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Journal du millésime 2020

Publié le par Site internet officiel du Domaine Buisson-Charles

Journal du millésime 2020

10 Mai 2020:

Perdre fleur et conserver son apex...en étirant son cycle!

    La vigne pousse selon des rythmes liés au temps du millésime en cours mais également selon le rythme interne de son métabolisme. Cette Lapalissade végétative pourrait faire croire que face à elle l’homme est réduit à l’état d’observateur béat, contemplant les rameaux et les fruits tout au long de la saison. 
   Il n’en est rien.
   Avec les années, à la manière de Monsieur Jourdain il nous est apparu que la prose gestuelle que nous utilisions pour cultiver la plante avait une incidence avérée. Après avoir compris de manière empirique que la longueur de la période qui court après la fleur était essentielle à l’obtention de fruits équilibrés et qu’il s’agissait de l’étirer au maximum, est venu le temps de définir quels étaient les moyens de retarder la pousse de la liane pérenne. 
 Encore une fois rien de révolutionnaire mais plutôt un retour à des préceptes anciens consistant à positionner les bons plants et porte-greffes aux bons endroits, à tailler en deux fois en passant le plus tard possible la seconde fois, à ébourgeonner pour aérer la plante sans la déshabiller, à labourer tardivement, à plier les baguettes le plus tard possible en zone gélive...bref à repousser le début de la saison végétative dans ce cycle actuel qui est à l’évidence précoce. 
   En luttant ainsi contre la gelée, il nous a été possible de voir nos plants modifier sensiblement leur comportement et adopter un rythme imperceptiblement  plus lent que lors des millésimes antérieurs. Ainsi, en ce moment, nous sommes assez loin d’avoir des vignes vigoureuses qui seraient à écimer au niveau de leur apex sommital et nous pouvons tranquillement finir de les ébourgeonner et de les palisser en attendant que la fleur passe complètement, probablement  à la fin de ce mois de Mai. Pas avant.
   Observez les photos ci dessous qui prouvent avec acuité  que nos raisins n’ont pas encore commencés à développer les petits cils blancs de  la fleur qui « évolue » puis leur chute qui signale la fin de cette avancée végétative. Cela nous permettra de patienter et d’allonger la saison de mûrissement ce qui permet de complexifier les raisins de limite Nord et de leur conférer cet équilibre abouti qui lui seul permet de révéler le terroir dans toute sa dimension.
   En fait nous aimons prendre le temps, retarder le plus possible les différents moments d’intervention pour les exécuter au moment opportun, dans une « temporalité »idéale. Le rythme de la vigne n’est pas celui de l’homme, il ne peut être emprisonné dans le systématisme et si la vigne n’est pas un jardin qu’il faut suivre, elle n’est pas non plus une liane sauvage qu’il faut laisser faire. Non, c’est un organisme vivant qui définit lui même son avancée en prenant celui qui s’en occupe par les vrilles qu’elle lance et les rejets qu’elle émet. 
   Tu me coupes, je te donne des entre coeurs, tu m’enlèves des  feuilles, je limite la croissance de mes fruits, tu me dépouilles trop tôt de mes raisins, je te donne des fruits variétaux, trop tard...je te donne du sucre et des arômes passés.
   2020’nous verra sans doute au domaine récolter au début de Septembre - entre le 5 et le 10  à plus ou moins 5 jours près - et nous sommes très heureux de constater que ces dates précoces, récurrentes ces dernières années,  sont désormais parfaitement intégrées et maîtrisées par nos process culturaux et de vinif-élevages...
   Nous avons fait notre petite révolution copernicienne en ajustant des usages anciens à des réalités modernes. Nous verrons dans quelques temps si les vins qui en sont issus ont le niveau...

Journal du millésime 2020

17 Mai:

100 jours depuis l’île d’Elbe où Accélération temporelle? 

   Serions nous dans une nouvelle fenêtre temporelle qui ferait que les rythmes qui nous régissent changent notre manière de percevoir le monde?
   Faut-il dans nos vignes imaginer que précocité est fille de célérité et qu’en raison d’un départ rapide la course à la maturité peut être réduite par simple effet magique? 
   Que nenni! Mais pourquoi? 
   Est-on certain que chaleur et sécheresse sont de bons moteurs à la rapidité de nos plants.. ou alors sont-ce des mobiles pour nos plans? 
   Questionnement naïfs répondant  à des interrogations légitimes.
 Nous comptions 100 jours après la pleine fleur - en fait la mi-floraison - pour évaluer un possible début de récolte.Hors le réchauffement qu’induit le cycle de notre climat actuel semble avancer nos repères et si naguère nous terminions notre travail principal  sur la plante à la mi-Juillet, il est certain qu’en ce moment il s’achève quasiment systématiquement  au 25 Juin. Cela ne nous empêche pas de le poursuivre beaucoup plus tardivement pour fignoler notre action sur les plants mais il est évident que les étapes qui régissent nos actes culturaux se sont avancées.
  Toutefois elles n’ont certainement pas modifier le rythme interne de la plante qui continue de suivre sa propre évolution en se moquant un peu des règles nouvelles que nous pourrions nous donner. Comme le raisin qui pousse en Corse ou sur l’île d’Elbe, au Liban ou au sur les coteaux d’Annaba il lui faut une durée minimale pour s’épanouir  pleinement et cette durée est si fondamentale que ne pas la respecter c’est aller un peu contre la plante, la nature, le terroir ou le climat. 
   Ci dessous vous observerez l’état d’avancement des Goutte d’Or du domaine et le fait que la fleur pour l’heure n’a pas démarré sa course sauf sur un jeune plant. Nous en déduisons que celui-ci a cinq à six jours d’avance et que pour le reste de la parcelle la Mi-floraison aura lieu en fin de semaine prochaine car le temps annoncé sera chaud et sec. Il fera suite à plus de 50 mm de pluie reçue en dix jours et à quelques journées venteuses ralentissant un peu la pousse. Une mi-floraison que sans risque nous observerons entre le 25/05 et le 10/06 dans les vignes du domaine Buisson-Charles. 
   La première manche se jouera en Charmes, Cras, Tessons et Goutte d’Or, la dernière à Pommard en Mareau comme tous les ans. 
   En faisant fi des aléas climatiques toujours possibles - vade retro satanas! - il nous paraît assez clair que nous ne vendangerons pas en Août et qu’en tous cas aucun de nos villages et Bourgogne ne sera récoltés avant le 5/7 Septembre. Pour les premiers crus je vous en dirai un peu plus lors de mon prochain « billet » mais cela risque d’être identique même avec un été sec et caniculaire.

