Protéger la vigne: un premier traitement contre l'oïdium

Publié le par Site internet officiel du Domaine Buisson-Charles

Protéger la vigne: un premier traitement contre l'oïdium

Nous sommes le 12 Mai 2013 et les vignes sont à un stade de pousse qui correspond à peu près à celui des "5 feuilles étalées". Un moment crucial pour le vigneron car il doit apporter une réponse préventive au développement possible des premières maladies de la vigne. La vigne est une plante pérenne fragile, fort sensible au maladie cryptogamique et en particulier au champignon microscopique erysiphe necator qui prend le nom vernaculaire d'Oïdium. Importé du continent américain, l’Oïdium de la vigne est apparu en France vers 1845. Il attaque toutes les parties vertes de la vigne, les feuilles mais aussi les inflorescences et les grappes. Il est donc fort urgent de le traiter précocement quel que soit le mode cultural utilisé par le producteur.

Deux questions essentielles se posent alors, quand et comment juguler sa progression par des actions de " traitement ". De manière concomitante on peut se demander quelles sont les stratégies mises en œuvre par les viticulteurs selon leurs options culturales. En somme quelles différences il existe entre un traitement "conventionnel" et un traitement "biologique".

1 Quand? : En Côte d'Or cette année la végétation est peu précoce car les bourgeons se sont mis à éclore à la fin du mois d'Avril quand en moyenne ils " pointent " 15 jours plus tôt. Ce fait notable est à relier à un temps relativement peu ensoleillé, pluvieux et sans gelées. Il en a résulté une pousse végétative lente qui a quelque peu lissé le développement des feuilles entre coteau et plaine, voire entre pinot, chardonnay et aligoté. Le pinot qui débourre un peu plus tardivement en général est légèrement en retard mais semble atteindre le stade des cinq feuilles étalées avec un tout petit décalage sur les autres cépages cette année.

Il résulte de ces constats que depuis le 7 Mai environ il est utile de "poser" son premier traitement sur toutes les vignes. Hors rentrer dans celles-ci est très difficile car les terrains sont gorgés d'eau après des épisodes pluvieux intenses ayant eu lieu début Mai et même durant tout le début du printemps. Conventionnels et bios ont besoin de rentrer dans leurs parcelles mais ne peuvent le faire partout car les engins ne passent pas sans risque de s'embourber. Le "salvateur" hélicoptère a donc été parfois appelé à la rescousse sur demande préfectorale extraordinaire faites par les ODG car il est en principe aujourd´hui interdit! Sa pollution avérée n'a pas fait reculer son choix: balises oranges pour les bios et blanches pour les conventionnels ont été installées au cas par cas par quelques producteurs. Dans l'adversité les choix idéologiques peuvent parfois faire des " reculades"!

Chez Buisson-Charles nos traitements se feront le 12 ou le 13 Mai en enjambeur ou cela est possible et à l'atomiseur à dos où cela ne l'est pas. C'est tard j'en ai conscience et cette attente du temps clément nous inquiète, peut être le regretterons nous car le funeste champignon risque de nous impacter tôt... Mais point de diffusion de type napalme à l'hélico polluant dans nos vignes, cela NON!!!

2- Comment? Si l'engin employé - enjambeur, atomiseur, hélico- est finalement moins important que la qualité de diffusion des molécules sélectionnées par l'exploitant, il convient de signifier que chacun lutte selon un plan de traitement référé à un cahier des charges à forte tendance idéologique.

A/ le traitement de type conventionnel: Outre le positionnement, le choix du produit s’avère extrêmement important dans le démarrage du programme. Quand le viticulteur débute sa protection, il y a de fortes chances pour que l’oïdium soit déjà présent ce qui requière un démarrage de la lutte anti-oïdium avec une spécialité contenant une substance active présentant une forte action sur le champignon en cours de développement, comme la tébuconazole, la spiroxamine ou encore le triadimenol. Des produits efficaces qui peuvent revêtir diverses noms selon le laboratoire le fournissant . Épandus selon des doses sui varient en fonction de le "pulvé" utilisée et qui peuvent être abaissée avec des projections pneumatiques plus puissantes que les jets classiques de type " rampes ".

B/ le traitement de type " biologiques": Des gestes curatifs permettent de prévenir des dégâts importants. Toutefois en cas d’attaque, il est important de traiter rapidement les plantes atteintes d’oïdium afin d’éviter une propagation de la maladie. En général voici ce qui peut être utilisé.

Vous l'aurez compris je ne souhaite pas ici faire de choix entre l'une ou l'autre de ces grandes visions culturales car chacun est libre de ses actes et décisions les générant et les deux process peuvent déboucher au final sur de grands vins. Mais il me paraît assez évident que notre avantage à TOUS cette année est le relatif peu de variation climatique de température qu'il y a entre les journées et lors de l'alternance jour-nuit. L'oïdium se "nourrit" des alternances de chaud et de froid et pour l'instant il a peu à se mettre sous la dent.

Maintenant s'il pouvait ne pas trop pleuvoir aujourd'hui 13 Mai et faire beau Lundi et Mardi, cela m'arrangerait bigrement!-)))

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