusqu'à plus de 330 mètres sur une surface pentue et assez accidentée qui est également entaillé par une petite Combe au cœur du lieu-dit en Vaumuriens.

La zone des premiers crus plus restreinte est entièrement tournée vers le levant et s'élève depuis une zone plane riche en limons et oxyde de fer jusqu'à un coteau pierreux aux terres plus légères et claires. Le plus emblématique des climat est le merveilleux Rugiens qui a dans sa partie basse le statut de grand cru naturel. Le fait que le haut de pente et le versant qui regarde l'Ouest (zone village) portent aussi le nom de Rugiens l'a sans doute desservi au moment des classements mais sa fougue est indéniable et sa longévité absolument hors du commun. Le plus grand cru de tout le Beaunois à mon sens.

Fremiers, Jarollières, Chaponnières et Croix Noires sont quatre crus de coteau de haut niveau qui me paraissent conjuguer les qualités de finesse des Fremiets de Volnay voisins tout en bénéficiant de la chaleur de ce coteau peu influencé par les vents de la Combe. Consistants, puissants et charpentés ils pourraient assez facilement rivaliser en qualité avec la bande des meilleurs Volnay sise au Sud de l'appellation, voire avec les crus de la Côte Saint Jacques de Gevrey auxquels ils ressemblent nettement sur le plan de leur équilibre.

Ce n'est pas le cas des plus tanniques et souvent un rien moins élégants Poutures et Bertins qui plus terriens reposent sur des terres plus lourdes et moins complexes. Les vins ont un caractère plus sévère mais ne manquent pas de puissance. Les Combes Dessus et le Clos Micot (ou Micault ou encore Micaut) n'ont pas complètement le niveau de cru je crois. Leurs sols plus limoneux leur confèrent une certaine finesse mais ils n'ont pas le fond des meilleures cuvées.

Chanlins plus haut sur le coteau peut être excellent mais se présente plus frais, sur un fruité éclatant qui signale peut être une zone à blanc... Voir!

Les villages de ce secteur Sud sont soit un peu trop élevés, soit orientés vers le Nord-Est pour être au niveau des premiers crus. Ils bénéficient en revanche d'un terroir de grande qualité chargé d'oxyde de fer et sont positionnés sur des zones marneuses et fort caillouteuses. Le meilleur est sans doute le Vaumurien qui regarde le Sud. C'est un vaste climat aux expositions diverses qui est incliné selon des pentes envers/endroits Nord-Est ou Sud-Est. Il peut livrer des vins profonds et intenses. Autour de lui au Sud Chanlins Haut est une vraie terre calcaire à blanc plantée en pinot qui donne des vins gourmands, et au Nord La Vache, Mareau, Trois Follot et Chiveau - celui produit par le domaine Buisson-Charles - sont des zones plus tardives, les vins y ont plus de race mais un fruité plus mat et une approche austère qui colle bien à l'image que véhicule le village. Mention au petit Clos Beauder plus précoce et un peu plus fin. Lambot est un endroit frais et élevé qui s'approche du caractère "Haute Côte de Beaune".

 

Les villages situés à l'Ouest du village sur une zone marquée par les colluvions issus de la Grande Combe est plus argileuse et les terres y sont plus collantes, moins drainantes et sans doute idéales pour les productions de pinots charpentés surtout dans la partie Sud. Dans ce secteur Rue au Port, Croix Planet et Les Cras livrent des vins qui n'ont pas les caractéristiques des vins anguleux et rêches que les amateurs ont en tête lorsque l'on évoque la commune. Ils livrent des vins un peu terriens certes mais toujours bouquetés et engageants qui ont une puissance contenue étonnante à ce niveau d'appellation.

Au Sud les vins sont plus souples et immédiatement accessibles en raison d'un substrat limoneux plus maigre et de bans marno-calcaires. Ainsi Perrières, Croix-Blanche, Tavannes et Riottes peuvent atteindre des intensités aromatiques envoûtantes sur une élégance un peu incongrue pour l'appellation. Il faut les rechercher, surtout le formidable Croix Blanche. Le Château de Pommard est cadastré dans le climat " Le Village " et certains de ses quartiers comme le bord Nord-Ouest peuvent atteindre le niveau des meilleurs villages de pied de coteau de la commune en ressemblant à Croix Blanche.

 

 

Comprendre le vignoble de Pommard
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Bill Nanson (Burgundy Report) évalue nos 2014 et +...

Publié le par Site internet officiel du Domaine Buisson-Charles

Bill Nanson (Burgundy Report) évalue nos 2014 et +...

Tasted in Meursault with Patrick Essa, 16 October, 2015.
Domaine Buisson-Charles

Patrick on 2015:
“Really excellent. It was a super harvest and I hope with great wines to follow. For harvesting it’s not a question of acidity; the first people started 23rd August, others the 5th or 6th of September – such a gap is really rare. I think there should be great wines for the patient. Here we began harvesting our reds on the 5th, and our whites on 6th – we finished on the 13th. Despite even (in the end) 13.2° for our Bourgogne Rouge, I had very regular fermentations.”


