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3 articles avec millesime 2015

Le point sur le millésime 2015 et scores des vins

Publié le par Site internet officiel du Domaine Buisson-Charles

Le point sur le millésime 2015 et scores des vins
Le point sur le millésime 2015 et scores des vins

Désormais c'est un fait nos raisins ont été transformés le 2 septembre par la pluie tombée car après la chaleur, ils purent entrer à un stade terminal de maturation sur le plan physiologique, celui où la terre nourricière révèle avec le plus de vibrations la nature du terroir et sa singularité. En fait tout ce qui permet au vigneron de revendiquer une origine exceptionnelle.

Pour quelles raisons me direz vous?

Après quatre mois d'élevage et un suivi régulier de plusieurs paramètres issus des vinifications quelques éléments expliquent le véritable mystère de la nativité du millésime 2015:

1/ en premier lieu, un raisin ne peut donner son équilibre et ses parfums/arômes que s'il est physiologiquement et phénoliquement mûr. Quelle que soit l'année. Hors en 2015 les fruits vites chargés en sucre ont eu besoin de temps et d'un peu d'eau pour achever réellement leur maturation. Pas tout à fait 100 jours après le passage de la fleur - comme il est souvent de règle - mais entre 94 et 98 jours selon les secteurs.

2/ le niveau faible d'acidité malique s'accompagnait d'une acidité tartrique élevée et de niveau de potassium modéré dans la pulpe. Les vins ont des équilibres d'année chaude et précoce et préserver leur tension sans chaptaliser - car cela peut faire chuter les acidités et modifier les équilibres généraux des moûts vers la dilution et l'impression alcoolique - était essentiel pour nous.

3/ les peaux épaisses etaient chargées en potassium tout comme les rafles, laisser la pluie augmenter la proportion de jus nous paraîssait nécessaire pour préserver notre belle acidité tartrique qui peut être précipitée - et donc diminuer - par des niveaux de potassium importants. De ce point de vue ce fut une réussite majeure pour le domaine . Voir le tableau des analyses après les FA.

4/ mettre en œuvre une réception de vendanges et des cycles de pressurages pour ne pas générer trop de potassium fut une étape cruciale et qui a permis de limiter l'effet du potassium sur les acidités tartriques.Nous nous étions préparé en amont et là encore nos options ont porté leur fruit.

5/ les années précoces et chaudes voient des rendements levures souvent plus modérés - cas chez nous des 2003,2007,2011 - que les années tardives et fraîches. L'année dernière il fallait moins de 16 grammes de sucre pour réaliser 1 degré, cette année je pense que tabler sur 16,2 etait plausible... Cela ne fut pas complètement le cas et les vins ont souvent des niveaux d'alcool compris entre 13 et 14 degrés. Un peu élevés parfois mais largement compensés par des PH - l'acidité vraie - très bas. Inférieurs chez nous à 2014 sur les Meursault. Voir le tableau d'analyse joint.

6/ rentrer des vendanges sous des températures proches de 20 degrés pour éviter de voir les moûts partir en fermentation alcoolique trop vite sans avoir à les refroidir et donc en laissant les choses se déclencher naturellement selon une cinétique douce et régulière fut un choix encore une fois gagnant si l'on observe la capture d'écran que j'ai faites pour la météo de nos vendanges. Encore une fois nous fûmes dans le meilleur des timing. Chance et surtout...réflexions opportunes!

Le 7 Février 2016, les blancs issus de mon petit négoce - 22 pièces seulement de Chassagne, Chablis et Puligny - ont tous terminé leurs fermentations malo-lactiques et se montrent fringants sur de justes PH - entre 3.23 et 3.30 vins finis - et des niveaux d'acidité satisfaisants qui procurent une belle fraîcheur aux matières denses. Je suis très optimiste car ces vins n'ont rien du caractère "vin de sècheresse" que développaient parfois certains 2003 et 1976. On observera ici qu'ils ont tous été coupés entre le 3 et le 10 Septembre.

Les Meursault du domaine titrent en moyenne 0,3 degrés de plus et possèdent entre 0.8 et 1,2 point d'acidité totale en plus sur des PH inférieurs de 0,20 en moins qui oscillent entre 2,97 ( aligoté et 3.20 en moûts. Ils termineront je pense autour de 3,10/3,22. Pour des crus proches de 13,6 degrés en moyenne, c'est assez incroyable et pour tout dire, cela va bien au delà de mes espérances les plus optimistes. La grandeur de ce millésime hors norme se profile sidérante et à bien des égares je n'avais jamais observé de tels équilibres sur des concentrations aussi grandes. Moins de 50 hl pour les villages et entre 39 et 46 hl/ha pour les crus.

Les rouges sont construits sur les mêmes équilibres et présentent des rendements plus bas sauf à Pommard ou la vigne de Chiveau fête ses trente ans avec des raisins idéalement équilibrés, mûrs et abondants! De beaux rendements c'est si rare au domaine Buissin-Charles que je le souligne. Pas un gramme de sucre n'a été employé et les crus ont une souplesse et une élégance naturelle que j'espère pouvoir/savoir préserver ainsi jusqu'aux mises en bouteilles.

"2015 s'annonce hors norme" disions nous avant les vendanges...désormais cela se précise nettement.