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Retour sur le millésime 2018 après les mises en bouteilles.

Publié le par Site internet officiel du Domaine Buisson-Charles

Le Millésime 2018 au domaine Buisson-Charles 

   La saison a démarré par une période assez douce et très pluvieuse au mois de Janvier, celle-ci  a permis aux nappes phréatiques locales de se remplir d’eau et nous verrons plus tard que cela a eu un réel impact sur les rendements et le caractère des vins de l’année.
  Février et Mars redevenus plus froid et dans la norme des valeurs normales saisonnières sont restés toutefois pluvieux par intermittence mais la vigne est restée en phase de dormance et n’a pas vu ses bourgeons éclore à Meursault avant le 10/04 dans les endroits les plus précoces. Toutefois du 13 au 24 Avril le temps s’est mis au beau et la pousse des feuilles s’est accélérée soudainement. A tel point que le changement de lune et le retour du froid à la fin Avril ont bien failli faire geler une partie de la récolte. Il n’en fût rien fort heureusement même si la nuit du 28 il a été relevé -2 degrés au sol dans les secteurs les plus froids.
   A partir de ce moment là, la Côte d’Or a connu jusqu’en juin une belle saison ensoleillée qui nous a permis de réaliser nos traitements organiques sans le moindre problème en repoussant la pression mildiou qui était pourtant forte. L’oïdium fut également aisément jugulé avec des traitements à base de soufre uniquement. (Voir la photo du calendrier de traitements.)
   Dès lors la fleur est parfaitement passée sans coulure autour du 23 Mai en même temps que les cerises mûrissaient, ce qui est toujours un très bons signe. A partir de ce moment nous savions que les inflorescences qui n’avaient pas du tout avorté nous apporteraient potentiellement des raisins en assez grande abondance. Seul le temps  sec pouvait contenir ces promesses de récolte. C’est à ce moment la que les nappes phréatiques gorgées d’eau ont eu leur incidence sur l’année en permettant à la plante de bien nourrir ses fruits sans favoriser ses feuilles - ce qu’il se passera en 2019 - et en autorisant un mûrissement régulier tout au long de la saison.
   Toutefois le temps sec et très chaud a marqué notablement les coteaux de mi-juillet à fin Août avec un pic de chaleur intense vers le 15/08. Heureusement il avait plu 30 mm au début de ce mois et cela a sans doute permis au secteur d’avoir des fruits aussi équilibrés qu’abondants. Ainsi nous avons pu récolter sur la base de rendements confortables pour le domaine:  53 hl/ha en blanc en moyenne et 48 hl/ha en rouge avec des secteurs moins productifs - les tres vieilles vignes de Meursault - et plus généreux - les Aligoté à 67 hl/ha avec 7 grappes par pieds! - pourtant nous avions ébourgeonné comme à l’accoutumée. 
  Les rendements assez élevés et la chaleur intense nous ont conduit à vendanger en étalant notre récolte sur deux semaines du 1er au 14 Septembre. Les degrés se sont montrés notablement idéaux car compris entre 12 degrés naturels et 13.6 degrés naturels. Aucun vin n’a été chaptalisé et/ou acidifiés. (Voir photos des  analyses). Nos pH vins finis sont tous inférieurs ou égaux à 3.26 et les acidités tartriques et totales sont elles aussi d’excellentes tenues. Seules les valeurs lactiques et maliques  étaient assez basses mais elles ne sont pas recherchées spécialement  par le domaine car elles participent moins à la tenue du vin dans le temps. 
   Les vins blancs n’ont pas été collés et ont subi une légère filtration au filtre lenticulaire à 7 microns  pour faire baisser la turbidité en dessous de 1.5 NTU. Les rouges - pour la première fois - n’ont été ni collés, ni filtrés mais ont tous une turbidité inférieure à 10NTU. Tous les vins ont été soutirés en Septembre et Janvier et ont donc été élevés sur une durée des 17 mois. 12 mois en fûts et 5 mois en cuve. 
Ils ont été mis en bouteilles du 27 Janvier au 30 Janvier 2020. 
  Les bouchons utilisés sont des lièges naturels de qualité « fleur extra » avec un bout miroir - parfaitement lisse - et le millésime sur la partie marquée par quelques lenticelles. Ils portent tous le nom de la cuvée produite et ont été orientés à la main pour être certain qu’il n’y ait pas de goût de bouchon...ou du moins minimiser au maximum ceux-ci.
   Une petite nouveauté encore, l’indication du nombre de bouteilles produites pour chaque cuvée. 

Patrick Essa - domaine Buisson-Charles.

Retour sur le millésime 2018 après les mises en bouteilles.
Retour sur le millésime 2018 après les mises en bouteilles. Retour sur le millésime 2018 après les mises en bouteilles.

Publié dans Les millésimes

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