Patrick on 2014:
“2014 is really a very good vintage; very concentrated too. The reds were picked in the last days of September and the whites into October. Only 22 hl/ha though, hence the concentration. A great year, and the whites are better than the reds. If 2013 is about finesse, then 2014 complex and dense. Reduction and agrume flavours are easy, I want white flowers, that takes care.”
Patrick on pricing 2014s:
Prices will probably go up by about 2-3%. You can’t actually sell for half the price of your neighbours, but I like to try to keep things real.
The wines…


All the wines had already been fined today, so timing was not perfect, yet the wines were on great form….
2014 Bourgogne Aligoté
A small harvest with 12.5° natural and no rot. Was fermented in barrel and is now in tank.


2014 Bourgogne Chardonnay
From vines with the boundaries of Meursault.
Perfumed modestly high-toned. Big, round, a softness yet a nice energy too. Expands very finely in the mid-palate, followed by a lovely wide, tasty finishing flavour. Yum!


2014 Meursault Vieilles-Vignes
A weight and a very fine width of perfume here. Lithe, concentrated, very good minerality at the base, and with super texture – really excellent!


2014 Meursault Tessons
Fresh if a little closed. Finer acidity more direct shape and delivery of flavour – gorgeous fruit intensity borne on great acidity in the mid-palate – gorgeous. The finish is more subtle than the vieilles vignes but a great wine also.


2014 Chablis 1er Les Lys
No new oak, 14 months elevage, to be bottled in December. These grapes came from very old vines – for Chablis – 60…
Very fine, citrus and rock nose. Wide, a hint of gas, mouth-wrapping texture. The acid- borne minerality comes through halfway through the mp. Super!


2014 Chablis Vaudesir
More weight of concentrated but still fresh aroma – white flowers. Much more mineral, almost shavings of rock here, intense yet padded, direct and long – excellent – and just beautiful in the finish.


2014 Chassagne-Montrachet 1er La Romanée
Both aromatic depth and height – really appealingly complex. Just one of the three barrels are new and there is some aroma from this for now, but it’s not excessive. Wide, mineral, ‘wow’ complexity not super concentrated, but doesn’t need to be. Really super wine.


2014 Puligny-Montrachet 1er Les Caillerets
Tighter aroma, yet wide. Pretty yet also modest. Fuller yet wider, fresh and complex – again. Mouth-watering in the finish. This should be special.


2014 Meursault 1er Les Charmes
Here and Pellans wasn’t hailed, so a normal yield. Have finally bought the metayage parcel that they exploited for a number of years.
A silky, wide wall of aroma, yet fresh, not oppressive, almost a clean freshness. Really not so round, rather mineral and beautifully textured, gorgeously minerally complex. Beautifully finishing.


2014 Corton-Charlemagne
Made from Aloxe fruit in Charlemagne. Direct south-facing, close to the cross.
A ripe core of fruit, a growing freshness above too. Very clean aromas – like a 2010. Volume in the mouth, indeed muscle, but beautifully, packaged texture. The finishing flavours are of mineral and faint sweetness. Here with a later reprise of flavour. Yum!


The reds…


2014 Bourgogne Rouge
From two vines; one Meursault Coutures, and the other Puligny Champans 20% new oak..
Bright open pinot fruit, also of depth. Fresh but with complex energy. Dark but floral fruit here, lovely width. Excellent!


2014 Volnay 1er Les Santenots
The fruit from 70 year-old vines. 30% whole cluster here.
Way more depth and a little more weight. Fresh and intense – no space here for richness or extraneous texture, just a lovely deep flavour that expands and expands. This will be super.
And just to see ourselves into the weekend:

And +...


2013 Bourgogne Chardonnay
20% new oak.
Some width, a little more weight. Excellent texture, silky, almost rich but with a supporting acidity that is pretty perfect. Very tasty.


2013 Meursault Vieilles-Vignes
Beautiful, complex not so overt but fine Meursault. Liquid concentrate of Meursault, super finishing, really a modest wine but with finely balanced complexity. Yum!


2013 Meursault 1er Bouches Chères
A little aromatic weight here, yet essentially still a wine of some discretion. Here, a more direct mineral flavour, that’s first linear, then explodes with mouth-mouth-watering acidity.


2012 Chablis Vaudesir
18 month elevage in old wood.
Deep, complex, finely focused. Wide, transparent, wonderfully intense, lovely, fine finishing with a hint of mouth-watering sweetness.


2008 Meursault Tessons
There’s a suggestion of something deep but it’s never in full view. This is a modestly fresh almost minted nose. Silky, lithe, mineral – very mineral – opens wide with fine mouth-watering filigree flavour. I’d say still something of a baby. Excellent and a treat!

Publié dans Revue de Presse

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