Après les mises en bouteilles, scores et impressions 

   En Février 2017, le millesime  2015 est désormais sous verre et déjà plusieurs évaluateurs internationaux et français ont passé en revue la gamme quasi complète. William Kelley du magazine Decanter a salué leur parfaite fraîcheur et à noté les vins au plus haut niveau communal en attribuant trois 95/100 aux crus et en évaluant toute la gamme villages et premiers crus au dessus de 91. Sarah Marsh pour Burgundy Briefing et Neal Martin pour Le Wine Journal de Robert Parker ont eux aussi attribués des scores compris entre 88 et 94 selon les vins. Nous  avons également reçu Allen Meadows de Burghound qui n'a pas encore sorti ses notes de dégustation mais qui a salué lors de celle-ci la précision et l'adéquation parfaite de nos options de vendange savec la fraicheur de nos vins. Les premiers scores des rouges seront publiés en Mars et ceux des Blancs en Juillet. 

   Notre ressenti après les mises en bouteilles est un sentiment de plénitude et d'accomplissement car la gamme est homogène et cohérente, aussi bien à nos yeux qu'à ceux qui ont ou deja les déguster et évidemment ces derniers confirment que nous avons eu du cran de savoir patienter pour opérer une récolte assez tardive dans une année qui a vu tant de Vignes coupées précocement. 

   J'invite tous les allocataires du domaine à venir à Meursault pour se rendre compte des résultats obtenus et tous les jeunes - et moins jeunes! - passionnés du vin à solliciter un rendez vous pour que nous leur expliquions notre travail au cours d'une degustation:

  dombuissoncharles@wanadoo.fr

Patrick Essa

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Millésime 2015

Publié le par Site internet officiel du Domaine Buisson-Charles

Pourquoi les Meursault de Buisson-Charles n'ont pas été coupés avant le 6 Septembre


Cette année 2015 est une année quasiment bénie. Un printemps alternant petite pluie et soleil régulier dès le mois d'Avril puis une vie végétative homogène parfaitement saine et enfin un débourrement mesuré. Ensuite, en l'absence de toute maladie, la floraison s'est déroulée rapidement et uniformément dans les deux couleurs sous une intense chaleur. Ce temps ensoleillé commença le 23 Mai pour se poursuivre quasiment jusqu'aux premiers jours des vendanges.
La floraison annonçait des récoltes possibles aux abords du 8/10 Septembre selon un temps médian et d'après le fort pertinent repère des 100 jours la suivant pour récolter. Dès ce moment là, la seule crainte nous habitant était que "le ciel nous tombe sur la tête".Hors si les hautes chaleurs nous firent craindre orages et grêles, nous fûmes obligés de constater que les précipitations furent rares, voire - et ce fut la seule inquiétude du vigneron - un peu trop espacées sur un temps chaud et sec. Cependant si Juillet fut caniculaire, dès le début d'Aout, 70 millimètres de pluie nous renvoyèrent directement à un potentiel de très grande année. Ce superlatif qualifiant n'étant pas ici écrit avec légèreté. Soyons clair.
Dès le 15 Août notre potentiel lié aux caractères des raisins était parfaitement identifié: ils seraient concentrés, marqués par des pellicules épaisses, de très belles acidités tartriques, un potassium médian ET en raison de la chaleur et des fortes insolations, une acidité malique modérée. Il n'y avait dès ce moment aucune possibilité de jouer sur la variation du paramètre acide qui s'accompagnerait automatiquement d'un PH plus elevé qu'en 2013 et 2014, d'une acidité totale - on verra plus loin que ce n'est pas un réel problème - plus faible mais en revanche d'extraits secs extraordinaires dans nos vignes peu chargées.


Dès lors deux paramètres nous ont conduit à positionner nos dates de récoltes:


1/ couper une fois la vraie maturité phénolique obtenue en évitant absolument de chaptaliser les moûts et viser 13-13,2 degrés naturels en l'absence de tout botrytis.

2/ considérer que la dégustation des baies - doublées de valeurs prisent au réfractomètre - devait être réfléchie autour de l'amertume, de la maturité des peaux et des pépins en admettant qu'elles seraient de toute manière peu vives au goût car la valeur malique est moyenne. Cette sensation première ne devant aucunement obérer les superbes acidités tartriques.


   En fonction de ces observations forts simples j'ai opéré des relevés réguliers sur mes crus qui tous en cette fin Août me signifient que mes raisins etaient encore en phase de charge de sucre, commençant à peine à dorer et amplifiant chaque jour leurs potentiels aromatiques.
Les pinots qui étaient en avance furent quasiment rejoints par les chardonnays et les deux cépages purent encore augmenter leur proportion de jus grâce aux pluies tombées au tout début de Septembre. Grâce à celles-ci nous avons atteind je crois la perfection faites chardonnay et pinot à partir du 5 Septembre. Le temps que les baies reconcentrent un poil leurs jus et complexifient leurs arômes .
   Bien entendu ces pluies du 1/2 Septembre auraient pu être accompagnées d'orages, bien entendu un coup de grêle aurait toujours été possible et nous aurions été alors perdants d'avoir osé prendre tous les risques pour tenter de rentrer les plus grands raisins du 21 ieme siècle...
...Mais il n'etait pas envisageable de ne pas tout faire pour tutoyer les sommets car cette possibilité là se présente peut être trois fois dans une vie.

   Nous avons coupé les rouges le 5 et le 6 Septembre et les blancs du 6 au 11 Septembre. Les fûts d'élite sont là, une nouvelle cuverie a été achetée cet Été et la cave voûtée s'est agrandie. Les vinifications débutent bien.. 2015:
De bonnes vibrations...

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